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17 septembre 2017 : Ciné-club Guy Hamilton : Goldfinger (1964) – La Bataille d’Angleterre (1969)

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– 19h : Goldfinger (Guy Hamilton – 1964 – 110 minutes)

avec Sean Connery, Gert Fröbe, Honor Blackman, Harold Sakata, Shirley Eaton, Bernard Lee, Cec Linder, Martin Benson, Lois Maxwell, Desmond Llewelyn

James Bond enquête sur les activités suspectes du milliardaire Auric Goldfinger, qui spécule sur le marché de l’or.

Alors que les deux premiers épisodes ont progressivement jeté les bases de la franchise James Bond, Goldfinger monte encore d’un cran et va véritablement lancer la bondmania. S’il est moins exotique (l’histoire se déroule en Angleterre, Suisse et Etats-Unis), cet épisode est un petit chef d’œuvre de maîtrise, concision et d’efficacité sous la direction de Guy Hamilton (ami de l’auteur Ian Fleming, qui décède un mois avant la sortie du film). Les codes de la série sont achevés, avec l’apparition d’une séquence de pré-générique sans rapport avec le reste du scénario, et l’utilisation d’une chanson pop pour le générique sexy, ici chanté par Shirley Bassey, qui deviendra un immense tube et reste sans doute la plus connue de la saga (Bassey chantera aussi la chanson des Diamants sont éternels et Moonraker). C’est dans cet épisode que Bond conduit pour la première fois sa fameuse Aston Martin, contenant bien des gadgets spectaculaires. Sean Connery est en très grande forme, et sa partenaire Honor Blackman (Chapeau melon et bottes de cuir) est la première femme forte de la franchise. Outre Auric Goldfinger, son fidèle Oddjob (avec son chapeau tranchant) est aussi un des méchants les plus inoubliables. Avec son cocktail parfait de rythme, suspense, humour et séduction, brillant pour son audace visuelle et scénaristique, Goldfinger est un triomphe international, engrangeant 135 fois son budget, devenant le maître étalon de la série, et sans doute le meilleur épisode. Guy Hamilton réalisera aussi Les Diamants sont éternels, Vivre et laisser mourir, et L’Homme au pistolet d’or.

LA BATAILLE D'ANGLETERRE

– 21h : La Bataille d’Angleterre (Guy Hamilton – 1969 – 133 minutes)

avec Michael Caine, Laurence Olivier, Trevor Howard, Robert Shaw, Christopher Plummer, Harry Andrews, Curt Jurgens, Ian McShane, Kenneth More, Nigel Patrick, Michael Redgrave, Ralph Richardson, Parick Wymark, Susannah York

Après avoir défait l’armée française, l’Allemagne nazie projette d’envahir l’Angleterre avec sa flotte de 2.500 avions. Avec à peine 700 avions, la Royal Air Force va faire tout son possible pour les repousser.

La Bataille d’Angleterre retrace la première bataille exclusivement aérienne, décisive durant la Seconde Guerre mondiale pour stopper l’expansion allemande. Au bord de la défaite, la flotte britannique a fait preuve d’un héroïsme capital et désespéré. Produit par Harry Saltzman (James Bond) et tourné en Angleterre, Espagne et France, le film est particulièrement réaliste et historiquement fidèle, utilisant de véritables avions d’époque : Spitfire, Hawker Hurricane, Heinkel, Junker, Messerschmidt. Une centaine d’avions furent achetés, ce qui constituait la 35ème force aérienne mondiale ! Le casting comporte la fine fleur du cinéma britannique : l’immense Laurence Olivier (Rebecca, Spartacus), Michael Caine (Zoulou, Alfie), Robert Shaw (le méchant de Bons baisers de Russie), Trevor Howard (Le Troisième homme), Michael Redgrave (Une Femme disparaît). Les batailles aériennes sont particulièrement impressionnantes, avec des chorégraphies filmées en plein vol par un hélicoptère ou un avion, qui n’ont pas pris une ride grâce à la réalisation experte et minutieuse de Guy Hamilton. A noter que certaines séquences aériennes ont été réutilisées dans le film tchèque Dark Blue World (2001), sur le même sujet mais du côté des pilotes tchèques alliés combattant dans la Royal Air Force.

