Archives mensuelles : mai 2014

Ciné-club dégustation Machete : Machete (2010) – Machete kills (2013)

Dans le cadre de la Paris Beer Week, le Festin Nu organise une grande soirée Machete, avec non seulement les deux films de Robert Rodriguez, mais en plus la bière artisanale Machete Double IPA à la pression, de la brasserie Birrificio del Ducato !

Dimanche 25 mai 2014 :

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– 19h : Machete (Robert Rodriguez & Ethan Maniquis – 2010 – 105 minutes)

avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Jessica Alba, Robert de Niro, Steven Seagal, Lindsay Lohan, Tom Savini

Un ancien agent fédéral est engagé pour tuer un politicien. Mais il s’agit d’un piège…

Pour le projet de films de série B vintage des années 70 Grindhouse (2007), Quentin Tarantino et Robert Rodriguez intercalent des fausses bandes annonces entre Boulevard de la mort et Planète terreur, telles que Thanksgiving, Hobo with a shotgun ou Werewolf Women of the SS. L’une des plus populaires est Machete, réalisée par Rodriguez. Devant l’insistance des fans, il finit par mettre en chantier un véritable long-métrage sur le personnage, avec Ethan Maniquis (monteur sur Planète terreur). Il réussit à réunir un improbable casting de stars (dont la plupart ont déjà tourné avec Rodriguez) : Danny Trejo (cousin de Rodriguez !), habité des seconds rôles (Desperado, Une Nuit en enfer ou la saga Spy Kids) ; Robert de Niro, excellent en politicien véreux d’extrême-droite ; Steven Seagal, dont il s’agit du premier rôle de méchant, et qui fait ici son come-back au cinéma après n’avoir tourné que des films direct-to-video depuis des années ; Tom Savini (Une Nuit en enfer, Planète terreur), légendaire maquilleur de zombies pour George Romero. La distribution féminine n’est pas en reste, avec les pulpeuses Jessica Alba (Sin City), Michelle Rodriguez et Lindsay Lohan. Le film a un cadre politique : l’immigration clandestine des mexicains au Texas, sujet rarement traité au cinéma. Mais en réalité Rodriguez s’en sert de prétexte pour faire un film de série B latino grand public, à l’instar de John Woo avec les films de genre asiatiques. Au programme, beaucoup de fusillades, de sang, de morts, de filles sexy et surtout beaucoup d’humour et de parodie.

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– 21h : Machete kills (Robert Rodriguez – 2013 – 108 minutes)

avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Mel Gibson, Demián Bichir, Charlie Sheen, Lady Gaga, Antonio Banderas, Cuba Gooding Jr., Tom Savini, Jessica Alba

Machete doit empêcher le chef d’un cartel mexicain d’envoyer vers les Etats-Unis un missile nucléaire.

Avec le succès du premier film, Rodriguez rempile avec beaucoup plus de budget, mais toujours la même formule de violence, de sexe et de parodie, pour Machete kills. Outre Danny Trejo, Michelle Rodriguez ou Tom Savini qui rempilent, Mel Gibson (le grand méchant), Charlie Sheen (succulent président américain !), Lady Gaga ou Antonio Banderas font partie des guest-stars du casting. L’histoire est encore plus délirante, ne se refusant rien, et on note des références savoureuses à Star Wars ou James Bond. Le troisième opus est en route, Machete kills again… in space, dont on voit deux bandes annonces avant et après Machete kills.

Ciné-club Japon féodal avec Tatsuya Nakadai : Harakiri (1962) – Ran (1985)

Tatsuya Nakadai (né en 1932) est peut-être moins connu en dehors du Japon que Toshiro Mifune, mais c’est un des plus grands acteurs du cinéma japonais. Ils ont d’ailleurs été tous les deux les acteurs fétiches d’Akira Kurosawa, et ont souvent joué ensemble, parfois en s’affrontent dans les mêmes films. Répéré par Masaki Kobayashi, il tourna onze films avec lui, et six fois avec Kurosawa. Le Ciné-Club projette ce soir deux de ses interprétations les plus marquantes avec ces deux réalisateurs, Harakiri et Ran. Une soirée hautement cinéphilique qui sera évidemment accompagnée musicalement par du rock japonais, tout aussi radical et singulier !

