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25 février 2018 : Ciné-club Il était une fois en Chine : Il était une fois en Chine (1991) – La Secte du lotus blanc (1992)

– 19h : Il était une fois en Chine (Tsui Hark – 1991 – 134 minutes)

avec Jet Li, Yuen Biao, Jacky Cheung, Rosamund Kwan, Ken Cheng, Shi-Kwan Yen

A la fin du siècle dernier dans le sud de la Chine, Wong Fei-hung, médecin spécialiste des arts martiaux, se bat contre des brigands locaux, tandis que des puissances coloniales étrangères tentent d’accroître leur influence dans le pays.

Wong Fei-hung est un authentique personnage historique, très célèbre pour ses capacités prodigieuses au combat. Il a été incarné plus de cent fois au cinéma (surtout entre les années 50 à 70, dont 85 fois par le même acteur). Il est incarné cette fois-ci par Jet Li, quintuple champion du monde de wushu, et qui va devenir la plus grande star de kung-fu après Bruce Lee et Jackie Chan. Tsui Hark orchestre de main de maître des combats virevoltants, reposant autant sur les performances athlétiques de ses acteurs que sur les chorégraphies virtuoses (notamment un combat sur des échelles à couper le souffle). Incarnation d’un nationalisme chinois au milieu des puissances coloniales (reflet de la montée en puissance du pays dans les années 90), Il était une fois en Chine est une révolution pour le film de kung-fu, au succès considérable.

– 21h15 : Il était une fois en Chine 2 : La Secte du lotus blanc (Tsui Hark – 1992 – 113 minutes)

avec Jet Li, Rosamund Kwan, Max Mok, Donnie Yen, David Chiang, Shi-Kwan Yen

En réaction à la politique impérialiste britannique, une secte se venge contre leurs ressortissants. Pour éviter qu’ils n’envoient leur armée, Wong Fei-hung est chargé de calmer la secte.

Première des cinq suites d’Il était une fois en Chine, La Secte du lotus blanc est là aussi basé sur une véritable société secrète que Wong Fei-hung affronta. Le film eut encore plus de succès que le premier, tout en restant aussi rythmé, chorégraphie et impressionnant. Jet Li et Tsui Hark se retrouveront encore pour le troisième épisode, Le Tournoi du lion, mais Tsui Hark ne reviendra que pour le cinquième épisode, et Jet Li pour le sixième et dernier. Ils tourneront en 2011 Dragon Gate, la légende des sabres volants.

11 décembre : Ciné-club Chine impériale par Tsui Hark : Détective Dee : le mystère de la flamme fantôme (2010) – Détective Dee 2 : la légende du dragon des mers (2014)

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– 19h : Détective Dee : le mystère de la flamme fantôme (Tsui Hark – 2010 – 123 minutes)

avec Andy Lau, Carina Lau, Li Bingbing, Tony Leung Ka-fai, Deng Chao, Richard Ng, Teddy Robin, Yao Lu, Liu Jinshan

En 690, alors que Wu Zetian s’apprête à devenir la première impératrice de Chine, des morts mystérieuses par combustion spontanée compromettent sa cérémonie de couronnement. Elle libère alors le juge Dee de prison pour le charger de l’enquête.

Le juge Di Renjie est un personnage historique (deux fois chancelier de l’impératrice), devenu héros de romans policiers chinois, et réapparu au dans les années 1950 sous la plume du diplomate et orientaliste néerlandais Robert van Gulik pendant seize romans. Au bout de dix ans de travail sur le scénario original (n’adaptant aucun livre), sa transposition au cinéma est réalisée par le maître Tsui Hark (Il était une fois en Chine qui révéla Jet Li), spécialiste hongkongais des films d’arts martiaux et de sabres sous la Chine impériale (genre appelé « wu xia pian ») aussi incontournable dans son pays que John Woo ou Wong Kar-wai. Il nous gratifie comme à son habitude des chorégraphies spectaculaires et irréalistes comme le veut le genre, avec des acteurs reliés par câbles. Détective Dee : le mystère de la flamme fantôme est une superproduction qui ne se refuse rien, et ça se voit : dix mois de travail sur les croquis du bouddha géant, deux ans de tournage, six mille figurants, cinq mille costumes créés par John Galiano et Alexander McQueen, des milliers de litres d’eau pour le décor du marché fantôme et un budget effet spéciaux visuels musclé. Il mélange les genres à foison, passant du suspense au polar, du film d’horreur au film catastrophe, avec beaucoup d’action sophistiquée au milieu, dans une atmosphère oscillant entre le réalisme et le fantastique. De Sherlock Holmes au kung-fu, Detective Dee dépoussière le film historique avec ses personnages fouillés et ses intrigues folkloriques et politiques, et donne un nouvel essor au wu xia pian.

