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21 janvier 2018 : Ciné-club Inde : Indiana Jones et le temple maudit (1984) – La Route des Indes (1984)

 

– 19h : Indiana Jones et le temple maudit (Steven Spielberg – 1984 – 118 minutes)

avec Harrison Ford, Kate Capshaw, Jonathan Ke Quan, Amrish Puri, Roshan Seth

L’archéologue Indiana Jones se trouve en Inde et doit récupérer un joyau sacré dérobé à de pauvres villageois par une terrible secte.

Steven Spielberg, après E.T. (1982) au succès colossal, donne une suite (chronologiquement antérieure) aux Aventuriers de l’arche perdue (1981), inspiré par les aventures de Tintin (qu’il a découvert lors de la promotion européenne du film) et par Le Tombeau hindou de Fritz Lang (1959). Cette fois-ci Indiana Jones part en Inde (après un début à Shanghai), mais les autorités du pays n’ayant pas aimé le script, le film est tourné au Sri Lanka. Harrison Ford souffre de hernie discale et est rapatrié pour hospitalisation pendant six semaines aux Etats-Unis, mais Spielberg continue le tournage avec un cascadeur filmé de dos ou de loin, et filme Ford en gros plans à son retour. La partenaire féminine (préférée à Sharon Stone) n’est autre que la future femme de Spielberg ! Ce Temple maudit est l’épisode le plus sombre et cruel de la saga, et c’est d’ailleurs pour ce film que la catégorie PG-13 (interdit aux moins de treize ans) a été créée aux Etats-Unis. Mais les cascades rythmées (la scène du wagonnet deviendra une attraction de Disnleyland), les effets spéciaux soignés (récompensés d’un Oscar) et l’humour en font tout de même un grand spectacle familial typiquement spielbergien, rapportant 333 millions de dollars de recettes.

– 21h : La Route des Indes (David Lean – 1984 – 163 minutes)

avec Peggy Ashcroft, Judy Davis, James Fox, Alec Guinness, Nigel Havers, Victor Banerjee

Dans les années 20, une jeune femme rejoint son fiancé accompagnée de la mère de ce dernier à Bangalore. Souhaitant échapper au monde étroit des colons, elles sympathisent avec un médecin indien qui déploie toute sa gentillesse pour agrémenter leur voyage. Mais la méfiance des colons va se refermer sur lui.

Dernier film de David Lean, La Route des Indes vient couronner magistralement une imposante filmographie récompensée par 26 Oscars : Le Pont de la rivière Kwaï, Lawrence d’Arabie, Docteur Jivago, La Fille de Ryan. Après les critiques négatives sur son précédent film en 1970, il mit quatorze ans à revenir à la caméra, pour notre plus grand bonheur esthétique. Adapté d’un roman de Edward Morgan Foster (ayant vécu en Inde) paru en 1924, La Route des Indes se situe au début du XXème siècle, quand les relations entre les colonisateurs anglais et les indiens étaient déjà tendues. Fidèle à son style épique, le réalisateur magnifie les paysages exotiques et temples ensorcelants, qui troublent et dépassent les personnages, mais qui expriment mieux ce qu’ils n’osent formuler (surtout dans la flegmatique société anglaise). Les acteurs interprètent impeccablement ce drame intime et politique bouleversant, dont l’étrangeté indienne n’est pas sans rappeler Le Fleuve de Renoir. C’est d’ailleurs la sixième collaboration entre le réalisateur et le grand Alec Guinness (son rôle de brahmane est certes secondaire mais savoureux). Nommé à onze Oscars (dont meilleurs film, réalisateur, scénario ou actrice), La Route des Indes en remporte deux : meilleur second rôle pour Peggy Ashcroft et meilleure bande originale pour Maurice Jarre (qui en avait déjà été récompensé pour Lawrence d’Arabie et Docteur Jivago).

4 septembre : Ciné-club Dystopie au Royaum-Uni : Les Fils de l’homme (2006) – 1984 (1984)

LES FILS DE L'HOMME

– 19h : Les Fils de l’homme (Alfonso Cuarón – 2006 – 110 minutes)

avec Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine, Claire-Hope Ashitey, Chiwetel Ejiofor, Charlie Hunnam

En 2027, cela fait dix-huit ans que l’humanité n’a pas vu de naissances. Sans avenir, la société s’effondre progressivement.