 Dimanche 18 mai 2014 :

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19h : Harakiri (Masaki Kobayashi – 1962 – 133 minutes)

avec Tatsuya Nakadai, Akira Ishihama, Shima Iwashita, Tetsuro Tanba, Masao Mishima, Ichiro Nakatani, Rentaro Mikuni

A l’ère Edo (1603-1867), un ronin (samourai sans maître) déshonoré demande à un clan l’honneur de venir se suicider par harakiri dans leur cour.

Quatorzième film de Masako Kobayashi, Harakiri jouit d’un scénario de Shinobu Hashimito, mythique scénariste de nombreux classiques d’Akira Kurosawa (Rashômon, Les Sept samourais, etc.), qui éclate avec des flash-back la structure narrative traditionnelle. Le spectateur n’en est ici que mieux piégé, en découvrant progressivement les raisons insoupçonnées qui conduisent au harakiri, et qui font passer contre toute attente l’honneur véritable d’un camp à l’autre. Le film respecte les codes du chambara (films de sabres japonais) pour mieux les transcender, et porter un discours humaniste sur fond de tragédie de plus en plus complexe. Tatsuya Nakadai, habitué des films de Kobayashi (Rivière noire, Kwaidan, Rebellion) porte magistralement le film sur ses épaules, avec une dignité et une violence admirablement maîtrisées. Les combats se sabres sont époustouflants de chorégraphie et de dramaturgie. L’acteur a d’ailleurs eu peur sur le tournage car de véritables sabres furent utilisés – ce qui a été interdit depuis ! Harakiri est visuellement superbe, avec des cadrages minutieusement construits et un noir et blanc magnifiquement contrasté. La mise en scène est renversante, alternant tensions longtemps contenues et explosions subites d’intensité, et restitue parfaitement les multiples duels et oppositions du film : ronins contre clan de samourais prestigieux, honneur contre humiliation, tradition contre modernité, puissance contre pauvreté, façade d’apparence contre vérité moins flatteuse, codes d’honneur drastique et impersonnel contre réalité dramatique. Pour toutes ces qualités merveilleusement assemblées, Harakiri a reçu le Prix Spécial du Festival de Cannes, et est à juste titre considéré comme un des grands chefs d’œuvre du cinéma japonais.

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21h30 : Ran (Akira Kurosawa – 1985 – 162 minutes)

avec Tatsuya Nakadai, Akira Terao, Jinpachi Nezu, Daisuke Ryu, Yoshiko Miyazaki, Takeshi Nomura

Au XVIème siècle, un puissant et vieux seigneur décide de diviser son royaume entre ses trois fils, ce qui va provoquer une lutte de pouvoir.

