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24 juillet : Ciné-club Bill Murray / Harold Ramis : SOS Fantômes (1984) – Un Jour sans fin (1993)

sosfantomesafffr

– 19h : SOS Fantômes (Ivan Reitman – 1984 – 105 minutes)

avec Bill Murray, Dan Aykroyd, Sigourney Weaver, Harold Ramis, Rick Moranis, Ernie Hudson, Annie Potts

A New York, des docteurs en parapsychologie renvoyés de leur université ouvrent une agence d’investigations paranormales, SOS Fantômes.

Dan Aykroyd et Harold Ramis écrivent un scénario de chasseurs de fantômes modernes (avec un rôle pour chacun d’eux), en envisageant John Belushi (The Blues Brothers). Mais suite à sa mort en 1982, c’est Bill Murray qui le remplace. Eddy Murphy était pressenti pour devenir le quatrième ghosbuster, mais il préféra tourner Le Flic de Beverly Hills, laissant la place libre pour Ernie Hudson. Sigourney Weaver (Alien) et Rick Moranis (Streets of fire) complètent le casting classique. Mélange efficace de comédie new-yorkaise, de fantastique et d’action, SOS Fantômes est un grand classique de la pop culture eighties, avec une esthétique tout à fait vintage et une fameuse chanson titre de Ray Parker Jr. qui se hisse trois semaines en tête du hit-parade – le film a d’ailleurs été nommé aux Oscars de la meilleure chanson et des meilleurs effets visuels. Son immense succès (presque trois cent millions de dollars de recettes) engendre deux adaptations en série télévisées d’animation, plusieurs jeux vidéo, quantité de produits dérivés, et bien sûr une suite en 1989. Un troisième volet est attendu depuis plus de quinze ans, mais le décès d’Harold Ramis en 2014 enterre finalement tout espoir. Seul un reboot douteux avec une nouvelle équipe d’actrices principales finira par sortir en août 2016.

UN JOUR SANS FIN

– 21h : Un Jour sans fin (Harold Ramis – 1993 – 100 minutes)

avec Bill Murray, Andie MacDowell, Chris Elliott, Stephen Tobolowsky, Michael Shannon, Harold Ramis

Un présentateur météo aigri et imbu de lui-même se rend dans une petite ville de province pour un reportage. Il va découvrir qu’il revit éternellement la même journée.

Quatre ans après SOS Fantômes II, Harold Ramis co-écrit et réalise un nouveau film, convoquant son compère Bill Murray. Ce qui commençait comme une petite comédie sans promotion marketing devient un conte existentiel fascinant et riche de milles interprétations philosophiques et spirituelles. Un Jour sans fin voit son personnage principal bloqué dans la même journée, qui se répète infiniment tous les matins, avec les mêmes rencontres, les mêmes événements. Bill Murray est parfait en présentateur météo cynique et aigri – c’est plus qu’une seconde nature, on dirait que c’est sa première. Il va passer à travers toutes les étapes possibles : stupeur, hédonisme, irresponsabilité, ennui, désespoir, jusqu’à ce qu’il découvre qu’il doit donner un sens à sa vie, pas seulement par égoïsme ou par amour, mais au sein du monde où il vit, pour transformer cette malédiction en bénédiction. A ses côtés, Andie MacDowell est plus craquante que jamais. De l’éternel retour nietzschéen à divers romans des décennies précédentes, le sujet n’est pas nouveau, mais c’est peut-être son meilleur traitement dans la culture populaire, renvoyant chaque spectateur à la routine de sa vie et la possibilité de s’épanouir personnellement. Un Jour sans fin est devenu un film culte, dont le thème inépuisable a été mainte fois revisité dans des romans (Prisonniers du temps de Michael Crichton) films (Edge of tomorrow avec Tom Cruise), séries (Day Break) ou jeux vidéo (The Legend of Zelda : Majora’s Mask sur Nintendo 64). Quant à Harold Ramis, il continuera à écrire et réaliser d’autres films comme Mafia Blues avec Robert De Niro.

12 juillet : Ciné-club Tokyo

LOST IN TRANSLATION

– 19h : Lost in Translation (Sofia Coppola – 2003 – 102 minutes)

avec Bill Murray, Scarlett Johansson, Giovanni Ribissi, Anna Faris

Un acteur américain sur le déclin va à Tokyo tourner une publicité pour un whisky. Perdu et déphasé, il se lie avec une jeune étudiante américaine dans le même état que lui.

Deuxième film de la fille de Francis Ford Coppola (également producteur exécutif de ses films), Lost in Translation confirme la maîtrise filmique de Sofia Coppola quatre ans après la sensation Virgin Suicides. Le malaise adolescent laisse place au malaise touristique, plus particulièrement au malaise japonais. Les deux protagonistes sont en effet plongés dans une société tokyoïte particulièrement codifiée et décalée, où derrière les sourires figés et les néons modernes se tiennent des fossés séparant les individus de toute communication véritable, affection ou compréhension. Non sans cliché, le film restitue avec humour et légèreté le déphasage que peut procurer cette culture si différente, qui au fond ne fait que refléter les impasses et questionnements existentielles des personnages occidentaux perdus à l’autre bout de la planète. Bill Murray est toujours aussi pince sans rire et désabusé, tandis que la jeune Scarlett Johansson est révélée pour la première fois dans un rôle de premier plan, avant d’exploser avec Match Point de Woody Allen deux ans plus tard. Succès public et critique, Lost in Translation a gagné une trentaine de récompenses internationales, notamment l’Oscar du meilleur scénario original et le César du meilleur film étranger.

 media

– 21h : Enter the Void (Gaspar Noé – 2010 – 143 minutes)

avec Nathaniel Brown, Paz de la Huerta, Cyril Roy, Olly Alexander

Oscar et sa sœur Linda survivent comme ils peuvent à Tokyo : l’un est dealer, l’autre strip-teaseuse. Unis par un amour indéfectible, ils se sont jurés protection et fidélité. Et lorsqu’Oscar est touché par balle, son esprit refuse de quitter le monde des vivants pour honorer la promesse faite à sa sœur.

Huit ans après le scandale d’Irréversible, Gaspar Noé ambitionne, de son propre aveu, de « faire son 2001, l’Odyssée de l’espace« . Point de science-fiction ni d’espace pour autant, mais un film entièrement tourné en caméra subjective, aux déplacements aériens infinis et couleurs fluo psychédéliques, sur fond de livre des morts tibétain. Avec les effets visuels de BUF Compagnie (Matrix) et les effets sonores de la moitié de Daft Punk (Thomas Bangalter), Enter The Void est tout simplement une expérience cinématographique totale et unique, plongeant le spectateur dans un voyage esthétique, hypnotique et ésotérique au sein d’un Tokyo nocturne, décadent et coloré. A la hauteur de son ambition mais sans équivalent, le film fait déjà date et confirme Gaspar Noé, au-delà des controverses, comme un réalisateur majeur. A l’occasion de la sortie de son nouveau film tout aussi sulfureux, Love, Enter the Void est rediffusé en montage alternatif.