13 décembre : Ciné-club triangle amoureux avec Romy Schneider : César et Rosalie (1972) – La Piscine (1969)

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– 19h : César et Rosalie (Claude Sautet – 1972 – 111 minutes)

avec Yves Montand, Romy Schneider, Samy Frey, Bernard Le Coq, Isabelle Huppert

Rosalie vit avec César, un riche beau-parleur. Mais son amour de jeunesse David réapparait. Une étrange rivalité amicale s’installe entre les deux hommes.

Malgré un scénario écrit dès 1964, César et Rosalie mit des années à être produit, car trop osé pour l’époque : une femme aime deux hommes, sans être pour autant une garce. Catherine Deneuve tardant à donner sa réponse, Claude Sautet propose à nouveau le rôle féminin principal à Romy Schneider, avec qui il vient de tourner Les Choses de la vie et Max et les Ferrailleurs, deux classiques du cinéma français. César et Rosalie en sera un autre. Une complicité magique unit les trois acteurs du film : Yves Montant est un irrésistible beau parleur superficiel et prétentieux, tellement drôle et attachant ; Samy Frey est son exact opposé, artiste, doux et réservé ; Schneider est rayonnante de vie et de naturel dans un de ses plus beaux rôles. Sautet filme avec une justesse désarmante la comédie humaine française des années 70, ses classes sociales, ses désirs amoureux, ses hésitations et choix impossibles, jusqu’aux faiblesses masculines les plus intimes et les plus justes. Avec ses rebondissements imprévisibles, César et Rosalie est débordant d’humour et de vitalité, sans occulter la vérité dramatique.

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– 21h : La Piscine (Jacques Deray – 1969 – 120 minutes)

avec Alain Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet, Jane Birkin, Paul Crauchet

Jean-Paul et Marianne passe leur été dans une superbe villa avec piscine à côté de Saint-Tropez. Mais ils sont rejoints par hasard par Harry, l’ancien amant de Marianne à qui tout réussit, et sa ravissante fille Pénélope, qui sort de l’adolescence.

Alain Delon était devenu une star en 1960 dans Plein Soleil de René Clément, volant la vedette à Maurice Ronet. Huit ans plus tard, ce fameux duo rempli de fascination et de rivalité virile est à nouveau réuni par Jacques Deray (avec qui Delon tournera neuf fois) dans La Piscine. Delon retrouve une autre partenaire qui a compté dans sa vie : Romy Schneider, qu’il connait bien tant au cinéma (ils ont tourné cinq fois ensemble) qu’à la ville (par le passé ils ont été un couple médiatisé pendant cinq ans). Leurs retrouvailles et leur éloignement progressif à l’écran n’en ont que plus de saveur. Le film partage avec Plein Soleil le cadre aisé et insouciant de la Méditerranée, la lumière estivale chaude et éternelle, ainsi que cette tension de jalousie, non-dits et suspicions permanentes aux conséquences funestes, remarquablement contrebalancée par la bande originale insouciante de Michel Legrand. Grâce à l’insistance de Delon pour qu’elle joue dans le film, Schneider relança sa carrière, laissant derrière le glamour des Sisi et devenant une des grandes actrices mûres et libérées des années 70. La jeune et fraîche Jane Birkin (Blow Up d’Antonioni) vient de débuter sa carrière française, quelques jours après la fin du tournage de Slogan où elle a rencontré son compagnon Serge Gainsbourg. La Piscine eut beaucoup de succès à sa sortie, et ce drame psychologique autour de la jalousie est rapidement devenu un classique du cinéma français, porté par un casting de légendes.

27 septembre : Ciné-club polar avec Jean Gabin et Alain Delon : Mélodie en sous-sol (1963) – Le Clan des Siciliens (1969)

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– 19h : Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil – 1962 – 121 minutes)

avec Jean Gabin, Alain Delon, Maurice Biraud, Vivianne Romance, Carla Marlier

A sa sortie de prison, Charles décide de faire un dernier grand coup avant de se retirer. Avec un jeune voyou fougueux, il organise un casse au casino de Cannes.