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– 21h : Détective Dee 2 : la légende du dragon des mers (Tsui Hark – 2014 – 134 minutes)

avec Mark Chao, Feng Shaofeng, Lin Gengxin, Bum Kim, Angelababy, Carina Lau, Chen Kun, Dong Hu

Des navires allant aider un allié de la Chine sont attaqués par un mystérieux monstre marin.  Le jeune juge Dee va se retrouver à mener l’enquête sur ce qui ressemble à un complot.

Après l’immense succès de Détective Dee, la décision est prise de lui offrir non plus une suite mais une préquelle. Du coup le budget se trouve multiplié, ce qui permet de construire encore plus de décors somptueux (une soixantaine !) et des effets spéciaux numériques encore plus marqués (trop ?), rendant le film encore plus spectaculaire et vertigineux comme les plus imposants blockbusters américains, en plus exotique et décomplexé. Les acteurs manient de véritables armes, et les combats acrobatiques et virevoltants aux chorégraphies virtuoses sont marqués du sceau des quatre éléments, terre, mer (sur navire ou sous l’eau), air (contre une paroi) et feu. Détective Dee 2 : la légende du dragon des mers est plus porté sur l’aventure avec  son scénarios à tiroirs, ses rebondissements gargantuesques et ses changements de lieux variés, mais les intrigues policières, politiques, historiques et folkloriques frôlant le fantastique font toujours partie de la signature de la saga, avec moins de réalisme mais un peu d’humour.

Ciné-club Kurt Russell / John Carpenter : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986) – The Thing (1982)

Kurt Russell est un des acteurs fétiches de John Carpenter, ayant tournés cinq fois ensembles. Retour sur deux films cultes bien différents, qui ont bien plus trouvé leur public en vidéo qu’à leur sortie initiale au cinéma.

Dimanche 15 décembre 2013 :

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– 19h : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (John Carpenter – 1986 – 99 minutes)

avec Kurt Russell, Kim Cattrall, Dennis Dun, James Hong

 Jack Burton accompagne un ami à l’aéroport pour accueillir la fiancée de ce dernier. Mais elle est enlevée par un gang chinois dirigé par un sorcier.

Le film est un échec commercial à sa sortie, ne couvrant même pas la moitié de son budget (25 millions de dollars), ce qui poussera John Carpenter à travailler dans le circuit indépendant, loin des grands studios hollywoodiens – et ce malgré un beau palmarès commercial, comme Halloween (1978) ou New York 1997 (1981). Tourné à Chinatown à San Francisco, c’est effectivement un mélange de plusieurs genres qui a pu paraître déroutant pour le public de l’époque : aventures et explorations à la Indiana Jones, arts martiaux hongkongais à la Tsui Hark et pouvoirs surnaturels, mélangeant action et humour dans un folklore chinois, avec un anti-héros moins triomphant que dépassé par les événements, et des personnages secondaires plus vaillants et puissants que lui. Cependant, ce film atypique, drôle et rythmé est depuis devenu un vif succès à la télévision, en VHS et DVD, ce qui est une des marques des films cultes. Comme d’habitude, Carpenter signe lui-même la musique du film (avec Alan Howarth).

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– 21h : The Thing (John Carpenter – 1982 – 109 minutes)

avec Kurt Russell, Wilford Brimley, Keith David, David Clennon, Donald Moffat

Une équipe de douze chercheurs en plein milieu de l’Antarctique découvre une base norvégienne dont il ne reste aucun survivant, ainsi qu’un corps enfoui depuis 100.000 ans dans la glace.

Remake de La Chose d’un autre monde (1951) de Christian Nyby et Howard Hawks, lui-même adapté d’une fameuse nouvelle de John Campbell, The Thing est autant un film de science-fiction que d’horreur, avec des effets spéciaux stupéfiants et un suspense haletant, où un extra-terrestre métamorphe a la capacité de prendre l’apparence de n’importe quelle créature, et qui créé un climat de suspicion au sein l’équipe de chercheurs. L’ambiance rappelle un peu Alien (1979), où l’on passe plus de temps à attendre la créature qu’à la combattre, et où les protagonistes sont isolés de la civilisation, ici en Antarctique – le film fut d’ailleurs tourné en Colombie-Britannique au Canada et aux studios Universal à Los Angeles. Pour une fois, Carpenter ne compose pas lui-même la bande originale, mais on ne perd pas au change puisque c’est l’immense Ennio Morricone qui s’en charge. The Thing n’est pas un succès commercial à sa sortie, les recettes compensant de peu son budget. Mais c’est aussi devenu un film culte, parmi les plus appréciés de Carpenter, dont un préquelle est sortie en 2011 sous le même nom, se passant quelques jours plus tôt dans la base norvégienne.