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24 septembre 2017 : Ciné-club Arizona : Arizona Junior (1987) – Arizona Dream (1993)

ARIZONA JUNIOR

– 19h : Arizona Junior (Joel Coen – 1987 – 94 minutes)

avec Nicolas Cage, Holly Hunter, John Goodman, Trey Wilson, William Forsythe, Sam McMurray, Frances McDormand, Randall “Tex” Cobb, M. Emmet Walsh

Un cambrioleur, dont la femme est stérile, décide de voler un des récents quintuplés d’une riche famille, afin de l’élever comme son fils.

Pour leur second film, les frères Coen abandonnent le polar noir de Sang pour sang et passent à la comédie déjantée, franchement inspiré par les cartoons. On retrouve déjà les bases de leur univers, en explorant l’Amérique profonde à travers les péripéties de marginaux à moitié loosers, ici un ancien cambrioleur (Nicolas Cage) et sa femme policière (Holly Hunter). Leur kidnapping du bébé et la rançon promise par sa famille va donner lieu à une cavalcade délirante, avec à ses trousses des bandits et un motard digne de Mad Max. Parmi les seconds rôles, John Goodman, Frances McDormand et Warren Keith deviendront des habitués des réalisateurs. Avec ses couleurs flashys, ses personnages guignolesques et ses courses-poursuites hystériques, Arizona Junior installe durablement les frères Coen dans le paysage cinématographique américain, avec de nombreux classiques à venir (Barton Fink, The Big Lebowsky, Fargo).

ARIZONA DREAM

– 21h : Arizona Dream (Emir Kusturica – 1993 – 140 minutes)

avec Johnny Depp, Jerry Lewis, Faye Dunaway, Lili Taylor, Vincent Gallo, Paulina Porizkova

Un vendeur de poissons, orphelin et rempli de rêves, est invité par son oncle en Arizona pour son mariage. Il rencontre une veuve farfelue qui rêve de voler, et va l’aider à l’accomplir.

Après trois films yougoslaves récompensés aux festivals de Berlin et de Cannes, Emir Kusturica s’en va tourner aux Etats-Unis pour une production française-américaine. C’est l’occasion pour lui de filmer ses fantasmes et désillusions sur le pays, avec ses mythiques Cadillac, ses régions et son patrimoine cinématographique. Il tourne ainsi avec deux légendes (Jerry Lewis et Faye Dunaway) tout en faisant émerger des talents montants (Johnny Depp, Vincent Gallo, Lili Taylor). Comme souvent, Kusturica partage ses obsessions en intégrant des extraits du Parrain 2, de Raging Bull et de La Mort aux trousses, qui seront rejoués par le personnage de Vincent Gallo. Arizona Dream est un ode à l’onirisme, avec une galerie de personnages fantasques qui tentent de s’évader par et dans leurs rêves, sans en soupçonner le prix. La réalisation souligne à merveille cette liberté surréaliste, passant régulièrement du rire au tragique dans la même scène, ce qui lui vaudra d’être primé à Berlin par l’Ours d’argent (Prix Spécial du Jury).

18 juin 2017 : Ciné-club Piano : La Leçon de piano (1993) – Le Pianiste (2002)

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– 19h : La Leçon de piano (Jane Campion – 1993 – 115 minutes)

avec Holly Hunter, Harvey Keitel, Sam Neil, Annna Paquin, Kerry Walker, Geneviève Lemon

Au XIXème siècle, une femme part avec sa fille rejoindre son nouveau mari en Nouvelle-Zélande. Muette, elle est impérieusement attachée à son piano. Mais celui-ci devient la propriété d’un voisin qui la désire.

La réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion, après Sweetie et Un ange à ma table, signe à nouveau un drame romanesque auscultant les méandres du désir féminin, à partir d’une muette qui s’exprime au moyen de son piano, qu’elle transporte péniblement jusque dans la jungle néo-zélandaise. Il sera l’objet d’un contrat érotique : son nouveau propriétaire le lui restituera touche par touche en échange d’autant de fantaisies qu’elle lui autorisera. Les émotions se lient et se tendent au milieu de magnifiques paysages naturels et sauvages, aussi agités que les passions des complexes personnages, impeccablement joués. A noter qu’Holly Hunter a assuré elle-même presque toutes les parties de piano du film. Entre classicisme et romantisme, La Leçon de piano reçoit une pluie de récompenses internationales, à commencer par la Palme d’or du Festival de Cannes (la première de l’histoire pour un film d’une réalisatrice, et à ce jour la seule) et le prix d’interprétation féminine pour Holly Hunter, ainsi que trois Oscars (meilleure actrice, meilleur second rôle féminin et meilleur scénario original) ou le César du meilleur film étranger, parmi d’autres Golden Globes ou BAFTA. Harvey Keitel retrouvera Jane Campion en 1999 dans Holy Smoke.

LE PIANISTE

– 21h : Le Pianiste (Roman Polanski – 2002 – 148 minutes)

avec Adrien Brody, Thomas Kretschmann, Frank Finlay, Maureen Lipman, Emilia Fox, Ed Stoppard, Julia Rayner, Jessica Kate Meyer

Durant la Seconde Guerre mondiale à Varsovie, un brillant pianiste et sa famille endurent les persécutions antisémites grandissantes.

Roman Polanski a vécu la persécution des juifs dans son enfance à Cracovie durant la Seconde Guerre mondiale. C’est pourquoi Steven Spielberg lui avait proposé de réaliser La Liste de Schindler, ce qu’il déclina car le film ne lui était pas assez personnel. Mais c’est à la lecture du livre autobiographique de Wladyslaw Szpilman, célèbre pianiste polonais, qu’il trouve l’occasion de réaliser un film sur l’Holocauste. Szpilman travaillait à la radio de d’Etat, mais fut enfermé avec sa famille dans le ghetto de Varsovie, puis dû se cacher dans des conditions effroyables, dangereuses et misérables, pour échapper à la mort. Szpilman meurt cependant en 2000 durant l’écriture du scénario du film. Adrien Brody perdit quatorze kilos pour se préparer au rôle, quitta son appartement, vendit sa voiture et se priva de télévision pour atteindre le niveau de solitude de son personnage. Production française tourné en anglais en Pologne, Le Pianiste est admirablement reconstitué et se déploie méthodiquement dans une mise en scène sobre et digne, sans pathos manipulateur face à l’horreur et la déshumanisation nazie. Le film a été un succès critique et commercial incontestable, remportant une quarantaine de récompenses dont la Palme d’or du Festival de Cannes, sept Césars (dont meilleurs film, réalisateur et acteur) et trois Oscars (meilleurs réalisateur, acteur et scénario adapté. De toute sa riche et diverse filmographie, Polanski considère que c’est le film par lequel il souhaite que l’on se souvienne de lui, indéniablement son plus intime.

25 septembre : Ciné-club Rédemption : Bad Lieutenant (1992) – L’Impasse (1993)

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– 19h : Bad Lieutenant (Abel Ferrara – 1992 – 96 minutes)

avec Harvey Keitel, Victor Argo, Paul Calderone, Zoë Lund, Leonard Thomas, Robin Burrows, Frankie Thorn, Victoria Bastel, Paul Hipp

A New-York, un lieutenant de police s’enfonce dans la spirale des vices, des excès et de l’autodestruction. Il va chercher la rédemption en tentant de venger une religieuse violée.

Deux ans après The King of New York, Abel Ferrara signe son film le plus sulfureux, controversé et respecté. Co-écrit avec Zoë Lund (qui joue un petit rôle), Bad Lieutenant est une véritable descente aux enfers sans concession. Le lieutenant s’enfonce ainsi dans l’alcool, la drogue, les paris sportifs, la ruine, l’adultère, la perversion sexuelle, la déchéance, le déni, se croyant intouchable grâce à son insigne de police mais menacé de mort. La légende veut qu’Harvey Keitel n’ait simulé aucune prise d’alcool et de drogue à l’écran, puisqu’il était toxicomane à l’époque, tout comme Abel Ferrara et Zoë Lund ! Au-delà de l’anecdote, l’acteur joue un de ses rôles les plus marquants (la même année que Reservoir Dogs), sans doute le plus extrême et en totale état de grâce, dans une forte symbolique christique d’expiation des pêchés, de rédemption et de sacrifice. Il faut l’entendre gémir comme un loup sur son sort à mesure qu’il s’y enfonce dramatiquement – bouleversant ! Tourné en seulement dix-huit jours en décors naturels (avec une scène finale de meurtre en pleine rue de New York, dont les passants n’étaient pas prévenus et s’attroupaient réellement autour du faux mort), Bad Lieutenant oscille intensément entre le ciel et l’enfer, a été classé X et interdit en Irlande, mais en a d’autant plus mérité son titre de film culte, et reste encore aujourd’hui un sommet indépassé pour son réalisateur. A noter que Werner Herzog affirme que son Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans (2009) n’est ni une suite, ni un remake, et qu’il n’a pas vu l’original, pourtant il ne manque pas de similitudes.