Après Le Président et Un Singe en hiver, Henri Verneuil retrouve le monstre sacré Jean Gabin et le succulent dialoguiste Michel Audiard pour un troisième film commandé par les studios MGM. Si dans le précédent Gabin était accompagné de la jeune star de la Nouvelle Vague Jean-Paul Belmondo, il a affaire ici à son concurrent, Alain Delon, qui a fait des pieds et des mains pour parvenir à tourner avec son idole (remplaçant ainsi le pauvre Jean-Louis Trintignant), n’hésitant pas à tourner sans cachet et à abandonner le tournage du Guépard, au gram damne de Visconti ! C’est d’ailleurs ce film qui fit de lui une star internationale, après des débuts remarqués dans Plein soleil ou Rocco et ses frères. Mélodie en sous-sol est en effet un immense succès dans le monde entier, et même un classique du film de casse français, avec sa réalisation impeccable et soignée, des acteurs au sommet de leur charisme balançant d’excellentes répliques d’Audiard, sur une partition rythmée de Michel Magne. Et surtout sa dernière scène est légendaire et inoubliable !

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– 21h : Le Clan des Siciliens (Henri Verneuil – 1969 – 125 minutes)

avec Jean Gabin, Alain Delon, Lino Ventura, Irina Demick, Amedeo Nazzari, Yves Lefebvre, Marc Porel, Sydney Chaplin, André Pousse

Un truand s’évade d’un fourgon de police avec la complicité d’un clan sicilien. Il leur propose de dérober une importante collection de joaillerie à Rome.

Le succès des films d’Henri Verneuil l’a fait engager par les studios américains pour deux films aux Etats-Unis avec Anthony Quinn et Charles Branson. Fort de cette expérience et renommée, la 20th Century Fox est prêt à mettre le paquet avec un budget record pour un polar français, qui permet d’engager trois des plus grosses stars françaises : Jean Gabin, Alain Delon et Lino Ventura, réunis pour la première fois à l’écran (bien qu’ils aient déjà tournés ensemble séparément). Gabin en patriarche mafieux sicilien, Delon en truand recherché pour meurtre et Ventura en flic coriace – un casting comme on n’en fait plus ! Le film lui-même est tout aussi ambitieux et spectaculaire puisqu’il montre pour la première fois au cinéma le casse d’un avion en vol ! Co-écrit par José Giovanni (un ancien collabo, truand condamné à mort et gracié, devenu romancier puis réalisateur !), le long-métrage est d’une précision chirurgicale (presque mellevilienne), tant dans son scénario à suspense que sa mise en scène tendue. Magnifié par un des plus meilleurs thèmes d’Ennio Morricone à la guimbarde (qui a été un best-seller), Le Clan des Siciliens a été un très grand succès (4,8 millions de spectateurs français), et s’est rapidement imposé comme un des plus grandioses polars français.

Ciné-club Dustin Hoffman / John Schlesinger : Macadam Cowboy (1969) – Marathon Man (1976)

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– 19h : Macadam Cowboy (John Schlesinger – 1969 – 113 minutes)

avec Dustin Hoffman, Jon Voight, Sylvia Miles, John McGyver, Brenda Vaccaro, Bob Balaban, Paul Morrissey

Un jeune texan habillé en cowboy, mignon et naïf, débarque à New York pour devenir gigolo, et rencontre un petit escroc minable et boiteux.

Réalisateur anglais emblématique de la nouvelle vague britannique, John Schlesinger vient tourner son premier film américain à New York, dont le décalage culturel sera particulièrement précieux, et qui sera paradoxalement un des étendards du Nouvel Hollywood (plus cru, réaliste et moderne). Il adapte un livre sulfureux de James Leo Herlihy, Midnight Cowboy. La prostitution masculine fait scandale et parachève la peinture de la saleté urbaine, la pauvreté et la déchéance des personnages. Le film est à peu près raccord avec l’esthétique new-yorkaise du Velvet Underground : le sujet est d’ailleurs proche des films précurseurs de Paul Morrissey (Flesh, Trash, Heat), un collaborateur d’Andy Warhol faisant même une apparition dans la fantastique scène de fête psychédélique restituant l’ambiance underground de la Factory (allant jusqu’à engager les superstars warholiennes de pacotille telles que Viva, Ultra Violet ou International Velvet). Néanmoins derrière cette décadence se cache en réalité un film tragi-comique et touchant sur la candeur, les illusions de la jeunesse sur la grande ville, les rêves enfantins de l’image du cowboy d’une époque passée, où une émouvante amitié fait office de moyen de survie dans une machine américaine où l’on ne trouve pas sa place. Le tout est souligné par une bande-son ensoleillée folk-pop du grand John Barry (compositeur des James Bond jusque dans les années 80), ainsi que par le tube Everybody’s Talkin’ de Harry Nilsson (repris de Fred Neil). Dustin Hoffman casse immédiatement son image de garçon modèle suite à sa révélation dans Le Lauréat (1967), Jon Voight décroche son premier grand rôle, et les deux sont authentiques et renversants, au point d’être nominés à l’Oscar du meilleur acteur, remporté par… le cowboy John Wayne ! Le film a été classé X (interdit aux moins de 17 ans) à sa sortie aux Etats-Unis, alors qu’il n’est pas moins chaste que la plupart des films ou séries télévisées grand public actuels. Cela ne l’a pas empêché de gagner l’Oscar du meilleur film (une première inégalée pour un film classé X), ainsi que ceux de meilleur réalisateur et meilleur scénario, et de devenir un des grands classiques du cinéma américain.

