Archives du mot-clé Alain Delon

30 avril 2017 : Ciné-club Le Guépard (1963)

LE GUEPARD

– 19h : Le Guépard (Luchino Visconti – 1963 – 184 minutes)

avec Burt Lancaster, Alain Delon, Claudia Cardinale, Paolo Stoppa, Serge Reggiani, Rina Morelli, Romolo Valli, Terence Hill, Pierre Clémenti

Pendant la campagne d’unification italienne menée par les troupes de Garibaldi en Sicile, le prince Salina observe les bouleversements et le déclin de son époque, tandis qu’il arrange le mariage de son neveu Tancrède avec Angelica, la fille d’un propriétaire foncier.

L’unique roman de Lampedusa est paru en 1958, un an après sa mort, et devient un évènement littéraire en Italie. Il est rapidement adapté quatre ans plus tard par Luchino Visconti, dont le précédent film a triomphé à la Mostra de Venise, Rocco et ses frères, déjà avec Alain Delon et Claudia Cardinale. Le cowboy hollywoodien Burt Lancaster (Vera Cruz) est imposé par la production, mais incarne parfaitement le prince Salina. Fresque historique sublime et monumentale, Le Guépard a nécessité sept mois de tournage (dont un entier pour la séquence du bal, qui dure quarante-cinq minutes), cent cinquante décorateurs, cent quarante maquilleurs et coiffeurs, cinquante fleuristes. La Sicile de 1860 est ainsi recréée dans ses moindres détails pour un coût astronomique, et l’esthétique décadente et minutieuse de Visconti explose spectaculairement à l’écran. Il filme une aristocratie à l’agonie, la disparition d’un monde et l’émergence d’un nouveau, avec son lot de désillusion et de mélancolie. Le réalisateur communiste montre ainsi comment toute poussée du monde vers le neuf se retrouve pliée par les règles du vieux, résumé par la fameuse formule « pour que rien ne change, il faut que tout change ». Brillant de mille feux, ce chef d’œuvre absolu du cinéma a été couronné de la Palme d’or du Festival de Cannes. Visconti retrouvera Cardinale dans Sandra (1965) et Lancaster dans Violence et passion (1974).

13 décembre : Ciné-club triangle amoureux avec Romy Schneider : César et Rosalie (1972) – La Piscine (1969)

CESARETROSALIE

– 19h : César et Rosalie (Claude Sautet – 1972 – 111 minutes)

avec Yves Montand, Romy Schneider, Samy Frey, Bernard Le Coq, Isabelle Huppert

Rosalie vit avec César, un riche beau-parleur. Mais son amour de jeunesse David réapparait. Une étrange rivalité amicale s’installe entre les deux hommes.

Malgré un scénario écrit dès 1964, César et Rosalie mit des années à être produit, car trop osé pour l’époque : une femme aime deux hommes, sans être pour autant une garce. Catherine Deneuve tardant à donner sa réponse, Claude Sautet propose à nouveau le rôle féminin principal à Romy Schneider, avec qui il vient de tourner Les Choses de la vie et Max et les Ferrailleurs, deux classiques du cinéma français. César et Rosalie en sera un autre. Une complicité magique unit les trois acteurs du film : Yves Montant est un irrésistible beau parleur superficiel et prétentieux, tellement drôle et attachant ; Samy Frey est son exact opposé, artiste, doux et réservé ; Schneider est rayonnante de vie et de naturel dans un de ses plus beaux rôles. Sautet filme avec une justesse désarmante la comédie humaine française des années 70, ses classes sociales, ses désirs amoureux, ses hésitations et choix impossibles, jusqu’aux faiblesses masculines les plus intimes et les plus justes. Avec ses rebondissements imprévisibles, César et Rosalie est débordant d’humour et de vitalité, sans occulter la vérité dramatique.

 MovieCovers-83042-196360-LA PISCINE

– 21h : La Piscine (Jacques Deray – 1969 – 120 minutes)

avec Alain Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet, Jane Birkin, Paul Crauchet

Jean-Paul et Marianne passe leur été dans une superbe villa avec piscine à côté de Saint-Tropez. Mais ils sont rejoints par hasard par Harry, l’ancien amant de Marianne à qui tout réussit, et sa ravissante fille Pénélope, qui sort de l’adolescence.