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– 21h : L’Impasse (Brian De Palma – 1993 – 143 minutes)

Avec Al Pacino, Sean Penn, Penelope Ann Miller, John Leguizamo, Ingrid Rogers, Luis Guzman, James Rebhorn, Viggo Mortensen

Dans les années 70, le caïd Carlo Brigante sort de cinq années de prison et est bien décidé à se ranger. Il accepte de gérer un club afin de se faire suffisamment d’argent pour partir mener une nouvelle vie plus calme. Mais le milieu continue de tourner autour de lui…

Dix ans après Scarface, Brian De Palma ne souhaitait pas refaire un film sur les gangsters latinos. Mais, en plein crise de la cinquantaine après un mariage, un enfant et un divorce en deux ans, il changea d’avis à la lecture du scénario (tiré d’un roman de Edwin Torres, un juge portoricain de la Cour suprême de New York, connaissant manifestement bien le milieu) et s’enthousiasma pour le projet, retrouvant ainsi Al Pacino qui était à l’origine du projet. Car L’Impasse (Carlito’s way en version originale) n’est pas un classique film de gangster suivant le schéma de grandeur et de décadence, il traite au contraire d’un caïd sur le retour, ayant sa jeunesse derrière lui et souhaitant changer de vie avec un peu d’argent en poche. Il est certes traité comme une légende dans le milieu, mais il ne le reconnait plus, les jeunes loups sans manières ni éthiques tentent de se faire un nom, la cocaïne et le disco inondent les clubs. L’époque n’est plus tout à fait pour lui, et il tente de recoller les morceaux avec l’amour qu’il a déçu. Sur une bande-son latino volcanique, Brian De Palma installe minutieusement pendant deux heures vingt-trois imperceptibles une tension de tragédie, avec ses inimitables et maniérés plans-séquences et explosions de violence (la scène du billard au début et surtout la légendaire course-poursuite de vingt minutes dans le métro et la gare de New York). Tentant d’échapper à son destin, Al Pacino est plus sobre et vieilli que ses précédents héros fougueux et déchaînés, hantant la narration mortuaire de sa voix off, tandis que Sean Penn est totalement jubilatoire  en avocat véreux et cocaïnomane! Après un accueil mitigé à sa sortie, L’Impasse est devenu un film culte, considéré par les Cahiers du Cinéma comme rien de moins que le meilleur film de la décennie ! Il aura droit à un préquelle en direct-to-video (L’Impasse : de la rue au pouvoir) sur les années d’ascension du jeune Carlo Brigante.

24 juillet : Ciné-club Bill Murray / Harold Ramis : SOS Fantômes (1984) – Un Jour sans fin (1993)

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– 19h : SOS Fantômes (Ivan Reitman – 1984 – 105 minutes)

avec Bill Murray, Dan Aykroyd, Sigourney Weaver, Harold Ramis, Rick Moranis, Ernie Hudson, Annie Potts

A New York, des docteurs en parapsychologie renvoyés de leur université ouvrent une agence d’investigations paranormales, SOS Fantômes.