La dystopie est le contraire de l’utopie, c’est-à-dire une fiction où la société tourne mal, ayant pour but de mettre en garde le public contre les dérives de son époque réelle. Alfonso Cuarón (Y tu mamá también, Gravity) adapte un roman de P.D. James où les femmes sont devenues stériles. Sans avenir ni espoir, la société sombre alors dans les guerres, le terrorisme et les pandémies, résistant au prix d’une dictature policière, interdisant toute immigration. C’est pourtant d’une réfugiée que viendra peut-être le dernier espoir de l’humanité – un sujet qui ne nous est pas étranger… Les Fils de l’homme fait évoluer son casting de luxe (Clive Owen, Juliette Moore, Michael Caine) dans un thriller tendu et désespéré où tout s’effondre, une chasse à l’homme aux symboliques religieuses, à travers  des décors exemplaires et de multiples plans-séquences virtuoses. Le film reçoit un excellent accueil critique et de nombreuses récompenses internationales, notamment pour sa technique (photographie, direction artistique) aux BAFTA et à Venise, et trois nominations aux Oscars (dont scénario).

1984

– 21h : 1984 (Michael Radford – 1984 – 113 minutes)

avec John Hurt, Richard Burton, Suzanna Hamilton, Cyril Cusack, Gregor Fisher

En 1984, dans un régime totalitaire contrôlé par Big Brother, l’employé Winston Smith va enfreindre deux interdits : penser par lui-même et tomber amoureux.

Le roman visionnaire de George Orwell 1984 est l’un des grands classiques du XXème siècle depuis sa parution en 1949. Son concept de Big Brother, leader suprême et mystérieux du Parti et de l’Etat dont l’image est présente sur chaque télécran qui espionne toute la population jusque chez elle, est même passé dans le langage courant, et souvent brandi dans les affaires de surveillance. Si le livre a connu deux adaptations pour la télévision et une au cinéma dans les années 50-60, Michael Radford (Le Facteur, Le Marchand de Venise) entreprend d’en réaliser fidèlement un nouveau film à la date hautement symbolique éponyme, en tournant aux dates et endroits (Londres et ses environs) exacts décrits dans le livre. La direction artistique, la photographie et les décors sont glaçants de délabrement, désolation et misère, tant matérielle que psychologique. John Hurt (Elephant Man, Midnight Express) livre une interprétation décharnée et angoissée, saluée par plusieurs récompenses internationales, tandis que l’immense Robert Burton (Cléopâtre, Qui a peur de Virginia Woolf ?), pour son dernier rôle, tire sa révérence avec une prestation d’apparatchik superbe de noirceur et de cruauté, décédant peu après le tournage. L’actualité de l’œuvre à l’heure du scandale de la NSA révélé par Edward Snowden est encore totale – manifestement pour longtemps – et son impact dans la culture populaire est immense, ayant inspiré bien des films (THX 1138, Brazil, V pour Vendetta avec ironiquement John Hurt en dictateur), groupes (le concept album Diamond Dogs de David Bowie, Radiohead, Rage Against the Machine, Muse) ou jeux vidéo (Half-Life 2, Metal Gear Solid V).

24 juillet : Ciné-club Bill Murray / Harold Ramis : SOS Fantômes (1984) – Un Jour sans fin (1993)

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– 19h : SOS Fantômes (Ivan Reitman – 1984 – 105 minutes)

avec Bill Murray, Dan Aykroyd, Sigourney Weaver, Harold Ramis, Rick Moranis, Ernie Hudson, Annie Potts

A New York, des docteurs en parapsychologie renvoyés de leur université ouvrent une agence d’investigations paranormales, SOS Fantômes.

