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3 juillet : Ciné-club Sport : Cobra Space Adventure (1982) – Match France VS Islande

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– 19h : Cobra Space Adventure (Osamu Dezaki – 1982 – 4 x 25 minutes)

Cobra se fait passer pour un joueur de rugball (un sport très violent où tous les coups sont permis) sur la planète Ralou afin de démasquer un immense trafic de drogue. Il va rapidement se faire des ennemis…

Cobra Space Adventure  est un manga/anime culte des années 80, dont le héros est une sorte de James Bond de science-fiction, décontracté et séducteur, explicitement inspiré par Jean-Paul Belmondo, dont le bras gauche cache une arme surpuissante, le psychogun (rayon delta en français), voyageant de planète en planète en quête d’aventures exotiques, rencontrant des femmes sexy et luttant contre les pirates de l’espace. Le manga a été dessiné et scénarisé par Buichi Terasawa (ancien assistant du légendaire Osamu Tezuka) de 1978 à 1984 (dix-huit volumes), puis adapté à la fois en long-métrage d’animation et en série télévisée animée en 1982. Produite par Tokyo Movie Shinsha, la série (trente-et-un épisodes) est admirablement réalisée par Osamu Dezaki (Lady Oscar, Ashita no Joe 2, Black Jack) en tandem avec son dessinateur habituel Akio Sugino, sur d’excellentes et envoutantes musiques jazz-funk de Kentaro Haneda (L’Ile au trésor, Macross, Sherlock Holmes). Elle est arrivée en France en 1985 sur Canal Plus et Antenne 2, et est restée très populaire, notamment grâce à ses multiples éditions en VHS, DVD et blu-ray. Le chapitre du rugball est l’un des plus mémorables, pendant lequel Cobra joue à ce sport très violent, mélange de baseball et de football américain. La franchise n’est d’ailleurs pas éteinte, car elle a connu deux nouvelles adaptations animées en OVA (2008) et en série (2010), tandis que le réalisateur français Alexandre Aja (fils d’Alexandre Arcady) en a acheté les droits et travaille à son adaptation sur grands écrans. Enfin, il y a à peine quelques mois, un nouveau projet animé a été annoncé, The Return of Joe Gillian, centré à nouveau sur la partie du rugball !

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– 21h : France VS Islande (Quart de finale du championnat d’Europe de football)

28 février : Ciné-club Animation japonaise ’06 : Paprika (2006) – Amer Béton (2006)

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– 19h : Paprika (Satoshi Kon – 2006 – 90 minutes)

avec les voix de Megumi Hayashibara, Toru Emori, Katsunosuke Hori, Toru Furuya

Une machine a été inventée pour rentrer dans les rêves des patients et les enregistrer, à des fins psychothérapeutiques. Mais un prototype a été volé…

Satoshi Kon est un des réalisateurs d’animation japonaise les plus réputés avec Katsuhiro Otomo (Akira) ou Mamoru Oshii (Ghost In The Shell), signant des films bien plus adultes et sombres que le Studio Ghibli d’Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Son premier long-métrage, Perfect Blue (1997), abordait déjà les thèmes de confusion entre réalité et illusion et de personnalités multiples. Neuf ans plus tard, Kon les retrouve avec à une machine permettant d’explorer les rêves et de les manipuler, en adaptant un roman de science-fiction de Yasutaka Tsutsui. L’univers narratif et visuel est riche et sans limite, surréaliste et psychédélique, à travers un polar labyrinthique mêlant animation traditionnelle et numérique. Présenté à la Mostra de Venise en sélection officielle, Paprika a reçu de nombreux prix dans le monde entier. C’est aussi une influence évidente et avouée de Christopher Nolan pour Inception (2010), thriller onirique similaire. Malheureusement, ce sera le dernier long-métrage de Satoshi Kon, disparu trop tôt à 46 ans suite à un cancer.

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– 21h : Amer Béton (Michael Arias & Hiroaki Ando – 2006 – 110 minutes)

avec les voix de Kazunari Ninomiya, Yu Aoi, Min Tanaka, Yusuke Iseya, Masahiro Motoki

L’arrivée de yakuzas qui veulent contrôler un quartier va modifier la vie de deux orphelins, qui vont chercher à le défendre.

