Archives mensuelles : mai 2017

28 mai 2017 : Ciné-club fureur du kung-fu : La Fureur de vaincre (1972) – La Fureur du dragon (1972)

– 19h : La Fureur de vaincre (Lo Wei – 1972 – 106 minutes)

avec Bruce Lee, Nora Miao, James Tien, Maria Yi, Robert Baker, Tien Feng, Paul Wei, Riki Hashimoto, Lo Wei

Pendant l’occupation japonaise de la Chine, un disciple d’arts martiaux va chercher à venger l’assassinat de son maître.

Bruce Lee a débuté dans la série Le Frelon vert (1966-1967, que Michel Gondry adaptera au cinéma en 2011), et a enchaîné les seconds rôles en Amérique. Son immense talent martial est révélé dans Big Boss, son premier rôle principal, qui est un grand succès. Il enchaîne ainsi avec le même réalisateur, Lo Wei, avec La Fureur de vaincre. Son maître dans le film a réellement existé et remporté de nombreux tournois d’arts martiaux. Incarner son disciple, insoumis, enflammé et vengeur, inscrit alors Bruce Lee comme un des symboles nationaux de la résistance à l’oppression. Ses prouesses physiques et chorégraphiques explosent dans des scènes fascinantes et virtuoses, culminant dans un final anthologique le figeant dans l’éternité de sa légende.  Considéré comme le meilleur film de Bruce Lee, Tarantino lui rendra un hommage dans Kill Bill en reprenant le déroulement du combat contre les élèves japonais (de même que la tenue orange d’Uma Thurman est celle de Bruce Lee dans Le Jeu de la mort). Le film connaîtra un remake en 1994 avec Jet Li dans Fist of legend, une suite en 2010 avec Donnie Yen, ainsi qu’une série télévisée en 1995 déjà avec ce dernier.

LA FUREUR DU DRAGON

– 21h : La Fureur du dragon (Bruce Lee – 1972 – 99 minutes)

avec Bruce Lee, Nora Miao, Chuck Norris

Un expert en arts martiaux est appelé à Rome par son oncle pour l’aider à débarrasser son restaurant de délinquants qui le rackettent. Mais ils font appel à un champion américain…

Après l’immense succès de La Fureur de vaincre, Bruce Lee endosse pour la première et dernière fois la casquette de scénariste, producteur et réalisateur pour son film suivant, La Fureur du dragon, premier film asiatique à être tourné en Europe, en l’occurrence à Rome. Moins dramatique et parfois plus comique que dans le précédent film, Bruce Lee affronte son plus puissant ennemi, Chuck Norris, dans un mythique combat tourné au Colisée en quatre jours (au début en cachette car sans autorisation, avant d’avoir l’accord d’un agent de sécurité !), peut-être le plus grand combat d’arts martiaux du cinéma d’un point de vue professionnel. Il s’agit du plus gros succès de Bruce Lee en Asie, dépassant les records du précédent. Ensuite, Bruce Lee ne terminera qu’Opération Dragon, et décèdera en 1973 à 32 ans avant d’avoir pu finir Le Jeu de la mort.

21 mai 2017 : Ciné-club Guerre de gangs : Outsiders (1983) – West Side Story (1961)

OUTSIDERS

– 19h : Outsiders (Francis Ford Coppola – 1983 – 114 minutes)

avec C. Thomas Howll, Matt Dillon, Diane Lane, Ralph Macchio, Rob Lowe, Patrick Swayze, Emilio Estevez, Tom Cruise, Leif Garrett

Dans les années 50 dans l’Oklahoma, deux bandes d’adolescents, se font la guerre : les Greasers, délinquants défavorisés, contre les Socs, issus des beaux quartiers.