Dan Aykroyd et Harold Ramis écrivent un scénario de chasseurs de fantômes modernes (avec un rôle pour chacun d’eux), en envisageant John Belushi (The Blues Brothers). Mais suite à sa mort en 1982, c’est Bill Murray qui le remplace. Eddy Murphy était pressenti pour devenir le quatrième ghosbuster, mais il préféra tourner Le Flic de Beverly Hills, laissant la place libre pour Ernie Hudson. Sigourney Weaver (Alien) et Rick Moranis (Streets of fire) complètent le casting classique. Mélange efficace de comédie new-yorkaise, de fantastique et d’action, SOS Fantômes est un grand classique de la pop culture eighties, avec une esthétique tout à fait vintage et une fameuse chanson titre de Ray Parker Jr. qui se hisse trois semaines en tête du hit-parade – le film a d’ailleurs été nommé aux Oscars de la meilleure chanson et des meilleurs effets visuels. Son immense succès (presque trois cent millions de dollars de recettes) engendre deux adaptations en série télévisées d’animation, plusieurs jeux vidéo, quantité de produits dérivés, et bien sûr une suite en 1989. Un troisième volet est attendu depuis plus de quinze ans, mais le décès d’Harold Ramis en 2014 enterre finalement tout espoir. Seul un reboot douteux avec une nouvelle équipe d’actrices principales finira par sortir en août 2016.

UN JOUR SANS FIN

– 21h : Un Jour sans fin (Harold Ramis – 1993 – 100 minutes)

avec Bill Murray, Andie MacDowell, Chris Elliott, Stephen Tobolowsky, Michael Shannon, Harold Ramis

Un présentateur météo aigri et imbu de lui-même se rend dans une petite ville de province pour un reportage. Il va découvrir qu’il revit éternellement la même journée.

Quatre ans après SOS Fantômes II, Harold Ramis co-écrit et réalise un nouveau film, convoquant son compère Bill Murray. Ce qui commençait comme une petite comédie sans promotion marketing devient un conte existentiel fascinant et riche de milles interprétations philosophiques et spirituelles. Un Jour sans fin voit son personnage principal bloqué dans la même journée, qui se répète infiniment tous les matins, avec les mêmes rencontres, les mêmes événements. Bill Murray est parfait en présentateur météo cynique et aigri – c’est plus qu’une seconde nature, on dirait que c’est sa première. Il va passer à travers toutes les étapes possibles : stupeur, hédonisme, irresponsabilité, ennui, désespoir, jusqu’à ce qu’il découvre qu’il doit donner un sens à sa vie, pas seulement par égoïsme ou par amour, mais au sein du monde où il vit, pour transformer cette malédiction en bénédiction. A ses côtés, Andie MacDowell est plus craquante que jamais. De l’éternel retour nietzschéen à divers romans des décennies précédentes, le sujet n’est pas nouveau, mais c’est peut-être son meilleur traitement dans la culture populaire, renvoyant chaque spectateur à la routine de sa vie et la possibilité de s’épanouir personnellement. Un Jour sans fin est devenu un film culte, dont le thème inépuisable a été mainte fois revisité dans des romans (Prisonniers du temps de Michael Crichton) films (Edge of tomorrow avec Tom Cruise), séries (Day Break) ou jeux vidéo (The Legend of Zelda : Majora’s Mask sur Nintendo 64). Quant à Harold Ramis, il continuera à écrire et réaliser d’autres films comme Mafia Blues avec Robert De Niro.

5 juin : Ciné-club Walter Hill / Ciné-Bazar 3 : Streets of fire (1984) – Double détente (1988)

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Soirée spéciale à l’occasion de la sortie de la revue Ciné-Bazar n°3 qui consacre un dossier au réalisateur Walter Hill ! Des exemplaires seront en vente, en présence du rédacteur en chef Thomas Revay.

LES RUES DE FEU

– 19h : Streets of fire (Walter Hill – 1984 – 93 minutes)

avec Michael Paré, Diane Lane, Willem Dafoe, Rick Moranis, Amy Madigan, Deborah Van Valkenburgh, Rick Rossovich, Bill Paxton

Une chanteuse de rock est kidnappée par un gang de motard. Son ancien amant se lance à leurs trousses.

