Archives pour la catégorie Cinéma

8 juillet 2018 : Dernier ciné-club ! David Cronenberg : Scanners (1981) – Le Festin Nu (1991)

Cette fois-ci, c’est la bonne, ce sera bel et bien le dernier soir du Festin Nu, et son dernier ciné-club. Après 450 films (presque tous bons), le 451ème et dernier ne pouvait être que le tout premier projeté il y a cinq ans : Le Festin Nu.

– 19h : Scanners (David Cronenberg – 1981 – 97 minutes)

avec Jennifer O’Neill, Stephen Lack, Patrick McGoohan, Lawrence Dane, Michael Ironside

Un télépathe est kidnappé par une société secrète et est chargé de retrouver les autres individus dotés des mêmes pouvoirs, les scanners, pour pouvoir lutter contre le plus puissant d’entre tous.

Sous les dehors des codes du cinéma d’exploitation se cache un immense thriller, d’une intensité sans faille dès la première scène, avec un univers intérieur comme seul Cronenberg pouvait le restituer. A noter la présence de Patrick McGoohan (Le Prisonnier), toujours aussi magnétique. Spectaculaire et explosif, Scanners s’est placé à la tête du box-office américain et a connu deux suites, ainsi que deux films dérivés. Impressionné par ce film, George Lucas pensera même à proposer la réalisation du Retour du Jedi à Cronenberg, ce qui heureusement n’eut pas lieu.

– 21h : Le Festin Nu (David Cronenberg – 1991 – 115 minutes)

avec Peter Weller, Judy Davis, Ian Holm, Roy Scheider, Julian Sands, Monique Mercure, Nicholas Campbell

Un exterminateur de cafard tue accidentellement sa femme en la surprenant avec ses deux meilleurs amis. Il s’enfuit dans la zone internationale de Tanger, l’Interzone, pour une complexe mission d’espionnage confiée par un insecte géant.

Le roman de William Burroughs était réputé inadaptable (à juste titre), et Cronenberg a brillamment échappé au piège d’une adaptation littérale, en choisissant plutôt habilement de restituer l’univers mental de l’auteur, mélangeant biographie, hallucinations, paranoïa et création littéraire. On comprend mieux que l’exercice soit aussi réussi quand on sait que Burroughs en co-signe le scénario avec Cronenberg. La bande-son est signée du maître du free-jazz, Ornette Coleman. Les effets spéciaux représentant son bestiaire de monstres et d’insectes sont impressionnants, et correspondent parfaitement bien avec les thématiques habituelles du cinéaste de la chair et de l’esprit. A noter enfin que l’auteur est incarné à l’écran par Peter Weller, alias… Robocop ! Il a carrément refusé de jouer dans Robocop III pour tourner avec Cronenberg.

24 juin 2018 : Ciné-club Espace : Les Evadés de l’espace (1978) – Solaris (1972)

– 19h : Les Evadés de l’espace (Kinji Fukasaku – 1978 – 105 minutes)

avec Sonny Chiba, Vic Morrow, Philip Casnoff, Etsuko Shihomi, Tetsura Tamba, Mikio Narita, Hiroyuki Sanada

En l’an 5001, la planète Jillucia a été envahie par les terribles soldats Gavanas et devient sous la coupe de leurs dirigeants, Rockseia 12 et Mother Dark. Cependant, une légende raconte que huit courageux héros viendront un jour libérer Jillucia…

En 1977, l’immense succès de Star Wars aux Etats-Unis a inspiré de nombreux copieurs, comme souvent au cinéma. C’est ainsi  que la Toei Company a réussi à obtenir du gouvernement le report de la sortie japonaise de Star Wars pour lui permettre de tourner rapidement son propre film de science-fiction. Les Evadés de l’espace sort donc en 1978, cinq mois avant Star Wars au Japon, et aura encore de succès que lui ! Avec ses six millions de dollars de budget, c’est le film le plus cher de l’histoire du cinéma japonais, mais c’est tout de même la moitié de celui de Star Wars, ce qui ne passe pas inaperçu à l’écran. Il garde néanmoins un indéniable charme kitsch, pour ne pas dire nanar. Des spécialistes considèrent même que certains plans et mises en scène des Evadés de l’espace se retrouveront dans les futurs L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi – ce qui n’est pas improbable, quand on connait l’inspiration japonaise de George Lucas (à commencer par Kurosawa). Le réalisateur, Kinji Fukasaku, signera plus tard Battle Royale (2000) et sa suite (2003). L’acteur Sonny Chiba, star des arts martiaux, tournera non seulement dans la série X-Or, mais aussi dans Kill Bill, Tarantino n’ayant jamais caché son admiration pour Les Evadés de l’espace. Enfin, pour capitaliser sur le succès du film et rentabiliser les vaisseaux, costumes et décors, Toei Company produira une série télévisé dérivée, qui sortira en France sous le nom de… San Ku Kaï !

