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8 octobre 2017 : Ciné-club Jackie Chan : Mister Dynamite (1986) – Opération Condor (1991)

MISTER DYNAMITE

– 19h : Mister Dynamite (Jackie Chan & Eric Tsang – 1986 – 98 minutes)

avec Jackie Chan, Alan Tam, Maria Delores Forner, Rosamund Kwan, Ken Boyle, John Ladalski, Robert O’Brien, Boris Gregoric

Un aventurier est à la recherche de l’armure de Dieu, qui intéresse aussi un groupe de moines satanistes.

Après des débuts comme cascadeurs, Jackie Chan enchaîne depuis une dizaine d’années les films hongkongais de kung fu comiques, au succès grandissant (Le Marin des mers de Chine, Police Story). Avec Mister Dynamite (qu’il réalise lui-même) il surfe, comme d’autres (A la poursuite du diamant vert), sur la mode des aventuriers exotiques à la Indiana Jones en recherche de trésors – le tournage passera par l’Autriche, la Croatie, la Slovénie, le Maroc, Paris l’Espagne et les Philippines ! Avec son cocktail de chorégraphies originales (utilisant des objets ou éléments du décor), de cascades impressionnantes, de course-poursuites motorisées endiablées et d’humour loufoque, Mister Dynamite va devenir le plus gros succès de Jackie Chan et faire de lui une star du genre. Réputé pour réaliser lui-même ses cascades, y compris les plus dangereuses, il a failli se tuer durant le tournage : en sautant dans le vide, la branche sur laquelle il se rattrape s’est brisée, et il est tombé de dix mètres sur la tête. Il fut opéré pendant huit heures et resta convalescent pendant six mois à l’hôpital. On peut voir les rushes durant le générique de fin.

OPERATION CONDOR

– 21h : Opération Condor (Jackie Chan – 1991 – 107 minutes)

avec Jackie Chan, Do Do Cheng, Eva Cobo de Garcia, Shoko Ikeda, Aldo Sambrell

Jackie doit retrouver un trésor nazi enterré dans le Sahara, mais est poursuivi par des mercenaires.

Avec le succès de Mister Dynamite, Jackie Chan bénéficie naturellement de plus de budget pour sa suite, qu’il réalise et écrit, et qui prend des allures de blockbuster à l’américaine. Tourné au Maroc (rappelant Le Diamant du Nil), Philippines, en Espagne et Hong Kong, Opération Condor reprend ainsi les mêmes ingrédients, mais avec une photographie et une réalisation plus soignée, des décors plus impressionnants, des chorégraphies plus millimétrées, un humour encore plus foutraque et une dose de sexy avec ses trois partenaires féminines (parfois en petite tenue). Jackie Chan s’est bien sûr encore blessé durant ses cascades, mais rien de très grave pour une fois. En 2012, il a réalisé et joué dans le troisième épisode, Chinese Zodiac.

1er mai : Ciné-club Rock star : Lemmy (2010) – The Doors (1991)

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Dans le cadre de la Paris Beer Week, la bière Sex, Ale & Rock’n’roll (IPA de la brasserie alsacienne Sainte Cru) sera spécialement en pression pour l’occasion !

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– 19h : Lemmy (Greg Olliver & Wes Orshoski – 2010 – 110 minutes)

Les documentaristes Greg Olliver et Wes Orshoski ont suivi pendant deux ans le légendaire Ian « Lemmy » Kilmister dans son quotidien, entre Los Angeles et les tournées. Roadie de Jimi Hendrix, bassiste du groupe space-rock Hawkwind dont il a été viré quand la douane l’a emprisonné pour possession de drogue, et enfin leader de son groupe de heavy metal Motörhead, le sexagénaire passe ses journées au bar Rainbow et se passionne pour les machines à sous électroniques. Il revient sur sa vie musicale et sur la route, ses fameuses consommations d’alcool et de drogue et ses exploits sexuels. Il nous montre son petit deux pièces à Hollywood rempli de collections d’objets improbables, comme des réductions pour Domino’s Pizza, des armes de guerre ou des souvenirs nazis. Entre sessions en studio, bus de tournée, en concert, backstage, rencontres avec les fans ou conduisant un tank, notre homme se voit encensé par les témoignages admiratifs de pointures du métier tels que Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters), Metallica (avec qui on le voit jouer sur scène), Slash & Duff (Guns ‘n Roses, Velvet Revolver), Ozzy Osbourne (Black Sabbath), Alice Cooper, Ice T, Jarvis Cocker (Pulp) ou Peter Hook (Joy Division, New Order). Loin de ses frasques de la grande époque, Lemmy est resté égal à lui-même et à la hauteur de son mythe, simple et attachant, sans esbroufe mais authentiquement rock’n’roll, n’ayant rien à prouver à personne. Mais à la stupeur générale, Lemmy a fait mentir la légende et s’est révélé être mortel, emporté par un cancer de la prostate deux jours après son diagnostic en décembre 2015. « Killed by death » !

 LES DOORS

– 21h : The Doors (Oliver Stone – 1991 – 140 minutes)

avec Val Kilmer, Meg Ryan, Kyle MacLachlan, Frank Whaley, Kevin Dillon, Kathleen Quinlan, Michael Wincott, Michael Madsen

La vie de Jim Morrison, légendaire chanteur des Doors, depuis ses études de cinéma à Los Angeles jusqu’aux excès du succès et des sixties.

