15 octobre 2017 : Ciné-club Ingmar Bergman : Les Fraises sauvages (1957) – La Source (1960)

LES FRAISES SAUVAGES

– 19h : Les Fraises sauvages (Ingmar Bergman – 1957 – 92 minutes)

avec Victor Sjöström, Gunnar Björnstrand, Ingrid Thulin, Bibi Anderson, Folke Sundquist, Max von Sydow

Un vieux médecin se dirige en voiture à une cérémonie en son honneur avec sa belle-fille, et rencontre des gens en route. En passant sur lieux de sa jeunesse, c’est l’occasion de faire le bilan de sa vie.

Dans son précédent film, Le Septième sceau, Bergman représentait Max von Sydow jouant aux échecs contre la Mort, pour en proposer une réflexion métaphorique. Pour Les Fraises sauvages, il la montre sous un autre angle, cette fois-ci moins macabre et plus lumineuse. Victor Sjöström (pionnier du cinéma suédois, réalisateur de plusieurs dizaines de films à partir de 1912), se confronte à la fin de sa vie et entreprend le bilan, de sa personnalité et de ses échecs. Car malgré les honneurs d’une vie de médecin, il n’en demeure pas moins d’un égoïsme et d’une froideur émotionnelle effroyables, hérités de sa mère et qu’il transmet à son fils qui ne veut pas d’enfant. Ce sont cependant d’étranges rêves qui le replongent dans sa jeunesse et le remettent en question. Le film repose sur un aller-retour incessant et fascinant entre le rêve et la réalité, dont la frontière semble brouillée. A travers un road-movie truffé de personnages emblématiques, Bergman dresse une ode à la vie avec une maturité vertigineuse pour ses seulement trente-neuf ans. Le noir et blanc est si éblouissant qu’on en oublierait l’intérêt du cinéma en couleurs. Ce portrait existentiel affectueux et sans amertume a été récompensé de l’Ours d’or du Festival de Berlin, du Golden Globe du meilleur film étranger et d’une nomination à l’Oscar du meilleur scénario, et reste un des plus beaux films du maître suédois, que Woody Allen admirait tant.

LA SOURCE

– 21h : La Source (Ingmar Bergman – 1960 – 90 minutes)

avec Max von Sydow, Birgitta Valberg, Birgita Petterson, Gunnel Lindblom, Allan Edwall, Axel Düberg, Tor Isedal, Ove Porath

Au XIVème siècle, la jeune et pure Karin est envoyée par sa famille apporter des cierges à l’église. Mais la route est longue et elle doit traverser la  forêt…

Le scénario est écrit par la romancière Ulla Isaksson (qui avait déjà signé celui d’Au seuil de la vie du même réalisateur), inspiré par un contre médiéval, qui se révèle être un drame cruel et spirituel. Bergman explore une de ses angoisses existentielles centrales : le silence de Dieu au sein d’un monde absurde, que la religion semble plus amplifier que sauver. Si on entend régulièrement que le cinéma de Bergman serait austère et compliqué, il est impossible de prendre La Source en exemple, tant ce film respire l’évidence narrative, la richesse thématique, la beauté visuelle, la perfection technique. Si on veut éviter de dévoiler le cœur de l’intrigue, on ne peut qu’ajouter que La Source est un miracle esthétique éblouissant et bouleversant, porté par des acteurs profondément habités, à commencer par l’habituel Max von Sydow (Le Septième sceau). Malgré ses distinctions critiques (Oscar du meilleur film étranger, Grand prix de la semaine de la critique au Festival de Cannes), le film a été mal reçu par la presse suédoise et certaines scènes font polémiques. Anecdotiquement, le film a exercé une certaine influence sur le cinéma d’horreur seventies, notamment Wes Craven avec La Dernière maison sur la gauche. On préférera plutôt se souvenir de La Source comme le genre de film qui justifie l’invention du cinéma.

8 octobre 2017 : Ciné-club Jackie Chan : Mister Dynamite (1986) – Opération Condor (1991)

MISTER DYNAMITE

– 19h : Mister Dynamite (Jackie Chan & Eric Tsang – 1986 – 98 minutes)

avec Jackie Chan, Alan Tam, Maria Delores Forner, Rosamund Kwan, Ken Boyle, John Ladalski, Robert O’Brien, Boris Gregoric

Un aventurier est à la recherche de l’armure de Dieu, qui intéresse aussi un groupe de moines satanistes.

