Archives du mot-clé Billy Curtis

13 novembre : Ciné-club Cowboy solitaire : L’Homme des hautes plaines (1972) – L’Homme des vallées perdues (1953)

lhomme-des-hautes-plaines

– 19h : L’Homme des hautes plaines (Clint Eastwood – 1972 – 105 minutes)

avec Clint Eastwood, Verna Bloom, Mariana Hill, Billy Curtis, Mitch Ryan, Ted Hartley, Geoffrey Lewis, Stefan Gierasch

Un étranger débarque dans une petite ville martyrisée par des bandits, mais elle cache de lourds secrets…

Clint Eastwood était passé à la réalisation avec le brillant thriller Un Frisson dans la nuit (1971). Deux ans plus tard, il signe son premier western, après avoir été sous la direction de Sergio Leone un des cowboys les plus iconiques depuis John Wayne et Gary Cooper. L’Homme des hautes plaines se révèle d’ailleurs sous haute influence de son maître italien (la « trilogie du dollar »), mais aussi Don Siegel (Un Shérif à New York, Sierra torride, Les Proies, L’Inspecteur Harry) et Brian G. Hutton (Quand les aigles attaquent, De l’or pour les braves) avec qui Eastwood a aussi construit sa carrière et en même temps observé et appris le métier de réalisateur – il mettra d’ailleurs leurs trois noms sur des pierres tombales dans un cimetière, autant pour leur rendre hommage que pour prendre ses distances. Il incarne donc un drifter, cowboy mutique et minéral, sans nom et imbattable, mais le cinéaste ajoute une atmosphère presque fantastique, nocturne et d’outre-tombe. Comme dans les futurs westerns qu’il réalisera (Josey Wales hors-la-loi, Pale Rider et Impitoyable), le film est marqué par la vengeance, où le cowboy mystérieux en profite pour donner une leçon à un village rempli de lâches e de médiocres, allant jusqu’à le faire repeindre en rouge et rebaptisé « Hell », dans une vision des plus surréalistes pour un western. L’Homme des hautes plaines est ainsi un western crépusculaire où l’élève s’affranchit de ses maîtres, et augure une longue et fructueuse carrière, qui ne reviendra qu’occasionnellement au genre qui l’a révélé.

68997

– 21h : L’Homme des vallées perdues (George Stevens – 1953 – 118 minutes)

avec Alan Ladd, Jean Arthur, Van Heflin, Brandon De Wilde, Jack Palence, Ben Johnson, Edgar Buchanan

En 1889, Shane, un cowboy solitaire, arrive dans une vallée du Wyoming. Il sympathise avec une famille de fermiers qui est menacée par un gang d’éleveurs pionniers qui veulent les expulser.

Peu connu en France, L’Homme des vallées perdues est un grand classique du western aux Etats-Unis – c’était même le plus grand succès commercial du genre au cours de la décennie. Loin des batailles stéréotypée et patriotiques entre shérifs et brigands ou indiens, George Stevens (Une Place au soleil, Géant) signe un superbe western au sens le plus noble, c’est-à-dire une histoire d’individus se confrontant à leur destin dans une société qui se construit dans l’adversité, à un moment de l’histoire politique des Etats-Unis où les gens se défendaient eux-mêmes avec des revolvers quand le shérif le plus proche était à plusieurs jours de trajet en cheval. Il marquera les codes du genre, à commencer par Jack Palence, méchant iconique et menaçant vêtu de noir, et bien sûr Alan Ladd, héros au lourd passé, romantique et amer, influençant Sergio Leone avec ses hommes itinérants et mystérieux, ou Clint Eastwood dans ses propres réalisations – ce dernier allant jusqu’à faire un remake de ce film avec Pale Rider en 1985. Remportant l’Oscar de la meilleure photographie et nommé à cinq autres (meilleurs film, réalisateur, scénario, et seconds rôles pour Jack Palence et Brandon De Wilde), ce western symbolique, tendre et profond, admirablement réalisé et mis en images, annonce le genre crépusculaire des années 60 avec Sam Peckinpah (La Horde Sauvage).

