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21 janvier 2018 : Ciné-club Inde : Indiana Jones et le temple maudit (1984) – La Route des Indes (1984)

 

– 19h : Indiana Jones et le temple maudit (Steven Spielberg – 1984 – 118 minutes)

avec Harrison Ford, Kate Capshaw, Jonathan Ke Quan, Amrish Puri, Roshan Seth

L’archéologue Indiana Jones se trouve en Inde et doit récupérer un joyau sacré dérobé à de pauvres villageois par une terrible secte.

Steven Spielberg, après E.T. (1982) au succès colossal, donne une suite (chronologiquement antérieure) aux Aventuriers de l’arche perdue (1981), inspiré par les aventures de Tintin (qu’il a découvert lors de la promotion européenne du film) et par Le Tombeau hindou de Fritz Lang (1959). Cette fois-ci Indiana Jones part en Inde (après un début à Shanghai), mais les autorités du pays n’ayant pas aimé le script, le film est tourné au Sri Lanka. Harrison Ford souffre de hernie discale et est rapatrié pour hospitalisation pendant six semaines aux Etats-Unis, mais Spielberg continue le tournage avec un cascadeur filmé de dos ou de loin, et filme Ford en gros plans à son retour. La partenaire féminine (préférée à Sharon Stone) n’est autre que la future femme de Spielberg ! Ce Temple maudit est l’épisode le plus sombre et cruel de la saga, et c’est d’ailleurs pour ce film que la catégorie PG-13 (interdit aux moins de treize ans) a été créée aux Etats-Unis. Mais les cascades rythmées (la scène du wagonnet deviendra une attraction de Disnleyland), les effets spéciaux soignés (récompensés d’un Oscar) et l’humour en font tout de même un grand spectacle familial typiquement spielbergien, rapportant 333 millions de dollars de recettes.

– 21h : La Route des Indes (David Lean – 1984 – 163 minutes)

avec Peggy Ashcroft, Judy Davis, James Fox, Alec Guinness, Nigel Havers, Victor Banerjee

Dans les années 20, une jeune femme rejoint son fiancé accompagnée de la mère de ce dernier à Bangalore. Souhaitant échapper au monde étroit des colons, elles sympathisent avec un médecin indien qui déploie toute sa gentillesse pour agrémenter leur voyage. Mais la méfiance des colons va se refermer sur lui.

Dernier film de David Lean, La Route des Indes vient couronner magistralement une imposante filmographie récompensée par 26 Oscars : Le Pont de la rivière Kwaï, Lawrence d’Arabie, Docteur Jivago, La Fille de Ryan. Après les critiques négatives sur son précédent film en 1970, il mit quatorze ans à revenir à la caméra, pour notre plus grand bonheur esthétique. Adapté d’un roman de Edward Morgan Foster (ayant vécu en Inde) paru en 1924, La Route des Indes se situe au début du XXème siècle, quand les relations entre les colonisateurs anglais et les indiens étaient déjà tendues. Fidèle à son style épique, le réalisateur magnifie les paysages exotiques et temples ensorcelants, qui troublent et dépassent les personnages, mais qui expriment mieux ce qu’ils n’osent formuler (surtout dans la flegmatique société anglaise). Les acteurs interprètent impeccablement ce drame intime et politique bouleversant, dont l’étrangeté indienne n’est pas sans rappeler Le Fleuve de Renoir. C’est d’ailleurs la sixième collaboration entre le réalisateur et le grand Alec Guinness (son rôle de brahmane est certes secondaire mais savoureux). Nommé à onze Oscars (dont meilleurs film, réalisateur, scénario ou actrice), La Route des Indes en remporte deux : meilleur second rôle pour Peggy Ashcroft et meilleure bande originale pour Maurice Jarre (qui en avait déjà été récompensé pour Lawrence d’Arabie et Docteur Jivago).

22 mai : Ciné-club Le Docteur Jivago (1965)

LE DOCTEUR JIVAGO

19h : Le Docteur Jivago (David Lean – 1965 – 197 minutes)

avec Omar Sharif, Julie Christie, Geraldine Chaplin, Rod Steiger, Alec Guinness, Tom Courtenay, Siobhan McKenna, Ralph Richardson, Rita Tushingham, Klaus Kinski

A la veille de la révolution soviétique, un médecin sur le point de se marier croise la route d’une jeune femme sous le charme d’un odieux bourgeois. Leurs destins vont se lier au rythme des remous de l’Histoire russe.