Après des débuts comme cascadeurs, Jackie Chan enchaîne depuis une dizaine d’années les films hongkongais de kung fu comiques, au succès grandissant (Le Marin des mers de Chine, Police Story). Avec Mister Dynamite (qu’il réalise lui-même) il surfe, comme d’autres (A la poursuite du diamant vert), sur la mode des aventuriers exotiques à la Indiana Jones en recherche de trésors – le tournage passera par l’Autriche, la Croatie, la Slovénie, le Maroc, Paris l’Espagne et les Philippines ! Avec son cocktail de chorégraphies originales (utilisant des objets ou éléments du décor), de cascades impressionnantes, de course-poursuites motorisées endiablées et d’humour loufoque, Mister Dynamite va devenir le plus gros succès de Jackie Chan et faire de lui une star du genre. Réputé pour réaliser lui-même ses cascades, y compris les plus dangereuses, il a failli se tuer durant le tournage : en sautant dans le vide, la branche sur laquelle il se rattrape s’est brisée, et il est tombé de dix mètres sur la tête. Il fut opéré pendant huit heures et resta convalescent pendant six mois à l’hôpital. On peut voir les rushes durant le générique de fin.

OPERATION CONDOR

– 21h : Opération Condor (Jackie Chan – 1991 – 107 minutes)

avec Jackie Chan, Do Do Cheng, Eva Cobo de Garcia, Shoko Ikeda, Aldo Sambrell

Jackie doit retrouver un trésor nazi enterré dans le Sahara, mais est poursuivi par des mercenaires.

Avec le succès de Mister Dynamite, Jackie Chan bénéficie naturellement de plus de budget pour sa suite, qu’il réalise et écrit, et qui prend des allures de blockbuster à l’américaine. Tourné au Maroc (rappelant Le Diamant du Nil), Philippines, en Espagne et Hong Kong, Opération Condor reprend ainsi les mêmes ingrédients, mais avec une photographie et une réalisation plus soignée, des décors plus impressionnants, des chorégraphies plus millimétrées, un humour encore plus foutraque et une dose de sexy avec ses trois partenaires féminines (parfois en petite tenue). Jackie Chan s’est bien sûr encore blessé durant ses cascades, mais rien de très grave pour une fois. En 2012, il a réalisé et joué dans le troisième épisode, Chinese Zodiac.

1er octobre 2017 : Ciné-club Prisonniers : La Fièvre monte à El Pao (1959) – La Grande illusion (1937)

LA FIEVRE MONTE A EL PAO

– 19h : La Fièvre monte à El Pao (Luis Buñuel – 1959 – 100 minutes)

avec Gérard Philipe, Maria Félix, Jean Servais, Domingo Soler

Sous une dictature d’Amérique centrale, le gouverneur d’une île-pénitencier est assassiné par un opposant politique. Son secrétaire idéaliste tente d’améliorer le sort des prisonniers, tandis qu’il entame une relation avec la femme du défunt.

Luis Buñuel réalise ses films au Mexique depuis plus de dix ans quand il a enfin l’opportunité de tourner avec l’immense Gérard Philipe, après plusieurs projets avortés. Il adapte un roman d’Henri Castillou au sujet d’un fonctionnaire qui se confronte sous une dictature à l’exercice du pouvoir avec des intentions humanistes, tiraillé entre ses convictions et les compromissions, hésitant entre la figure du militant armé et de l’intellectuel engagé. En plus des contradictions intérieures qu’il ne parvient pas à se résoudre, il ajoute aux chaînes du pouvoir celles de l’amour. Maria Félix irradie le film de sa sensualité (elle a eu quatre maris !). La Fièvre monte à El Pao est un subtil mélodrame politique sur les rapports de force entre les dominants et les dominés, à tour de rôle. Le personnage convient admirablement à Gérard Philipe, sympathisant communiste (il ira même visiter le jeune régime castriste de Cuba après le tournage). Cependant, ce sera son dernier rôle, emporté par un cancer du foie foudroyant quelques jours avant la sortie du film, à seulement trente-six ans. Buñuel ne tournera plus qu’un autre film au Mexique avant d’entamer la dernière partie de sa carrière en France.