Akira Kurusawa est un habitué des fresques épiques de samourais (Les Sept samourais, Kagemusha), mais Ran en constitue l’aboutissement ultime, une sorte de testament puisqu’il ne réalisera ensuite plus que trois films, situés dans le Japon contemporain. Ran adapte librement Le Roi Lear de Shakespeare en le situant dans le contexte des guerres civiles du Japon féodal du XVIème siècle. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il adapte le dramaturge anglais, Le Château de l’Araignée reprenait Macbeth et Les Salauds dorment en paix, Hamlet. Cependant Kurosawa en tire à chaque fois des relectures personnelles, y insérant ses propres préoccupations à travers les formes universelles de Shakespeare. Après Kagemusha, co-produit par George Lucas et Francis Ford Coppola, Ran est encore une coproduction internationale, ici avec le français Serge Silberman. Et ce ne fut pas inutile puisque ce fut le film le plus cher du cinéma japonais à l’époque. Kurosawa a d’ailleurs peint l’intégralité du storyboard, plan par plan, pendant dix ans – ce qui fut particulièrement précieux puisque sa vue se dégrada pendant le tournage, et ses assistants purent se baser dessus. Les centaines de costumes ont tous été cousus mains pendant deux ans (ils en ont remporté l’Oscar), tandis que mille quatre-cent figurants furent engagés (avec autant d’armures fabriquées spécialement) et deux cent chevaux importés des Etats-Unis. Le résultat est une sidérante descente aux enfers, un déluge de destruction, de sang et de flammes. Le film porte bien son titre (ran signifie chaos en japonais), la succession du pouvoir devenant vengeance générale et dévastatrice, embrasement irréversible et fatal dont ne subsiste que la désolation. Mais le contrepoint en est la beauté inouïe des paysages, des décors, des costumes et des affrontements, une véritable peinture en mouvement, les couleurs allant du plus vif aux plus funèbres. La musique de Tōru Takemitsu (compositeur aussi de la bande-son d’Harakiri), symphonique et discrète, est tout aussi magnifique. Les acteurs jouent une partition de haute volée, entre Tatsuya Nakadai subjugué par la fierté, le déshonneur et la folie, et Mieko Harada qui donne une interprétation proprement terrifiante et inoubliable d’une sorte de Lady Macbeth – un des plus grands rôles féminins de la filmographie de Kurosawa. On en ressort dévasté par tant de démesure esthétique, et convaincu que Ran est un des sommets imposants et insurpassables de Kurosawa et du cinéma japonais.

Ciné-club Sam Peckinpah : Le Guet-Apens (1972) – La Horde sauvage (1969)

Dimanche 11 mai 2014 :

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19h : Le Guet-Apens (Sam Peckinpah – 1972 – 118 minutes)

avec Steve McQueen, Ali MacGraw, Ben Johnson, Al Lettieri, Sally Struthers, Bo Hopkins

Le prisonnier Doc McCoy est libéré de prison par un avocat influent en échange d’un hold-up qu’il doit commettre pour lui.

Comme souvent au cinéma, la pré-production de Guet-Apens est tumultueuse. Sam Peckinpah essayait depuis des années d’acheter les droits du livre de Jim Thompson (dialoguiste de L’Ultime Razzia et scénariste des Sentiers de la gloire), mais c’est finalement le producteur Robert Evans qui les obtient. Il impose alors sa femme, Ali MacGraw, star de Love Story (1970), drame romantique au succès colossal pour lequel elle a été nominée à l’Oscar de la meilleure actrice. Puis les droits sont revendus à l’agent de Steve McQueen, qui se retrouve engagé. Peter Bogdanovich est pressenti à la réalisation, mais la Warner l’oblige contractuellement à tourner immédiatement On s’fait la valise, Doc. Steve McQueen venait de jouer Junior Bonner (1972) pour Sam Peckinpah, et le ramène donc sur ce nouveau projet. Au passage, Steve McQueen entame une liaison avec Ali MacGraw, qui deviendra sa femme, comme à l’écran. Enfin l’acteur n’apprécie pas la musique du fidèle compositeur de Peckinpah, Jerry Fielding, et oblige à la remplacer par celle de Quincy Jones, plus jazz seventies et nominée au Golden Globe de la meilleure musique. Quelques années après le culte Bonny & Clyde (1967), Le Guet-Apens est un autre film de hold-up et de couple en cavale à travers le Texas jusqu’au Mexique, palpitant de bout en bout, avec un suspense particulièrement bien dosé. Sam Peckinpah fait preuve une fois de plus de sa grande maîtrise technique, avec une réalisation virtuose, une stylisation de la violence et de multiples scènes mémorables, notamment de fusillades, qui en fait un précurseur de Tarantino. Le casting est excellent, avec une bonne galerie de seconds couteaux et un Steve McQueen comme d’habitude impérial. Le Guet-Apens est un excellent polar aux allures de western urbain, ce qui n’est pas une grande surprise de la part du maître du genre Peckinpah, dont ce sera le plus grand succès commercial. Un remake sera réalisé en 1994, avec encore un couple à l’écran et à la ville, Kim Basinger et Alec Baldwin.