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– 21h : Marathon Man (John Schlesinger – 1976 – 125 minutes)

avec Dustin Hoffman, Laurence Olivier, Roy Scheider, William Devane, Marthe Keller

Un étudiant en histoire, coureur amateur, se retrouve impliqué via son frère dans un mystérieux complet international.

Sept ans après Macadam Cowboy, John Schlesinger retrouve Dustin Hoffman (qui joue un étudiant malgré ses trente-huit ans !) pour un des grands thrillers politiques américains des années 70, adapté du best-seller de William Goldman. Il confronte deux acteurs de légende, emblématiques de deux époques cinématographiques et de deux écoles de jeu d’acteur. Alors qu’Hoffman est un ancien élève de la fameuse Actor’s Studio de Lee Strasberg, qui exigeait de vivre réellement et intensément les émotions des personnages, Sir Laurence Olivier est quant à lui le représentant du prestigieux théâtre anglais shakespearien, sur scène comme devant la caméra. Tandis qu’Hoffman a perdu dix kilos pour le rôle, s’entraînaient tous les jours à la course, lisait des livres sur l’Holocauste, passait une nuit blanche ou courrait avant une scène pour être dans le même état physique que son personnage durant la prise, Olivier (nominé à l’Oscar du meilleur second rôle dans ce film) lui lance avec malice et agacement « et si vous vous contentiez de jouer ? » Mais au-delà des anecdotes de tournage et des biographies respectives, le face à face entre les deux géants est saisissant, culminant dans l’inoubliable scène de torture dentaire (avec la phrase lancinante et troublante « is it safe? »), qui fut d’ailleurs raccourcie suite au malaise provoqué durant les projections tests. Marathon Man est un thriller magistral, au suspens constant et parfaitement maîtrisé, à travers un scénario prenant la forme d’un puzzle opaque et labyrinthique, brouillant les pistes entre New York et Paris, où doubles jeux, trahisons et tentatives d’assassinat mènent la dance, avant de dévoiler son ampleur politique et historique, remontant au nazisme.

Ciné-club Sam Peckinpah : Le Guet-Apens (1972) – La Horde sauvage (1969)

Dimanche 11 mai 2014 :

GUET APENS (1972)

19h : Le Guet-Apens (Sam Peckinpah – 1972 – 118 minutes)

avec Steve McQueen, Ali MacGraw, Ben Johnson, Al Lettieri, Sally Struthers, Bo Hopkins

Le prisonnier Doc McCoy est libéré de prison par un avocat influent en échange d’un hold-up qu’il doit commettre pour lui.

