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7 mai 2017 : Ciné-club Président : Ségo et Sarko sont sur un bateau (2007) – Dans la peau de Jacques Chirac (2006)

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– 19h : Ségo et Sarko sont dans un bateau (Karl Zéro & Michel Royer – 2007 – 95 minutes)

L’ancien présentateur du Vrai Journal sur Canal Plus, Karl Zéro, suit les campagnes pour l’élection présidentielle de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy. Il pioche même dans les « off » de ses interviews tutoyées et décontractées qui sont sa marque de fabrique, tandis que son compère Michel Royer fouille dans les archives télévisuelles des candidats du PS et de l’UMP depuis leurs débuts en politique. Ils en ressortent de grandes perles derrières les langues de bois et les discours bétonnés, dessinant un portrait plus humain et réaliste. Les moments savoureux, navrant ou tordant de rire en manquent pas, forcément !

DANS LA PEAU DE JACQUES CHIRAC

– 21h : Dans la peau de Jacques Chirac (Karl Zéro & Michel Royer – 2006 – 90 minutes)

Entré en politique en 1965, fondateur du RPR et de l’UMP, premier ministre de cohabitation sous François Mitterrand et président de la République de 1995 à 2007, on ne présente plus Jacques Chirac, pilier de la droite et de la politique française. On connait aussi ses affaires, son charisme, ses ridicules et ses contradictions. Karl Zéro, habitué des fausses interviews de personnalités, réalise avec l’archiviste Michel Royer un documentaire sur Chirac, entièrement composé d’images d’archives couvrant plusieurs décennies. Elles sont commentées par sa fausse voix, en réalité imitée par Didier Gustin (bien plus sobre qu’Yves Lecoq des Guignols de l’info). Cette satire est aussi hilarante que passionnante, retraçant son longs parcours politique jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir, ses échecs, ses magouilles, ses gaffes, ses adversaires ou rivaux. Malgré toutes ses erreurs et scandales, Chirac n’en demeure pas moins terriblement gaulois et donc sympathique, tandis que ce faux-documentaire donne un éclairage certain sur la politique française des années 70 à 2000. Grand succès en salle pour le genre, Dans la peau de Jacques Chirac a d’ailleurs été récompensé du César du meilleur documentaire.

4 septembre : Ciné-club Dystopie au Royaum-Uni : Les Fils de l’homme (2006) – 1984 (1984)

LES FILS DE L'HOMME

– 19h : Les Fils de l’homme (Alfonso Cuarón – 2006 – 110 minutes)

avec Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine, Claire-Hope Ashitey, Chiwetel Ejiofor, Charlie Hunnam

En 2027, cela fait dix-huit ans que l’humanité n’a pas vu de naissances. Sans avenir, la société s’effondre progressivement.

La dystopie est le contraire de l’utopie, c’est-à-dire une fiction où la société tourne mal, ayant pour but de mettre en garde le public contre les dérives de son époque réelle. Alfonso Cuarón (Y tu mamá también, Gravity) adapte un roman de P.D. James où les femmes sont devenues stériles. Sans avenir ni espoir, la société sombre alors dans les guerres, le terrorisme et les pandémies, résistant au prix d’une dictature policière, interdisant toute immigration. C’est pourtant d’une réfugiée que viendra peut-être le dernier espoir de l’humanité – un sujet qui ne nous est pas étranger… Les Fils de l’homme fait évoluer son casting de luxe (Clive Owen, Juliette Moore, Michael Caine) dans un thriller tendu et désespéré où tout s’effondre, une chasse à l’homme aux symboliques religieuses, à travers  des décors exemplaires et de multiples plans-séquences virtuoses. Le film reçoit un excellent accueil critique et de nombreuses récompenses internationales, notamment pour sa technique (photographie, direction artistique) aux BAFTA et à Venise, et trois nominations aux Oscars (dont scénario).

1984

– 21h : 1984 (Michael Radford – 1984 – 113 minutes)

avec John Hurt, Richard Burton, Suzanna Hamilton, Cyril Cusack, Gregor Fisher

En 1984, dans un régime totalitaire contrôlé par Big Brother, l’employé Winston Smith va enfreindre deux interdits : penser par lui-même et tomber amoureux.