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– 21h : La Grande illusion (Jean Renoir – 1937 – 113 minutes)

avec Jean Gabin, Dita Parlo, Pierre Fresnay, Erich von Stroheim, Dalio, Julien Carette

Durant la Première Guerre mondiale, des soldats alliés sont retenus prisonniers dans une forteresse allemande.

Jean Renoir a été sauvé au combat pendant la Première Guerre mondiale par le général Pinsard, qui lui racontera bien plus tard ses récits de captivité et d’évasion en Allemagne, qui inspireront La Grande illusion. Alors qu’il sort en 1937 et se situe durant la Grande Guerre de 14-18, personne n’ignore qu’elle ne sera pas la dernière et que la Seconde se prépare. Le film est pourtant d’un humanisme profond et universel : il montre une fraternité qui dépasse les frontières, les nationalités et les langues, mais qui se heurte aux classes sociales. Il y a ainsi plus d’affinité et de valeurs communes entre les officiers français et allemands (les excellents Fresnay et von Stroheim), qu’entre la classe populaire et l’aristocratie (reflétant la sympathie de Renoir pour le Front populaire). Jean Gabin est comme d’habitude aussi magistral que bouleversant. Malgré ses censures, le film est un grand succès critique et populaire, mais sera évidemment interdit en Allemagne et en Italie (malgré une récompensé à la Mostra de Venise) puis sous l’Occupation, à cause de son pacifisme sans illusion. Mais sa ressortie après-guerre en version intégrale l’inscrira au panthéon des chefs d’œuvre éternels du cinéma mondial.

24 septembre 2017 : Ciné-club Arizona : Arizona Junior (1987) – Arizona Dream (1993)

ARIZONA JUNIOR

– 19h : Arizona Junior (Joel Coen – 1987 – 94 minutes)

avec Nicolas Cage, Holly Hunter, John Goodman, Trey Wilson, William Forsythe, Sam McMurray, Frances McDormand, Randall “Tex” Cobb, M. Emmet Walsh

Un cambrioleur, dont la femme est stérile, décide de voler un des récents quintuplés d’une riche famille, afin de l’élever comme son fils.

Pour leur second film, les frères Coen abandonnent le polar noir de Sang pour sang et passent à la comédie déjantée, franchement inspiré par les cartoons. On retrouve déjà les bases de leur univers, en explorant l’Amérique profonde à travers les péripéties de marginaux à moitié loosers, ici un ancien cambrioleur (Nicolas Cage) et sa femme policière (Holly Hunter). Leur kidnapping du bébé et la rançon promise par sa famille va donner lieu à une cavalcade délirante, avec à ses trousses des bandits et un motard digne de Mad Max. Parmi les seconds rôles, John Goodman, Frances McDormand et Warren Keith deviendront des habitués des réalisateurs. Avec ses couleurs flashys, ses personnages guignolesques et ses courses-poursuites hystériques, Arizona Junior installe durablement les frères Coen dans le paysage cinématographique américain, avec de nombreux classiques à venir (Barton Fink, The Big Lebowsky, Fargo).

ARIZONA DREAM

– 21h : Arizona Dream (Emir Kusturica – 1993 – 140 minutes)

avec Johnny Depp, Jerry Lewis, Faye Dunaway, Lili Taylor, Vincent Gallo, Paulina Porizkova

Un vendeur de poissons, orphelin et rempli de rêves, est invité par son oncle en Arizona pour son mariage. Il rencontre une veuve farfelue qui rêve de voler, et va l’aider à l’accomplir.

Après trois films yougoslaves récompensés aux festivals de Berlin et de Cannes, Emir Kusturica s’en va tourner aux Etats-Unis pour une production française-américaine. C’est l’occasion pour lui de filmer ses fantasmes et désillusions sur le pays, avec ses mythiques Cadillac, ses régions et son patrimoine cinématographique. Il tourne ainsi avec deux légendes (Jerry Lewis et Faye Dunaway) tout en faisant émerger des talents montants (Johnny Depp, Vincent Gallo, Lili Taylor). Comme souvent, Kusturica partage ses obsessions en intégrant des extraits du Parrain 2, de Raging Bull et de La Mort aux trousses, qui seront rejoués par le personnage de Vincent Gallo. Arizona Dream est un ode à l’onirisme, avec une galerie de personnages fantasques qui tentent de s’évader par et dans leurs rêves, sans en soupçonner le prix. La réalisation souligne à merveille cette liberté surréaliste, passant régulièrement du rire au tragique dans la même scène, ce qui lui vaudra d’être primé à Berlin par l’Ours d’argent (Prix Spécial du Jury).