– 21h : Solaris (Andreï Tarkovski – 1972 – 167 minutes)

avec Donatas Banionis, Natalia Bondartchouk, Jüri Järvet, Anatoli Solonitsyne, Nikolaï Grinko, Alexandre Micharine, Julian Semenov

Un savant soviétique est envoyé sur la station gravitant dans l’orbite de la mystérieuse planète Solaris, où d’étranges phénomènes se produisent : un physicien s’est suicidé, et deux autres sont dans un état nerveux perturbant. La planète Solaris semble en effet les confronter à une part refoulée d’eux-mêmes…

Troisième film d’Andrei Tarkovski (Andreï Roublev), Solaris est adapté du roman du polonais Stanislas Lem. Souvent considéré comme le 2001 : l’Odyssée de l’espace soviétique, les deux films sont pourtant bien différents, comme leurs auteurs évidemment. Tarkovski avait horreur des films de science-fiction, les démonstrations technologiques ne l’intéressent pas du tout, il n’avait pas vu préalablement le film de Kubrick (qu’il trouvera plus tard stérile !). Il se sert donc de Solaris pour réaliser, comme d’habitude, une méditation éthique sur la condition de l’homme face à ses désirs, l’immensité universelle, l’inexplicable absolu. Sa lenteur participe à une fascination esthétique irrésistible, seul point commun avec 2001. C’est l’actrice Natalia Bondartchouk qui avait fait découvrir à Tarkovski le roman original quand ils étaient étudiants en cinéma ; son interprétation a fait dire à ce dernier qu’elle avait éclipsé tout le monde à l’écran. Malgré 48 coupures imposées par la censure soviétique (ce qui était souvent anticipé et déjoué par les réalisateurs, en faisant exprès d’inclure des séquences à couper pour en préserver d’autres plus subtiles et essentielles à l’œuvre), Solaris remporte le Grand Prix du Festival de Cannes. Comme souvent dans l’histoire du cinéma, un prétentieux a cru bon, à la stupéfaction générale, de commettre en 2002 un remake de ce chef d’œuvre intemporel. Sans surprise, Steven Soderbergh et George Clooney n’en sont pas sortis grandis.

17 juin 2018 : Ciné-club Film noir : Laura (1944) – Les Tueurs (1946)

– 19h : Laura (Otto Preminger – 1944 – 97 minutes)

avec Gene Tierney, Dana Andrews, Vincent Price, Clifton Webb, Judith Anderson

La jeune et belle Laura a tout pour elle, mais elle est assassinée. L’enquêteur va se plonger dans son passé, et tomber sous sa fascination et son charme paradoxal.

Il est difficile de parler de Laura sans en dévoiler les secrets et coups de théâtre stupéfiants. Disons simplement qu’avec sa construction audacieuse et minutieuse, sa mise en scène impeccable signée Otto Preminger (Rivière sans retour, L’Homme au bras d’or), ses excellents acteurs (à noter le jeune Vincent Price, futur pilier des films d’horreur ou fantastiques) et son fameux thème musical (repris par Charlie Parker ou Frank Sinatra), Laura est devenu un classique absolu du film noir. Il reçut quatre nominations aux Oscars (meilleurs réalisateur, scénario, second rôle et décor) et remporta celui de la meilleure photographie. Enfin, personne d’autre que la sublime Gene Tierney n’aurait pu mieux envouter l’enquêteur et les spectateurs….

– 21h : Les Tueurs (Robert Siodmak – 1946 – 102 minutes)

avec Burt Lancaster, Ava Garner, Edmond O’Brien, Sam Levene, Donald MacBride

Deux tueurs débarquent dans une petite ville tranquille pour assassiner « Le Suédois », un ancien boxeur rongé par ses démons du passé et qui attend résigné son heure…

Basé sur une nouvelle d’Ernest Hemingway (adaptée par John Huston et Richard Brooks), Les Tueurs est un chef d’œuvre du film noir, reprenant la narration en flash-backs de Citizen Kane (1942) pour démêler les fils d’un passé torturé et poisseux. Don Siegel était pressenti pour le réaliser, mais on lui préféra Robert Siodmak, à l’impeccable esthétique inspirée de l’expressionnisme allemand – qu’importe, Siegel signera son remake en 1964 sous le nom d’A bout portant. Robert Lancaster tourne son premier film et Ava Gardner son premier grand rôle (quelle femme fatale !), pour former un couple cruel et désespéré typique des films noirs qui propulsera leurs carrières au sommet d’Hollywood.

En bonus sera diffusée un autre adaptation de cette nouvelle d’Hemingway par Andreï Tarkovki, dont il s’agit du premier court-métrage quand il était étudiant (1956 – 21 minutes)

Dimanche 25 mars & 1er avril : Ciné-clubs annulés

Après plusieurs signes avant-coureurs, notre vidéo-projecteur est malheureusement tombé en panne… Les dimanche 25 mars et 1er avril, le Festin Nu sera donc FERME.

Rendez-vous le 8 avril avec si tout se passe bien un vidéo-projecteur réparé ! Les films qui n’ont pu être projetés au cours des semaines précédentes seront bien sûr reprogrammés.

