Archives mensuelles : juillet 2013

28 juillet : Ciné-club : Bonnie & Clyde (1967)

BONNIE AND CLYDE

– 19h : Bonnie & Clyde (Arthur Penn – 1967 – 111 minutes)
avec Warren Beatty, Faye Dunaway, Gene Hackman, Estelle Parsons

Après Butch Cassidy & le Kid, le ciné-club se penche sur un autre duo historique de hors-la-loi devenu mythique : Bonnie & Clyde. Avec des acteurs saisissants de ressemblance (Warren Beatty en est aussi le producteur), tourné dans les décors authentiques des méfaits du gang, le film marque le tournant du nouvel Hollywood, brisant les tabous cinématographiques de scènes de violence réalistes et d’aspirations sexuelles. Certains ont critiqué le film à sa sortie pour la vision glamour des tueurs et son humour noir, mais en même le comportement juvénile des héros rebelles en a fait une icône de la jeunesse, un an avant mai 68 – la chanson homonyme de Gainsbourg avec Bardot date sans surprise de la même année (et le film fut un grand succès en France). Nominé à dix Oscars, il en a remporté deux : meilleure photographie et meilleur second rôle (Estelle Parsons).

21 juillet : Ciné-club : Un Tramway Nommé Désir (1951)

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– 21h : Un Tramway Nommé Désir (Elia Kazan – 1951 – 125 minutes)
avec Marlon Brando, Vivien Leigh, Kim Hunter, Karl Malden

Après une longue séparation, Blanche Dubois (Vivien Leigh) vient rejoindre sa sœur, Stella (Kim Hunter), à La Nouvelle-Orléans. Celle-ci vit avec son mari, Stanley (Marlon Brando), ouvrier d’origine polonaise, dans le vieux quartier français. Ce dernier n’apprécie guère les manières distinguées de Blanche et cherche à savoir quel a été le véritable passé de sa belle-sœur.

Mythe incontournable du cinéma américain, adapté de la pièce de Tennessee Williams, réalisé par Elia Kazan, il constitue une rupture de ton sans précédent dans la sage Amérique avec l’irruption des névroses et pulsions sexuelles, au sein d’un contexte social hyper-réaliste. Nominé douze fois aux Oscars, il en remporte quatre : meilleurs décors, et surtout meilleurs acteurs pour la stupéfiante Vivien Leigh, ainsi que pour les deux seconds rôles Kim Hunter et Karl Malden. Marlon Brando n’est pas en reste, car avec son deuxième film il éclate au grand jour et redéfinit du jour au lendemain l’image du sex-symbol masculin du XXème siècle. On en oublierait presque que sa prestation est magistrale – c’est en effet ici que l’Actors Studio inaugure son style révolutionnaire avec l’hégémonie que l’on sait sur le jeu dramatique des prochaines décennies. Censuré à sa sortie, le film a depuis été restauré dans sa version intégrale.

14 juillet : Ciné-club nanar : Ninja Condors 13 (1987) – Batman (1966) – Zombie King (2003)

Pour célébrer notre belle fête nationale qui tombe un soir de ciné-club, le Festin Nu se devait d’organiser une programmation exceptionnelle, avec une spéciale nanars – ces films dont les défauts sont tellement énormes qu’ils en deviennent passionnants et hilarants. Pour enfoncer le clou, il n’y aura pas un mais trois nanars de haute volée ! Les films seront bien évidemment projetés en version française, car les doublages foireux font déjà la moitié de la saveur d’un nanar.

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– 19h : Ninja Condors 13 (James Wu – 1987 – 91 minutes)

Brian, dit Aigle Blanc, est le meilleur exécuteur du parrain de la mafia, le redoutable Lucifer. Un jour, Brian refuse de tuer un policier qui lui a jadis sauvé la vie. Furieux, Lucifer décide d’éliminer Brian. Ce dernier devra utiliser tous ses talents de ninja pour espérer survivre.

Un des plus hilarants films de ninja qui soit, tourné à Hong Kong, et qui repose en partie sur le duo de Brian avec Eddy, un inoubliable barbu noir très en verve. Les combats de ninja, virevoltants et improbables, ne sont pas en reste – on ne s’ennuie pas une seconde !

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– 21h : Batman (Leslie Martinson – 1966 – 105 minutes)

Oubliez les versions de Christopher Nolan, Tim Burton et Joel Schumacher : le premier film de Batman date de 1966, et est plus flamboyant et kitsch que jamais ! Dans le sillon de la série télévisée en couleurs flashy et onomatopées de bagarre, Batman et son fidèle Robin combattent les super-bandits qui ont réunis leurs forces pour conquérir le monde. Le Joker, le Pingouin, le Sphynx et la Femme-Chat dérobent en effet une machine qui déshydrate les corps humains jusqu’à l’état de poussière. Des méchants cabotinant, un scénario surréaliste, des dialogues à tomber à la renverse, des effets spéciaux démodés, des bat-gadgets ridicules ; bref du grand n’importe quoi en perspective.

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– 23h : Zombie King & the Legion of Doom (Stacey Case – 2003 – 76 minutes)

Une vague de meurtres perpétrés par des zombies terrifie la région. Les coupables sont-ils les zombies-catcheurs du cirque itinérant d’Ulysse ? Ou alors Zombie King, un lutteur qui ambitionne de devenir le maître du monde ?

Produit par George Romero en personne (qui devait même le réaliser), Zombie King réunit deux figures cultes de la série B : les catcheurs mexicains à masques et les zombies. Du gore, du sexy, du catch, des références en pagaille, et surtout un humour plus que décalé qui confine au délire assumé !

7 juillet : Ciné-club : Enter The Void (2010)

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– 21h : Enter The Void (Gaspard Noé – 2010 – 161 minutes)
avec Nathaniel Brown, Paz de la Huerta, Cyril Roy

Oscar et sa sœur Linda survivent comme ils peuvent à Tokyo : l’un est dealer, l’autre strip-teaseuse. Unis par un amour indéfectible, ils se sont jurés protection et fidélité. Et lorsqu’Oscar est touché par balle, son esprit refuse de quitter le monde des vivants pour honorer la promesse faite à sa sœur.

Huit ans après le scandale d’Irréversible, Gaspar Noé ambitionne, de son propre aveu, de « faire son 2001 ». Point de science-fiction ni d’espace pour autant, mais un film entièrement tourné en caméra subjective, aux déplacements aériens et couleurs psychédéliques, sur fond de livre des morts tibétain. Avec les effets visuels de BUF Compagnie (Matrix) et les effets sonores de la moitié de Daft Punk (Thomas Bangalter), Enter The Void est tout simplement une expérience cinématographique totale et unique, plongeant le spectateur dans un voyage esthétique, hypnotique et ésotérique au sein d’un Tokyo nocturne, décadent et coloré. A la hauteur de son ambition mais sans équivalent, le film fait déjà date et confirme Gaspar Noé, au-delà des controverses, comme un réalisateur majeur.