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Ciné-club Vietnam avec les Sheen : Platoon (1986) – Apocalypse Now (1979)

Martin Sheen et son fils Charlie ont chacun joué le rôle principal d’un film sur le Vietnam. De quoi échanger leurs souvenirs de tournage autour du repas de famille !

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– 19h : Platoon (Oliver Stone – 1986 – 120 minutes)

avec Charlie Sheen, Tom Berenger, Willem Dafoe, Forest Whitaker, Corey Glover, Francesco Quinn, John C. McGinley, Richard Edson, Keith David, Johnny Depp

En 1967, un jeune américain engagé volontaire arrive au Vietnam. Idéaliste, il va perdre ses illusions sur le conflit et sur l’armée américaine.

Oliver Stone a commencé sa carrière comme scénariste, notamment de Midnight Express (Alain Parker, 1978) pour lequel il a gagné l’Oscar, mais aussi la première version de Conan le barbare (John Milius, 1982) ou Scarface (Brian De Palma, 1984). Il a aussi réalisé trois films avant de s’attaquer à Platoon, qui est en grande partie autobiographique, puisqu’il s’était vraiment engagé pour la guerre du Vietnam, en avait reçu des décorations militaires, mais en a été comme beaucoup marqué à vie, au point d’en faire le sujet de son premier court-métrage de fin d’études dans la classe de Martin Scorsese (Last Year in Viet Nam, 1971), et d’y consacrer deux autres films par la suite : Né un 4 juillet (1989, à nouveau avec Willem Dafoe et Tom Berenger) et Entre Ciel et Terre (1993). Le tournage eut lieu aux Philippines (en pleine révolution contre le dictateur Marcos, ce qui faillit annuler le film) avec de véritables réfugiés vietnamiens, où le réalisateur fit construire un camp d’entrainement militaire pour préparer pendant deux semaines les acteurs à l’état psychologique d’un soldat. Stone se révèlera d’ailleurs tyrannique par la suite lors du tournage, comme un véritable officier. Contrairement à Voyage au bout de l’enfer (qui traite beaucoup de la vie avant et après le Vietnam) ou Apocalypse Now (où l’on suit une mission spéciale pour neutraliser un officier américain), Platoon se passe intégralement sur le front vietnamien, au milieu d’une unité où un jeune engagé va faire l’expérience de la désillusion sur une guerre qu’il ne comprend plus et sur un commandement militaire en déroute. Il va ainsi assister à la rivalité entre deux officiers aux conceptions opposés : l’un puissant et aveuglement brutal, l’autre moral et christique, ne légitimant pas les exactions américaines sur la population civile et ne croyant plus à la victoire. Ce dilemme au sein d’un idéaliste représente le déchirement socio-politique du pays entre les va-t-en-guerre et les humanistes. Pour un budget de six millions de dollars, Platoon va en récolter plus de 130 millions, et remporter quatre Oscars (meilleurs film, réalisateur, montage, son) sur huit nominations, propulsant Oliver Stone sur le devant de la scène avec la carrière que l’on sait – à commencer par Wall Street en 1987, à nouveau avec Charlie Sheen.

 APOCALYPSE NOW

– 21h : Apocalypse Now (Francis Ford Coppola – 1979 – 154 minutes)

avec Martin Sheen, Marlon Brando, Robert Duvall, Laurence Fishburne, Dennis Hopper, Harrison Ford, Sam Bottoms, Albert Hall, Frederic Forest

Le capitaine Willard est secrètement envoyé au-delà de la frontière cambodgienne pour retrouver et abattre le colonel Kurtz, devenu incontrôlable.

