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11 décembre : Ciné-club Chine impériale par Tsui Hark : Détective Dee : le mystère de la flamme fantôme (2010) – Détective Dee 2 : la légende du dragon des mers (2014)

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– 19h : Détective Dee : le mystère de la flamme fantôme (Tsui Hark – 2010 – 123 minutes)

avec Andy Lau, Carina Lau, Li Bingbing, Tony Leung Ka-fai, Deng Chao, Richard Ng, Teddy Robin, Yao Lu, Liu Jinshan

En 690, alors que Wu Zetian s’apprête à devenir la première impératrice de Chine, des morts mystérieuses par combustion spontanée compromettent sa cérémonie de couronnement. Elle libère alors le juge Dee de prison pour le charger de l’enquête.

Le juge Di Renjie est un personnage historique (deux fois chancelier de l’impératrice), devenu héros de romans policiers chinois, et réapparu au dans les années 1950 sous la plume du diplomate et orientaliste néerlandais Robert van Gulik pendant seize romans. Au bout de dix ans de travail sur le scénario original (n’adaptant aucun livre), sa transposition au cinéma est réalisée par le maître Tsui Hark (Il était une fois en Chine qui révéla Jet Li), spécialiste hongkongais des films d’arts martiaux et de sabres sous la Chine impériale (genre appelé « wu xia pian ») aussi incontournable dans son pays que John Woo ou Wong Kar-wai. Il nous gratifie comme à son habitude des chorégraphies spectaculaires et irréalistes comme le veut le genre, avec des acteurs reliés par câbles. Détective Dee : le mystère de la flamme fantôme est une superproduction qui ne se refuse rien, et ça se voit : dix mois de travail sur les croquis du bouddha géant, deux ans de tournage, six mille figurants, cinq mille costumes créés par John Galiano et Alexander McQueen, des milliers de litres d’eau pour le décor du marché fantôme et un budget effet spéciaux visuels musclé. Il mélange les genres à foison, passant du suspense au polar, du film d’horreur au film catastrophe, avec beaucoup d’action sophistiquée au milieu, dans une atmosphère oscillant entre le réalisme et le fantastique. De Sherlock Holmes au kung-fu, Detective Dee dépoussière le film historique avec ses personnages fouillés et ses intrigues folkloriques et politiques, et donne un nouvel essor au wu xia pian.

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– 21h : Détective Dee 2 : la légende du dragon des mers (Tsui Hark – 2014 – 134 minutes)

avec Mark Chao, Feng Shaofeng, Lin Gengxin, Bum Kim, Angelababy, Carina Lau, Chen Kun, Dong Hu

Des navires allant aider un allié de la Chine sont attaqués par un mystérieux monstre marin.  Le jeune juge Dee va se retrouver à mener l’enquête sur ce qui ressemble à un complot.

Après l’immense succès de Détective Dee, la décision est prise de lui offrir non plus une suite mais une préquelle. Du coup le budget se trouve multiplié, ce qui permet de construire encore plus de décors somptueux (une soixantaine !) et des effets spéciaux numériques encore plus marqués (trop ?), rendant le film encore plus spectaculaire et vertigineux comme les plus imposants blockbusters américains, en plus exotique et décomplexé. Les acteurs manient de véritables armes, et les combats acrobatiques et virevoltants aux chorégraphies virtuoses sont marqués du sceau des quatre éléments, terre, mer (sur navire ou sous l’eau), air (contre une paroi) et feu. Détective Dee 2 : la légende du dragon des mers est plus porté sur l’aventure avec  son scénarios à tiroirs, ses rebondissements gargantuesques et ses changements de lieux variés, mais les intrigues policières, politiques, historiques et folkloriques frôlant le fantastique font toujours partie de la signature de la saga, avec moins de réalisme mais un peu d’humour.

29 mai : Ciné-club Action par Andrew Davis : Sale temps pour un flic (1985) – Piège en haute mer (1992)

SALE TEMPS POUR UN FLIC

– 19h : Sale temps pour un flic (Andrew Davis – 1985 – 100 minutes)

avec Chuck Norris, Henry Silva, Ron Henriquez, Bert Remsen, Mike Genovese, Nathan Davis, Ralph Foody

Un policier de Chicago se retrouve en pleine guerre de gangs de trafiquants de drogue, tandis qu’il tente de briser la loi du silence qui gangrène son service.

Révélé face à Bruce Lee dans La Fureur du dragon (1972) alors qu’il est champion du monde de karaté, Chuck Norris est poussé par Steve McQueen (qui fréquente son école de karaté) à prendre des cours d’art dramatique. Il devient alors progressivement la star des films d’action avec Dent pour dent, Œil pour œil ou Portés disparus, et déjà le héros monolithique, impassible et surpuissant que l’on connait. Sale temps pour un flic passe justement pour un de ses meilleurs films, parce qu’il est plus sobre et moins explosif que les précédents, étant plutôt un thriller policier, à l’ambiance urbaine et à la bande son typiquement eighties, qu’un film d’arts martiaux auquel son public était habitué. Ainsi, Norris doit régler à la fois la guerre des gangs dans sa ville et la loi du silence qui protège les policiers malhonnêtes de son service. Le scénario était d’ailleurs initialement celui de L’Inspecteur Harry IV, avant d’être remplacé. Mais qu’on se rassure, Norris distribue son quota de coups et de balles réglementaire. Il sera même aidé par robot à quatre roues téléguidé et surarmé, Prowler !