Alain Delon était devenu une star en 1960 dans Plein Soleil de René Clément, volant la vedette à Maurice Ronet. Huit ans plus tard, ce fameux duo rempli de fascination et de rivalité virile est à nouveau réuni par Jacques Deray (avec qui Delon tournera neuf fois) dans La Piscine. Delon retrouve une autre partenaire qui a compté dans sa vie : Romy Schneider, qu’il connait bien tant au cinéma (ils ont tourné cinq fois ensemble) qu’à la ville (par le passé ils ont été un couple médiatisé pendant cinq ans). Leurs retrouvailles et leur éloignement progressif à l’écran n’en ont que plus de saveur. Le film partage avec Plein Soleil le cadre aisé et insouciant de la Méditerranée, la lumière estivale chaude et éternelle, ainsi que cette tension de jalousie, non-dits et suspicions permanentes aux conséquences funestes, remarquablement contrebalancée par la bande originale insouciante de Michel Legrand. Grâce à l’insistance de Delon pour qu’elle joue dans le film, Schneider relança sa carrière, laissant derrière le glamour des Sisi et devenant une des grandes actrices mûres et libérées des années 70. La jeune et fraîche Jane Birkin (Blow Up d’Antonioni) vient de débuter sa carrière française, quelques jours après la fin du tournage de Slogan où elle a rencontré son compagnon Serge Gainsbourg. La Piscine eut beaucoup de succès à sa sortie, et ce drame psychologique autour de la jalousie est rapidement devenu un classique du cinéma français, porté par un casting de légendes.

27 septembre : Ciné-club polar avec Jean Gabin et Alain Delon : Mélodie en sous-sol (1963) – Le Clan des Siciliens (1969)

MELODIE EN SOUS SOL

– 19h : Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil – 1962 – 121 minutes)

avec Jean Gabin, Alain Delon, Maurice Biraud, Vivianne Romance, Carla Marlier

A sa sortie de prison, Charles décide de faire un dernier grand coup avant de se retirer. Avec un jeune voyou fougueux, il organise un casse au casino de Cannes.

Après Le Président et Un Singe en hiver, Henri Verneuil retrouve le monstre sacré Jean Gabin et le succulent dialoguiste Michel Audiard pour un troisième film commandé par les studios MGM. Si dans le précédent Gabin était accompagné de la jeune star de la Nouvelle Vague Jean-Paul Belmondo, il a affaire ici à son concurrent, Alain Delon, qui a fait des pieds et des mains pour parvenir à tourner avec son idole (remplaçant ainsi le pauvre Jean-Louis Trintignant), n’hésitant pas à tourner sans cachet et à abandonner le tournage du Guépard, au gram damne de Visconti ! C’est d’ailleurs ce film qui fit de lui une star internationale, après des débuts remarqués dans Plein soleil ou Rocco et ses frères. Mélodie en sous-sol est en effet un immense succès dans le monde entier, et même un classique du film de casse français, avec sa réalisation impeccable et soignée, des acteurs au sommet de leur charisme balançant d’excellentes répliques d’Audiard, sur une partition rythmée de Michel Magne. Et surtout sa dernière scène est légendaire et inoubliable !

 MovieCovers-113035-215666-LE CLAN DES SICILIENS

– 21h : Le Clan des Siciliens (Henri Verneuil – 1969 – 125 minutes)

avec Jean Gabin, Alain Delon, Lino Ventura, Irina Demick, Amedeo Nazzari, Yves Lefebvre, Marc Porel, Sydney Chaplin, André Pousse

Un truand s’évade d’un fourgon de police avec la complicité d’un clan sicilien. Il leur propose de dérober une importante collection de joaillerie à Rome.

Le succès des films d’Henri Verneuil l’a fait engager par les studios américains pour deux films aux Etats-Unis avec Anthony Quinn et Charles Branson. Fort de cette expérience et renommée, la 20th Century Fox est prêt à mettre le paquet avec un budget record pour un polar français, qui permet d’engager trois des plus grosses stars françaises : Jean Gabin, Alain Delon et Lino Ventura, réunis pour la première fois à l’écran (bien qu’ils aient déjà tournés ensemble séparément). Gabin en patriarche mafieux sicilien, Delon en truand recherché pour meurtre et Ventura en flic coriace – un casting comme on n’en fait plus ! Le film lui-même est tout aussi ambitieux et spectaculaire puisqu’il montre pour la première fois au cinéma le casse d’un avion en vol ! Co-écrit par José Giovanni (un ancien collabo, truand condamné à mort et gracié, devenu romancier puis réalisateur !), le long-métrage est d’une précision chirurgicale (presque mellevilienne), tant dans son scénario à suspense que sa mise en scène tendue. Magnifié par un des plus meilleurs thèmes d’Ennio Morricone à la guimbarde (qui a été un best-seller), Le Clan des Siciliens a été un très grand succès (4,8 millions de spectateurs français), et s’est rapidement imposé comme un des plus grandioses polars français.