Après l’historique Apocalypse Now, Francis Ford Coppola était revenu à un cinéma moins épique, le très stylisé et musical Coup de cœur. Dans un genre encore différent et stylistiquement bien plus sobre, il adapte d’un roman best-seller de Susan Hinton Outsiders, une histoire d’adolescents bagarreurs. Il explore bien sûr la confusion et la complexité existentielles de cette période ingrate, où l’on cherche sa place dans la société, à se situer par rapport aux adultes et à la famille, et où l’amitié est la valeur la plus élevée. La dimension sociologique est particulièrement présente, entre les deux bandes issues de classes opposées. Le casting est remarquable pour révéler toute une génération de jeunes acteurs inconnus qui deviendront des stars : Matt Dillon (Sexcrimes, Mary à tout prix), Patrick Swayze (Dirty Dancing, Ghost), Tom Cruise (Top Gun, Mission Impossible), Emilio Estevez (The Breakfast Club), Diane Lane (Rusty James, Les Rues de feu), Ralph Macchio (Karate Kid), Rob Lowe (A la Maison Blanche, Wayne’s World). Excellemment bien filmé et mis en scène, Outsiders se révèle particulièrement juste, innocent et touchant, et n’est pas sans rappeler le mythique La Fureur de vivre avec James Dean. Rusty James, le film suivant de Coppola, sera aussi adapté d’un roman de Susan Hinton, avec Matt Dillon.

WEST SIDE STORY

– 21h : West Side Story (Robert Wise & Jerome Robbins – 1961 – 153 minutes)

avec Natalie Wood, Richard Beymer, Russ Tamblyn, Rita Moreno, George Chakiris

Les Jets, américains d’origine polonaise, et les Sharks, immigrés portoricains, se font la guerre à New-York. Mais la sœur du chef des Sharks et l’ancien chef des Jets tombent amoureux…

En 1957, l’âge d’or des comédies musicales avec Gene Kelly et Fred Astaire est bien révolu. Mais un spectacle mis en musique par Leonard Bernstein triomphe à Broadway durant trois ans : West Side Story. Robert Wise, connu pour sa diversité de genres (science-fiction, polar, péplum, guerre), est choisi pour le produire au cinéma et le mettre en scène, cette deuxième casquette étant partagée avec l’auteur de la pièce, Jerome Robbins pour les chorégraphies. Les acteurs répètent pendant d’innombrables heures, la plupart étant doublés pour les parties chantées. Le tournage dure six mois, et contrairement à la tradition hollywoodienne des musicals sur-stylisés, une partie est filmée en extérieur dans les rues de New York durant cinq semaines. West Side Story est un miracle visuel, chorégraphique et mélodramatique, doublé d’une sérieuse critique sociale, ciblant les problèmes d’immigration et de délinquance derrière le vernis de l’american way of life. Remplies de scènes et chansons fameuses, ce Romeo et Juliette musical, urbain et ethnique est un triomphe public et critique, raflant dix Oscars (meilleurs film, réalisateur, acteur et actrice de second rôle, direction artistique, costumes, photographie, son, montage et musique). Non content d’avoir relancé la comédie musicale, il en est un des sommets absolus. Robert Wise signera quand même un autre classique du genre en 1965 : La Mélodie du bonheur.

14 mai 2017 : Ciné-club Evasion : New York 1997 (1981) – La Grande Evasion (1963)

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– 19h : New York 1997 (John Carpenter – 1981 – 98 minutes)

avec Kurt Russell, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Donald Pleasence, Isaac Hayes, Season Hubley, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau

Face à l’explosion de la criminalité, New York est devenu une prison fermée à ciel ouvert aux trois millions de prisonniers. L’avion du président s’étant écrasé dedans, le criminel Snake Plissken a vingt-quatre heures pour le retrouver et le ramener vivant, sinon une bombe placée en lui le tuera.

Inspiré par la jungle urbaine d’Un Justicier dans la ville avec Charles Bronson, John Carpenter écrit un western futuriste. Après Fog, il tourne un nouveau film de série B à petit budget – encore nocturne. Dans un Saint-Louis, Missouri (en réalité dévasté par un gigantesque incendie dans les années 70), il recréé un univers post-apocalyptique, inventif et marquant, typique des années 80. Le personnage de Snake Plissken est mythique, et révèle Kurt Russel, après des productions pour Disney et une collaboration sur le téléfilm Le Roman d’Elvis (réalisé par Carpenter). Lee Van Cleef (Pour quelques dollars de plus, Le Bon, la brute et le truand), Donald Pleasence (La Grande Evasion, Halloween) et Ernest Borgnine (La Horde Sauvage) complètent ce casting vintage, auquel il faut ajouter Isaac Hayes, grand chanteur funk-soul de l’écurie Stax, auteur de la fameuse BO de Shaft. Celle aux synthés de New York 1997 est comme d’habitude signée Carpenter lui-même. Le film est un succès, surtout en France, et devient rapidement culte. Le réalisateur enchainera avec Kurt Russell The Thing, un de ses meilleurs films, et Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, cuisant échec commercial qui le poussera dans le cinéma indépendant. Une suite sera tournée en 1996, Los Angeles 2013, toujours avec son acteur fétiche.