Adapté d’un manga de Taiyo Matsumoto, Amer Béton est un film d’animation japonaise tout à fait hors-normes, fruit de quarante mois de travail. D’abord il est réalisé par un occidental, Michael Arias (une première pour le genre ! Hiroaki Ando ne s’occupant que de la réalisation technique), qui avait déjà produit Animatrix (collection de courts-métrages d’animation autour de Matrix) et qui projetait cette adaptation pendant des années. De plus son graphisme et son ambiance sont bien plus proches du roman graphique et du film d’auteur que des anime d’action ou des contes grands publics auxquels l’animation japonaise donne l’habitude. Alliant diverses techniques d’animation (dessin, 3D, pastel, etc.), le film est une prouesse technique impressionnante, à commencer par ses décors urbains. Quasiment personnage à part entière du film (et un des thèmes centraux), cette jungle architecturale en décrépitude accumule des figures hétérogènes allant du street-art aux statues religieuses orientales. La musique alterne hip-hop et atmosphérique, composée par le groupe électronique anglais Plaid (qui a travaillé avec Portishead ou Bjork). Amer Béton est enfin une histoire d’amitié fusionnelle et poétique entre deux orphelins qui se sont construits l’un par rapport à l’autre, comme le yin et le yang. Présenté à plusieurs festivals (dont la Berlinale), ce film audacieux et inclassable a été salué par la critique.

20 octobre : Ciné-club Katsuhiro Otomo : Roujin Z (1991) – Akira (1988)

Non content d’être un des plus grands dessinateurs de manga, Katsuhiro Otomo est aussi, chose peu courante dans le milieu, une figure importante de l’animation japonaise, en tant que réalisateur (Akira, Steamboy) ou scénariste (Roujin Z, Metropolis).

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– 19h : Roujin Z (Hiroyuki Kitakubo – 1991 – 80 minutes)

Pour lutter contre les problèmes liés au vieillissement démographique, le ministère de la santé expérimente une assistance robotisée et automatisée des personnes âgées. Mais la machine test qui s’occupe du premier cobaye devient peu à peu incontrôlable.

Katsuhiro Otomo a conçu le scénario et le mecha design (design des robots et engins mécaniques) de ce long métrage d’animation original réalisé par Hiroyuki Kitakubo, un collaborateur d’Otomo (Robot Carnival, Akira) ou de Mamoru Oshii (L’œuf de l’Ange, Blood: The Last Vampire). L’histoire s’attaque à un sujet atypique, rarement traité et pourtant crucial dans la société japonaise, le vieillissement de la population et sa prise en charge. Dans la grande tradition technologique et SF qui habite la culture japonaise, ce sont les robots qui pourraient en être la solution ! Mais une fois de plus le progrès se révèle aussi prometteur que dangereux, et le film plaide pour des rapports plus humains et une société moins corrompue. Enfin, bien plus qu’une ambiance de catastrophe, c’est surtout l’humour japonais qui irrigue l’ensemble du film !

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– 21h : Akira (Katsuhiro Otomo – 1988 – 125 minutes)

En 2019 à Neo-Tokyo, après la Troisième Guerre mondiale, un mystérieux enfant cause un accident à un membre d’une bande de motards. Ce dernier est enlevé par l’armée pour détecter de possibles séquelles psychiques et mener des expériences sur lui. Les autres membres de sa bande vont tenter de le récupérer.

Akira est à la base un manga culte de Katsuhiro Otomo publié de 1982 à 1990, d’une richesse graphique et d’une complexité scénaristique telle qu’il a beaucoup contribué à la diffusion des manga aux Etats-Unis et en Europe, à l’époque où très peu étaient traduits en langue étrangère. Son adaptation animée en 1988, réalisée par Otomo lui-même, eut autant d’impact sur le plan cinématographique, et demeure un des longs-métrages les plus ambitieux de l’animation japonaise. Pour d’évidentes raisons de durée, l’histoire de fond, les protagonistes et les enjeux sont les mêmes, mais le déroulement des évènements est plus ou moins accéléré, certains personnages moins approfondis ou occultés, et certains pans entiers de l’histoire ne purent être abordés à cause d’une modification de la chronologie. Il faut donc voir le scénario du film comme une reconstruction cohérente qui tient en deux heures plutôt que comme une adaptation qui trahirait un long manga de plus de deux mille pages. Quoi qu’il en soit le film, doté d’un budget exceptionnel de plus d’un milliard de yens, est d’une puissance visuelle et scénaristique intacte, avec une animation spectaculaire, une mise en scène hors-norme et une bande-sonore marquante. Explorant les traumatismes d’Hiroshima, la menace de nouvelles catastrophes et la corruption politique, le propos d’Akira n’a pas vieilli à l’heure de Fukushima, et ses qualités esthétiques en font un des grands films de l’histoire du cinéma japonais, entre Kurosawa et Godzilla.