Apocalypse Now est une adaptation de Au Cœur des ténèbres de Joseph Conrad, mais transposée depuis l’Afrique coloniale jusqu’à la guerre du Vietnam, avec une trame de fond identique : la déshumanisation de l’homme au fur et à mesure qu’un bateau remonte un fleuve, s’éloignant de la civilisation et s’enfonçant dans la nature, pour se rapprocher du mystérieux et fascinant Kurtz. Tout est mythique dans ce film, à commencer par son tournage aux Philippines, particulièrement chaotique. Harvey Keitel est renvoyé du tournage au bout de quelques scènes, remplacé par Martin Sheen, qui y fera un infarctus plus tard, l’empêchant de tourner pendant trois semaines. Marlon Brando arrive avec des kilos en trop sans avoir lu le script, et doit improviser car il ne parvient pas à apprendre son texte. Un typhon ravage le plateau, tandis que les hélicoptères prêtés par l’armée philippine doivent être peints tous les matins aux couleurs de l’armée américaine, et repeint à leurs couleurs originelles tous les soirs. L’équipe technique est défoncée, Coppola devient complètement mégalomane et paranoïaque, perdant quarante kilos et investissant une grande partie de sa fortune personnelle, le budget passant de dix-sept millions à trente-cinq millions de dollars, alors que le tournage s’étire sur deux cent trente-huit jours. Mais le résultat est à la hauteur de l’effort, comme si le tournage d’un film sur le Vietnam se devait d’être aussi infernal que la réalité pour atteindre l’authenticité historique et l’intensité artistique. Marlon Brando, bien qu’apparaissant une dizaine de minutes seulement, y tient un de ses rôles majeurs. La bande-son est des plus fameuses : en plus de la partition du père de Coppola, on y entend la Chevauchée des Walkyries de Wagner pendant un raid d’hélicoptères, The End des Doors sur l’ouverture du film, Satisfaction des Rolling Stones, etc. Au final, Apocalypse Now devient un des plus grands films non seulement sur le Vietnam, mais sur la guerre, ainsi que des années 70. Il décroche la Palme d’or du Festival de Cannes, ainsi que les Oscars de la meilleure photographie et du meilleur son (sur huit nominations), et acquiert rapidement la stature d’un film culte, encensé de générations en générations. En 2001 il ressort dans un nouveau montage avec cinquante minutes supplémentaires (pas forcément essentielles) sous le nom d’Apocalypse Now Redux, prolongeant encore sa légende au XXIème siècle.

Ciné-club dégustation Machete : Machete (2010) – Machete kills (2013)

Dans le cadre de la Paris Beer Week, le Festin Nu organise une grande soirée Machete, avec non seulement les deux films de Robert Rodriguez, mais en plus la bière artisanale Machete Double IPA à la pression, de la brasserie Birrificio del Ducato !

Dimanche 25 mai 2014 :

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– 19h : Machete (Robert Rodriguez & Ethan Maniquis – 2010 – 105 minutes)

avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Jessica Alba, Robert de Niro, Steven Seagal, Lindsay Lohan, Tom Savini

Un ancien agent fédéral est engagé pour tuer un politicien. Mais il s’agit d’un piège…

Pour le projet de films de série B vintage des années 70 Grindhouse (2007), Quentin Tarantino et Robert Rodriguez intercalent des fausses bandes annonces entre Boulevard de la mort et Planète terreur, telles que Thanksgiving, Hobo with a shotgun ou Werewolf Women of the SS. L’une des plus populaires est Machete, réalisée par Rodriguez. Devant l’insistance des fans, il finit par mettre en chantier un véritable long-métrage sur le personnage, avec Ethan Maniquis (monteur sur Planète terreur). Il réussit à réunir un improbable casting de stars (dont la plupart ont déjà tourné avec Rodriguez) : Danny Trejo (cousin de Rodriguez !), habité des seconds rôles (Desperado, Une Nuit en enfer ou la saga Spy Kids) ; Robert de Niro, excellent en politicien véreux d’extrême-droite ; Steven Seagal, dont il s’agit du premier rôle de méchant, et qui fait ici son come-back au cinéma après n’avoir tourné que des films direct-to-video depuis des années ; Tom Savini (Une Nuit en enfer, Planète terreur), légendaire maquilleur de zombies pour George Romero. La distribution féminine n’est pas en reste, avec les pulpeuses Jessica Alba (Sin City), Michelle Rodriguez et Lindsay Lohan. Le film a un cadre politique : l’immigration clandestine des mexicains au Texas, sujet rarement traité au cinéma. Mais en réalité Rodriguez s’en sert de prétexte pour faire un film de série B latino grand public, à l’instar de John Woo avec les films de genre asiatiques. Au programme, beaucoup de fusillades, de sang, de morts, de filles sexy et surtout beaucoup d’humour et de parodie.

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– 21h : Machete kills (Robert Rodriguez – 2013 – 108 minutes)

avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Mel Gibson, Demián Bichir, Charlie Sheen, Lady Gaga, Antonio Banderas, Cuba Gooding Jr., Tom Savini, Jessica Alba

Machete doit empêcher le chef d’un cartel mexicain d’envoyer vers les Etats-Unis un missile nucléaire.

Avec le succès du premier film, Rodriguez rempile avec beaucoup plus de budget, mais toujours la même formule de violence, de sexe et de parodie, pour Machete kills. Outre Danny Trejo, Michelle Rodriguez ou Tom Savini qui rempilent, Mel Gibson (le grand méchant), Charlie Sheen (succulent président américain !), Lady Gaga ou Antonio Banderas font partie des guest-stars du casting. L’histoire est encore plus délirante, ne se refusant rien, et on note des références savoureuses à Star Wars ou James Bond. Le troisième opus est en route, Machete kills again… in space, dont on voit deux bandes annonces avant et après Machete kills.