Archives mensuelles : mai 2016

29 mai : Ciné-club Action par Andrew Davis : Sale temps pour un flic (1985) – Piège en haute mer (1992)

SALE TEMPS POUR UN FLIC

– 19h : Sale temps pour un flic (Andrew Davis – 1985 – 100 minutes)

avec Chuck Norris, Henry Silva, Ron Henriquez, Bert Remsen, Mike Genovese, Nathan Davis, Ralph Foody

Un policier de Chicago se retrouve en pleine guerre de gangs de trafiquants de drogue, tandis qu’il tente de briser la loi du silence qui gangrène son service.

Révélé face à Bruce Lee dans La Fureur du dragon (1972) alors qu’il est champion du monde de karaté, Chuck Norris est poussé par Steve McQueen (qui fréquente son école de karaté) à prendre des cours d’art dramatique. Il devient alors progressivement la star des films d’action avec Dent pour dent, Œil pour œil ou Portés disparus, et déjà le héros monolithique, impassible et surpuissant que l’on connait. Sale temps pour un flic passe justement pour un de ses meilleurs films, parce qu’il est plus sobre et moins explosif que les précédents, étant plutôt un thriller policier, à l’ambiance urbaine et à la bande son typiquement eighties, qu’un film d’arts martiaux auquel son public était habitué. Ainsi, Norris doit régler à la fois la guerre des gangs dans sa ville et la loi du silence qui protège les policiers malhonnêtes de son service. Le scénario était d’ailleurs initialement celui de L’Inspecteur Harry IV, avant d’être remplacé. Mais qu’on se rassure, Norris distribue son quota de coups et de balles réglementaire. Il sera même aidé par robot à quatre roues téléguidé et surarmé, Prowler !

PIEGE EN HAUTE MER

– 21h : Piège en haute mer (Andrew Davis – 1992 – 103 minutes)

avec Steven Seagal, Tommy Lee Jones, Gary Busey, Erika Eleniak, Colm Meaney, Patrick O’Neal

Un bateau militaire américain muni de missiles nucléaires est pris en otage par le commando d’un ancien agent de la CIA. C’est sans compter sur son redoutable cuisinier…

Septième dan d’aïkido et premier étranger responsable d’un dojo au Japon, Steven Seagal se lance à Hollywood comme responsable de combats et de cascades (le James Bond de Jamais plus jamais). Son premier film, Nico (1988), avec Sharon Stone, devant la caméra d’Andrew Davis, est un déjà un succès. Trois films plus tard, il retrouve Davis pour ce qui va devenir son meilleur film, Piège en haute mer. L’ambition est de faire un Piège de cristal sur mer, une prise d’otage géante en milieu clos où seul un individu oublié va renverser tous les plans prévus, un cuisinier aussi doué pour la bouillabaisse que pour le maniement d’explosifs. Ce film d’action à gros budget, s’il n’évite pas quelques clichés propres au genre (mais qui se savourent très bien au second degré), est magistralement orchestré et rythmé. C’est le plus grand succès public et critique de Steven Seagal (il est même nominé aux Oscars du meilleur son et montage sonore !), et il fait de lui une des grandes stars des arts martiaux et du cinéma musclé, aux côtés de Stallone, Schwarzenegger, Willis et Norris. Il révèle par la même occasion au grand public Tommy Lee Jones, troublant sosie de Philippe Manoeuvre, déjà repéré dans JFK d’Oliver Stone et après avoir galéré pendant vingt ans dans le métier. Le film connaitra une suite, Piège à grande vitesse, lui aussi un succès. Cependant la carrière de Seagal va rapidement décliner, se spécialisant en nanar fauché sortant directement en vidéo ou en télé-réalité policière, avant de revenir en forme dans Machete et de se lancer dans la musique blues.

22 mai : Ciné-club Le Docteur Jivago (1965)

LE DOCTEUR JIVAGO

19h : Le Docteur Jivago (David Lean – 1965 – 197 minutes)

avec Omar Sharif, Julie Christie, Geraldine Chaplin, Rod Steiger, Alec Guinness, Tom Courtenay, Siobhan McKenna, Ralph Richardson, Rita Tushingham, Klaus Kinski

A la veille de la révolution soviétique, un médecin sur le point de se marier croise la route d’une jeune femme sous le charme d’un odieux bourgeois. Leurs destins vont se lier au rythme des remous de l’Histoire russe.