Le roman visionnaire de George Orwell 1984 est l’un des grands classiques du XXème siècle depuis sa parution en 1949. Son concept de Big Brother, leader suprême et mystérieux du Parti et de l’Etat dont l’image est présente sur chaque télécran qui espionne toute la population jusque chez elle, est même passé dans le langage courant, et souvent brandi dans les affaires de surveillance. Si le livre a connu deux adaptations pour la télévision et une au cinéma dans les années 50-60, Michael Radford (Le Facteur, Le Marchand de Venise) entreprend d’en réaliser fidèlement un nouveau film à la date hautement symbolique éponyme, en tournant aux dates et endroits (Londres et ses environs) exacts décrits dans le livre. La direction artistique, la photographie et les décors sont glaçants de délabrement, désolation et misère, tant matérielle que psychologique. John Hurt (Elephant Man, Midnight Express) livre une interprétation décharnée et angoissée, saluée par plusieurs récompenses internationales, tandis que l’immense Robert Burton (Cléopâtre, Qui a peur de Virginia Woolf ?), pour son dernier rôle, tire sa révérence avec une prestation d’apparatchik superbe de noirceur et de cruauté, décédant peu après le tournage. L’actualité de l’œuvre à l’heure du scandale de la NSA révélé par Edward Snowden est encore totale – manifestement pour longtemps – et son impact dans la culture populaire est immense, ayant inspiré bien des films (THX 1138, Brazil, V pour Vendetta avec ironiquement John Hurt en dictateur), groupes (le concept album Diamond Dogs de David Bowie, Radiohead, Rage Against the Machine, Muse) ou jeux vidéo (Half-Life 2, Metal Gear Solid V).

8 mai : Ciné-club Sur écoute : Conversation secrète (1974) – La Vie des autres (2006)

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– 19h : Conversation secrète (Francis Ford Coppola – 1974 – 113 minutes)

avec Gene Hackman, John Cazale, Allen Garfield, Cindy Williams, Frederic Forrest, Michael Higgins, Harrison Ford, Robert Duvall, Teri Garr

Un spécialiste de l’espionnage, secret et solitaire, enregistre la conversation troublante d’un couple. Intrigué, il refuse de confier l’enregistrement à son client et tente d’en percer le secret.

Avec le succès fulgurant et inouï du Parrain, Coppola devient un réalisateur de toute première importance particulièrement scruté. Mais avant Le Parrain 2ème partie et Apocalypse Now, son nouveau projet est tout à fait sobre, puisqu’il a été entamé avant la sortie du Parrain, ayant même été écrit en 1966, année de la sortie de Blow Up d’Antonioni avec qui il partage plus d’une qualité. Coppola décrit un homme qui a force d’écoutes, d’espionnage et de discrétion professionnelle vit dans la solitude, le secret et la paranoïa, incapable de se lier ou de faire confiance à quelqu’un, un collègue ou une femme. Entre Blow Up et Blow Out, en passant par Fenêtre sur cour, Conversation secrète tente de percer le mystère d’un meurtre capturé par hasard, de forcer jusqu’à l’obsession la vérité à travers les traces et les pièges de l’apparence. Ce voyeurisme s’inscrit dans la crise politique et existentielle des Etats-Unis, entre l’assassinat de Kennedy (filmé par un amateur) et le scandale des écoutes du Watergate (avec la même technologique dans le film). La bande-son dépouillée et lancinante au piano est d’ailleurs signée David Shire, qui fera aussi la musique des Hommes du Président. On retrouve une multitude d’acteurs familiers de Coppola : Harrison Ford (Apocalypse Now), Robert Duval et John Cazale (Le Parrain), Frederic Forrest et Teri Garr (Coup de coeur). Conversation secrète a reçu la Palme d’or du Festival de Cannes et a été nommé aux Oscars du meilleur film, meilleur scénario et meilleur mixage son (heureusement !). On comprend pourquoi il reste le film préféré de Coppola et de Gene Hackman, pourtant pas étrangers aux classiques du cinéma.

