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29 septembre : Ciné-club Humphrey Bogart / John Huston : Le Faucon Maltais (1941) – Le Trésor de la Sierra Madre (1948)

Amis et compagnons de beuverie, Humphrey Bogart (soixante-quinze films, plus grande star masculine de tous les temps par l’American Film Institute en 1999) et John Huston (une quarantaine de films) représentent une des plus fameuses collaborations du cinéma américain. Ayant tourné six films ensembles, ils se doivent respectivement d’avoir contribué à leur gloire respective : Le Faucon Maltais est le premier film de John Huston, et il marque la seconde partie de la carrière d’Humphrey Bogart, acquérant une stature de premier plan (un an avant Casablanca). A la mort de ce dernier en 1957, John Huston prononça son éloge funèbre en ces termes : « Il avait reçu le plus beau de tous les dons, le talent. Le monde entier l’a reconnu, la vie lui a donné tout ce dont il rêvait et même plus ; nous ne devons pas être désolés pour lui mais plutôt pour nous qui l’avons perdu. Il est irremplaçable. Il n’y aura jamais personne comme lui…»

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– 19h : Le Faucon Maltais (John Huston – 1941 – 101 minutes)

avec Humphrey Bogart, Mary Astor, Peter Lorre, Sydney Greenstreet, Gladys George

 Suite au meurtre de son partenaire qui effectuait une simple filature pour le compte d’une cliente, le détective Spade apprend l’existence d’un inestimable bijou, le faucon maltais, dont beaucoup sont prêt à tout pour mettre la main dessus.

On ne devinerait pas que l’un des plus grands classiques du cinéma est le premier film de son réalisateur, John Huston (auparavant scénariste). C’est tout bonnement l’archétype du film noir : scénario poisseux qui commence comme un banal fait divers dont les enjeux véritables se complexifient rapidement, ambiance sombre et cynique, meurtres en série, une liaison ambiguë entre une femme mystérieuse et un détective misogyne. Adapté fidèlement du roman éponyme (parmi trois autres adaptations) de Dashiell Hammett (ancien détective devenu fondateur du roman noir), tourné rapidement avec un budget limité dans une poignée de décors majoritairement en intérieur, le film ne repose pas que sur sa fameuse intrigue, mais aussi sur la brillante interprétation de ses acteurs : Humphrey Bogart (qui n’était que le second choix du réalisateur), habitué aux seconds rôles de malfrats, trouve son style inimitable et désabusé, et devient un des mythes du cinéma américain ; Peter Lorre est toujours aussi maniéré et terriblement glaçant, et son acolyte avec qui se tisse des sous-entendus homosexuels Sydney Greenstreet (nominé à l’Oscar du meilleur second rôle) est tout aussi captivant. Les excellents dialogues ont donné lieu à de nombreuses citations cultes. A l’instar d’Orson Welles avec son Citizen Kane, pour un coup d’essai, c’est un coup de maître !

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– 21h : Le Trésor de la Sierra Madre (John Huston – 1948 – 126 minutes)

 avec Humphrey Bogart, Tim Holt, Walter Huston, Bruce Bennett

Dans les années 20, deux aventuriers américains sans le sou coincés au Mexique s’associent avec un vieil explorateur pour chercher de l’or dans la Sierra Madre.Un des premiers films hollywoodiens a être tourné (quasi-entièrement) en dehors des Etats-Unis,

Le Trésor de la Sierra Madre a pour cadre le turbulent Mexique d’après la révolution de 1910, où les étrangers risquaient leur vie dans les zones terrorisées par des groupes de bandits pourchassés par les federales, la brutale police fédérale. Film de spectacle et d’aventure, ironique et tragique, l’histoire montre trois motivations distinctes dans leur quête, et narre à merveille comment l’or fascine, attire, rend fou et prêt à tous les risques et trahisons – la transformation de Bogart est saisissante. Le film a remporté l’Oscar du meilleur réalisateur, du meilleur scénario, ainsi que celui de meilleur second rôle pour Walter Huston (père de John !), et est une référence absolue pour de nombreux réalisateurs : c’est le film préféré de Sam Raimi, le quatrième du top ten de Stanley Kubrick, et était le film de chevet de Paul Thomas Anderson pour l’écriture de There Will Be Blood.