Avec Streets of fire, Walter Hill souhaitait réaliser le film de ses rêves à l’adolescence, avec de la musique rock, des vestes en cuir, des dialogues percutants, des bastons pour l’honneur, des motards et leurs bécanes, des voitures à l’ancienne en courses-poursuites, des baisers sous la pluie et les néons. On ne s’étonnera donc pas de l’aspect retro fifities du film, même s’il porte un cachet incontestablement eighties dans le style des personnages, l’ambiance nocturne et urbaine et une production musicale typique de la décennie. Le titre du film provient d’ailleurs d’une chanson de Bruce Springsteen, dont il n’a pas réussi à avoir les droits. On retrouve à la musique son collaborateur habituel Ry Cooder (ayant travaillé avec les Rolling Stones, Captain Beefheart, et aussi Wim Wenders pour Paris, Texas), ainsi que Jim Steinman (compositeur de comédies musicales, comme Le Bal des vampires de Polanski) et Dan Hartman (Edgar Winter, « Living in America » de James Brown). Diane Lane est une habituée de Coppola (Rusty James, Outsiders, Cotton Club), Rick Moranis joue aussi dans SOS Fantômes qui sort le même mois, et Willem Dafoe est promis à une longue carrière (Platoon, La Dernière tentation du Christ, Sailor et Lula). Cette « fable rock’n’roll » devait être le premier épisode d’une trilogie, mais son échec commercial l’en empêcha (un changement de direction à la tête du studio l’ayant privé de promotion). Le film est néanmoins devenu culte (les japonais le vénèrent !), notamment pour sa bande-son épique et son esthétique de comics vintage, et une suite non-officielle est tout de même sortie en 2008, Road to hell, où Michael Paré et Deborah Van Valkenburgh reprennent leurs rôles.

DOUBLE DETENTE

– 21h : Double détente (Walter Hill – 1988 – 104 minutes)

avec Arnold Schwarzenegger, James Belushi, Peter Boyle, Ed O’Ross, Laurence Fishburne, Gina Gershon, Richard Bright

Un policier soviétique est envoyé à Chicago pour faire équipe avec un policier américain pour retrouver un dangereux trafiquant de drogue.

Avec des rôles aussi musclés et iconiques que ceux de Conan, Terminator ou Predator, Arnold Schwarzenegger est une superstar d’action et n’a plus grand-chose à prouver, si ce n’est devenir plus grand public. Il essaie donc de varier ses rôles, d’inclure plus de subtilités dramatiques et même des touches d’humour. Sous la direction de Walter Hill, il se retrouve dans un buddy movie au contexte particulier. Le genre (déjà abordé par Walter Hill dans 48 heures) veut que deux policiers que tout oppose doivent apprendre à travailler ensemble et finalement s’apprécier. Ici ce sont un soviétique et un américain qui font équipe, en pleine Guerre Froide ! Néanmoins, Double détente est nettement moins marqué idéologiquement que les films américains des dernières décennies qui montraient sous un jour défavorable d’horribles soviétiques du mauvais côté de l’Histoire. Et c’est justement parce le film donne une représentation positive du peuple russe et que le personnage de Schwarzenegger est humaniste et nuancé que l’URSS autorisa de tourner des scènes sur la Place Rouge à Moscou, une première historique ! James Belushi est à l’inverse montré comme un flic peu glamour qui grignote des cochonneries au pays de la liberté, de la grande consommation et du porno. Derrière le décalage humoristique entre les tempéraments et sociétés soviétiques et américaines, Walter Hill met en scène un western urbain typiquement eighties dans des rues embrumées et poisseuses, où nos deux flics ne reculent devant aucun dégât ni bavures pour mettre fin à d’odieux trafic de drogues. L’humour semble plaire à Schwarzy, puisqu’il enchaînera sur les comédies d’Ivan Reitman (SOS Fantômes) : Jumeaux (son plus grand succès commercial à l’époque) et Un Flic à la maternelle. Et heureusement Total Recall et Terminator 2.