17 septembre 2017 : Ciné-club Guy Hamilton : Goldfinger (1964) – La Bataille d’Angleterre (1969)

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– 19h : Goldfinger (Guy Hamilton – 1964 – 110 minutes)

avec Sean Connery, Gert Fröbe, Honor Blackman, Harold Sakata, Shirley Eaton, Bernard Lee, Cec Linder, Martin Benson, Lois Maxwell, Desmond Llewelyn

James Bond enquête sur les activités suspectes du milliardaire Auric Goldfinger, qui spécule sur le marché de l’or.

Alors que les deux premiers épisodes ont progressivement jeté les bases de la franchise James Bond, Goldfinger monte encore d’un cran et va véritablement lancer la bondmania. S’il est moins exotique (l’histoire se déroule en Angleterre, Suisse et Etats-Unis), cet épisode est un petit chef d’œuvre de maîtrise, concision et d’efficacité sous la direction de Guy Hamilton (ami de l’auteur Ian Fleming, qui décède un mois avant la sortie du film). Les codes de la série sont achevés, avec l’apparition d’une séquence de pré-générique sans rapport avec le reste du scénario, et l’utilisation d’une chanson pop pour le générique sexy, ici chanté par Shirley Bassey, qui deviendra un immense tube et reste sans doute la plus connue de la saga (Bassey chantera aussi la chanson des Diamants sont éternels et Moonraker). C’est dans cet épisode que Bond conduit pour la première fois sa fameuse Aston Martin, contenant bien des gadgets spectaculaires. Sean Connery est en très grande forme, et sa partenaire Honor Blackman (Chapeau melon et bottes de cuir) est la première femme forte de la franchise. Outre Auric Goldfinger, son fidèle Oddjob (avec son chapeau tranchant) est aussi un des méchants les plus inoubliables. Avec son cocktail parfait de rythme, suspense, humour et séduction, brillant pour son audace visuelle et scénaristique, Goldfinger est un triomphe international, engrangeant 135 fois son budget, devenant le maître étalon de la série, et sans doute le meilleur épisode. Guy Hamilton réalisera aussi Les Diamants sont éternels, Vivre et laisser mourir, et L’Homme au pistolet d’or.

LA BATAILLE D'ANGLETERRE

– 21h : La Bataille d’Angleterre (Guy Hamilton – 1969 – 133 minutes)

avec Michael Caine, Laurence Olivier, Trevor Howard, Robert Shaw, Christopher Plummer, Harry Andrews, Curt Jurgens, Ian McShane, Kenneth More, Nigel Patrick, Michael Redgrave, Ralph Richardson, Parick Wymark, Susannah York

Après avoir défait l’armée française, l’Allemagne nazie projette d’envahir l’Angleterre avec sa flotte de 2.500 avions. Avec à peine 700 avions, la Royal Air Force va faire tout son possible pour les repousser.

La Bataille d’Angleterre retrace la première bataille exclusivement aérienne, décisive durant la Seconde Guerre mondiale pour stopper l’expansion allemande. Au bord de la défaite, la flotte britannique a fait preuve d’un héroïsme capital et désespéré. Produit par Harry Saltzman (James Bond) et tourné en Angleterre, Espagne et France, le film est particulièrement réaliste et historiquement fidèle, utilisant de véritables avions d’époque : Spitfire, Hawker Hurricane, Heinkel, Junker, Messerschmidt. Une centaine d’avions furent achetés, ce qui constituait la 35ème force aérienne mondiale ! Le casting comporte la fine fleur du cinéma britannique : l’immense Laurence Olivier (Rebecca, Spartacus), Michael Caine (Zoulou, Alfie), Robert Shaw (le méchant de Bons baisers de Russie), Trevor Howard (Le Troisième homme), Michael Redgrave (Une Femme disparaît). Les batailles aériennes sont particulièrement impressionnantes, avec des chorégraphies filmées en plein vol par un hélicoptère ou un avion, qui n’ont pas pris une ride grâce à la réalisation experte et minutieuse de Guy Hamilton. A noter que certaines séquences aériennes ont été réutilisées dans le film tchèque Dark Blue World (2001), sur le même sujet mais du côté des pilotes tchèques alliés combattant dans la Royal Air Force.