Le poète russe Boris Pasternak publie son roman Le Docteur Jivago en 1957. Il reçoit le Prix Nobel de littérature l’année suivante, mais il doit le refuser pour ne pas subir les foudres des autorités soviétiques (qui n’autoriseront la publication du roman qu’en 1985). Qui d’autre que le grand David Lean aurait pu l’adapter au cinéma ? Le réalisateur multi-oscarisé du Pont de la Rivière Kwaï et de Lawrence d’Arabie déploie tout son talent pour filmer les grandes épopées passionnelles, historiques et exotiques, à travers les magnifiques paysages sibériens. Le film est tourné pendant dix mois en Finlande, au Canada et en Espagne, où des décors impressionnants recréent Moscou sur plus de huit cent mètres avec tramway, viaduc et Kremlin, ou des champs de bataille. Dans son rôle le plus iconique, Omar Sharif hésite entre sa femme brune (Geraldine Chaplin, fille de Charles, dans son premier rôle) et une sublime infirmière blonde (Julie Christie), pendant que l’histoire révolutionnaire de la Russie se déroule, depuis la période tsariste touchant à sa fin, l’entrée dans la Première Guerre mondiale, la révolution d’octobre, le bouleversement social de la population, l’abolition des classes ou les difficultés matérielles jusqu’aux fins fonds de la Sibérie. Le compositeur habituel de Lean, Maurice Jarre, signe une nouvelle fois un thème fameux du cinéma, riches des sonorités russes. Classique d’entre les classiques entrelaçant l’intime avec l’Histoire, Le Docteur Jivago a reçu cinq Oscars (scénario, direction artistique, costumes, photographie et musique) sur dix nominations, et est devenu le huitième plus grand succès commercial du cinéma – son chiffre d’affaire en dollars réactualisés équivaut à 1,9 milliards de dollars. Il ne fut pas projeté en Russie avant 1994.

15 mai : Ciné-club France sous l’Occupation par René Clément : La Bataille du rail (1946) – Jeux interdits (1952)

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– 19h : La Bataille du rail (René Clément – 1946 – 82 minutes)

avec Marcel Barnault, Jean Daurand, Jean Clarieux, Jacques Desagneaux, Tony Laurent, Leon Pauleon, Robert Leray, Pierre Lozach, François Joux

Pendant l’Occupation, des cheminots s’engagent dans la Résistance et tente de saboter les convois nazis.

Avant même la fin de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement Résistance-Fer commande un film à la gloire des cheminots. Il choisit René Clément pour le réaliser, dont il s’agit du premier long-métrage, après une dizaine de courts-métrages. Entre documentaire et fiction idéaliste, La Bataille du rail montre sobrement mais de manière (néo-)réaliste des anonymes de la SNCF faire tout leur possible, jusqu’au sacrifice, pour résister, sauver des innocents, relayer des informations, saboter les trains affrétés par l’occupant nazi et soutenir les maquisards au moment du débarquement de 1944. Par soucis de vérité, la plupart des acteurs sont d’authentiques cheminots, tandis que des vraies balles sont utilisées sur le tournage, puisqu’il était plus facile de s’en procurer à l’époque que des balles en blanc ! C’est aussi un véritable train que l’on fait dérailler dans une vallée, spectaculairement filmé par trois caméras. Ses allures de film d’action le font rivaliser avec les films américains de l’époque. La Bataille du rail a remporté un grand succès populaire, ainsi le Grand Prix et le Prix du Jury du (premier) Festival de Cannes, mais n’a pas pu rester pas longtemps à l’affiche, ses scènes de préparation de sabotages risquant de donner de mauvais conseils aux indépendantistes en pleine guerre d’Indochine. Le film est aujourd’hui controversé historiquement, puisque le rôle de la SNCF sous le régime Vichy est apparu bien plus trouble, ou du moins pas aussi majoritairement engagé que ne veut le montrer le film – à l’image de la proportion de résistants parmi les Français pendant la Guerre. Il n’empêche, cela ne remet pas en cause les cheminots morts pendant la Guerre et leurs actions authentiques, et d’un point de vue cinématographique, le film conserve toutes ses qualités, son efficacité et son lyrisme.

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– 21h : Jeux interdits (René Clément – 1952 – 86 minutes)

avec Georges Poujouly, Brigitte Fossey, Amédée, Madeleine Barbulée, Laurence Badie, Suzanne Courtal, Lucien Hubert

En 1940, une jeune fille, dont les parents viennent d’être tués, est recueillie par une famille de campagnard. Avec le plus jeune garçon, ils vont se créer un univers à eux pour échapper à celui des adultes et de la guerre.