 LA VIE DES AUTRES

– 21h : La Vie des autres (Florian Henckel von Donnersmarck – 2006 – 137 minutes)

avec Martina Gedeck, Ulrich Mühe, Sebastian Koch, Ulrich Tukur

Dans les années 80 à Berlin-Est, un agent de la Stasi est chargé d’espionner un dramaturge à succès et sa compagne actrice, dont le ministre de la culture est épris.

Pour son premier film, Florian Henckel von Donnersmarck fait preuve d’une impressionnante maturité d’écriture et de réalisation, en s’attaquant à un sujet on ne peut plus sensible dans l’histoire de son pays : la surveillance de masse du régime communiste d’Allemagne de l’Est de l’ensemble de la population et surtout ses individus suspects, par sa terrible police politique, la Stasi. Il a ainsi travaillé pendant quatre ans en recherches et sur le scénario, rencontrant des anciens agents ou victimes. La reconstitution est remarquable, le film ayant été tourné entièrement à Berlin, jusque dans les locaux véritables de la Stasi, une première. Mais plus que les décors, c’est l’atmosphère psychologique et l’oppression sociale qui sont récréés avec effroi. Thriller d’espionnage politique et intime passionnant, La Vie des autres montre l’horreur de la machine totalitaire déshumanisée et paranoïaque dans ses recoins quotidiens, que seuls l’art, le désir et les sentiments parviendront finalement à fendre, mais à quel prix. Les personnages sont aussi complexes et riches que les acteurs sont brillants. Le film a rencontré le succès public et critique dans le monde entier, remportant une pluie de récompenses internationales, dont les César et Oscar du meilleur film étranger.

28 février : Ciné-club Animation japonaise ’06 : Paprika (2006) – Amer Béton (2006)

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– 19h : Paprika (Satoshi Kon – 2006 – 90 minutes)

avec les voix de Megumi Hayashibara, Toru Emori, Katsunosuke Hori, Toru Furuya

Une machine a été inventée pour rentrer dans les rêves des patients et les enregistrer, à des fins psychothérapeutiques. Mais un prototype a été volé…

Satoshi Kon est un des réalisateurs d’animation japonaise les plus réputés avec Katsuhiro Otomo (Akira) ou Mamoru Oshii (Ghost In The Shell), signant des films bien plus adultes et sombres que le Studio Ghibli d’Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Son premier long-métrage, Perfect Blue (1997), abordait déjà les thèmes de confusion entre réalité et illusion et de personnalités multiples. Neuf ans plus tard, Kon les retrouve avec à une machine permettant d’explorer les rêves et de les manipuler, en adaptant un roman de science-fiction de Yasutaka Tsutsui. L’univers narratif et visuel est riche et sans limite, surréaliste et psychédélique, à travers un polar labyrinthique mêlant animation traditionnelle et numérique. Présenté à la Mostra de Venise en sélection officielle, Paprika a reçu de nombreux prix dans le monde entier. C’est aussi une influence évidente et avouée de Christopher Nolan pour Inception (2010), thriller onirique similaire. Malheureusement, ce sera le dernier long-métrage de Satoshi Kon, disparu trop tôt à 46 ans suite à un cancer.

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– 21h : Amer Béton (Michael Arias & Hiroaki Ando – 2006 – 110 minutes)

avec les voix de Kazunari Ninomiya, Yu Aoi, Min Tanaka, Yusuke Iseya, Masahiro Motoki

L’arrivée de yakuzas qui veulent contrôler un quartier va modifier la vie de deux orphelins, qui vont chercher à le défendre.

Adapté d’un manga de Taiyo Matsumoto, Amer Béton est un film d’animation japonaise tout à fait hors-normes, fruit de quarante mois de travail. D’abord il est réalisé par un occidental, Michael Arias (une première pour le genre ! Hiroaki Ando ne s’occupant que de la réalisation technique), qui avait déjà produit Animatrix (collection de courts-métrages d’animation autour de Matrix) et qui projetait cette adaptation pendant des années. De plus son graphisme et son ambiance sont bien plus proches du roman graphique et du film d’auteur que des anime d’action ou des contes grands publics auxquels l’animation japonaise donne l’habitude. Alliant diverses techniques d’animation (dessin, 3D, pastel, etc.), le film est une prouesse technique impressionnante, à commencer par ses décors urbains. Quasiment personnage à part entière du film (et un des thèmes centraux), cette jungle architecturale en décrépitude accumule des figures hétérogènes allant du street-art aux statues religieuses orientales. La musique alterne hip-hop et atmosphérique, composée par le groupe électronique anglais Plaid (qui a travaillé avec Portishead ou Bjork). Amer Béton est enfin une histoire d’amitié fusionnelle et poétique entre deux orphelins qui se sont construits l’un par rapport à l’autre, comme le yin et le yang. Présenté à plusieurs festivals (dont la Berlinale), ce film audacieux et inclassable a été salué par la critique.