Ciné-club Alain Dleon : Plein Soleil (1960) – Le Cercle Rouge (1970)

Grand mythe du cinéma français jusqu’à la caricature, Alain Delon n’en a pas moins une filmographie irréprochable pendant sa décennie des années 60, triomphant autant pour sa beauté insurpassable qui contribua à son succès que pour sa recherche de rôles à contre-emploi pour casser son image. Il a travaillé avec les plus grands réalisateurs (Visconti, Antonioni), et il brille ici devant la caméra des rares stylistes français, à l’esthétique méticuleuse et sublime, René Clément et Jean-Pierre Melville, avec qui il tourna plusieurs films, parmi ses meilleurs.

 Dimanche 17 novembre 2013 :

 Poster - Plein Soleil_02

– 19h : Plein Soleil (René Clément – 1960 – 115 minutes)

avec Alain Delon, Marie Laforêt,  Maurice Ronet

 Tom Ripley est chargé par un milliardaire de ramener son fils aux Etats-Unis. Ripley suit donc Philippe Greenleaf et sa fiancée Marge dans ses vacances en Italie, et une complicité malsaine se tisse entre eux.

 Adapté du roman Monsieur Ripley de Patricia Highsmith (qui connaîtra quatre suites, dont plusieurs adaptées au cinéma), Plein Soleil est pour Alain Delon, irradiant de beauté, son premier grand rôle, qui fera de lui une vedette et lancera sa longue carrière cinématographique. D’autre part, René Clément signe un véritable bijou, un thriller sur la convoitise et les faux-semblants, dont la mise en scène est magistrale et subtile, aussi moderne que poétique. Chromatiquement superbe, débordant de scènes inoubliables, le film est rempli de métaphores visuelles tout en restant réaliste – la déambulation estivale des personnages dans les superbes décors naturels et urbains d’Italie est une irrésistible invitation à prendre l’avion ! Nino Rota signe quant à lui une bande originale à la hauteur des richesses visuelles. Plein Soleil donnera lieu à un remake sans intérêt avec Matt Damon et Jude Law en 1999 – on voit mal comment on pourrait égaler une œuvre aussi parfaite.

  le-cercle-rouge

– 21h : Le Cercle Rouge (Jean-Pierre Melville – 1970 – 140 minutes)

avec Alain Delon, André Bourvil, Gian Maria Volonte, Yves Montand, François Perrier

 Un malfrat libéré de prison s’associe avec un détenu en fuite recherché par la police et un ancien flic alcoolique pour réaliser un hold-up de bijoux.

 Le Cercle Rouge est le deuxième des trois films d’Alain Delon réalisé par Jean-Pierre Melville, trois ans après Le Samourai et deux ans avant Un Flic, toujours dans une posture d’antihéros – pour l’occasion il arbore même une inhabituelle moustache ! Avec un casting de luxe (Bourvil, Montand, Volonte, Perrier), c’est un sombre et palpitant film d’hommes, sans aucun personnage féminin, à l’instar du Deuxième souffle de Melville. Il s’agit d’ailleurs d’un des rares rôles dramatiques de Bourvil, ici crédité au générique avec son prénom pour la première fois, et qui décèdera quelques mois après la fin du tournage. Melville continue son entreprise de fondation d’une nouvelle mythologie criminelle, à la symbolique existentialiste, avec ses personnages prisonniers de leur destin, ses codes d’honneur et gestes méticuleux, sans aucun objet ou détail laissé au hasard mais en même temps terriblement esthétiques. Le Cercle Rouge partage avec Le Samourai une citation orientale ouvrant le récit (ici du Bouddha), deux acteurs à l’interprétation glaçante (Delon et Perrier), des personnages solitaires et mélancoliques, des policiers cyniques, un club de jazz délicieusement pop, et un goût pour le mutisme (le premier dialogue apparaît au bout de sept minutes, la scène du casse dure vingt-cinq minutes sans dialogues). Un des grands films noirs français, à ranger dans la liste des inspirations de Tarantino ou du cinéma hongkongais.

9 juin Ciné-club : Le Samouraï (1967)

971884_506596886062394_601210355_n

– 21h : Le Samouraï (Jean-Pierre Melville – 1967 – 105 minutes)
avec Alain Delon, François Périer, Nathalie Delon, Cathy Rosier

Un tueur à gages, solitaire et au grand code de l’honneur, a pour mission de faire disparaître un patron de boîte de jazz. Mais un commissaire de police doute fortement de son alibi.

 

Non seulement pierre angulaire de la filmographie de Jean-Pierre Melville (L’Armée des Ombres, Le Cercle Rouge) qui atteint la pleine maturité de son style, ce polar minimaliste et glacial est tout simplement le plus grand film noir français. Il offre aussi un des rôles les plus beaux et mythiques à un Alain Delon mutique. Sa sombre aura plane depuis durablement sur le cinéma international, de John Woo (The Killer) à Nicolas Winding Refn (Drive) en passant par Jim Jarmusch (Ghost Dog).