Le poète russe Boris Pasternak publie son roman Le Docteur Jivago en 1957. Il reçoit le Prix Nobel de littérature l’année suivante, mais il doit le refuser pour ne pas subir les foudres des autorités soviétiques (qui n’autoriseront la publication du roman qu’en 1985). Qui d’autre que le grand David Lean aurait pu l’adapter au cinéma ? Le réalisateur multi-oscarisé du Pont de la Rivière Kwaï et de Lawrence d’Arabie déploie tout son talent pour filmer les grandes épopées passionnelles, historiques et exotiques, à travers les magnifiques paysages sibériens. Le film est tourné pendant dix mois en Finlande, au Canada et en Espagne, où des décors impressionnants recréent Moscou sur plus de huit cent mètres avec tramway, viaduc et Kremlin, ou des champs de bataille. Dans son rôle le plus iconique, Omar Sharif hésite entre sa femme brune (Geraldine Chaplin, fille de Charles, dans son premier rôle) et une sublime infirmière blonde (Julie Christie), pendant que l’histoire révolutionnaire de la Russie se déroule, depuis la période tsariste touchant à sa fin, l’entrée dans la Première Guerre mondiale, la révolution d’octobre, le bouleversement social de la population, l’abolition des classes ou les difficultés matérielles jusqu’aux fins fonds de la Sibérie. Le compositeur habituel de Lean, Maurice Jarre, signe une nouvelle fois un thème fameux du cinéma, riches des sonorités russes. Classique d’entre les classiques entrelaçant l’intime avec l’Histoire, Le Docteur Jivago a reçu cinq Oscars (scénario, direction artistique, costumes, photographie et musique) sur dix nominations, et est devenu le huitième plus grand succès commercial du cinéma – son chiffre d’affaire en dollars réactualisés équivaut à 1,9 milliards de dollars. Il ne fut pas projeté en Russie avant 1994.

Ciné-club William Holden prisonnier de guerre : Stalag 17 (1952) – Le Pont de la rivière Kwaï (1957)

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– 19h : Stalag 17 (Billy Wilder – 1952 – 121 minutes)

Avec William Holden, Don Taylor, Otto Preminger, Peter Graves, Robert Strauss

Durant la Seconde Guerre mondiale, des prisonniers de guerre américains d’un camp allemand mettent au point un plan d’évasion, sur fond de suspicion d’un indicateur secret qui communiquerait avec les gardes allemands.

Adapté d’une pièce à succès de Broadway écrite par deux anciens prisonniers de guerre, Stalag 17 est un film typique de Billy Wilder, dont c’est déjà le onzième film (mais à peine la moitié de sa filmographie !). Typique car on retrouve ce mélange de drame et d’humour qui lui est si propre, avec des dialogues très piquants et un rythme millimétré, tant dans les séquences légères que plus graves. Seul Billy Wilder pouvait parvenir à faire une comédie dans un camp de prisonnier de guerre ! Comme dans la plupart de ses films, le thème du double est au cœur du film (y compris pour une scène de danse avec un prisonnier travesti, ce qui n’est pas sans rappeler Certains l’aiment chauds !). Il retrouve un de ses acteurs fétiches, William Holden, avec qui il a déjà tourné son grand classique Boulevard du crépuscule (1950), et dont ce rôle d’opportuniste qui sert de bouc-émissaire (nous sommes alors en plein maccarthysme) lui vaudra l’Oscar du meilleur acteur (ils tourneront encore ensemble Sabrina l’année suivante et Fedora en 1978). Le rôle du chef de camp nazi est tenu par Otto Preminger, le fameux réalisateur autrichien émigré aux Etats-Unis à la filmographie impressionnante (Laura, La Rivière sans retour). Fait rare, le film a été tourné chronologiquement (dans l’ordre du scénario), ce qui est plus coûteux mais dont le but était que les acteurs ne soient pas au courant de l’identité du traitre parmi eux, afin de rendre leur suspicion plus réelle durant le tournage. Stalag 17 est devenu un des nombreux classiques de la filmographie de Billy Wilder (qui en fut nominé à l’Oscar du meilleur réalisateur), et un des meilleurs films de prisonniers de guerre avec La Grande évasion (1963).

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– 21h : Le Pont de la rivière Kwaï (David Lean – 1957 – 161 minutes)

Avec William Holden, Alec Guinness, Jack Hawkins, Sessue Hayakawa, James Donald, Ann Sears, Geoffrey Horne

En 1943, un camp japonais en Birmanie fait travailler des prisonniers de guerre britanniques pour construire un pont au-dessus de la rivière Kwaï, qu’un commando allié souhaite faire exploser.

