Archives mensuelles : juin 2018

1er juillet 2018 : Apocalypse Now Redux (1979)

– 19h : Apocalypse Now (Francis Ford Coppola – 1979 – 154 minutes)

avec Martin Sheen, Marlon Brando, Robert Duvall, Laurence Fishburne, Dennis Hopper, Harrison Ford, Sam Bottoms, Albert Hall, Frederic Forest

Durant la guerre du Vietnam, le capitaine Willard est secrètement envoyé au-delà de la frontière cambodgienne pour retrouver et abattre le colonel Kurtz, devenu incontrôlable.

Apocalypse Now est une adaptation de Au Cœur des ténèbres de Joseph Conrad, mais transposée depuis l’Afrique coloniale jusqu’à la guerre du Vietnam, avec une trame de fond identique : la déshumanisation de l’homme au fur et à mesure qu’un bateau remonte un fleuve, s’éloignant de la civilisation et s’enfonçant dans la nature, pour se rapprocher du mystérieux et fascinant Kurtz. Tout est mythique dans ce film, à commencer par son tournage aux Philippines, particulièrement chaotique. Harvey Keitel est renvoyé du tournage au bout de quelques scènes, remplacé par Martin Sheen, qui y fera un infarctus plus tard, l’empêchant de tourner pendant trois semaines. Marlon Brando arrive avec des kilos en trop sans avoir lu le script, et doit improviser car il ne parvient pas à apprendre son texte. Un typhon ravage le plateau, tandis que les hélicoptères prêtés par l’armée philippine doivent être peints tous les matins aux couleurs de l’armée américaine, et repeints à leurs couleurs originelles tous les soirs. L’équipe technique est défoncée, Coppola devient complètement mégalomane et paranoïaque, perdant quarante kilos et investissant une grande partie de sa fortune personnelle, le budget passant de dix-sept millions à trente-cinq millions de dollars, alors que le tournage s’étire sur deux cent trente-huit jours. Mais le résultat est à la hauteur de l’effort, comme si le tournage d’un film sur le Vietnam se devait d’être aussi infernal que la réalité pour atteindre l’authenticité historique et l’intensité artistique. Marlon Brando, bien qu’apparaissant une dizaine de minutes seulement, y tient un de ses rôles majeurs. La bande-son est des plus fameuses : en plus de la partition du père de Coppola, on y entend la Chevauchée des Walkyries de Wagner pendant un raid d’hélicoptères, The End des Doors sur l’ouverture du film, Satisfaction des Rolling Stones, etc. Au final, Apocalypse Now devient un des plus grands films non seulement sur le Vietnam, mais sur la guerre, ainsi que des turbulentes années 70. Il décroche la Palme d’or du Festival de Cannes, ainsi que les Oscars de la meilleure photographie et du meilleur son (sur huit nominations), et acquiert rapidement la stature d’un film culte, encensé de générations en générations. En 2001 il ressort dans un nouveau montage avec cinquante minutes supplémentaires sous le nom d’Apocalypse Now Redux, prolongeant encore sa légende au XXIème siècle.

24 juin 2018 : Ciné-club Espace : Les Evadés de l’espace (1978) – Solaris (1972)

– 19h : Les Evadés de l’espace (Kinji Fukasaku – 1978 – 105 minutes)

avec Sonny Chiba, Vic Morrow, Philip Casnoff, Etsuko Shihomi, Tetsura Tamba, Mikio Narita, Hiroyuki Sanada

En l’an 5001, la planète Jillucia a été envahie par les terribles soldats Gavanas et devient sous la coupe de leurs dirigeants, Rockseia 12 et Mother Dark. Cependant, une légende raconte que huit courageux héros viendront un jour libérer Jillucia…

En 1977, l’immense succès de Star Wars aux Etats-Unis a inspiré de nombreux copieurs, comme souvent au cinéma. C’est ainsi  que la Toei Company a réussi à obtenir du gouvernement le report de la sortie japonaise de Star Wars pour lui permettre de tourner rapidement son propre film de science-fiction. Les Evadés de l’espace sort donc en 1978, cinq mois avant Star Wars au Japon, et aura encore de succès que lui ! Avec ses six millions de dollars de budget, c’est le film le plus cher de l’histoire du cinéma japonais, mais c’est tout de même la moitié de celui de Star Wars, ce qui ne passe pas inaperçu à l’écran. Il garde néanmoins un indéniable charme kitsch, pour ne pas dire nanar. Des spécialistes considèrent même que certains plans et mises en scène des Evadés de l’espace se retrouveront dans les futurs L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi – ce qui n’est pas improbable, quand on connait l’inspiration japonaise de George Lucas (à commencer par Kurosawa). Le réalisateur, Kinji Fukasaku, signera plus tard Battle Royale (2000) et sa suite (2003). L’acteur Sonny Chiba, star des arts martiaux, tournera non seulement dans la série X-Or, mais aussi dans Kill Bill, Tarantino n’ayant jamais caché son admiration pour Les Evadés de l’espace. Enfin, pour capitaliser sur le succès du film et rentabiliser les vaisseaux, costumes et décors, Toei Company produira une série télévisé dérivée, qui sortira en France sous le nom de… San Ku Kaï !