14 février : Ciné-club Ciné-Bazar / Bestioles 80’s : Gremlins (1984) – Critters (1986)

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Soirée spéciale à l’occasion de la sortie du deuxième numéro de la revue Ciné Bazar, qui consacre un dossier aux bestioles des années 80. Des exemplaires seront en vente, en présence du rédacteur en chef Thomas Revay.

GREMLINS

– 19h : Gremlins (Joe Dante – 1984 – 106 minutes)

avec Zach Galligan, Phoebe Cates, Hoyt Axton, Polly Holliday, Frances Lee McCain, Dick Miller

Un inventeur offre à son fils un étrange animal trouvé dans une boutique chinoise : un mogwai. Mais les recommandations sont très claires : il ne faut pas l’exposer à la lumière, le mouiller ou le nourrir après minuit.

Joe Dante a été à bon école : il a commencé par réaliser des films de monstres à petits budgets (Piranhas, Hurlements) qui ont été des succès (chacun a eu plusieurs suites), ce qui lui a ouvert les portes d’Hollywood. Pas n’importe lesquels, puisque son nouveau film est produit par Steven Spielberg (qui y fait un bref cameo) ! Gremlins réussit donc le tour de force d’allier film de genre, de monstres, d’horreur, rempli de références cinématographiques, et film grand public, drôle, familial et typiquement américain avec la sacro-sainte période de Noël. Dante parvient même à glisser une critique sociale féroce, de l’humour noire et du sang ! Il renouvelle surtout le film de monstres avec ces petites bestioles mignonnes quasi-peluches qui se transforment en créatures punks crétines et dévastatrices. Bien avant l’ère numérique, les effets spéciaux sont particulièrement impressionnants, grâce aux animatronics (marionnettes mécanisées). Pour à peine onze millions de dollars de budget, le film devient un des plus grands succès des années 80 avec plus de cent cinquante millions de dollars de recettes ! Une suite sera mise en chantier par Joe Dante, mais il n’obtiendra plus jamais le même succès ni la même liberté artistique dans sa carrière.

 CRITTERS

– 21h : Critters (Stephen Herek – 1986 – 82 minutes)

avec Dee Wallace, M. Emmet Walsh, Billy Green Bush, Scott Grimes, Nadine Van Der Velde, Don Opper, Billy Zane

Des petites créatures poilues, les Critters, s’échappent de leur prison spatiale et débarquent dans une petite ville américaine. Deux chasseurs de prime extra-terrestres sont à leur trousse.

Suite à l’immense succès de Gremlins, créant un genre à lui tout seul, des hordes de copieurs s’engouffrèrent comme de coutume dans le nouveau filon des bestioles, espérant capter son lucratif public. L’un des meilleurs est Critters, en faisant venir les petits monstres poilus de l’espace cette fois-ci. Ils peuvent se rouler en boule et même grossir. L’humour est toujours présent, renforcé par un budget plus modeste, des acteurs moins professionnels, et donc une atmosphère plus cinéma bis qu’hollywoodienne, typique des productions des années 80. Le film est lui aussi un succès à son niveau (treize millions de dollars de recettes pour un budget de deux millions), et connaitra donc trois suites (dont le 3, avec le tout premier rôle de Leonardo DiCaprio !).

9 août : Ciné-club diamant avec Michael Douglas : A la poursuite du diamant vert (1984) – Le Diamant du Nil (1985)

A LA POURSUITE DU DIAMANT VERT

– 19h : A la poursuite du diamant vert (Robert Zemeckis – 1984 – 105 minutes)

avec Michael Douglas, Kathleen Turner, Danny DeVito, Alfonso Arau, Manuel Ojeda

Une romancière à succès part en Colombie pour trouver un diamant vert afin de sauver sa sœur kidnappée. Elle croise la route d’un aventurier à l’opposé des héros de ses livres.