LA GRANDE EVASION

– 21h : La Grande Evasion (John Sturges – 1963 – 172 minutes)

avec Steve McQueen, James Garner, Richard Attenborough, James Donald, Charles Bronson, Donald Pleasence, James Coburn, David McCallum

En 1943, des officiers anglais et américains, prisonniers de guerre d’un camp allemand, prévoient de creuser un tunnel souterrain pour s’échapper.

L’histoire de La Grande Evasion est vraie, tirée d’un roman écrit par un ancien prisonnier. Il a été tourné dans les environs de Munich dans un camp reconstruit, et l’économie réalisée sur les décors permit d’embaucher un certain nombre de stars internationales. John Sturges avait d’ailleurs déjà dirigé trois d’entre elle dans son western Les Sept Mercenaires : Steve McQueen, Charles Bronson et James Coburn. Il s’agit du premier rôle principal de McQueen, qui inonde le film de son flegme légendaire. C’est lui qui suggère d’ajouter des scènes de course-poursuite à moto, dont il réalisa lui-même les cascades (sauf celle du mythique saut final). Sturges réalise un grand classique du cinéma, héroïque, minutieux et tendu, alternant suspense et humour, dont on ne perçoit jamais la longueur, et qui a eu beaucoup de succès. McQueen deviendra une immense star hollywoodienne, enchaînant ensuite Le Kid de Cincinnati, L’Affaire Thomas Crown ou Bullitt. Une suite, La Grande Evasion II, sortira en téléfilm en 1988 avec Christopher Reeve.

7 mai 2017 : Ciné-club Président : Ségo et Sarko sont sur un bateau (2007) – Dans la peau de Jacques Chirac (2006)

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– 19h : Ségo et Sarko sont dans un bateau (Karl Zéro & Michel Royer – 2007 – 95 minutes)

L’ancien présentateur du Vrai Journal sur Canal Plus, Karl Zéro, suit les campagnes pour l’élection présidentielle de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy. Il pioche même dans les « off » de ses interviews tutoyées et décontractées qui sont sa marque de fabrique, tandis que son compère Michel Royer fouille dans les archives télévisuelles des candidats du PS et de l’UMP depuis leurs débuts en politique. Ils en ressortent de grandes perles derrières les langues de bois et les discours bétonnés, dessinant un portrait plus humain et réaliste. Les moments savoureux, navrant ou tordant de rire en manquent pas, forcément !

DANS LA PEAU DE JACQUES CHIRAC

– 21h : Dans la peau de Jacques Chirac (Karl Zéro & Michel Royer – 2006 – 90 minutes)

Entré en politique en 1965, fondateur du RPR et de l’UMP, premier ministre de cohabitation sous François Mitterrand et président de la République de 1995 à 2007, on ne présente plus Jacques Chirac, pilier de la droite et de la politique française. On connait aussi ses affaires, son charisme, ses ridicules et ses contradictions. Karl Zéro, habitué des fausses interviews de personnalités, réalise avec l’archiviste Michel Royer un documentaire sur Chirac, entièrement composé d’images d’archives couvrant plusieurs décennies. Elles sont commentées par sa fausse voix, en réalité imitée par Didier Gustin (bien plus sobre qu’Yves Lecoq des Guignols de l’info). Cette satire est aussi hilarante que passionnante, retraçant son longs parcours politique jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir, ses échecs, ses magouilles, ses gaffes, ses adversaires ou rivaux. Malgré toutes ses erreurs et scandales, Chirac n’en demeure pas moins terriblement gaulois et donc sympathique, tandis que ce faux-documentaire donne un éclairage certain sur la politique française des années 70 à 2000. Grand succès en salle pour le genre, Dans la peau de Jacques Chirac a d’ailleurs été récompensé du César du meilleur documentaire.