– 21h : Solaris (Andreï Tarkovski – 1972 – 167 minutes)

avec Donatas Banionis, Natalia Bondartchouk, Jüri Järvet, Anatoli Solonitsyne, Nikolaï Grinko, Alexandre Micharine, Julian Semenov

Un savant soviétique est envoyé sur la station gravitant dans l’orbite de la mystérieuse planète Solaris, où d’étranges phénomènes se produisent : un physicien s’est suicidé, et deux autres sont dans un état nerveux perturbant. La planète Solaris semble en effet les confronter à une part refoulée d’eux-mêmes…

Troisième film d’Andrei Tarkovski (Andreï Roublev), Solaris est adapté du roman du polonais Stanislas Lem. Souvent considéré comme le 2001 : l’Odyssée de l’espace soviétique, les deux films sont pourtant bien différents, comme leurs auteurs évidemment. Tarkovski avait horreur des films de science-fiction, les démonstrations technologiques ne l’intéressent pas du tout, il n’avait pas vu préalablement le film de Kubrick (qu’il trouvera plus tard stérile !). Il se sert donc de Solaris pour réaliser, comme d’habitude, une méditation éthique sur la condition de l’homme face à ses désirs, l’immensité universelle, l’inexplicable absolu. Sa lenteur participe à une fascination esthétique irrésistible, seul point commun avec 2001. C’est l’actrice Natalia Bondartchouk qui avait fait découvrir à Tarkovski le roman original quand ils étaient étudiants en cinéma ; son interprétation a fait dire à ce dernier qu’elle avait éclipsé tout le monde à l’écran. Malgré 48 coupures imposées par la censure soviétique (ce qui était souvent anticipé et déjoué par les réalisateurs, en faisant exprès d’inclure des séquences à couper pour en préserver d’autres plus subtiles et essentielles à l’œuvre), Solaris remporte le Grand Prix du Festival de Cannes. Comme souvent dans l’histoire du cinéma, un prétentieux a cru bon, à la stupéfaction générale, de commettre en 2002 un remake de ce chef d’œuvre intemporel. Sans surprise, Steven Soderbergh et George Clooney n’en sont pas sortis grandis.

17 juin 2018 : Ciné-club Film noir : Laura (1944) – Les Tueurs (1946)

– 19h : Laura (Otto Preminger – 1944 – 97 minutes)

avec Gene Tierney, Dana Andrews, Vincent Price, Clifton Webb, Judith Anderson

La jeune et belle Laura a tout pour elle, mais elle est assassinée. L’enquêteur va se plonger dans son passé, et tomber sous sa fascination et son charme paradoxal.

Il est difficile de parler de Laura sans en dévoiler les secrets et coups de théâtre stupéfiants. Disons simplement qu’avec sa construction audacieuse et minutieuse, sa mise en scène impeccable signée Otto Preminger (Rivière sans retour, L’Homme au bras d’or), ses excellents acteurs (à noter le jeune Vincent Price, futur pilier des films d’horreur ou fantastiques) et son fameux thème musical (repris par Charlie Parker ou Frank Sinatra), Laura est devenu un classique absolu du film noir. Il reçut quatre nominations aux Oscars (meilleurs réalisateur, scénario, second rôle et décor) et remporta celui de la meilleure photographie. Enfin, personne d’autre que la sublime Gene Tierney n’aurait pu mieux envouter l’enquêteur et les spectateurs….

– 21h : Les Tueurs (Robert Siodmak – 1946 – 102 minutes)

avec Burt Lancaster, Ava Garner, Edmond O’Brien, Sam Levene, Donald MacBride

Deux tueurs débarquent dans une petite ville tranquille pour assassiner « Le Suédois », un ancien boxeur rongé par ses démons du passé et qui attend résigné son heure…

Basé sur une nouvelle d’Ernest Hemingway (adaptée par John Huston et Richard Brooks), Les Tueurs est un chef d’œuvre du film noir, reprenant la narration en flash-backs de Citizen Kane (1942) pour démêler les fils d’un passé torturé et poisseux. Don Siegel était pressenti pour le réaliser, mais on lui préféra Robert Siodmak, à l’impeccable esthétique inspirée de l’expressionnisme allemand – qu’importe, Siegel signera son remake en 1964 sous le nom d’A bout portant. Robert Lancaster tourne son premier film et Ava Gardner son premier grand rôle (quelle femme fatale !), pour former un couple cruel et désespéré typique des films noirs qui propulsera leurs carrières au sommet d’Hollywood.

En bonus sera diffusée un autre adaptation de cette nouvelle d’Hemingway par Andreï Tarkovki, dont il s’agit du premier court-métrage quand il était étudiant (1956 – 21 minutes)

10 juin 2018 : Ciné-club L’Arme fatale : L’Arme fatale 3 (1992) – L’Arme fatale 4 (1998)

– 19h : L’Arme fatale 3 (Richard Donner – 1992 – 118 minutes)

avec Mel Gibson, Danny Glover, Joe Pesci, Rene Russo, Stuart Wilson, Steve Kahan, Darlene Love

Riggs et Murtaugh, rétrogradés à simple à la suite d’une bavure explosive, enquêtent sur un trafic d’armes volés dans un commissariat.

– 21h : L’Arme fatale 4 (Richard Donner – 1998 – 127 minutes)

avec Mel Gibson, Danny Glover,Jet Li, Joe Pesci, Rene Russo, Chris Rock, Steve Kahan, Darlene Love

Nos deux flics de choc sont sur la piste de faux-monnayeurs, et remontent jusqu’à la mafia chinoise…