Dan Aykroyd et Harold Ramis écrivent un scénario de chasseurs de fantômes modernes (avec un rôle pour chacun d’eux), en envisageant John Belushi (The Blues Brothers). Mais suite à sa mort en 1982, c’est Bill Murray qui le remplace. Eddy Murphy était pressenti pour devenir le quatrième ghosbuster, mais il préféra tourner Le Flic de Beverly Hills, laissant la place libre pour Ernie Hudson. Sigourney Weaver (Alien) et Rick Moranis (Streets of fire) complètent le casting classique. Mélange efficace de comédie new-yorkaise, de fantastique et d’action, SOS Fantômes est un grand classique de la pop culture eighties, avec une esthétique tout à fait vintage et une fameuse chanson titre de Ray Parker Jr. qui se hisse trois semaines en tête du hit-parade – le film a d’ailleurs été nommé aux Oscars de la meilleure chanson et des meilleurs effets visuels. Son immense succès (presque trois cent millions de dollars de recettes) engendre deux adaptations en série télévisées d’animation, plusieurs jeux vidéo, quantité de produits dérivés, et bien sûr une suite en 1989. Un troisième volet est attendu depuis plus de quinze ans, mais le décès d’Harold Ramis en 2014 enterre finalement tout espoir. Seul un reboot douteux avec une nouvelle équipe d’actrices principales finira par sortir en août 2016.

UN JOUR SANS FIN

– 21h : Un Jour sans fin (Harold Ramis – 1993 – 100 minutes)

avec Bill Murray, Andie MacDowell, Chris Elliott, Stephen Tobolowsky, Michael Shannon, Harold Ramis

Un présentateur météo aigri et imbu de lui-même se rend dans une petite ville de province pour un reportage. Il va découvrir qu’il revit éternellement la même journée.

Quatre ans après SOS Fantômes II, Harold Ramis co-écrit et réalise un nouveau film, convoquant son compère Bill Murray. Ce qui commençait comme une petite comédie sans promotion marketing devient un conte existentiel fascinant et riche de milles interprétations philosophiques et spirituelles. Un Jour sans fin voit son personnage principal bloqué dans la même journée, qui se répète infiniment tous les matins, avec les mêmes rencontres, les mêmes événements. Bill Murray est parfait en présentateur météo cynique et aigri – c’est plus qu’une seconde nature, on dirait que c’est sa première. Il va passer à travers toutes les étapes possibles : stupeur, hédonisme, irresponsabilité, ennui, désespoir, jusqu’à ce qu’il découvre qu’il doit donner un sens à sa vie, pas seulement par égoïsme ou par amour, mais au sein du monde où il vit, pour transformer cette malédiction en bénédiction. A ses côtés, Andie MacDowell est plus craquante que jamais. De l’éternel retour nietzschéen à divers romans des décennies précédentes, le sujet n’est pas nouveau, mais c’est peut-être son meilleur traitement dans la culture populaire, renvoyant chaque spectateur à la routine de sa vie et la possibilité de s’épanouir personnellement. Un Jour sans fin est devenu un film culte, dont le thème inépuisable a été mainte fois revisité dans des romans (Prisonniers du temps de Michael Crichton) films (Edge of tomorrow avec Tom Cruise), séries (Day Break) ou jeux vidéo (The Legend of Zelda : Majora’s Mask sur Nintendo 64). Quant à Harold Ramis, il continuera à écrire et réaliser d’autres films comme Mafia Blues avec Robert De Niro.

25 octobre : Ciné-club IRA : Hunger (2008) – Au Nom du père (1993)

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– 19h : Hunger (Steve McQueen – 2008 – 92 minutes)

avec Michael Fassbender, Liam Cunningham, Stuart Graham, Liam McMahon

En 1981 en Irlande du Nord, les prisonniers de l’Armée Républicaine Irlandaise provisoire (IRA) entament une grève de l’hygiène puis de la faim pour réclamer leur statut de prisonnier politique à l’Angleterre.

L’artiste plasticien britannique Steve McQueen, exposé dans le monde entier, se met au cinéma avec ce premier film sur l’histoire vraie du militant irlandais Bobby Sands, terroriste pour les uns, martyre pour les autres. Hunger est un ainsi un film visuellement sophistiqué, extrêmement plastique, presque formel, quasiment sans dialogue. Il tourne déjà avec son acteur fétiche Michael Fassbender (qui a perdu 14 kg pour ce rôle), qu’il retrouvera sur Shame (2011) et Twelve Years a Slave (2013). Rien n’est épargné au spectateur : murs couverts d’excréments, urine coulant dans les couloirs, maltraitance des prisonniers, malaise des gardes de la prison, agonie de Bobby Sands. Le film brille malgré tout d’un époustouflant plan-séquence en caméra fixe de vingt-deux minutes entre Bobby Sands et un prêtre atypique qui tente de le dissuader de faire grève. Le brio visuel et esthétique du film a été salué par la Caméra d’Or au Festival de Cannes, parmi d’autres récompenses internationales.

