Archives mensuelles : septembre 2015

27 septembre : Ciné-club polar avec Jean Gabin et Alain Delon : Mélodie en sous-sol (1963) – Le Clan des Siciliens (1969)

MELODIE EN SOUS SOL

– 19h : Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil – 1962 – 121 minutes)

avec Jean Gabin, Alain Delon, Maurice Biraud, Vivianne Romance, Carla Marlier

A sa sortie de prison, Charles décide de faire un dernier grand coup avant de se retirer. Avec un jeune voyou fougueux, il organise un casse au casino de Cannes.

Après Le Président et Un Singe en hiver, Henri Verneuil retrouve le monstre sacré Jean Gabin et le succulent dialoguiste Michel Audiard pour un troisième film commandé par les studios MGM. Si dans le précédent Gabin était accompagné de la jeune star de la Nouvelle Vague Jean-Paul Belmondo, il a affaire ici à son concurrent, Alain Delon, qui a fait des pieds et des mains pour parvenir à tourner avec son idole (remplaçant ainsi le pauvre Jean-Louis Trintignant), n’hésitant pas à tourner sans cachet et à abandonner le tournage du Guépard, au gram damne de Visconti ! C’est d’ailleurs ce film qui fit de lui une star internationale, après des débuts remarqués dans Plein soleil ou Rocco et ses frères. Mélodie en sous-sol est en effet un immense succès dans le monde entier, et même un classique du film de casse français, avec sa réalisation impeccable et soignée, des acteurs au sommet de leur charisme balançant d’excellentes répliques d’Audiard, sur une partition rythmée de Michel Magne. Et surtout sa dernière scène est légendaire et inoubliable !

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– 21h : Le Clan des Siciliens (Henri Verneuil – 1969 – 125 minutes)

avec Jean Gabin, Alain Delon, Lino Ventura, Irina Demick, Amedeo Nazzari, Yves Lefebvre, Marc Porel, Sydney Chaplin, André Pousse

Un truand s’évade d’un fourgon de police avec la complicité d’un clan sicilien. Il leur propose de dérober une importante collection de joaillerie à Rome.

Le succès des films d’Henri Verneuil l’a fait engager par les studios américains pour deux films aux Etats-Unis avec Anthony Quinn et Charles Branson. Fort de cette expérience et renommée, la 20th Century Fox est prêt à mettre le paquet avec un budget record pour un polar français, qui permet d’engager trois des plus grosses stars françaises : Jean Gabin, Alain Delon et Lino Ventura, réunis pour la première fois à l’écran (bien qu’ils aient déjà tournés ensemble séparément). Gabin en patriarche mafieux sicilien, Delon en truand recherché pour meurtre et Ventura en flic coriace – un casting comme on n’en fait plus ! Le film lui-même est tout aussi ambitieux et spectaculaire puisqu’il montre pour la première fois au cinéma le casse d’un avion en vol ! Co-écrit par José Giovanni (un ancien collabo, truand condamné à mort et gracié, devenu romancier puis réalisateur !), le long-métrage est d’une précision chirurgicale (presque mellevilienne), tant dans son scénario à suspense que sa mise en scène tendue. Magnifié par un des plus meilleurs thèmes d’Ennio Morricone à la guimbarde (qui a été un best-seller), Le Clan des Siciliens a été un très grand succès (4,8 millions de spectateurs français), et s’est rapidement imposé comme un des plus grandioses polars français.

20 septembre : Ciné-club frères : Le Gang des frères James (1980) – Rain Man (1988)

LE GANG DES FRERES JAMES

– 19h : Le Gang des frères James (Walter Hill – 1980 – 100 minutes)

avec David Carradine, Keith Carradine, Robert Carradine, James Keach, Stacy Keach, Dennis Quaid, Randy Quaid, Christopher Guest, Nicholas Guest

Le sanglant et redouté gang de braqueurs de banques de Jesse James est poursuivi par une agence de détectives.