27 mars : Ciné-club Supernanar : Superman et les Nains de l’enfer (1951) – Superman IV : Le Face à face (1987)

SUPERMAN ET LES NAINS DE L'ENFER

– 19h : Superman et les Nains de l’enfer (Lee Sholem – 1951 – 58 minutes)

avec George Reeves, Phyllis Coates, Jeff Corey, Walter Reed, J. Farrell MacDonald, Stanley Andrews, Ray Walker, Billy Curtis

Les journalistes Clark Kent et Lois Lane vont faire un reportage sur le plus profond puit de pétrole du monde. Mais il atteint une zone souterraine où vivent des petits êtres qui vont remonter à la surface et effrayer la ville.

Né en 1938 dans Action Comics, Superman a évidemment connu bien des adaptations audiovisuelles : deux séries de dessins animés (1941 et 1942) et deux serials (19548 et 1950), diffusés au cinéma avant des films (les séances avaient beaucoup plus de contenus qu’aujourd’hui !). Le premier long-métrage du super-héros n’en est un qu’à moitié, puisqu’il ne dure que cinquante-huit minutes, et qu’il s’agit en fait d’un pilote pour une nouvelle série télévisée, Les Aventures de Superman, qui durera six saisons et 104 épisodes, de 1952 à 1958. Tourné en douze jours, Superman et les Nains de l’enfer a donc le budget d’une série de l’époque, et cela se voit ! Le rayon-laser des nains de l’enfer est ainsi fabriqué à partir d’un… aspirateur ! On peut dire que la première adaptation du grand héros de la pop culture américaine est un rendez-vous manqué, tant l’histoire et les moyens manquent d’envergure. Il en résulte une atmosphère surréaliste tout à fait nanardesque, et tout de même un plaidoyer pour la tolérance et l’acceptation de l’autre, loin d’être anecdotique aux Etats-Unis avant les Droits Civiques de 1964. Si la série télévisée est un succès, il faudra attendre 1978 pour voir une production faire honneur à Superman et ses super-pouvoirs au cinéma.

6a00d83452989a69e201901da38ae2970b

Vu la courte durée du film, divers épisodes bonus d’époque seront projetés, dont surtout The Adventures of Superpup, le pilote (22 minutes) d’une série télévisée de 1958 qui n’a jamais vu le jour, et on comprend pourquoi : il ne s’agit rien de moins que d’un chien super-héros revêtant le costume de Superman dans un monde de chiens ! Les personnages sont tous joués par des nains, Superpup étant interprété par Billy Curis, qui jouait déjà un des Nains de l’enfer !

 superman-4_1987_poster-02

– 21h : Superman IV : Le Face à face (Sidney J. Furie – 1987 – 90 minutes)

avec Christopher Reeve, Gene Hackman, Jackie Cooper, Marc McClure, Jon Cryer, Sam Wanamaker, Park Pillow, Mariel Hemingway, Margot Kidder

Lex Luthor tente de voler un cheveu de Superman pour créer Nuclear Man, un être aussi puissant que lui.

Après la déception critique de Superman III, Christopher Reeve ne voulait plus enfiler le pyjama bleu à cape rouge. Mais les productions Cannon (spécialisés en série B, avec Chuck Norris, Sylvester Stallone ou Jean-Claude Van Damme) a réussi à le convaincre, en échange de lui faire tourner un projet qui lui tenait à cœur (La Rue). Une fois le contrat signé, les ennuis commencent : le budget du film est réduit de moitié, ce qui impacte gravement la qualité des effets spéciaux. Quarante-quatre minutes de film ont même été coupées, en vue de les inclure dans une suite – qui ne verra jamais le jour à cause de l’échec commercial de Superman IV. Il est facile à comprendre, entre les séquences embarrassantes (Clark Kent à un cours d’aérobic), inutiles (l’interview de Superman par Clark Kent en présence de Lois Lane), ridicules (Superman à l’ONU promettant d’éradiquer les armes nucléaires) ou incohérentes (une otage humaine respire dans l’espace), méchants agaçants, duel décevants et effets spéciaux bas de gamme. Ce sera donc le dernier Superman avec Christopher Reeve, malgré les multiples projets différents d’un Superman V, et il faudra attendre 2006 pour voir Superman Returns. Si certains critiques ou magazines vont jusqu’à parler de Superman IV comme l’un des pires films réalisés, force est de reconnaître qu’il constitue un nanar aussi consternant qu’amusant ! Et pour approfondir, une demi-heure de scènes coupées sera diffusée en bonus à la fin !