Adaptant un roman de François Boyer, Jeux interdits devaient être initialement un film à sketchs sur les enfants et la guerre, René Clément n’en réalisant qu’un segment. Mais la qualité du segment tourné transforma le projet en un long-métrage. Alors que les adultes se déchirent, tant sur le champ de bataille que dans les campagnes à l’abri, les enfants vont tenter de préserver leur innocence en se recréant un monde symbolique, tendre, animalier et morbide. La star du film est Brigitte Fossey, jeune actrice de seulement cinq ans qui livre une performance dramatique exceptionnelle, toute d’aisance et de spontanéité, ce qui lui vaudra un prix d’interprétation au Festival de Venise, et même de rencontrer la reine d’Angleterre ! Ce sont d’ailleurs ses véritables parents qui jouent ses parents dans le film pour la mettre en confiance. Ce rôle déterminant lança une longue carrière à l’écran – son partenaire Georges Poujouly, autre excellent enfant acteur, n’eut malheureusement pas le même succès. Le thème du film, joué par Narciso Yepes, est devenu un grand classique de la musique de film, travaillé par la plupart des débutants à la guitare. Refusé par le Festival de Cannes à cause de son sujet trop dur, Jeux interdits est un des plus films les plus primés de l’histoire du cinéma français, avec le Lion d’or de Venise et l’Oscar du meilleur film étranger (le deuxième de René Clément, record de l’époque pour un cinéaste européen) parmi d’autres distinctions internationales. Aussi poétique que cruel, il reste plusieurs décennies après sa sortie toujours aussi bouleversant et émouvant.

8 mai : Ciné-club Sur écoute : Conversation secrète (1974) – La Vie des autres (2006)

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– 19h : Conversation secrète (Francis Ford Coppola – 1974 – 113 minutes)

avec Gene Hackman, John Cazale, Allen Garfield, Cindy Williams, Frederic Forrest, Michael Higgins, Harrison Ford, Robert Duvall, Teri Garr

Un spécialiste de l’espionnage, secret et solitaire, enregistre la conversation troublante d’un couple. Intrigué, il refuse de confier l’enregistrement à son client et tente d’en percer le secret.

Avec le succès fulgurant et inouï du Parrain, Coppola devient un réalisateur de toute première importance particulièrement scruté. Mais avant Le Parrain 2ème partie et Apocalypse Now, son nouveau projet est tout à fait sobre, puisqu’il a été entamé avant la sortie du Parrain, ayant même été écrit en 1966, année de la sortie de Blow Up d’Antonioni avec qui il partage plus d’une qualité. Coppola décrit un homme qui a force d’écoutes, d’espionnage et de discrétion professionnelle vit dans la solitude, le secret et la paranoïa, incapable de se lier ou de faire confiance à quelqu’un, un collègue ou une femme. Entre Blow Up et Blow Out, en passant par Fenêtre sur cour, Conversation secrète tente de percer le mystère d’un meurtre capturé par hasard, de forcer jusqu’à l’obsession la vérité à travers les traces et les pièges de l’apparence. Ce voyeurisme s’inscrit dans la crise politique et existentielle des Etats-Unis, entre l’assassinat de Kennedy (filmé par un amateur) et le scandale des écoutes du Watergate (avec la même technologique dans le film). La bande-son dépouillée et lancinante au piano est d’ailleurs signée David Shire, qui fera aussi la musique des Hommes du Président. On retrouve une multitude d’acteurs familiers de Coppola : Harrison Ford (Apocalypse Now), Robert Duval et John Cazale (Le Parrain), Frederic Forrest et Teri Garr (Coup de coeur). Conversation secrète a reçu la Palme d’or du Festival de Cannes et a été nommé aux Oscars du meilleur film, meilleur scénario et meilleur mixage son (heureusement !). On comprend pourquoi il reste le film préféré de Coppola et de Gene Hackman, pourtant pas étrangers aux classiques du cinéma.

 LA VIE DES AUTRES

– 21h : La Vie des autres (Florian Henckel von Donnersmarck – 2006 – 137 minutes)

avec Martina Gedeck, Ulrich Mühe, Sebastian Koch, Ulrich Tukur

Dans les années 80 à Berlin-Est, un agent de la Stasi est chargé d’espionner un dramaturge à succès et sa compagne actrice, dont le ministre de la culture est épris.