Le gang des frères James-Younger est un des grands mythes de l’histoire des Etats-Unis, sans doute les plus fameux hors-la-loi avec Billy le Kid, adapté bien des fois au cinéma par King Vidor, Nicholas Ray ou Philip Kaufman. Contrairement à d’autres, Walter Hill (dont il s’agit du premier western, avant Geronimo ou Wild Bill, d’autres légendes de l’Ouest) adopte un parti pris tout à fait réaliste, loin de toute vision romantique, montrant gangsters comme des anti-héros, simples fils de fermiers dans leur vie quotidienne. La grande originalité du film est d’avoir choisi d’authentiques frères comme acteurs : les Carradine, Keach, Quaid et Guest. Ce n’est pas la seule chose qui porte le film, mais cela renforce le sentiment d’authenticité et de sobriété anti-hollywoodienne – David Carradine est d’ailleurs le plus charismatique. Walter Hill, en élève de Sam Peckinpah (il a scénarisé son Guet-apens), distille tout de même des scènes d’explosion de violence sanglante lors des braquages. Enfin la musique est intelligemment confiée à Ry Cooder, qui inaugure sa carrière de compositeur de film (en faisant abstraction de Performance en 1970) – il signera la bande-son de six autres films de Walter Hill.

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– 21h : Rain Man (Barry Levinson – 1988 – 133 minutes)

avec Tom Cruise, Dustin Hoffman, Valeria Golino

Un vendeur de voitures matérialiste et ruiné découvre à la mort de son père qu’il a un grand frère autiste, à qui est confié tout l’héritage.

Rain Man est inspiré d’une histoire vraie, celle de Kim Peek, un américain autiste savant doté d’une mémoire exceptionnelle (allant jusqu’à se souvenir parfaitement des noms et numéros de l’annuaire). Le film a donc été minutieusement préparé à l’aide psychologues et spécialistes. Dustin Hoffman en livre une interprétation inouïe et bouleversante, plus vraie que nature. Même l’inénarrable Tom Cruise s’avère tout à fait juste et même très important pour contrebalancer et mettre en valeur le jeu complexe d’Hoffman. Cette histoire touchante entre deux frères qui apprennent à se connaître et se comprendre le temps d’un road-movie est devenue le plus gros succès de Barry Levinson (Good Morning Vietnam, Harcèlement), un raz de marée public (dépassant même Indiana Jones et la dernière croisade et Retour vers le futur II) et critique : Ours d’or à Berlin, et quatre Oscars remportés sur huit nominations aux Oscars (meilleurs film, réalisateur, scénario et acteur pour Hoffman). Dustin Hoffman retravaillera avec Barry Levinson dans Sleepers, Des Hommes d’influence et Sphère.

13 septembre : Ciné-club Kung-fu : Opération Dragon (1973) – Crazy Kung-fu (2004)

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– 19 h : Opération Dragon (Robert Clouse – 1973 – 98 minutes)

avec Bruce Lee, John Saxon, Jim Kelly, Ahna Capri, Shih Kien, Bob Wall, Angela Mao, Bolo Yeung

 Un membre du temple Shaolin est chargé de s’infiltrer chez un trafiquant de drogue et d’esclave par le biais du tournoi d’arts martiaux qu’il organise sur son île.

Après des apparitions dans des séries télévisées (Batman, Le Frelon Vert, L’Homme de fer), Bruce Lee commence son ascension fulgurante au cinéma dans les films hongkongais Big Boss, La Fureur de vaincre et La Fureur du Dragon. Avec Opération Dragon, il tourne dans sa plus grosse production avec Warner Brothers – il s’agit d’ailleurs du premier film hollywoodien à avoir un chinois comme acteur principal. Le film occidentalise un peu l’intrigue, avec quelques références à James Bond : le méchant a des pinces à la place des mains artificielles comme dans celui de James Bond contre Docteur No. La scène du dernier combat est d’ailleurs anthologique : il a lieu dans une salle avec huit mille miroirs, donnant lieu à des jeux de reflets inouïs. La musique de Lalo Schifrin est délicieusement funky comme à son habitude (L’Inspecteur Harry). Bruce Lee deviendra une star mondiale avec ce film, mais à titre posthume : il meurt en effet d’un œdème cérébral (dans des circonstances troubles) trois semaines et demi avant sa sortie, faisant de lui une icône culturelle du XXème siècle.