10 septembre 2017 : Ciné-club Extraterrestres : Invasion Los Angeles (1988) – Rencontres du troisième type (1977)

INVASION LOS ANGELES

– 19h : Invasion Los Angeles (John Carpenter – 1988 – 94 minutes)

avec Roddy Piper, Keith David, Meg Foster

Un SDF découvre par hasard des lunettes spéciales qui lui révèlent une autre facette de la réalité : l’humanité est infiltrée par des extraterrestres.

Depuis l’échec commercial des Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, John Carpenter s’est tourné vers le cinéma indépendant à plus faible budget mais avec un total contrôle créatif. Il adapte ainsi un comics écrit par Ray Nelson sur une invasion d’extraterrestres déguisés en humain, reprenant l’ambiance paranoïaque de L’Invasion des profanateurs de sépulture. Tourné en deux mois, Invasion Los Angeles, sous ses allures de série B d’action, est une critique féroce de l’Amérique de Ronald Reagan, de son libéralisme économique sauvage et de sa théorie du ruissèlement, qui veut qu’en permettant aux riches de faire des affaires sans entraves, les pauvres finiront bien par en profiter… Ici les extraterrestres, sous forme de yuppies, dirigent la politique et l’économie en inondant la société de messages subliminaux (obéis, achète, procréé, etc.), tandis que les SDF survivent comme ils peuvent. Le SDF héros du film n’est autre que le lutteur Roddy Piper, ce qui va donner lieu à une mythique scène de baston avec son acolyte Keith David (qui jouait déjà dans The Thing de Carpenter), longue de six minutes et délicieusement excessive (ayant tout de même nécessité un mois et demi de préparation physique). Comme d’habitude, Carpenter assure lui-même la musique du film. Invasion Los Angeles, avec son budget de quatre millions de dollars, en rapportera treize millions, et confirmera à Carpenter qu’il a plus de succès et de liberté dans le cinéma indépendant pour réaliser des films de révolte contre l’autorité, tout à fait visionnaires.

RENCONTRES DU TROISIEME TYPE

– 21h : Rencontres du troisième type (Steven Spielberg – 1977 – 137 minutes)

avec Richard Dreyfuss, Teri Garr, Melinda Dillon, François Truffaut

D’étranges événements se produisent : une escadrille de la Seconde Guerre mondiale est retrouvée intacte, un cargo dans le désert de Gobi, des pannes de courant et des formes volantes dans l’Indiana… Un spécialiste des OVNI est chargé de l’enquête.

Changement de registre pour Steven Spielberg : après deux thrillers, Duel et surtout le blockbuster multi-millionnaire Les Dents de la mer, il passe à la science-fiction. Mais pas la SF spectaculaire à la Star Wars (sorti quelques mois plus tôt) ou avec des aliens belliqueux comme durant la guerre froide,  puisqu’il aborde son sujet de manière réaliste, humaniste et pacifique. Rencontres du troisième type est ainsi le premier film à traiter serieusement de l’ufologie – J. Allen Hynek, l’inventeur de la classification d’observations des OVNI, est consultant technique sur le film et y fait même une apparition. Spielberg retrouve Richard Dreyfuss (Les Dents de la mer, American Graffiti), dans la peau d’un illuminé qui perçoit des phénomènes étranges. Le réalisateur en profite pour rendre hommage appuyé à François Truffaut en lui proposant le rôle du professeur respecté, ce dont il sera honoré et ce qui lui donnera une aura internationale. On n’échappera bien sûr pas à la signature grand public de Spielberg, mais le film est un grand succès, remporte les Oscars de la meilleure photographie (malgré onze directeurs de la photographie successifs !) et du montage des effets sonores (ainsi que sept nominations), et est devenu un classique, préfigurant le futur ET familial. A noter que Spielberg sortira deux nouveaux montages avec des scènes supplémentaires et de nouveaux effets spéciaux, en 1980 et 1998.