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25 juin 2017 : Ciné-club Vampire : Dracula et les femmes (1968) – Drácula (1931)

DRACULA ET LES FEMMES

– 19h : Dracula et les femmes (Freddie Francis – 1968 – 92 minutes)

avec Christopher Lee, Rupert Davies, Veronica Carlson, Barry Andrews, Ewan Hooper, Barbara Ewing, Marion Mathie

Dans un village des Carpates, le corps d’une jeune fille est découvert, avec une morsure dans le cou. L’évêque et le curé se rendent au château du comte Dracula, mort depuis des années. Mais en se blessant, ils font couler du sang sur sa dépouille…

Après Le Cauchemar de Dracula (1958) et Dracula, Prince des ténèbres (1966), Christopher Lee ne souhaitait plus endosser le rôle de sa vie. Mais les productions Hammer le supplièrent d’accepter, lui disant que sans cela ils devraient mettre nombre de collaborateurs au chômage. Lee, familiers de cette maison somme toute assez artisanale, céda, pour notre plus grand bonheur. On retrouve ainsi dans Dracula et les femmes tous les charmes des productions Hammer, revisitant les mythes fantastiques et monstrueux (Dracula, Frankenstein, Momie, etc.) avec leur esthétique gothique, l’ambiance sixties, les couleurs vives du Technicolor, les trucages sanglants et une touche d’érotisme. Le scénario tente même de se libérer des clichés de la franchise, s’attardant sur la vie des villageois concernés et thématisant sur le conflit entre la foi et l’athéisme. Le réalisateur des deux précédents épisodes, Terence Fisher, s’étant cassé la jambe, il laisse son poste à Freddie Francis,un autre habitué de la Hammer, qui deviendra directeur de la photographie de David Lynch ou Martin Scorsese. Il donne un surplus de style à cet opus qui aura beaucoup de succès en salle, et incitera Christopher Lee, en échange d’une augmentation de salaire, à remettre la cape du vampire encore quatre fois, jusqu’en 1974.

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– 21h : Drácula (George Melford – 1931 – 104 minutes)

avec Carlos Villarias, Lupita Tovar, Barry Norton, Pablo Alvarez Rubio, Eduardo Arozamena, José Soriano Viosca

Renfield se rend au château du compte Drácula pour réaliser une transaction immobilière…

Le roman de Bram Stoker a été adapté en pièce de théâtre, elle-même adaptée au cinéma par Universal Studios, avec le légendaire Bela Lugosi dans le rôle-titre. Cependant, au lieu de doubler le film en langue étrangère, il était courant à l’époque de tourner une version étrangère en même temps en utilisant le même scénario et les mêmes décors et costumes, avec des acteurs étrangers. Ainsi, l’américain George Melford réalise une version espagnole avec des comédiens hispanophones, tournant de nuit pendant que la version américaine se tournait de jour sur les mêmes plateaux. L’équipe technique de nuit arrivant en avance, elle eut ainsi l’avantage d’observer le travail de l’équipe américaine, de s’en inspirer ou de l’améliorer. La version espagnole de Drácula est donc plus soignée visuellement, avec de meilleurs cadrages et mouvements de caméras. Le casting hispanophone s’en tire très bien, Lupita Tovar est bien plus sensuelle et moins habillée que l’actrice américaine, tandis que l’acteur jouant Renfield est d’une démence remarquable. Si ce Drácula espagnol est moins connu du grand public que la version américaine, les cinéphiles le tiennent pour plus réussi techniquement, et ne regrettent que l’absence de l’insurpassable Bela Lugosi.

20 décembre : Ciné-club Dracula : Dracula (1931) – Une Messe pour Dracula (1970)

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– 19h : Dracula (Tod Browning – 1931 – 75 minutes)

avec Bela Lugosi, David Manners, Helen Chandler, Dwight Frye, Edward Van Sloan

Renfield se rend en Transylvanie à la rencontre du comte Dracula, en vue d’une acquisition immobilière à Londres. Mais les villageois l’en dissuadent fortement.

Après le fameux Nosferatu de Murnau (titré ainsi pour contourner les droits d’auteur), ce Dracula est la première adaptation officielle du roman de Bram Stoker – ou plus exactement d’une pièce de théâtre à Broadway qui en est tirée, où jouait déjà Bela Lugosi et Edward Van Sloan. Lugosi, hongrois, ne parlait d’ailleurs pas un mot d’anglais et dû apprendre son texte par cœur phonétiquement. On comprend mieux d’où vient la diction si particulière, gracieuse et terrifiante du premier Dracula parlant au cinéma, et qui en figera les codes pour des décennies ! Produit par Universal, le film inaugure l’âge d’or des Universal Monsters, ces films de monstres qui eurent tant de succès à l’époque, avec Frankenstein, La Momie, Le Loup-Garou ou L’Homme invisible. Il rend populaire le mythe du vampire et de son célèbre comte, qui devient une immense icône audiovisuelle et culturelle tout au long du XXème siècle, et fera de Lugosi un des représentants majeurs du cinéma fantastique. Ce dernier fut longtemps réduit à ce rôle, au point d’être enterré avec son costume du comte.

 UNE MESSE POUR DRACULA

– 21h : Une Messe pour Dracula (Peter Sasdy – 1970 – 95 minutes)

avec Christopher Lee, Ralph Bates, Linda Hayden, Anthony Corlan, Geoffrey Keen, John Carson, Peter Sallis

Au XIXème siècle, des bourgeois anglais participent à une messe noire ayant pour but de faire renaître le comte Dracula.

Après les Universal Monsters, les studios anglais Hammer constituent un nouvel âge d’or du cinéma fantastique, revisitant la plupart des monstres mythiques avec les moyens modernes des années 60 : couleurs vives, effets spéciaux sanglants, décors gothiques à l’anglaise et touches d’érotisme. Christopher Lee endosse la cape du comte vampire dans Le Cauchemar de Dracula (1958) et devient à son tour une star, son meilleur interprète avec Lugosi. Le film est un succès et engendre de nombreuses suites sous la pression des distributeurs américains. Cependant, Lee s’en lassera progressivement, ce qui ne l’empêchera pas de tenir le rôle sept fois pour la Hammer, et une autre fois sous la direction de Jesus Franco. Suite immédiate de Dracula et les femmes, Une Messe pour Dracula s’intéresse à la messe noire et au satanisme (à la mode dans les sixties, ne serait-ce que chez Black Sabbath ou Led Zeppelin), par le biais d’un groupe de bourgeois débauchés-hypocrites en manque de sensations fortes. Lee est paradoxalement peu présent à l’écran, pour mieux faire monter la tension avant le retour du prince du mal, et entre ses apparitions hypnotiques et sanglantes. En réalité le film fut initialement écrit sans le personnage de Dracula, et ce n’est qu’au dernier moment que Lee accepta de participer au film. Mais sa présence minimaliste (vingt-huit mots prononcés !) a toujours l’effet maximal !