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– 21h : Crazu Kung-fu (Stephen Chow – 2004 – 99 minutes)

avec Stephen Chow, Yuen Qiu, Yuen Wah, Danny Chan Kwok Kwan, Xing Yu, Lam Suet

Un jeune voyou sympathique rêve d’intégrer une puissant gang, qui est en lutte avec des maîtres de kung-fu pour contrôler une rue sacrée.

 Trois ans après Shaolin Soccer, une parodie délirante d’Olive et Tom à la sauce kung-fu acrobatique (succès international, public et critique), Stephen Chow enfonce le clou dans la Chine des années 40, avec des combats inspirés de Bruce Lee (son idole) et… Ken le survivant ! Pour les spectaculaires chorégraphies, il fait appel à Sammo Hung et Yuen Woo Ping (Matrix, Tigres et dragons). Hommage aux kung-fu comédies des années 70-80, Crazy Kung-fu déploie un humour cartoonesque à la Tex Avery avec une galerie de second rôles aux tronches impayables. Extrêmement soigné techniquement, le film a été très bien accueilli, engrangeant cent millions de dollars de recettes mondiales, et devenant le plus grand succès en langue étrangère aux Etats-Unis en 2005.

6 septembre : Ciné-club Alcatraz : L’Evadé d’Alcatraz (1979) – Rock (1996)

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– 19h : L’Evadé d’Alcatraz (Don Siegel – 1979 – 107 minutes)

avec Clint Eastood, Patrick McGoohan, Roberts Blossom, Jack Thibeau, Fred Ward, Paul Benjamin, Larry Hankyn

Après plusieurs évasions, un détenu est transféré dans la prison sur l’île d’Alcatraz, dans la baie de San Francisco. Ultra-sécurisée, elle est réputée pour être impossible à s’évader…

 Dernier film que Clint Eastwood et Don Siegel tournent ensemble (après des classiques comme L’Inspecteur Harry), L’Evadé d’Alcatraz est tout simplement l’un des films de prison les plus passionnants, et l’un des meilleurs films d’évasion. Tourné à Alcatraz, il décrit minutieusement la pression et l’aliénation du système carcéral sur les prisonniers. Le directeur de la prison est d’ailleurs très ironiquement et judicieusement interprété par Patrick McGoohan, qui a joué le rôle du Numéro 6 dans la légendaire série anglaise des années 60 Le Prisonnier. L’ancienne victime iconique devient ici bourreau sadique et inhumain, comme s’il était un nouveau Numéro 2. Le suspense est immense, la préparation et les imprévus du plan d’évasion palpitants, et Clint Eastwood irréprochable avec son jeu typiquement minéral. Un film de genre parfait, et un des sommets de la longue carrière de Don Siegel.

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– 21h : Rock (Michael Bay – 1996 – 136 minutes)

avec Sean Connery, Nicolas Cage, Ed Harris, John Spencer, David Morse, William Forsythe, Michael Biehn, Tony Todd

Excédé par le gouvernement américain, un général s’empare avec ses hommes de la prison d’Alcatraz et menace de lancer un gaz mortel sur San Francisco. Un expert en armes chimiques et l’unique prisonnier à être parvenu à s’échapper d’Alcatraz sont envoyés sur l’île pour s’infiltrer et le neutraliser.

 Co-écrit par Quentin Tarantino (non crédité au générique cependant), Rock est un blockbuster efficace du jeune Michael Bay, avant qu’elle ne prenne en charge des surper-productions de plus en plus monstrueuses (Armageddon, Pearl Harbor, Transformers). Le film marque la rencontre de deux générations d’acteur : Sean Connery, mythique James Bond auquel plusieurs clins d’oeil sont distillés, et Nicolas Cage (Arizona Junior, Sailor et Lula, Leaving Las Vegas), les deux formant un duo solide. Ed Harris est aussi très bon en militaire meurtri et peu manichéen. Avec ses effets speciaux spectaculaires, ses rebondissements bien ficelés et le professionnalisme de sa réalisation, Rock est un film d’action référence des années 90, qui a bien mieux vieilli que d’autres concurrents du genre.