PIEGE EN HAUTE MER

– 21h : Piège en haute mer (Andrew Davis – 1992 – 103 minutes)

avec Steven Seagal, Tommy Lee Jones, Gary Busey, Erika Eleniak, Colm Meaney, Patrick O’Neal

Un bateau militaire américain muni de missiles nucléaires est pris en otage par le commando d’un ancien agent de la CIA. C’est sans compter sur son redoutable cuisinier…

Septième dan d’aïkido et premier étranger responsable d’un dojo au Japon, Steven Seagal se lance à Hollywood comme responsable de combats et de cascades (le James Bond de Jamais plus jamais). Son premier film, Nico (1988), avec Sharon Stone, devant la caméra d’Andrew Davis, est un déjà un succès. Trois films plus tard, il retrouve Davis pour ce qui va devenir son meilleur film, Piège en haute mer. L’ambition est de faire un Piège de cristal sur mer, une prise d’otage géante en milieu clos où seul un individu oublié va renverser tous les plans prévus, un cuisinier aussi doué pour la bouillabaisse que pour le maniement d’explosifs. Ce film d’action à gros budget, s’il n’évite pas quelques clichés propres au genre (mais qui se savourent très bien au second degré), est magistralement orchestré et rythmé. C’est le plus grand succès public et critique de Steven Seagal (il est même nominé aux Oscars du meilleur son et montage sonore !), et il fait de lui une des grandes stars des arts martiaux et du cinéma musclé, aux côtés de Stallone, Schwarzenegger, Willis et Norris. Il révèle par la même occasion au grand public Tommy Lee Jones, troublant sosie de Philippe Manoeuvre, déjà repéré dans JFK d’Oliver Stone et après avoir galéré pendant vingt ans dans le métier. Le film connaitra une suite, Piège à grande vitesse, lui aussi un succès. Cependant la carrière de Seagal va rapidement décliner, se spécialisant en nanar fauché sortant directement en vidéo ou en télé-réalité policière, avant de revenir en forme dans Machete et de se lancer dans la musique blues.

5 avril 2015 : Ciné-club chasse à l’homme

CHASSE A L'HOMME

– 19h : Chasse à l’homme (John Woo – 1993 – 99 minutes)

avec Jean-Claude Van Damme, Lance Henriksen, Yancy Butley, Arnold Vosloo, Wilford Brimley, Kasi Lemmons

Un mercenaire recrute des anciens militaires sans abri pour les faire participer comme proie à des chasses à l’homme.

Librement adapté du classique La Chasse du comte Zaroff (1932), Chasse à l’homme réunit deux icônes exilées du film d’action : John Woo, qui livre ici son premier film américain après une filmographie culte à Hong Kong (Le Syndicat du crime, Une Balle dans la tête, The Killer), et Jean-Claude Van Damme, ancien champion belge de karaté et étoile montante musclée d’Hollywood (Kickboxer, Double impact, Universal Soldier). Entièrement tourné à la Nouvelle-Orléans, le film décline ainsi les marques de fabrique du maniériste hongkongais (certes bridé par les producteurs américains) : ralentis, colombes, pyrotechnies et gunfights, parmi des scènes de motos ou à cheval. Une série B de luxe, testostéronée et un brin nanarde donc jouissive, nommée aux Saturn Awards (meilleur film, réalisateur et musique), qui annonce des succès futurs dans les filmographie du réalisateur (Broken Arrow, Volte-face, Mission Impossible II) et de l’acteur (Timecop et Mort subite de Peter Hyams, ainsi que Double Team et Piège à Hong Kong du grand Tsui Hark).

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– 21h : The Game (David Fincher – 1997 – 128 minutes)

avec Michael Douglas, Sean Penn, James Rebhorn, Deborah Kara Unger, Peter Donat, Carroll Baker

Un richissime homme d’affaire se voit offrir par son jeune frère turbulent la participation à un mystérieux jeu dont les règles lui échappent.