11 mars : Ciné-club Francis Veber : Les Compères (1983) – Les Fugitifs (1986)

– 19h : Les Compères (Francis Veber – 1983 – 89 minutes)

avec Pierre Richard, Gérard Depardieu, Stéphane Bierry, Anny Duperey, Michel Aumont, Philippe Khorsand, Maurice Barrier, Robert Dalban

Le fils de Christine fait une fugue avec sa copine. Devant l’inefficacité de la police et de son mari, elle fait croire séparément à deux de ses anciens amants qu’il est son véritable père, pour qu’ils partent à sa recherche.

Après l’immense succès de La Chèvre (7 millions d’entrées en France), Francis Veber retrouve Pierre Richard et Gérard Depardieu pour son troisième film qu’il réalise et écrit. Il réunit donc le duo impayable, Depardieu en journaliste costaud (nommé au César du meilleur acteur), et Richard en doux dépressif, chacun en compétition pour se prouver qu’il est le véritable père du fugueur. Les gags et les baffes s’enchaînent dans un jeu de pistes à Nice avec des mafieux sur leurs traces. Les Compères est une sympathique comédie populaire mais soignée (nommé au César du meilleur scénario), comme la France savait alors si bien en faire, et dont elle est devenue bien incapable aujourd’hui. Ivan Reitman en tirera un remake en 1997 avec Robin Williams et Billy Crystal, Drôles de pères.

– 21h : Les Fugitifs (Francis Veber – 1986 – 86 minutes)

avec Gérard Depardieu, Pierre Richard, Jean Carmet, Maurice Barrier, Jean Benguigui, Roland Blanche, Philippe Lelièvre, Anais Bret, Michel Blanc

Jean Lucas sort de cinq ans de prison avec la résolution de se ranger. Mais à la banque, il est pris en otage par François Pignon, un braqueur maladroit et désespéré qui cherche à sauver sa fille muette.

Les Compères ayant amené presque cinq millions de spectateurs dans les salles, Francis Veber rempile une dernière fois avec son duo d’acteurs gagnants, Depardieu toujours dur et impulsif, Richard fragile et maladroit, tous deux en fuite. Les Fugitifs, en plus de ses séquences comiques, ajoute une touche sentimentale autour de la petite fille muette et attendrissante. A noter en second rôle les très bons Jean Carmet en vétérinaire sénile (nommé au César du meilleur second rôle) et Michel Blanc en docteur alcoolisé. Comme dans les trois précédents films de Veber, Vladimir Cosma signe la musique. Nommé au César du meilleur scénario, Les Fugitifs attirera 4.5 millions de spectateurs en France (22 millions en URSS !), et Veber en réalisera lui-même un remake américain avec Nick Nolte ! Veber retrouvera Depardieu dans Le Placard (2001) et Tais-toi ! (2002).

25 février 2018 : Ciné-club Il était une fois en Chine : Il était une fois en Chine (1991) – La Secte du lotus blanc (1992)

– 19h : Il était une fois en Chine (Tsui Hark – 1991 – 134 minutes)

avec Jet Li, Yuen Biao, Jacky Cheung, Rosamund Kwan, Ken Cheng, Shi-Kwan Yen

A la fin du siècle dernier dans le sud de la Chine, Wong Fei-hung, médecin spécialiste des arts martiaux, se bat contre des brigands locaux, tandis que des puissances coloniales étrangères tentent d’accroître leur influence dans le pays.

Wong Fei-hung est un authentique personnage historique, très célèbre pour ses capacités prodigieuses au combat. Il a été incarné plus de cent fois au cinéma (surtout entre les années 50 à 70, dont 85 fois par le même acteur). Il est incarné cette fois-ci par Jet Li, quintuple champion du monde de wushu, et qui va devenir la plus grande star de kung-fu après Bruce Lee et Jackie Chan. Tsui Hark orchestre de main de maître des combats virevoltants, reposant autant sur les performances athlétiques de ses acteurs que sur les chorégraphies virtuoses (notamment un combat sur des échelles à couper le souffle). Incarnation d’un nationalisme chinois au milieu des puissances coloniales (reflet de la montée en puissance du pays dans les années 90), Il était une fois en Chine est une révolution pour le film de kung-fu, au succès considérable.

– 21h15 : Il était une fois en Chine 2 : La Secte du lotus blanc (Tsui Hark – 1992 – 113 minutes)

avec Jet Li, Rosamund Kwan, Max Mok, Donnie Yen, David Chiang, Shi-Kwan Yen

En réaction à la politique impérialiste britannique, une secte se venge contre leurs ressortissants. Pour éviter qu’ils n’envoient leur armée, Wong Fei-hung est chargé de calmer la secte.

Première des cinq suites d’Il était une fois en Chine, La Secte du lotus blanc est là aussi basé sur une véritable société secrète que Wong Fei-hung affronta. Le film eut encore plus de succès que le premier, tout en restant aussi rythmé, chorégraphie et impressionnant. Jet Li et Tsui Hark se retrouveront encore pour le troisième épisode, Le Tournoi du lion, mais Tsui Hark ne reviendra que pour le cinquième épisode, et Jet Li pour le sixième et dernier. Ils tourneront en 2011 Dragon Gate, la légende des sabres volants.