14 juin : Ciné-club Marcello Mastroianni / Ettore Scola

QUELLE HEURE EST IL

– 19h : Quelle heure est-il (Ettore Scola – 1989 – 98 minutes)

avec Marcello Mastroianni, Massimo Troisi, Anne Parillaud, Lou Castel

Un avocat aisé va rendre visite à son fils durant une journée de permission de son service militaire. C’est l’occasion pour eux de se mesurer et d’apprendre à mieux se comprendre.

Le tournage de Splendor s’étant merveilleusement bien passé pour Marcello Mastronianni et Massimo Troisi, devenus complices et amis, Etorre Scola les réunit à nouveau dans un film écrit (avec sa fille) spécialement pour eux. Quelle heure est-il a été tourné chronologiquement, du fait des décors naturels et majoritairement extérieurs dans le petit village de Civitavecchia (près de Rome), ce qui est une pratique rare au cinéma mais permet aux acteurs de mieux endosser l’évolution de leurs personnages. Le film montre la rencontre et la confrontation entre deux mondes (jeunesse et vieillesse), deux visions opposées et surtout deux parents qui ont du mal à exprimer adéquatement leurs sentiments. D’un côté le père vieillissant, jouissant d’une carrière et d’une situation établie et qui couvre de cadeaux matériels son fils, qui de son côté étouffe, se renferme pour se protéger de lui et n’a d’autre ambition que de profiter de la vie. Quelle heure est-il est ainsi un parcours d’une journée dans la ville, à discuter en se promenant et croisant quelques personnages tels que la fiancée du fils ou ses amis. Remplie d’affinités, d’incompréhensions, de silences et de litiges, on suit la maturation de leur relation, qui croit, diminue, s’assouplit, s’endurcit jusqu’à devenir conciliante. L’émulation entre Mastroianni et Troisi étant aussi riche devant la caméra qu’en dehors, ils ont tous les deux été récompensés du Prix d’interprétation masculine de la Mostra de Venise.

 SPLENDOR

– 21h : Splendor (Ettore Scola – 1989 – 111 minutes)

avec Marcello Mastroianni, Massimo Troisi, Marina Vlady, Paolo Panelli, Pamela Villoresi

Jordan, un exploitant de cinéma criblé de dettes est contraint de céder son cinéma, le Splendor, à un riche industriel. C’est l’occasion pour lui de porter un regard sur sa vie à travers cette belle aventure.

Splendor est un des grands films du cinéma dans le cinéma, aux côtés de Boulevard du crépuscule ou Cinema Paradiso. C’est avec nostalgie que Jordan, et avec lui Etorre Scola ou nous-mêmes, replonge dans l’histoire de son cinéma, qui est aussi l’histoire du cinéma. Fils d’un exploitant de cinéma ambulant passant de village en village pour partager l’art populaire, il se souvient des séances de Metropolis et de multiples classiques qui savaient mobiliser les foules, au bord de l’émeute. Le cinéma était alors un lieu de vie et de rencontres qui montrait la vie et enrichissait la propre vie du spectateur. Depuis le cinéma engendre de moins en moins de classiques, et est concurrencé par la télévision ou de multiples autres loisirs qui n’ont guère plus d’ambition que de sortir le spectateur de l’ennui et de la torpeur. Comme des centaines de salles en France et Europe qui ont dû fermer au cours des dernières décennies, le cinéma Splendor est appelé à devenir un supermarché, ce qui en dit long sur les priorités du consommateur… Mais le propos n’est pas bassement blasé ou rageur, il est rempli de tendresse, d’humour et d’humanité, pour tenter de ré-enchanter le cinéma et le spectateur à l’égal des classiques dont il montre quantité d’extraits, de La Vie est belle à La Nuit américaine en passant par La Dolce Vita, avec justement… Marcello Mastroianni ! Plus qu’un hommage au cinéma et à ses modestes passeurs, c’est le cinéma qui se fait lui-même hommage, qui sera nommé à la Palme d’or du Festival de Cannes.

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