Le Pont de la rivière Kwaï est un classique d’entre les classiques, souvent rediffusé à la télévision pour de bonnes raisons : cette superproduction spectaculaire n’a rien perdu de sa splendeur et de sa force. Adapté d’un roman du français Pierre Boulle (auteur de La Planète des singes, transposé plus tard au cinéma par Schaffner en 1968), le film porte sur la folie militaire et destructrice, où contre tout manichéisme le code d’honneur absurde et l’instinct de mort dominent dans les deux camps, envahisseurs japonais et prisonniers britanniques, prodigieusement et dramatiquement représentés par Sessue Hayakawa (nominé à l’Oscar du meilleur second rôle) et Alec Guinness (Oscar du meilleur acteur). Tourné à Ceylan (aujourd’hui Sri Lanka), le film est rempli de superbes scènes de jungle, ce qui n’est pas une surprise de la part de David Lean, réalisateur esthète qui éblouira les spectateurs du monde entier avec son prochain film, le légendaire Lawrence d’Arabie (1962). Succès total, avec un budget d’un peu de moins de trois millions de dollars Le Pont de la rivière Kwaï en remportera dix fois plus au box-office, et recevra quelques trente-quatre récompenses internationales (BAFTA, Golden Globes, New York Film Critics Awards, etc.), dont sept Oscars (meilleurs film, réalisateur, scénario, acteur, photographie, musique, montage). Quant à William Holden, il s’en tire plutôt bien, puisqu’il avait accepté le rôle sans enthousiasme en échange d’un salaire énorme et surtout de 10 % des bénéfices mondiaux du film !

Ciné-club hommage à Peter O’Toole : Lawrence d’Arabie (1962)

Né le 2 août 1932, après une soixantaine de pièces de théâtre, le comédien irlandais Peter O’Toole décroche pour son quatrième film le rôle de sa vie et devient une star internationale, grâce à sa prestation dans l’un des monuments de l’histoire du cinéma, Lawrence d’Arabie. A l’affiche de plus de 80 films et nominés sept fois à l’Oscar du meilleur acteur – sans jamais recevoir qu’un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière en 2003 -, mais aussi connu pour ses problèmes d’alcool et de dépression, il s’est éteint le 14 décembre 2013 des suites d’une longue maladie. Le Festin Nu rend hommage à cet acteur de légende avec la projection de son film le plus emblématique.

 Dimanche 12 janvier 2014 :

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19h : Lawrence d’Arabie (David Lean – 1962 – 228  minutes)

avec Peter O’Toole, Omar Sharif, Alec Guinness, Anthony Quinn

Pendant la Première Guerre mondiale, un officier britannique prend parti pour la révolte des tribus arabes du désert contre l’Empire Turc.

Après le refus de Marlon Brando (qui préfère tourner Les Révoltés du Bounty), Peter O’Toole obtient le rôle de l’officier Thomas Edward Lawrence, personnage historique fascinant, complexe et controversé – même sa sexualité est trouble, et c’est peut-être la raison pour laquelle absolument aucune femme ne parle de tout le film ! Après le succès du Pont de la rivière Kwai (avec déjà Alec Guinness), le réalisateur David Lean et le producteur Sam Spiegel s’attellent à nouveau film exotique de grande envergure. Le tournage dura un an et demi avec des milliers de figurants, principalement en Espagne dans le désert d’Almeria, mais aussi au Maroc, en Jordanie et en Syrie. Les plans sont à couper le souffle, parmi les plus beaux du cinéma, et servent d’écrin inestimable au souffle géopolitique et historique qui secoue ce film épique et amer. A noter que la quasi-totalité des mouvements de caméra se font de gauche à droite, pour insister sur la notion de voyage. Peter O’Toole dilapidera d’ailleurs son cachet dans les casinos locaux avec Omar Sharif, l’autre grande révélation du film, avec qui David Lean tournera Le Docteur Jivago (autre classique multi-oscarisé). Lawrence d’Arabie triomphe aux Oscars, avec sept récompenses : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure musique (de Maurice Jarre, qui retravaillera avec David Lean sur Le Docteur Jivago, La Fille de Ryan et La Route des Indes), meilleur photographie, meilleure direction artistique, meilleur montage et meilleur son. En 1989, le film ressort restauré avec 21 minutes inédites, pour plonger encore plus profondément dans l’immense désert.