Comme souvent au cinéma, la pré-production de Guet-Apens est tumultueuse. Sam Peckinpah essayait depuis des années d’acheter les droits du livre de Jim Thompson (dialoguiste de L’Ultime Razzia et scénariste des Sentiers de la gloire), mais c’est finalement le producteur Robert Evans qui les obtient. Il impose alors sa femme, Ali MacGraw, star de Love Story (1970), drame romantique au succès colossal pour lequel elle a été nominée à l’Oscar de la meilleure actrice. Puis les droits sont revendus à l’agent de Steve McQueen, qui se retrouve engagé. Peter Bogdanovich est pressenti à la réalisation, mais la Warner l’oblige contractuellement à tourner immédiatement On s’fait la valise, Doc. Steve McQueen venait de jouer Junior Bonner (1972) pour Sam Peckinpah, et le ramène donc sur ce nouveau projet. Au passage, Steve McQueen entame une liaison avec Ali MacGraw, qui deviendra sa femme, comme à l’écran. Enfin l’acteur n’apprécie pas la musique du fidèle compositeur de Peckinpah, Jerry Fielding, et oblige à la remplacer par celle de Quincy Jones, plus jazz seventies et nominée au Golden Globe de la meilleure musique. Quelques années après le culte Bonny & Clyde (1967), Le Guet-Apens est un autre film de hold-up et de couple en cavale à travers le Texas jusqu’au Mexique, palpitant de bout en bout, avec un suspense particulièrement bien dosé. Sam Peckinpah fait preuve une fois de plus de sa grande maîtrise technique, avec une réalisation virtuose, une stylisation de la violence et de multiples scènes mémorables, notamment de fusillades, qui en fait un précurseur de Tarantino. Le casting est excellent, avec une bonne galerie de seconds couteaux et un Steve McQueen comme d’habitude impérial. Le Guet-Apens est un excellent polar aux allures de western urbain, ce qui n’est pas une grande surprise de la part du maître du genre Peckinpah, dont ce sera le plus grand succès commercial. Un remake sera réalisé en 1994, avec encore un couple à l’écran et à la ville, Kim Basinger et Alec Baldwin.

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21h : La Horde sauvage (Sam Peckinpah – 1969 – 145 minutes)

avec William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan, Edmon O’Brien, Warren Oates, Jaime Sanchez, Ben Johnson, Bo Hopkins

Une horde de hors-la-loi, poursuivis par des chasseurs de primes, accepte de voler des armes et munitions transportées en train, pour le général mexicain Mapache.

Réalisateur prometteur avec Coups de feu dans la Sierra (1962), Sam Peckinpah déçoit dès son troisième film, Major Dundee (1965) dont les producteurs avaient coupé trente minutes au montage. Une traversée du désert commence alors pour le réalisateur : viré du Kid de Cincinnati (1965), il ne tourne rien pendant trois ans. Mais un ami de la Warner parvient à le remettre en selle en lui faisant réaliser La Horde sauvage. Et Peckinpah rentre alors dans la légende du cinéma en signant l’un des plus grands westerns de tous les temps, sur le podium aux côtés des meilleurs John Ford et Sergio Leone. Réponse américaine aux westerns spaghetti, La Horde sauvage est particulièrement violent, et par la même moderne et actuel : Peckinpah veut en effet déconstruire la mythologie hollywoodienne du western, à base de manichéisme des personnages et de romantisme de la violence. Il révèle la mauvaise conscience de l’Amérique et la fin d’une époque, où ses héros truands, reliés par un code de l’honneur, ne font que progresser vers la mort, dans un monde qui n’est déjà plus pour eux, la conquête de l’Ouest étant achevée et la modernité commençant. C’est donc par réalisme que le film est violent, cru et crépusculaire, où l’appât du gain et des plaisirs des prostitués dominent, où personne n’est à sauver – même les femmes et enfants ne font pas exception. Le film ne comporte que des séquences inoubliables, à commencer par les fusillades, notamment celles d’ouverture et de fermeture. Cette dernière est une des grandes scènes du cinéma américain : tournée en 12 jours (sur les 80 jours du tournage au total), elle nécessita 90.000 balles à blanc et plus de morts à l’écran que de figurants, ces derniers se relevant et se faisant recoudre leur costume pour retourner mourir à la prise suivante. La photographie est grandiose et renversante, le montage hors-norme et pénétrant, la durée du film totalement insensible, les acteurs excellents et plus vrais que nature. La musique de Jerry Fielding a été nominée aux Oscars, comme le scénario. On pourrait déverser les superlatifs à l’envie pour La Horde sauvage, concluons donc simplement qu’en plus d’un film clef du cinéma américain bien au-delà du genre western, il s’agit aussi et surtout d’une grande date dans la vie d’un cinéphile.