Ecrit par une jeune serveuse que Michael Douglas (producteur du film) a rencontré au restaurant, Diane Thomas (disparue tragiquement au volant de la Porsche que Michael Douglas lui avait offerte), A la poursuite du diamant vert a été original pour l’époque avec son mélange d’aventure exotique, de romance et de comédie, une sorte d’Indiana Jones qui intéresserait le public féminin avec de l’eau de rose. De plus, il joue régulièrement avec l’opposition entre le monde idéal de la romancière et sa réalité plus prosaïque et vulgaire, dans sa quête de l’aventurier idéal. Le film a été un immense succès à sa sortie (rapportant plus de dix fois son budget), et fit décoller la carrière de beaucoup de monde : Michael Douglas (également producteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou et Le Syndrome chinois), Kathleen Turner (L’Homme aux deux cerveaux), Danny DeVito (ancien colocataire et ami de Michael Douglas qui jouait déjà dans Vol au-dessus d’un nid de coucou) et le réalisateur Robert Zemeckis (Retour vers le futur, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, Forrest Gump).

 LE DIAMANT DU NIL

– 21h : Le Diamant du Nil (Lewis Teague – 1985 – 106 minutes)

avec Michael Douglas, Kathleen Turner, Danny DeVito, Spyros Fokas, Avner Eisenberg

Notre romancière est invitée par un prince du Moyen-Orient. Mais celui-ci a capturé le Diamant du Nil, qui intéresse beaucoup de monde…

Après l’immense succès du premier, Michael Douglas en produit la suite, avec le même trio d’acteurs principaux. Après la Colombie (mais tourné au Mexique), les aventures continuent sur le Nil (mais tourné au Maroc). Si le réalisateur aux commandes est moins prestigieux et que la formule se répète (la scénariste originale n’ayant plus se libérer pour écrire la suite), le film s’avère finalement plus rythmé et moins linéaire que le premier, le trio d’acteurs principaux étant très rodé et soudé. Billy Ocean signe le thème principal, tandis que la BO est de Jack Nitzsche (Starman, Vol au-dessus d’un nid de coucou). A noter que Danny DeVito réunira à nouveau Michael Douglas et Kathleen Turner dans La Guerre des Rose qu’il réalisera, comédie noire où ils jouent cette fois-ci un couple qui se déchire violemment.

19 juillet : Science-fiction par John Carpenter

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– 19h : Dark Star (John Carpenter – 1974 – 83 minutes)

avec Brian Narelle, Dre Pahich, Cal Cuniholm, Dan O’Bannon, Joe Saunders, Nick Castle

Le Dark Star est un vaisseau spatial chargé de détruire les planètes risquant de dévier de leur orbite et de provoquer une supernova. Mais alors qu’il s’apprête à lancer une nouvelle bombe, une avarie se produit dans le vaisseau…

A vingt-cinq ans, John Carpenter tourne un moyen-métrage de fin d’études de quarante-cinq minutes qui sera ensuite complété grâce à l’apport d’un distributeur. On ne peut pas ne pas remarquer que Dark Star est un film fauché de soixante mille dollars, mais il a marqué à plus d’un titre le cinéma de science-fiction. Ecrit par Carpenter (qui signe déjà la musique, comme pour ses futurs films) et Dan O’Bannon (qui joue dedans), le film se veut une parodie bourrée d’humour de 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, avec ses astronautes seventies barbus et chevelus qui s’ennuient, la voix monocorde (mais féminine) de l’ordinateur du vaisseau, la dialectique rigide et philosophique de l’intelligence artificielle de la bombe qui entame par erreur son compte à rebours avant destruction alors qu’une panne l’empêche d’être détachée du vaisseau ! Mais plus qu’une parodie, Dark Star est la matrice de la science-fiction hollywoodienne, Dan O’Bannon allant plus tard signer le scénario d’Alien de Ridley Scott, autre huis clos spatial. De plus, la faiblesse du budget effets spéciaux n’empêche pas Dark Star d’inventer le procédé optique de la vitesse lumière, l’hyperdrive, repris à l’identique dans Star Wars trois ans plus tard. Cousin de THX 1138 de Georges Lucas dont l’ambition dépassait de loin le budget, Dark Star est un film admirablement visionnaire dont l’écriture, les cadrages et les images (cette planche de surf dans l’espace !) compensent facilement le rythme inégal et la maigreur des décors.

STARMAN

– 21h : Starman (John Carpenter – 1984 – 115 minutes)

avec Jeff Bridges, Karen Allen, Charles Martin Smith, Richard Jaeckel

Un extra-terrestre arrive sur Terre et prend les traits du mari décédé d’une jeune veuve.