6 décembre : Ciné-club dictateur : Le Dictateur (1940) – Le Dernier Roi d’Ecosse (2006)

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– 19h : Le Dictateur (Charles Chaplin – 1940 – 120 minutes)

avec Charles Chaplin, Paulette Goddard, Jack Oakie, Reginald Gardiner, Henry Daniell, Billy Gilbert

Un barbier juif de Tomanie blessé pendant la Première Guerre mondiale passe vingt ans à l’hôpital. A sa sortie, il ignore que la Tomanie est dirigée par un dictateur antisémite.

Le hasard a fait naître Charles Chaplin et Adolf Hitler en novembre 1889, et bien sûr tout les sépare. L’un prône la tolérance et la défense des exclus, quand l’autre les attaque. Pour son premier film parlant, Chaplin interprète rien de moins qu’une parodie du Führer ! La portée politique et historique de cette satire du nazisme est sans équivalent. Tourné quelques jours après l’invasion de la Pologne par l’Allemagne, Le Dictateur sort alors que les Etats-Unis, isolationnistes, ne sont pas encore engagés dans la Seconde Guerre mondiale. Il est pourtant accueilli tièdement, tant par les diplomates que par les critiques, qui y voient un appel à s’engager dans la guerre, et donc contraire aux intérêts américains d’alors. Si le film est le plus grand succès commercial de Chaplin, il ne remporta aucun Oscar, malgré ses cinq nominations (dont meilleur film, scénario et acteur). Interdit en Allemagne bien sûr, il ne sort en France qu’en 1945, devant un public gêné et éprouvé par les dures années de la guerre. Mais passé tout cela, Le Dictateur est entré au panthéon de l’histoire du cinéma, comme un des films les plus drôles, courageux et humanistes jamais tournés. Enfin Hitler lui-même aurait acquis une copie du film, qu’il se serait fait projeter en privé à deux reprises ; Chaplin a déclaré qu’il aurait donné n’importe quoi pour connaître sa réaction.

 LE DERNIER ROI D'ECOSSE

– 21h : Le Dernier Roi d’Ecosse (Kevin Macdonald – 2006 – 124 minutes)

avec Forest Whitaker, James McAvoy, Gillian Anderson, Kerry Washington, David Oyelowo, Simon McBurney

En 1971, un jeune médecin écossais qui travaille en Ouganda rencontre par hasard Idi Amin Dada, qui vient de prendre le pouvoir, et qui lui propose de devenir son médecin personnel.

Petit-fils de Emeric Pressburger (acolyte de Michael Powell et scénariste des Chaussons Rouges ou Colonel Blimp), Kevin Macdonald était surtout connu pour ses films documentaires (dont plus tard Marley). Après un film sur une histoire vraie d’alpinisme tragique (La Mort suspendue), il s’est attaqué à un autre sujet authentique, plus historique cette fois-ci : le dictateur mégalomaniaque d’Ougandan dans les années 70 Idi Amin Dada. Derrière ses frasques excentriques (dont le titre honorifique de Roi d’Ecosse qu’il s’était attribué) se cache un des plus sordides et sanglants régimes du XXème siècle, responsable de 300 000 morts. Forest Whitaker (déjà excellent dans Ghost Dog) réalise une performance d’acteur plus vraie que nature, récompensée par un Oscar et un Golden Globe. Il montre bien toute l’ambivalence et l’ambiguïté du personnage : charismatique et fascinant bien sûr, mais aussi paranoïaque et dangereux. La belle idée du film (adapté d’un livre) est de nous le montrer à travers la relation privilégiée et innocente qu’il avait tissée avec le personnage fictif d’un jeune médecin écossais, joué par James McAvoy (X-Men : Le Commencement). On retrouve aussi en rôle secondaire Gillian Anderson (Scully dans la X Files). Le Dernier Roi d’Ecosse est un portrait passionnant des coulisses et du magnétisme du pouvoir, jusqu’à la folie.

