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10 juillet : Ciné-club Champion : I am Ali (2014) – Finale de l’Euro de football

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– 19h : I am Ali (Clare Lewins – 2014 – 111 minutes)

Deux ans avant la mort de Mohamed Ali, un documentaire lui était encore consacré. Le plus grand champion de boxe en a pourtant connu de nombreux autres (dont l’excellent When we were kings, sur son mythique combat au Zaïre contre George Foreman), ainsi que des biopics (par Monte Hellman, Michael Mann ou Stephen Frears, parmi d’autres). La particularité de I am Ali est de recevoir la pleine collaboration de sa (nombreuse) famille, en interviewant ses multiples épouses et enfants, et en partageant des extraits des innombrables enregistrements qu’Ali réalisait de ses conversations privées, au téléphone ou chez lui, avec son entourage. Le film apporte donc un éclairage rare et inédit sur l’homme derrière le boxeur, dans son intimité derrière les caméras. Car Mohamed Ali n’était bien sûr pas qu’un boxeur sans égal, il était aussi une icône médiatique, politique et culturelle, à travers des épisodes aussi fameux que sa conversion à l’islam ou son refus d’aller combattre au Vietnam, ce qui lui vaudra une lourde suspension professionnelle de trois ans, alors au meilleur de sa forme et de sa carrière. Mais la boxe n’est bien sûr pas en reste, avec, outre des extraits de matchs, des témoignages de ses principaux adversaires comme George Foreman, ou même de Mike Tyson (qu’il n’a jamais combattu, mais qui l’a beaucoup inspiré) et du chanteur Tom Jones (qui a eu l’honneur de s’entraîner avec lui). La bande-son est remplie de chansons de la culture afro-américaine (Jimi Hendrix, Stevie Wonder, Ray Charles), rappelant qu’Ali a été un moteur essentiel de la reconnaissance de cette population, à laquelle il a contribué à lui redonner sa fierté. Fondamentalement, que ce soit sous l’angle du sportif, de la star, du mari, du père de famille, du noir ou du musulman, I am Ali confirme son message d’amour infini pour les gens, les démunis, ses fans, les siens et son prochain, avec une intégrité et une constance sans équivalent.

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– 21h : Finale (Match du championnat d’Europe de football)

3 juillet : Ciné-club Sport : Cobra Space Adventure (1982) – Match France VS Islande

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– 19h : Cobra Space Adventure (Osamu Dezaki – 1982 – 4 x 25 minutes)

Cobra se fait passer pour un joueur de rugball (un sport très violent où tous les coups sont permis) sur la planète Ralou afin de démasquer un immense trafic de drogue. Il va rapidement se faire des ennemis…

Cobra Space Adventure  est un manga/anime culte des années 80, dont le héros est une sorte de James Bond de science-fiction, décontracté et séducteur, explicitement inspiré par Jean-Paul Belmondo, dont le bras gauche cache une arme surpuissante, le psychogun (rayon delta en français), voyageant de planète en planète en quête d’aventures exotiques, rencontrant des femmes sexy et luttant contre les pirates de l’espace. Le manga a été dessiné et scénarisé par Buichi Terasawa (ancien assistant du légendaire Osamu Tezuka) de 1978 à 1984 (dix-huit volumes), puis adapté à la fois en long-métrage d’animation et en série télévisée animée en 1982. Produite par Tokyo Movie Shinsha, la série (trente-et-un épisodes) est admirablement réalisée par Osamu Dezaki (Lady Oscar, Ashita no Joe 2, Black Jack) en tandem avec son dessinateur habituel Akio Sugino, sur d’excellentes et envoutantes musiques jazz-funk de Kentaro Haneda (L’Ile au trésor, Macross, Sherlock Holmes). Elle est arrivée en France en 1985 sur Canal Plus et Antenne 2, et est restée très populaire, notamment grâce à ses multiples éditions en VHS, DVD et blu-ray. Le chapitre du rugball est l’un des plus mémorables, pendant lequel Cobra joue à ce sport très violent, mélange de baseball et de football américain. La franchise n’est d’ailleurs pas éteinte, car elle a connu deux nouvelles adaptations animées en OVA (2008) et en série (2010), tandis que le réalisateur français Alexandre Aja (fils d’Alexandre Arcady) en a acheté les droits et travaille à son adaptation sur grands écrans. Enfin, il y a à peine quelques mois, un nouveau projet animé a été annoncé, The Return of Joe Gillian, centré à nouveau sur la partie du rugball !

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– 21h : France VS Islande (Quart de finale du championnat d’Europe de football)

19 juin : Ciné-club sport à balle : Rollerball (2002) – Match France VS Suisse

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– 19h : Rollerball (John McTiernan – 2002 – 98 minutes)

avec Chris Klein, Jean Reno, LL Cool J, Rebecca Romijn, Naveen Andrews, Oleg Taktarov, Andrew Bryniarski

La star d’une équipe de rollerball, un sport très violent, se rend compte que son créateur manipule les matchs pour faire monter leurs audiences et son profit.

Le romancier William Harrison avait remarqué, en assistant à un match de baseball tournant à la bagarre générale, que le public se passionnait plus pour les coups que pour le match lui-même. Il en tira une nouvelle, Meurtre au jeu de boules (quelle bonne traduction !), adaptée au cinéma par Norman Jewison (Le Kid de Cincinnati, L’Affaire Thomas Crown) en 1975 avec James Caan. Trente ans plus tard, le grand John McTiernan (Die Hard I & III, Predator, Last Action Hero) entreprend son second remake d’affilée d’un film de Jewison, après Thomas Crown, son dernier succès en date, Le 13ème guerrier ayant été un échec commercial cuisant. Il compte faire de Rollerball un film politique, une dystopie critiquant la course au spectaculaire, à la violence et à l’argent pour endormir les consciences sociales de la génération MTV. Dès le casting les choses commencent mal : Chris Klein vient des American Pie, Jean Reno cabotine de manière catastrophique, le rappeur LL Cool J (alias Ladies Love Cool James) s’obstine à vouloir faire du cinéma, Rebecca Romijn recevra le Razzie Award de la pire actrice. A l’issue de screen tests négatifs, la production ordonne d’élargir le public, retourner des scènes, modifier la fin, couper sauvagement trente minutes de film, et ne le sort que deux ans après le tournage. On obtient un incroyable sabotage industriel, avec des jump cuts inexplicables et des ellipses incohérentes. L’ambition socio-politique est aseptisée, ne restant que des scènes d’action vulgaires, une intrigue confuse et des situations consternantes, sur fond de Slipknot ou Rob Zombie. Rollerball est un lourd échec commercial (ne rapportant que 25 millions de dollars sur 70 millions de budget) et critique – Les Cahiers du Cinéma y virent tout de même « une œuvre d’une rage et d’une énergie inouïes ». Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Le FBI découvre que McTiernan avait engagé un détective privé pour espionner et enregistrer son producteur avec qui il était en conflit dès le tournage, ce qui lui vaudra un an de prison ferme. Un sévère prix à payer pour un ratage cinématographique sans appel, mais qui est devenu malgré lui un nanar des plus savoureux et fascinants !

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– 21h : France VS Suisse (Match du championnat d’Europe de football)

Comme pour tous les soirs de matchs, happy hour prolongé jusqu’à 22h !