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20 septembre : Ciné-club frères : Le Gang des frères James (1980) – Rain Man (1988)

LE GANG DES FRERES JAMES

– 19h : Le Gang des frères James (Walter Hill – 1980 – 100 minutes)

avec David Carradine, Keith Carradine, Robert Carradine, James Keach, Stacy Keach, Dennis Quaid, Randy Quaid, Christopher Guest, Nicholas Guest

Le sanglant et redouté gang de braqueurs de banques de Jesse James est poursuivi par une agence de détectives.

Le gang des frères James-Younger est un des grands mythes de l’histoire des Etats-Unis, sans doute les plus fameux hors-la-loi avec Billy le Kid, adapté bien des fois au cinéma par King Vidor, Nicholas Ray ou Philip Kaufman. Contrairement à d’autres, Walter Hill (dont il s’agit du premier western, avant Geronimo ou Wild Bill, d’autres légendes de l’Ouest) adopte un parti pris tout à fait réaliste, loin de toute vision romantique, montrant gangsters comme des anti-héros, simples fils de fermiers dans leur vie quotidienne. La grande originalité du film est d’avoir choisi d’authentiques frères comme acteurs : les Carradine, Keach, Quaid et Guest. Ce n’est pas la seule chose qui porte le film, mais cela renforce le sentiment d’authenticité et de sobriété anti-hollywoodienne – David Carradine est d’ailleurs le plus charismatique. Walter Hill, en élève de Sam Peckinpah (il a scénarisé son Guet-apens), distille tout de même des scènes d’explosion de violence sanglante lors des braquages. Enfin la musique est intelligemment confiée à Ry Cooder, qui inaugure sa carrière de compositeur de film (en faisant abstraction de Performance en 1970) – il signera la bande-son de six autres films de Walter Hill.

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– 21h : Rain Man (Barry Levinson – 1988 – 133 minutes)

avec Tom Cruise, Dustin Hoffman, Valeria Golino

Un vendeur de voitures matérialiste et ruiné découvre à la mort de son père qu’il a un grand frère autiste, à qui est confié tout l’héritage.

Rain Man est inspiré d’une histoire vraie, celle de Kim Peek, un américain autiste savant doté d’une mémoire exceptionnelle (allant jusqu’à se souvenir parfaitement des noms et numéros de l’annuaire). Le film a donc été minutieusement préparé à l’aide psychologues et spécialistes. Dustin Hoffman en livre une interprétation inouïe et bouleversante, plus vraie que nature. Même l’inénarrable Tom Cruise s’avère tout à fait juste et même très important pour contrebalancer et mettre en valeur le jeu complexe d’Hoffman. Cette histoire touchante entre deux frères qui apprennent à se connaître et se comprendre le temps d’un road-movie est devenue le plus gros succès de Barry Levinson (Good Morning Vietnam, Harcèlement), un raz de marée public (dépassant même Indiana Jones et la dernière croisade et Retour vers le futur II) et critique : Ours d’or à Berlin, et quatre Oscars remportés sur huit nominations aux Oscars (meilleurs film, réalisateur, scénario et acteur pour Hoffman). Dustin Hoffman retravaillera avec Barry Levinson dans Sleepers, Des Hommes d’influence et Sphère.

1er mars 2015 : Ciné-club Hard rock

SPINAL TAP

– 19h : This is Spın̈al Tap (Rob Reiner – 1984 – 83 minutes)

avec Michael McKean, Christopher Guest, Harry Shearer, Rob Reiner, June Chadwick, Tony Hendra, Bruno Kirby, Patrick McNee, Billy Cristal, Anjelica Huston

Une équipe de documentaire suit la tentative de comeback du groupe de hard rock Spın̈al Tap.

Le premier film de Rob Reiner (Quand Harry rencontre Sally, Misery, Des Hommes d’honneur) est un mockumentary ou documenteur, autrement dit un faux documentaire. On voit en effet un réalisateur et sa caméra suivre la tournée comeback d’un groupe de hard rock, mais tout est faux, jusqu’au groupe ! Cette parodie des coulisses du (hard) rock des années 70-80 est tout bonnement hilarante et terriblement acérée, s’inspirant d’une infinité de faits divers et d’anecdotes de Led Zeppelin, Black Sabbath, Status Quo, Scorpions et autres Motley Crue, entre scénographies grotesques, décès mystérieux du batteur, manager irresponsable, pochettes d’albums douteuses, paroles de chansons sexistes et débiles, conflits d’ego des leaders, compagne harpie du guitariste qui sème le trouble, virages stylistiques, archives télé sixties et hippies, guitare double manche, le fameux ampli qui monte jusqu’à 11, etc.. Avec leur mélange de prétention, naïveté et stupidité, les membres du groupe donnent une image touchante et tellement juste de la rock star des stades. Une véracité qui poussera carrément ce faux groupe à en devenir un vrai, en sortant des albums et jouant des concerts bien après la sortie du film, entretemps devenu culte auprès de milliers de fans ! On a pu ainsi les voir jouer au Freddie Mercury Tribute ou au Live Earth. Les références culturelles au film sont devenues innombrables (notamment dans les Simpson, où par ailleurs l’acteur jouant le bassiste est aussi un membre de l’équipe de doublage du dessin animé). This is Spın̈al Tap est tout bonnement un des meilleurs films sur le rock, et certainement le plus drôle !

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– 21h : Good to see you again, Alice Cooper (Joe Gannon – 1974 – 100 minutes)

avec Alice Cooper, Michael Bruce, Glen Buxton, Dennis Dunaway, Neal Smith, Fred Smooth

Enregistré en 1973 durant la tournée pour l’album Billion dollars babies qui est un énorme succès commercial, Good to see you again, Alice Cooper donne à voir le fameux spectacle excessif, innovant et choquant pour l’époque du groupe (car Alice Cooper était le nom du groupe, avant que le chanteur ne parte faire carrière en solo en gardant le même nom). Dans une ambiance théâtrale de cabaret décadent et macabre, on découvre la plupart des artifices scéniques qui ont fait la réputation sulfureuse d’Alice Cooper, à base de maquillage, faux mannequins, bébés en jouet, fleurs, sarcophage, dollars lancées dans le public, mise en scène d’arrachage de dent avec fausse dent, brosse à dent et tube de dentifrice géants, un véritable boa dans les mains du chanteur, un faux Richard Nixon sur scène, le clou du spectacle étant la fameuse mise à mort d’Alice Cooper par guillotine et tête coupée exhibée au public ! Autant d’éléments spectaculaires qui ne le rendent pas étranger à la parodie de This is Spın̈al Tap – sauf qu’Alice Cooper a toujours pratiqué l’autodérision par l’outrance volontaire, contrairement à nombre de ses confrères. Le film du concert (car il est bel et bien sorti sur les écrans américains à l’époque) est augmenté de quelques scènes de fictions à vocation humoristique mais dispensables avec un acteur cabotin. Quoi qu’il en soit, Good to see you again, Alice Cooper confirme que les excentricités spectaculaires de Marilyn Manson et autres Lady Gaga n’ont pas grand-chose à envier à celles d’Alice Cooper, qui a ouvert la voie à bien des imitateurs. Enfin, n’oublions pas la performance musicale du groupe, Billion dollars babies étant sans doute leur meilleur album.