Ciné-club Superman par Richard Donner : Superman : le film (1978) – Superman II : the Richard Donner Cut (1980/2006)

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– 19h : Superman : le film (Richard Donner – 1978 – 152 minutes)

avec Christopher Reeve, Marlon, Brando, Gene Hackman, Margot Kidder, Ned Beatty, Jackie Cooper, Glenn Ford, Trevor Howard, Valerie Perrine

Un jeune rescapé de la planète Krypton est envoyé sur Terre où il grandit. Journaliste en apparence, il est en fait doté de superpouvoirs avec lesquels il fait régner la justice en tant que Superman.

Superman est sans doute le héros de comic le plus connu dans le monde. Edité par DC Comics (comme Batman) à partir de 1938, il est le fer de lance du genre super-héros, si caractéristique de la bande-dessinée et de la culture américaines. Ses aventures ont été transposées à la radio (1940), en roman (1942), en dessin animé (1941-1942), en serial (série au cinéma, avant la télévision en 1948 et 1950), en comédie musicale (1966). Sa seule apparition au cinéma, Superman et les Nains de l’enfer (1951), était surtout une rampe de lancement pour une série télévisée (1952-1958). Il faut donc attendre 1978 pour une véritable superproduction, dont le budget et les effets spéciaux fassent honneur aux pouvoirs du héros en collant bleu à cape et bottes rouges. Avec un scénario de Mario Puzo (Le Parrain), le film retrace l’essentiel de la vie de Superman : depuis Krypton avec ses parents véritables, puis à Smallville avec ses parents adoptifs, et surtout à Metropolis sous l’apparence de Clark Kent, journaliste au Daily Planet avec Lois Lane, et bien sûr les exploits de Superman pour régner l’ordre et la justice. Le casting se pare de la megastar Marlon Brando (Le Parrain) pour jouer son véritable père, de Glenn Ford (Gilda) pour son père adoptif, de Gene Hackman (French Connection) pour Lux Luthor, le pire ennemi du héros. Christopher Reeve reste sans doute encore aujourd’hui l’incarnation la plus iconique et définitive du personnage. Avec son savoir-faire sans égal, Richard Donner (L’Arme Fatale, Maverick) signe ici un classique du blockbuster, innocent et populaire. Superman : le film, avec ses effets spéciaux qui faisaient croire sans ordinateur qu’un homme pouvait voler, a été un immense succès commercial (300 millions de dollars), qui a relancé la franchise au cinéma avec trois suites.

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– 21h30 : Superman II : the Richard Donner Cut (Richard Donner – 1980/2006 – 116 minutes)

avec Christopher Reeve, Margot Kidder, Gene Hackman, Marlon Brando, Jackie Cooper, Terence Stamp, Sarah Douglas, Jack O’Halloran

Superman doit affronter trois criminels de Krypton qui sont parvenus à s’échapper et veulent prendre le contrôle de la Terre.