Oliver Stone était un grand amateur des Doors, qu’il écoutait alors qu’il était envoyé comme soldat au Vietnam. Après Platoon ou Wall Street, il continue d’analyser l’Amérique avec un film sur ce groupe si emblématique des sixties, de ses espoirs, illusions et échecs, à travers la trajectoire météorique de leur chanteur Jim Morrison. Etudiant en cinéma, poète, séducteur et shaman moderne, il eut le temps de devenir en seulement six albums une des icônes du rock, par son charisme, sa présence scénique et son destin tragique. Car cette carrière qui commence avec les premiers trips psychédéliques en plein flower power et le succès commercial naissant se meut en descente aux enfers, entre alcoolisme autodestructeur, répression policière, procès pour attentat à la pudeur et dépression. Avec un budget de quarante millions de dollars, il restitue les atmosphères intenses et fiévreuses des concerts avec le public en transe, et reproduit jusqu’aux véritables décors, costumes ou accessoires les plus pointilleux. The Doors a été un grand succès commercial, qui relança le mythe auprès d’une nouvelle génération. Cependant les membres du groupe et les fans de la première heure l’accueillirent sèchement, Oliver Stone (co-auteur du scénario) ayant pris de nombreuses libertés avec la vérité historique et donné une image romancée, manichéenne et guignolesque du chanteur.

20 octobre : Ciné-club Katsuhiro Otomo : Roujin Z (1991) – Akira (1988)

Non content d’être un des plus grands dessinateurs de manga, Katsuhiro Otomo est aussi, chose peu courante dans le milieu, une figure importante de l’animation japonaise, en tant que réalisateur (Akira, Steamboy) ou scénariste (Roujin Z, Metropolis).

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– 19h : Roujin Z (Hiroyuki Kitakubo – 1991 – 80 minutes)

Pour lutter contre les problèmes liés au vieillissement démographique, le ministère de la santé expérimente une assistance robotisée et automatisée des personnes âgées. Mais la machine test qui s’occupe du premier cobaye devient peu à peu incontrôlable.

Katsuhiro Otomo a conçu le scénario et le mecha design (design des robots et engins mécaniques) de ce long métrage d’animation original réalisé par Hiroyuki Kitakubo, un collaborateur d’Otomo (Robot Carnival, Akira) ou de Mamoru Oshii (L’œuf de l’Ange, Blood: The Last Vampire). L’histoire s’attaque à un sujet atypique, rarement traité et pourtant crucial dans la société japonaise, le vieillissement de la population et sa prise en charge. Dans la grande tradition technologique et SF qui habite la culture japonaise, ce sont les robots qui pourraient en être la solution ! Mais une fois de plus le progrès se révèle aussi prometteur que dangereux, et le film plaide pour des rapports plus humains et une société moins corrompue. Enfin, bien plus qu’une ambiance de catastrophe, c’est surtout l’humour japonais qui irrigue l’ensemble du film !

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– 21h : Akira (Katsuhiro Otomo – 1988 – 125 minutes)

En 2019 à Neo-Tokyo, après la Troisième Guerre mondiale, un mystérieux enfant cause un accident à un membre d’une bande de motards. Ce dernier est enlevé par l’armée pour détecter de possibles séquelles psychiques et mener des expériences sur lui. Les autres membres de sa bande vont tenter de le récupérer.

Akira est à la base un manga culte de Katsuhiro Otomo publié de 1982 à 1990, d’une richesse graphique et d’une complexité scénaristique telle qu’il a beaucoup contribué à la diffusion des manga aux Etats-Unis et en Europe, à l’époque où très peu étaient traduits en langue étrangère. Son adaptation animée en 1988, réalisée par Otomo lui-même, eut autant d’impact sur le plan cinématographique, et demeure un des longs-métrages les plus ambitieux de l’animation japonaise. Pour d’évidentes raisons de durée, l’histoire de fond, les protagonistes et les enjeux sont les mêmes, mais le déroulement des évènements est plus ou moins accéléré, certains personnages moins approfondis ou occultés, et certains pans entiers de l’histoire ne purent être abordés à cause d’une modification de la chronologie. Il faut donc voir le scénario du film comme une reconstruction cohérente qui tient en deux heures plutôt que comme une adaptation qui trahirait un long manga de plus de deux mille pages. Quoi qu’il en soit le film, doté d’un budget exceptionnel de plus d’un milliard de yens, est d’une puissance visuelle et scénaristique intacte, avec une animation spectaculaire, une mise en scène hors-norme et une bande-sonore marquante. Explorant les traumatismes d’Hiroshima, la menace de nouvelles catastrophes et la corruption politique, le propos d’Akira n’a pas vieilli à l’heure de Fukushima, et ses qualités esthétiques en font un des grands films de l’histoire du cinéma japonais, entre Kurosawa et Godzilla.

19 mai : Ciné-club : Le Festin Nu (1991)

Une adaptation dessinée du film, adapté du livre, projeté au Ciné Club du bar dont le nom est adapté du titre du livre et du film.

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Murmuré depuis plusieurs semaines, Le Festin Nu inaugure enfin son ciné-club hebdomadaire ! Au programme : des films cultes, ou qui gagneraient à le devenir, en passant par des films de genre.

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– 21h : Le Festin Nu (David Cronenberg – 1991 – 115 minutes)

avec Peter Weller, Judy Davis, Ian Holm, Roy Scheider

Ne nous pouvions pas ne pas commencer par le film de David Cronenberg, Le Festin Nu ! Le roman de William Burroughs était réputé inadaptable (à juste titre), et Cronenberg a brillamment échappé au piège d’une adaptation littérale, en choisissant plutôt de restituer l’univers mental de l’auteur, mélangeant biographie,hallucinations, paranoïa et création littéraire. On comprend mieux que l’exercice soit aussi réussi quand on sait que Burroughs en co-signe le scénario avec Cronenberg. A noter enfin que l’auteur est incarné à l’écran par Peter Weller, alias… Robocop !

En outre, des vidéos autour de William Burroughs et de ses amis de la beat generation seront projetées avant la séance.