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Ciné-club Kirsten Dunst : Virgin Suicides (1999) – Marie-Antoinette (2006)

THE VIRGIN SUICIDES

– 19 : Virgin Suicides (Sofia Coppola – 1999 – 97 minutes)

avec Kirsten Dunst, James Wood, Kathleen Turner, Josh Hartnett, Scott Glenn, Michael Paré, Danny DeVito

Dans les années 70, des adolescents d’une petite ville américaine bourgeoise sont obsédés par les cinq sœurs mystérieuses d’une famille, dont l’une a fait une tentative de suicide.

Pour son premier long-métrage, la jeune fille du réalisateur culte Francis Ford Coppola, Sofia, adapte un roman de Jeffrey Eugenides paru en 1995. Cependant les droits étaient déjà vendus, mais elle continua quand même d’en écrire son scénario, qui était si réussi que les ayants-droits acceptèrent finalement de les lui céder, et son père décida de produire le film, avec sa société American Zoetrope. Virgin Suicides est ainsi une affaire de famille, car le frère de Sofia, Roman, est assistant-réalisateur, et deux de ses cousins sont au casting. Le film est une reconstruction nostalgique en mosaïque des souvenirs de jeunes garçons voyeurs fantasmant sur des filles parfaites, qui mettront pourtant fin inexplicablement à leurs jours. Mêmes adultes ils n’ont ni oubliés ces évènements ni percé leur mystère. C’est toute l’ambivalence et l’incompréhension propre à la période de l’adolescence qui sont recréées à travers cette histoire, riche de premières et dernières fois. James Wood et Kathleen Turner jouent admirablement des parents autoritaires, puritains et étouffants, impuissants à voir venir le drame familial auquel ils ont contribué. La bande-son est signée par le groupe français electro-pop Air, qui participe à l’atmosphère de rêverie et de mélancolie et eut un grand succès en CD. On retrouve aussi des artistes des années 70 comme Sloan, Heart, Todd Rundgren, Electric Light Orchestra, Carole King, 10cc ou les Bee Gees, le tout redessinant une époque FM, sentimentale et à moitié kitsch musicalement. Virgin Suicides a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes, a obtenu un beau succès critique pour un premier film qui tire vers le haut le film de teenagers, et a lancé sa carrière de réalisatrice.

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– 21h : Marie-Antoinette (Sofia Coppola – 2006 – 122 minutes)

avec Kirsten Dunst, Jason Schwartzman, Judy Davis, Rip Torn, Asia Argento, Rose Byrne, Molly Shannon, Shirley Henderson, Danny Huston, Steeve Coogan, Marianne Faithfull, Aurore Clément

La vie de Marie-Antoinette, de son départ d’Autriche à sa vie à Versailles, comme dauphine puis reine de France, jusqu’à la Révolution française.

Sept ans après Virgin Suicides, Sofia Coppola retrouve Kirsten Dunst pour jouer le rôle de la reine Marie-Antoinette – ce qui lui va bien, puisque le père de l’actrice est allemand (et qu’elle a depuis obtenu la nationalité allemande). Adapté du livre d’Antonia Fraser, Marie-Antoinette est une biographie libre et iconoclaste, entièrement tournée et France, notamment au château de Versailles. En effet, loin d’être un lourd et poussiéreux compte-rendu des événements historiques menant à la Révolution française comme tant d’autres, le film s’attache plutôt à raconter la vie privée et les émotions de la jeune autrichienne confrontée à l’ahurissante étiquette de la cours de Versailles, les relations conjugales difficiles avec le gauche et impuissant Louis XVI (Jason Schwartzman, cousin de Sofia), les intrigues de cours avec notamment la favorite du roi Louis XV (Rip Torn, après le refus d’Alain Delon de porter une perruque !), la comtesse du Barry (jouée par Asia Argento). A la place des poncifs habituels de statue de cire, la personnalité de la reine est dépeinte avec des comportements et affects contemporains, tel un personnage d’aujourd’hui, comme dans ses folies dépensières pour tromper son ennui, sa retraite au Trianon pour fuir l’étouffant Versailles ou sa liaison avec le compte de Fersen pour palier son mariage décevant. On retrouve ainsi les thèmes chers de la réalisatrice : malaise existentiel dans un monde où on ne trouve pas sa place, passage difficile de l’adolescence à l’âge adulte, fuite de la réalité dans la rêverie et les fantasmes, constellation de rumeurs et ragots, mosaïque voyeuriste et indicible de l’intime. L’anachronisme est volontaire et assumé avec une bande-son post-punk et new wave, composée de chansons de Siouxsie & the Banshees, New Order, The Cure, Adam and the Ants, Gang of Four, Bow Wow Wow ou les Strokes. Enfin, les teintes pastel et vives comme des bonbons des décors et costumes parachèvent d’en faire une lecture moderne et personnelle. Marie-Antoinette a eu un retentissement mondial, a été présenté en compétition au Festival de Cannes, et a contribué à faire de Kirsten Dunst une actrice de premier plan.

En bonus sera projeté le court-métrage de Sofia Coppola, Lick the star (1998 – 14 minutes), tournant aussi sur l’adolescence.