Lors du tournage de Superman : le film, Richard Donner tournait en même temps la suite, puisque les deux films étaient censés constituer deux chapitres d’une même histoire. Mais les retards de production obligèrent à se concentrer sur le premier film qu’il fallait terminer avant tout pour sa date de sortie prévue. Par ailleurs, les tensions et les désaccords avec les producteurs furent tels que malgré le triomphe du premier film, ils décidèrent de ne pas reconduire Richard Donner pour le second, bien qu’il ait déjà été tournée à 75 %. Richard Lester (A Hard Day’s Night et Help! avec les Beatles) retourne donc la plupart des scènes, en donnant une tournure plus humoristique au film. Marlon Brando intente un procès et exige que ses scènes déjà tournées avec Donner ne soient pas intégrées au nouveau film – il en gagne beaucoup d’argent, tandis que la continuité scénaristique du film en est altérée. Le résultat sort sous le nom de Superman II : l’aventure continue en 1980, avec des avis mitigés. Des années plus tard, la pression des fans sur internet pousse la Warner à produire un nouveau montage de Superman II à partir des rushes tournés par Donner, comblant les trous par des scènes tournées en 1980 par Richard Lester. C’est ainsi que sort en 2006 Superman II : the Richard Donner cut, plus cohérent et sérieux. Il s’attarde plus particulièrement sur la relation de Lois Lane avec Clark Kent et Superman, tandis que les scènes tournées avec Marlon Brando peuvent être utilisées. Quoi qu’il en soit, Richard Lester a tout de même tourné en 1983 Superman III (qui a entamé le déclin de la franchise, dont le fond est touché avec Superman IV), et Richard Donner a continué sa carrière aux sommets du box-office avec Les Goonies (1985) et la série L’Arme Fatale (1987-1998).

Ciné-club Kirsten Dunst : Virgin Suicides (1999) – Marie-Antoinette (2006)

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– 19 : Virgin Suicides (Sofia Coppola – 1999 – 97 minutes)

avec Kirsten Dunst, James Wood, Kathleen Turner, Josh Hartnett, Scott Glenn, Michael Paré, Danny DeVito

Dans les années 70, des adolescents d’une petite ville américaine bourgeoise sont obsédés par les cinq sœurs mystérieuses d’une famille, dont l’une a fait une tentative de suicide.

Pour son premier long-métrage, la jeune fille du réalisateur culte Francis Ford Coppola, Sofia, adapte un roman de Jeffrey Eugenides paru en 1995. Cependant les droits étaient déjà vendus, mais elle continua quand même d’en écrire son scénario, qui était si réussi que les ayants-droits acceptèrent finalement de les lui céder, et son père décida de produire le film, avec sa société American Zoetrope. Virgin Suicides est ainsi une affaire de famille, car le frère de Sofia, Roman, est assistant-réalisateur, et deux de ses cousins sont au casting. Le film est une reconstruction nostalgique en mosaïque des souvenirs de jeunes garçons voyeurs fantasmant sur des filles parfaites, qui mettront pourtant fin inexplicablement à leurs jours. Mêmes adultes ils n’ont ni oubliés ces évènements ni percé leur mystère. C’est toute l’ambivalence et l’incompréhension propre à la période de l’adolescence qui sont recréées à travers cette histoire, riche de premières et dernières fois. James Wood et Kathleen Turner jouent admirablement des parents autoritaires, puritains et étouffants, impuissants à voir venir le drame familial auquel ils ont contribué. La bande-son est signée par le groupe français electro-pop Air, qui participe à l’atmosphère de rêverie et de mélancolie et eut un grand succès en CD. On retrouve aussi des artistes des années 70 comme Sloan, Heart, Todd Rundgren, Electric Light Orchestra, Carole King, 10cc ou les Bee Gees, le tout redessinant une époque FM, sentimentale et à moitié kitsch musicalement. Virgin Suicides a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes, a obtenu un beau succès critique pour un premier film qui tire vers le haut le film de teenagers, et a lancé sa carrière de réalisatrice.

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– 21h : Marie-Antoinette (Sofia Coppola – 2006 – 122 minutes)

avec Kirsten Dunst, Jason Schwartzman, Judy Davis, Rip Torn, Asia Argento, Rose Byrne, Molly Shannon, Shirley Henderson, Danny Huston, Steeve Coogan, Marianne Faithfull, Aurore Clément

La vie de Marie-Antoinette, de son départ d’Autriche à sa vie à Versailles, comme dauphine puis reine de France, jusqu’à la Révolution française.