Après le succès de Seven (1995), David Fincher (Alien 3) s’attaque à son troisième film, toujours un thriller, cette fois-ci porté par Michael Douglas (A la poursuite du diamant vert, Basic Instinct). Tourné à San Francisco, The Game expose un jeu énigmatique qui brouille la frontière avec la réalité, qui plonge le joueur (et le spectateur) dans un labyrinthe paranoïaque et diabolique truffé de fausses pistes. Plus subtilement, la vie dépassionnée et ennuyeuse du financier (clin d’œil à Wall Street pour lequel Douglas remporta l’Oscar) Nicholas Van Orton, hanté par le suicide de son père à son âge, va connaître un bouleversement sans précédent lui faisant perdre son confort, sa puissance et ses certitudes, et (comme dans son film suivant, Fight Club) cet élément perturbateur va lui permettra de se redéfinir, de se sentir plus vivant et réel. Difficile d’approfondir sans dévoiler les secrets de la manipulation, mais ajoutons simplement que le twist final de The Game est un des plus radicaux et bluffant !

Ciné-club Action 80’s avec Brigitte Nielsen : Kalidor (1985) – Cobra (1986)

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– 19h : Kalidor, la légende du talisman (Richard Fleischer – 1985 – 89 minutes)

avec Brigitte Nielsen, Arnold Schwarzenegger, Sandahl Bergman, Paul Smith, Ronald Lacey, Pat Roach, Janet Agren

Sonja cherche à se venger de la reine Gedren qui a tué ses parents et qui essaie de s’emparer d’un talisman aux pouvoirs immenses.

Conan le Barbare est une série de nouvelles et de romans écrits par Robert E. Howard en 1932 devenue un classique de l’heroic fantasy (qu’il contribua à populariser), adaptée en comics (chez Marvel), puis en film en 1982 (par John Milius, qui révéla Arnold Schwarzenegger). Suite au succès en salle, le prestigieux Richard Fleischer (Les Inconnus dans la ville, Les Vikings, L’Etrangleur de Boston, Soleil vert) en réalisa la suite, Conan le Destructeur (1984). Le producteur de la série au cinéma, Dino De Laurentiis (La Strada, Barbarella, Flash Gordon) décide d’adapter une autre héroïne de l’univers d’Howard, Red Sonja, avec la sculpturale mannequin danoise d’1m84 Brigitte Nielsen, pour son premier rôle au cinéma. Pour des raisons de droits, le personnage de Conan ne put être réutilisé (alors qu’il croise souvent Red Sonja dans les romans et comics), mais Arnold Schwarzenegger (sous contrat avec De Laurentiis) tient le même rôle de barbare musclé (Kalidor), ce qui donnera lieu abusivement lieu à une mise en avant de son personnage sur l’affiche et dans la promotion de film (alors que ce n’est pas le héros), la France allant même jusqu’à traduire le titre original (Red Sonja) en Kalidor ! Tourné en Italie, le film a deux italiens prestigieux dans sa production : Ennio Morricone à la bande son (compositeur culte des westerns de Sergio Leone, parmi cinq cent autres films) et Danilo Donati aux décors (décorateur de Fellini ou Pasolini). Au final, Kalidor est une bonne petite série B d’heroic fantasy à la limite du kitsch avec une touche d’humour, dans l’esprit des productions de De Laurentiis qui sait toujours très bien s’entourer.

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– 21h : Cobra (George P. Cosmatos – 1986 – 87 minutes)

avec Sylvester Stallone, Brigitte Nielsen, Reni Santoni, Brian Thompson, Andrew Robinson, Art LaFleur, Lee Garlington, Val Avery

Le lieutenant Marion Cobretti, surnommé Cobra, enquête sur un tueur en série qui agit pour une mystérieuse organisation qui prône un « nouvel ordre ».

Après l’immense succès commercial de Rambo II : la mission (1985), George P. Cosmatos et Sylvester Stallone (Rocky) se retrouvent pour un nouveau film d’action musclé et pyrotechnique. Stallone ne fait pas qu’incarner un flic à Ray-Ban aux méthodes expéditives et explosives, il en est aussi le scénariste ! Il s’offre aussi le luxe de tourner avec sa récente femme, Brigitte Nielsen, qui avait déjà joué avec lui dans Rocky IV (1985). Se sentant décidément chez lui sur le tournage, il n’hésite pas non plus à conduire sa propre Mercedes Mercury personnelle pour le film ! Il faut noter que par peur du raz de marée commercial de Top Gun, Cobra subit au dernier moment une coupe de près de quarante minutes (évidemment les scènes sans Stallone !) afin d’augmenter le nombre de projections par jour dans les salles – ce qui fait disparaître évidemment des pans entiers du scénario. Une coupe finalement peu justifiée car même si son score au box-office est plus modeste que Rocky IV ou Rambo II (300 millions de dollars chacun), Cobra récolte tout de même 60 millions de dollars (sur un budget de 25 millions). Cobra a été nominé à six Razzie Awards (l’opposé des Oscars qui récompensent le pire !), dont pires acteurs pour Stallone, Nielsen et Brian Thompson, pire photographie et bien sûr pire scénario pour Stallone ! Néanmoins le pire devient souvent le meilleur au second degré, ce qui fait de Cobra un nanar bourrin typiquement eighties tout à fait jouissif et devenu culte !