Pour son premier film, Florian Henckel von Donnersmarck fait preuve d’une impressionnante maturité d’écriture et de réalisation, en s’attaquant à un sujet on ne peut plus sensible dans l’histoire de son pays : la surveillance de masse du régime communiste d’Allemagne de l’Est de l’ensemble de la population et surtout ses individus suspects, par sa terrible police politique, la Stasi. Il a ainsi travaillé pendant quatre ans en recherches et sur le scénario, rencontrant des anciens agents ou victimes. La reconstitution est remarquable, le film ayant été tourné entièrement à Berlin, jusque dans les locaux véritables de la Stasi, une première. Mais plus que les décors, c’est l’atmosphère psychologique et l’oppression sociale qui sont récréés avec effroi. Thriller d’espionnage politique et intime passionnant, La Vie des autres montre l’horreur de la machine totalitaire déshumanisée et paranoïaque dans ses recoins quotidiens, que seuls l’art, le désir et les sentiments parviendront finalement à fendre, mais à quel prix. Les personnages sont aussi complexes et riches que les acteurs sont brillants. Le film a rencontré le succès public et critique dans le monde entier, remportant une pluie de récompenses internationales, dont les César et Oscar du meilleur film étranger.

1er mai : Ciné-club Rock star : Lemmy (2010) – The Doors (1991)

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Dans le cadre de la Paris Beer Week, la bière Sex, Ale & Rock’n’roll (IPA de la brasserie alsacienne Sainte Cru) sera spécialement en pression pour l’occasion !

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– 19h : Lemmy (Greg Olliver & Wes Orshoski – 2010 – 110 minutes)

Les documentaristes Greg Olliver et Wes Orshoski ont suivi pendant deux ans le légendaire Ian « Lemmy » Kilmister dans son quotidien, entre Los Angeles et les tournées. Roadie de Jimi Hendrix, bassiste du groupe space-rock Hawkwind dont il a été viré quand la douane l’a emprisonné pour possession de drogue, et enfin leader de son groupe de heavy metal Motörhead, le sexagénaire passe ses journées au bar Rainbow et se passionne pour les machines à sous électroniques. Il revient sur sa vie musicale et sur la route, ses fameuses consommations d’alcool et de drogue et ses exploits sexuels. Il nous montre son petit deux pièces à Hollywood rempli de collections d’objets improbables, comme des réductions pour Domino’s Pizza, des armes de guerre ou des souvenirs nazis. Entre sessions en studio, bus de tournée, en concert, backstage, rencontres avec les fans ou conduisant un tank, notre homme se voit encensé par les témoignages admiratifs de pointures du métier tels que Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters), Metallica (avec qui on le voit jouer sur scène), Slash & Duff (Guns ‘n Roses, Velvet Revolver), Ozzy Osbourne (Black Sabbath), Alice Cooper, Ice T, Jarvis Cocker (Pulp) ou Peter Hook (Joy Division, New Order). Loin de ses frasques de la grande époque, Lemmy est resté égal à lui-même et à la hauteur de son mythe, simple et attachant, sans esbroufe mais authentiquement rock’n’roll, n’ayant rien à prouver à personne. Mais à la stupeur générale, Lemmy a fait mentir la légende et s’est révélé être mortel, emporté par un cancer de la prostate deux jours après son diagnostic en décembre 2015. « Killed by death » !

 LES DOORS

– 21h : The Doors (Oliver Stone – 1991 – 140 minutes)

avec Val Kilmer, Meg Ryan, Kyle MacLachlan, Frank Whaley, Kevin Dillon, Kathleen Quinlan, Michael Wincott, Michael Madsen

La vie de Jim Morrison, légendaire chanteur des Doors, depuis ses études de cinéma à Los Angeles jusqu’aux excès du succès et des sixties.

Oliver Stone était un grand amateur des Doors, qu’il écoutait alors qu’il était envoyé comme soldat au Vietnam. Après Platoon ou Wall Street, il continue d’analyser l’Amérique avec un film sur ce groupe si emblématique des sixties, de ses espoirs, illusions et échecs, à travers la trajectoire météorique de leur chanteur Jim Morrison. Etudiant en cinéma, poète, séducteur et shaman moderne, il eut le temps de devenir en seulement six albums une des icônes du rock, par son charisme, sa présence scénique et son destin tragique. Car cette carrière qui commence avec les premiers trips psychédéliques en plein flower power et le succès commercial naissant se meut en descente aux enfers, entre alcoolisme autodestructeur, répression policière, procès pour attentat à la pudeur et dépression. Avec un budget de quarante millions de dollars, il restitue les atmosphères intenses et fiévreuses des concerts avec le public en transe, et reproduit jusqu’aux véritables décors, costumes ou accessoires les plus pointilleux. The Doors a été un grand succès commercial, qui relança le mythe auprès d’une nouvelle génération. Cependant les membres du groupe et les fans de la première heure l’accueillirent sèchement, Oliver Stone (co-auteur du scénario) ayant pris de nombreuses libertés avec la vérité historique et donné une image romancée, manichéenne et guignolesque du chanteur.