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21h : La Horde sauvage (Sam Peckinpah – 1969 – 145 minutes)

avec William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan, Edmon O’Brien, Warren Oates, Jaime Sanchez, Ben Johnson, Bo Hopkins

Une horde de hors-la-loi, poursuivis par des chasseurs de primes, accepte de voler des armes et munitions transportées en train, pour le général mexicain Mapache.

Réalisateur prometteur avec Coups de feu dans la Sierra (1962), Sam Peckinpah déçoit dès son troisième film, Major Dundee (1965) dont les producteurs avaient coupé trente minutes au montage. Une traversée du désert commence alors pour le réalisateur : viré du Kid de Cincinnati (1965), il ne tourne rien pendant trois ans. Mais un ami de la Warner parvient à le remettre en selle en lui faisant réaliser La Horde sauvage. Et Peckinpah rentre alors dans la légende du cinéma en signant l’un des plus grands westerns de tous les temps, sur le podium aux côtés des meilleurs John Ford et Sergio Leone. Réponse américaine aux westerns spaghetti, La Horde sauvage est particulièrement violent, et par la même moderne et actuel : Peckinpah veut en effet déconstruire la mythologie hollywoodienne du western, à base de manichéisme des personnages et de romantisme de la violence. Il révèle la mauvaise conscience de l’Amérique et la fin d’une époque, où ses héros truands, reliés par un code de l’honneur, ne font que progresser vers la mort, dans un monde qui n’est déjà plus pour eux, la conquête de l’Ouest étant achevée et la modernité commençant. C’est donc par réalisme que le film est violent, cru et crépusculaire, où l’appât du gain et des plaisirs des prostitués dominent, où personne n’est à sauver – même les femmes et enfants ne font pas exception. Le film ne comporte que des séquences inoubliables, à commencer par les fusillades, notamment celles d’ouverture et de fermeture. Cette dernière est une des grandes scènes du cinéma américain : tournée en 12 jours (sur les 80 jours du tournage au total), elle nécessita 90.000 balles à blanc et plus de morts à l’écran que de figurants, ces derniers se relevant et se faisant recoudre leur costume pour retourner mourir à la prise suivante. La photographie est grandiose et renversante, le montage hors-norme et pénétrant, la durée du film totalement insensible, les acteurs excellents et plus vrais que nature. La musique de Jerry Fielding a été nominée aux Oscars, comme le scénario. On pourrait déverser les superlatifs à l’envie pour La Horde sauvage, concluons donc simplement qu’en plus d’un film clef du cinéma américain bien au-delà du genre western, il s’agit aussi et surtout d’une grande date dans la vie d’un cinéphile.

Ciné-club Jésus : Monty Python : La Vie de Brian (1979) – Le Roi des rois (1961)

Jésus est un personnage au destin et la postérité exceptionnels. Fils de Dieu, fondateur du Christianisme, ressuscité d’entre les morts, c’est sans doute l’homme le plus important d’Occident, et un des grands représentants de l’humanité. Un tel palmarès auquel Le Festin Nu ne pouvait pas ne pas rendre hommage, avec un biopic monumental et une parodie hilarante.

 Dimanche 4 mai 2014 :

LA VIE DE BRIAN

– 19h : Monty Python : La Vie de Brian (Terry Jones – 1979 – 93 minutes)

avec Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle, Michael Palin, Terry Jones, Terry Gilliam

La vie de Brian, né en l’an 0, pris à tort pour le messie.