6 octobre : Ciné-club Hippies : Easy Rider (1969) – Hair (1979)

Au programme, deux films cultes de l’époque colorée, lysergique et mouvementée du flower power :

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– 19h : Easy Rider (Dennis Hopper – 1969 – 94 minutes)
avec Peter Fonda, Dennis Hopper, Jack Nicholson

Deux motards sillonnent l’Amérique et font toute sorte de rencontres, notamment d’un avocat défenseur des droit civiques, d’une communauté hippie ou d’américains réactionnaires.

Avec Bonnie & Clyde et Le Lauréat, Easy Rider marque la naissance du nouvel Hollywood, rompant avec le système de production classique et s’inspirant du néoréalisme italien, de la Nouvelle Vague française et de la contre-culture américaine psychédélique, où les réalisateurs reprennent le contrôle de la création sur les producteurs. Le film est un symbole de liberté, autant celle du réalisateur et de ses amis (Dennis Hopper et Peter Fonda l’ont co-écrit, jouent dedans, le premier le réalise et le second le produit) qui tournent avec très peu de moyen dans des décors naturels, que celle de ses personnages marginaux qui à travers un road movie découvrent la face noire et rétrograde des Etats-Unis, le conservatisme, l’hostilité, l’incompréhension, la violence, la prison et bien pire encore. Il rencontra un succès immense et inattendu, reçut le prix de la meilleure première œuvre au Festival de Cannes, et devint une des œuvres culturelles les plus marquantes des années 60 en annonçant ses désillusions concernant ses valeurs utopistes et révolutionnaires. Enfin sa bande-son eut autant de succès, avec bien sûr Steppenwolf et son iconique « Born to Be Wild », mais aussi The Jimi Hendrix Experience, The Electric Prunes, The Byrds ou Electric Flag – à noter que le légendaire producteur Phil Spector fait une petite apparition au début du film !

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– 21h : Hair (Milos Forman – 1979 – 121 minutes)
avec John Savage, Treat Williams, Beverly d’Angelo, Nicholas Ray

Un jeune campagnard enrôlé pour le Vietnam désire visiter New York avant de partir au front. Il rencontre des hippies à Central Park qui vont l’initier à leur mode de vie.

Cinq ans avant son Amadeus, Milos Forman s’immisce dans le domaine musical avec l’adaptation qu’il voulait réaliser depuis longtemps de la pièce culte de Broadway de Gerome Ragni et James Rado (aux paroles) et Galt MacDermot (pour la musique). Succès colossal aux Etats-Unis en 1968 (où elle reste à l’affiche pour 1750 représentations pendant quatre ans), elle engendra des productions locales dans pas moins de 19 pays tels qu’en Angleterre, France (première traduction française d’une pièce musicale américaine, elle fit scandale pour sa nudité, provoquant une manifestation de l’Armée du Salut, et révéla nul autre que Julien Clerc !), Allemagne (avec Donna Summer !), Yougoslavie (alors communiste), Australie, Mexique ou Japon. Pur produit de la contreculture hippie et de la révolution sexuelle, ses chansons utopiques et militantes traitent de thèmes sociaux comme l’amour libre, la guerre du Vietnam, le pacifisme, le racisme, les drogues, la vie de bohème ou le conservatisme de la société. Le film fut entièrement tourné à New York pendant un an, majoritairement en extérieur, avec pas moins de 20.000 figurants. Plusieurs chansons ne furent pas reprises pour le film, et le scénario a été modifié à quelques endroits (notamment la fin), ce qui fit dire aux auteurs de la pièce que son esprit ne fut pas respecté, mais le film eut un énorme succès et reste à la fois l’une des comédies musicales les plus fameuses et un des films emblématiques du flower power.

2 juin : Ciné-club Butch Cassidy et le Kid (1969)

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– 21h : Butch Cassidy et le Kid (George Roy Hill – 1969 – 110 minutes)
avec Paul Newman, Robert Redford, Katharine Ross

Loin des clichés des vieux western américains statiques, Butch Cassidy et le Kid raconte les (vraies) aventures des deux légendaires hors-la-loi à travers l’Amérique jusqu’à la Bolivie.

Porté par deux grands acteurs américains plus charismatiques que jamais (Paul Newman et Robert Redford, qui accède à la célébrité avec ce film), ce classique plein d’humour a gagné quatre Oscars : meilleure scénario original, meilleure photographie, meilleure musique (Burt Bacharach) et meilleure chanson (« Raindrops Keep Fallin’ On My Head »), ainsi que le British Academy Film Award du meilleur film.