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– 21h : Au Nom du père (Jim Sheridan – 1993 – 132 minutes)

avec Daniel Day-Lewis, Emma Thompson, Pete Postlethwaite, John Lynch, Beatie Edney, Mark Sheppard, Corin Redgrave

En 1974, un jeune délinquant irlandais est accusé à tort d’un attentat de l’IRA à Londres.

Après My Left Foot (1989), Jim Sheridan retrouve Daniel Day-Lewis (qui en avait gagné l’Oscar du meilleur rôle), tous deux irlandais, pour un sujet hautement plus sensible et engagé concernant leur pays, une histoire vraie qui plus est, adaptée de l’autobiographie de la victime d’une des plus grandes injustices judiciaires. Tellement scandaleuse de la part des autorités anglaises que personne n’aurait osé l’imaginer en fiction sans cela ! Déjà Daniel Day-Lewis s’impose une préparation excentrique et spartiate, ici de vivre quelques semaines dans une cellule, réveillé tous les quart d’heures par les gardiens, pour mieux vivre son rôle. La descente aux enfers du personnage et de sa famille est absolument bouleversante et intense, sans manichéisme ni démagogie, mais avec pudeur et subtilité. Au Nom du père, passionnant et terrifiant, est couronné de l’Ours du meilleur film au Festival de Berlin, ainsi que d’une pluie de nominations internationales aux Oscars (dont meilleurs film, réalisateur, scénario et acteurs), Golden Globes ou BAFTA. Daniel Day-Lewis ne remporte rien malgré sa prestation plus vraie que nature, mais se rattrapera plus tard avec deux autres Oscars (There Will Be Blood et Lincoln). Il retrouvera même Sheridan dans The Boxer, sur la réinsertion d’un boxeur emprisonné à tort pour un attentat de l’IRA qu’il n’a pas commis !

5 avril 2015 : Ciné-club chasse à l’homme

CHASSE A L'HOMME

– 19h : Chasse à l’homme (John Woo – 1993 – 99 minutes)

avec Jean-Claude Van Damme, Lance Henriksen, Yancy Butley, Arnold Vosloo, Wilford Brimley, Kasi Lemmons

Un mercenaire recrute des anciens militaires sans abri pour les faire participer comme proie à des chasses à l’homme.

Librement adapté du classique La Chasse du comte Zaroff (1932), Chasse à l’homme réunit deux icônes exilées du film d’action : John Woo, qui livre ici son premier film américain après une filmographie culte à Hong Kong (Le Syndicat du crime, Une Balle dans la tête, The Killer), et Jean-Claude Van Damme, ancien champion belge de karaté et étoile montante musclée d’Hollywood (Kickboxer, Double impact, Universal Soldier). Entièrement tourné à la Nouvelle-Orléans, le film décline ainsi les marques de fabrique du maniériste hongkongais (certes bridé par les producteurs américains) : ralentis, colombes, pyrotechnies et gunfights, parmi des scènes de motos ou à cheval. Une série B de luxe, testostéronée et un brin nanarde donc jouissive, nommée aux Saturn Awards (meilleur film, réalisateur et musique), qui annonce des succès futurs dans les filmographie du réalisateur (Broken Arrow, Volte-face, Mission Impossible II) et de l’acteur (Timecop et Mort subite de Peter Hyams, ainsi que Double Team et Piège à Hong Kong du grand Tsui Hark).

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– 21h : The Game (David Fincher – 1997 – 128 minutes)

avec Michael Douglas, Sean Penn, James Rebhorn, Deborah Kara Unger, Peter Donat, Carroll Baker

Un richissime homme d’affaire se voit offrir par son jeune frère turbulent la participation à un mystérieux jeu dont les règles lui échappent.