Après le succès de Sacré Graal !, les journalistes demandèrent aux Monty Python quel serait le titre de leur prochain film. Eric Idle répondit au hasard « Jésus Christ ou la soif de gloire » ! Finalement la troupe envisagea sérieusement l’idée, et partit écrire le scénario aux Caraïbes. Cette fois-ci le film n’est pas une suite de sketchs mis bout à bout (comme dans Flying Circus, Sacré Graal ! ou Le Sens de la vie) mais a une véritable histoire structurée. Leur producteur se désistant au dernier moment avant le tournage, c’est le Beatle George Harrison, ami du groupe, qui le finança (et y fit une apparition) – la lecture du script lui ayant donné l’envie de voir le film, ce qui fit dire aux Python qu’il s’agissait du billet de cinéma le plus cher jamais acheté ! Tourné en Tunisie, les Python incarnent une quarantaine de rôles à eux seuls. Le film est une hilarante satire des religions en général, plutôt qu’une attaque contre Jésus ou Dieu. Néanmoins il fut très mal reçu par les croyants, criant au blasphème. Une énorme polémique s’ensuivit, dans les débats télévisés ou devant les salles de cinéma où des militants distribuaient des tracts. Le film fut interdit dans certaines villes anglaises (y compris quand elles n’avaient pas de salles de cinéma !), pendant huit ans en Irlande, un an en Norvège, à Jersey jusqu’en 2001, non distribué en Italie jusqu’en 1990. Mais quelle publicité inouïe par la même occasion ! Preuve que la critique dans La Vie de Brian du fanatisme religieux et du besoin aveugle et frénétique de croire étant plus vraie que nature. Mais qu’importe, ce qui compte est qu’il s’agit d’un des films les plus drôles de l’histoire du cinéma.

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– 21h : Le Roi des rois (Nicholas Ray – 1961 – 171 minutes)

avec Jeffrey Hunter, Robert Ryan, Siobhan McKenna, Hurd Hetfield, Ron Randell, Viveca Lindfors, Brigid Balzen

La vie de Jésus en Palestine, de sa naissance à sa crucifixion, puis sa résurrection.

Dans les années 50, avec la concurrence de la télévision, le cinéma lance des formats très larges tels que Cinemascope ou VistaVision pour offrir une expérience visuelle plus immersive aux spectateurs. L’industrie cinématographique se lance donc dans des superproductions spectaculaires comme les péplums, inspirés des récits antiques ou bibliques. C’est ainsi que le producteur spécialiste du genre Samuel Bronston (Le Cid, La Chute de l’empire romain) engage le prestigieux Nicholas Ray (Les Amants de la nuit, La Fureur de vivre avec James Dean) pour réaliser un remake du Roi des rois de Cecil B. DeMille de 1927. Ce remake a la lourde tâche d’être le premier film parlant en anglais à représenter le Christ en entier ; auparavant on n’en montrait pas le visage (comme dans Ben-Hur). C’est Jeffrey Hunter (La Prisonnière du désert de John Ford) qui l’incarne – les critiques ont par la suite reproché son apparence trop juvénile, alors qu’il avait l’âge christique de 33 ans lors du tournage ! Robert Ryan interprète un Jean-Baptiste passionné et intense, tandis que Brigid Balzen est tout à fait à la hauteur de la voluptueuse Salomé et de sa fameuse danse lascive et fatale. A noter que c’est Orson Welles qui donne sa voix au narrateur. Tourné avec plusieurs milliers de figurants en Espagne, les plans sont grandioses et parfaitement construits. Pour accroître le spectacle et ajouter des scènes de batailles, le récit oppose l’approche rebelle et violente de Barabbas à celle pacifique et sentencieuse de Jésus. Quant à la partition de Miklós Rózsa (Ben-Hur, Quo Vadis, Le Cid), elle est épique et mémorable. Enfin, s’il donne à voir un Jésus plus biblique qu’humain, moins réaliste et tourmenté que dans La Dernière tentation du Christ ou La Passion du Christ, Le Roi des rois reste un des grands péplums bibliques de l’âge classique d’Hollywood, qui a longtemps fait date.