Après l’échec commercial de The Thing, John Carpenter accepta une commande pour restaurer sa crédibilité auprès des studios hollywoodiens. Il s’agit donc d’un des rares films où il ne signe ni la musique (remplacé par Jack Nitzsche, nominé au Golden Globe de la meilleur musique, collaborateur clef de Phil Spector, Neil Young ou des Rolling Stones), ni le scénario. Celui-ci a en effet été développé par la Columbia en même temps que celui d’E.T. sur le même thème de la visite d’un extra-terrestre pacifique. Produit par Michael Douglas, Starman est un road-movie romantique autour d’une veuve et d’une copie de son mari défunt qui apprivoise son humanité, tandis que les différents personnages croisés sur la route ou le FBI lancé à leur trousse nous dépeignent la bêtise et la méchanceté des humains. Jeff Bridges remporta le Saturn Awards du meilleur acteur et fut nommé à l’Oscar et aux Golden Globes, tandis que le film fut nommé aux Saturn Awards du meilleur film de science-fiction, tout comme l’actrice principale Karen Allen, à l’interprétation particulièrement juste. Le succès du film donna lieu à une suite sous forme de série télévisée. Carpenter fut ainsi remis sur les rails, mais pas pour longtemps, puisque son film suivant (Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin) fut un tel échec qu’il quitta Hollywood pour le cinéma indépendant.

24 mai : Ciné-club prohibition avec deux bières Beavertown en pression (Paris Beer Week #2)

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– 19h : Il était une fois en Amérique (Sergio Leone – 1984 – 229 minutes)

Avec Robert De Niro, James Wood, Elizabeth McGovern, Joe Pesci, Burt Young, Tuesday Weld, Treat Williams, Jennifer Connelly

Dans les années 60, un vieil homme se souvent de sa jeunesse avec ses amis dans le ghetto juif du New York des années 20, puis dans les bars clandestins et le trafic d’alcool au temps de la prohibition des années 30.

Bien des années après ses cinq westerns mythiques qui ont bouleversé le genre, de Pour une poignée de dollars (1964) à Il était une fois la révolution (1971), Sergio Leone reprend la caméra pour ce qui deviendra son ultime chef d’œuvre. Adapté du roman The Hoods de Harry Grey, Sergio Leone a travaillé pendant douze ans sur le scénario de Il était une fois en Amérique, cette monumentale et bouleversante fresque sur les années folles dans les bars clandestins sous la prohibition. Il y porte un regard vertigineux sur le destin d’individus liés par l’amitié, l’amour, la trahison et les règlements de comptes sanglants entre gangsters, couvrant une période de quarante ans, de l’enfance à la vieillesse. Magnifié par une partition exceptionnelle de son compositeur attitré Ennio Morricone et par des acteurs au sommet – Robert De Niro et James Wood (Videodrome, Casino, Vampires) bien évidemment, mais aussi Joe Pesci (Raging Bull, Les Affranchis, Casino), Burt Young (Rocky) ou la jeune Jennifer Connelly (Requiem for a dream) -, le film fait figure de testament esthétique et cinématographique. L’implication de Sergio Leone et le rythme de tournage lui coûtèrent sa santé (il disait que chaque film lui faisait perdre cinq ans de sa vie). Il était une fois en Amérique fut charcuté par les producteurs à sa sortie américaine (remonté chronologiquement et amputé de bien des scènes), ce qui effondra le réalisateur. Mais des années après sa mort, la version longue originelle est enfin restaurée et permet de faire justice à l’un des plus grands films du cinéma.

Vu le nombre de règlements de compte sanglants qui émaillent le film, rien de tel que de se rafraîchir avec la Bloody ‘Ell en pression, une American IPA à l’orange sanguine (7,2°) des anglais Beavertown ! Dans le cadre de la Paris Beer Week #2, une autre bière Beavertown sera proposée en pression, la Papa Pils, une Imperial Pils (7°) brassée spécialement en collaboration avec les américains Odell.