Après le succès de Seven (1995), David Fincher (Alien 3) s’attaque à son troisième film, toujours un thriller, cette fois-ci porté par Michael Douglas (A la poursuite du diamant vert, Basic Instinct). Tourné à San Francisco, The Game expose un jeu énigmatique qui brouille la frontière avec la réalité, qui plonge le joueur (et le spectateur) dans un labyrinthe paranoïaque et diabolique truffé de fausses pistes. Plus subtilement, la vie dépassionnée et ennuyeuse du financier (clin d’œil à Wall Street pour lequel Douglas remporta l’Oscar) Nicholas Van Orton, hanté par le suicide de son père à son âge, va connaître un bouleversement sans précédent lui faisant perdre son confort, sa puissance et ses certitudes, et (comme dans son film suivant, Fight Club) cet élément perturbateur va lui permettra de se redéfinir, de se sentir plus vivant et réel. Difficile d’approfondir sans dévoiler les secrets de la manipulation, mais ajoutons simplement que le twist final de The Game est un des plus radicaux et bluffant !

25 août : Ciné-club John Wayne : Le Grand Détournement (1993) – La Prisonnière du Désert (1956)

Le Festin Nu organise une soirée hommage à John Wayne ! Deux films cultes ne seront pas de trop pour célébrer l’homme le plus classe du monde.

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– 19h : Le Grand Détournement – La Classe Américaine (Michel Hazanavicius & Dominique Mézerette – 1993 – 70 minutes)

Téléfilm inoubliable diffusé en 1993 sur Canal+ pour les fêtes de fin d’année, Le Grand Détournement se veut un hommage au cinéma américain pour lequel Michel Hazanavicius (OSS 117, The Artist) et Dominique Mézerette ont eu carte blanche de la part du président de la Warner pour piocher dans un catalogue d’environ 3000 films, à l’occasion du 70ème anniversaire du studio. Dans un montage de plus de 80 films ils créent un nouveau scénario cohérent et extravagant (inspiré de Citizen Kane et des Hommes du Président), avec une bande-son nouvelle et les authentiques comédiens de doublage de stars américaines (notamment John Wayne et Paul Newman) qui déclament parmi les dialogues les plus marquants du PAF. Impossible à commercialiser pour d’évidentes et complexes raisons de droit d’auteur, Le Grand Détournement a survécu sur des VHS enregistrées, avant de devenir sur internet un des objets audiovisuels les plus bouleversants de l’humour français auprès d’innombrables fans connaissant par cœur ses répliques.

Pour les rares ingénus qui ne sauraient pas de quoi il traite, John Wayne est ici George Abitbol, l’homme le plus classe du monde, qui décède mystérieusement, et au sujet duquel des journalistes vont enquêter pour éclaircir le sens de ses dernières paroles : « monde de merde ».

En bonus sera projeté Derrick Contre Superman, tout premier détournement d’Hazanavicius et Mézerette, bien plus court (16 minutes) mais tout aussi hilarant. Diffusé sur Canal+ en 1992, le montage est composé cette fois-ci d’extraits de séries télévisées. Derrick tente en effet de sauver du naufrage la chaîne La Cinq en cherchant le soutien de différents héros.

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– 21h : La Prisonnière du Désert (John Ford – 1956 – 119 minutes)

avec John Wayne, Jeffrey Hunter, Nathalie Wood, Vera Miles, Ward Bond, John Qualen, Harry Carey Jr, Henry Brandon

Des indiens comanches attaquent un ranch et kidnappent deux jeunes filles. Leur oncle (John Wayne), ainsi que leur frère adoptif et le fiancé de l’une des deux partent à leur recherche.

Avec cinquante ans de carrière et plus de 140 films, John Ford est un des piliers du cinéma américain, et sans conteste LE réalisateur de western américain. La Prisonnière du Désert constitue l’apogée de son style parvenu à pleine maturité, et est considéré comme son chef d’œuvre. Le montage est parfait, le scénario idéalement rythmé et profond (tiré d’une histoire vraie), les acteurs excellents et charismatiques, les couleurs du Technicolor éclatantes de beauté, les plans en extérieur réels dans les déserts américains à couper le souffle. Bien moins sage et manichéen que ne laissent penser les clichés du western américain, l’American Film Institute l’a tout simplement nommé en 2008 meilleur western de tous les temps. John Wayne (acteur fétiche de Ford, avec leurs 24 collaborations) n’est pas en reste, avec son personnage de marginal rebelle et flamboyant – rien d’étonnant pour l’homme le plus classe du monde !