Sept ans après Virgin Suicides, Sofia Coppola retrouve Kirsten Dunst pour jouer le rôle de la reine Marie-Antoinette – ce qui lui va bien, puisque le père de l’actrice est allemand (et qu’elle a depuis obtenu la nationalité allemande). Adapté du livre d’Antonia Fraser, Marie-Antoinette est une biographie libre et iconoclaste, entièrement tournée et France, notamment au château de Versailles. En effet, loin d’être un lourd et poussiéreux compte-rendu des événements historiques menant à la Révolution française comme tant d’autres, le film s’attache plutôt à raconter la vie privée et les émotions de la jeune autrichienne confrontée à l’ahurissante étiquette de la cours de Versailles, les relations conjugales difficiles avec le gauche et impuissant Louis XVI (Jason Schwartzman, cousin de Sofia), les intrigues de cours avec notamment la favorite du roi Louis XV (Rip Torn, après le refus d’Alain Delon de porter une perruque !), la comtesse du Barry (jouée par Asia Argento). A la place des poncifs habituels de statue de cire, la personnalité de la reine est dépeinte avec des comportements et affects contemporains, tel un personnage d’aujourd’hui, comme dans ses folies dépensières pour tromper son ennui, sa retraite au Trianon pour fuir l’étouffant Versailles ou sa liaison avec le compte de Fersen pour palier son mariage décevant. On retrouve ainsi les thèmes chers de la réalisatrice : malaise existentiel dans un monde où on ne trouve pas sa place, passage difficile de l’adolescence à l’âge adulte, fuite de la réalité dans la rêverie et les fantasmes, constellation de rumeurs et ragots, mosaïque voyeuriste et indicible de l’intime. L’anachronisme est volontaire et assumé avec une bande-son post-punk et new wave, composée de chansons de Siouxsie & the Banshees, New Order, The Cure, Adam and the Ants, Gang of Four, Bow Wow Wow ou les Strokes. Enfin, les teintes pastel et vives comme des bonbons des décors et costumes parachèvent d’en faire une lecture moderne et personnelle. Marie-Antoinette a eu un retentissement mondial, a été présenté en compétition au Festival de Cannes, et a contribué à faire de Kirsten Dunst une actrice de premier plan.

En bonus sera projeté le court-métrage de Sofia Coppola, Lick the star (1998 – 14 minutes), tournant aussi sur l’adolescence.

Ciné-club Coupe du Monde de football : Zidane, un portrait du XXIème siècle (2006) – Finale Allemagne / Argentine

ZIDANE UN PORTRAIT DU 21E SIECLE

– 19h : Zidane, un portrait du XXIème siècle (Douglas Gordon, Philippe Parreno – 2006 – 91 minutes)

Zidane, un portrait du XXIème siècle n’est pas un documentaire sur Zinedine Zidane, sa carrière et ses performances. C’est à la fois moins et plus que cela : c’est plutôt un film d’art contemporain sur une icône sportive, réalisé par deux plasticiens, Douglas Gordon et Philippe Parreno. Il a été tourné le 23 avril 2005 lors d’un match du Real Madrid (où Zidane tenait le numéro 5) contre Villareal au stade Santiago Bernabeu de Madrid avec pas moins de 17 caméras HD, qui ont intégralement et exclusivement suivi la performance du footballeur, le faisant rentrer dans une abstraction athlétique et esthétique. Car le film ne s’attache finalement que peu au match en lui-même : on voit Zidane attendre, courir, dribbler, frapper la balle, tomber, mais les actions des autres joueurs nous sont quasiment inconnues. Le tout est débarrassé des habituels commentaires télévisuels, et l’on se retrouve plongé dans le silence et la solitude du sport, ponctués des bruits de pelouse, de crampons ou de la foule du stade, et surtout par la discrète et atmosphérique bande-son de Mogwai, composée spécialement pour le film. Par moments des réflexions de Zidane s’inscrivent à l’écran, mais le mystère reste entier : le footballeur demeure aussi expressif qu’insondable. A la mi-temps, des images d’actualité du jour l’inscrivent cependant dans son siècle et justifient le titre du film – on y voit le cadavre d’un enfant en Irak avec le maillot du joueur. Paradoxal et transversal, Zidane, un portrait du XXIème siècle décevra les fans primaires de foot n’y trouvant pas de spectacle, tandis qu’il intriguera les étrangers du sport qui se retrouveront plongés dans une expérience de déconstruction immersive, originale et unique, que seule une légende comme Zidane pouvait générer.

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– 21h : Finale de la Coupe du Monde : Allemagne / Argentine