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3 décembre 2017 : Ciné-club Science-fiction bis : A des millions de kilomètres de la Terre (1957) – Métal Hurlant (1981)

– 19h : A des millions de kilomètres de la Terre (Nathan Juran – 1957 – 82 minutes)

avec William Hopper, Joan Taylor, Frank Puglia, Tito Vuolo, Arthur Space

Un vaisseau spatial humain revenant de Venus s’écrase en Sicile, libérant un monstre qui ne cesse de grandir et de semer la panique !

La science-fiction était très à la mode dans les années 50, avec son lot d’histoires sensationnelles liées à l’espace et aux extra-terrestres. Dans la droite lignée de King Kong (1933) et surtout du récent Godzilla (1954) qui avait fait sensation, A des millions de kilomètres de la Terre propose une version américaine de monstre destructeur : ainsi le vénusien Ymir effraie la population, tient tête à l’armée, combat un éléphant et détruit des vestiges romains (Colisée, pont Saint-Ange) pour le plus grand plaisir du spectateur. Tourné en Italie et en Californie, le film repose avant tout sur les prodigieux effets spéciaux de l’immense Ray Harryhausen (Jason et les Argonautes, Le Choc des Titans), qui animait image par image la créature. Il est d’ailleurs considéré comme le réalisateur officieux de ses films, tant ils sont centrés sur son travail. Outre la prouesse technique des mouvements naturels et détaillés (surpassant ses précédents films Le Monstre de temps perdus ou Le Monstre vient de la mer), il insuffle au monstre une personnalité subtile et touchante, puisqu’au final il n’a rien demandé à personne et se retrouve à se défendre des persécutions humaines après avoir été ramené sur Terre. Ces effets spéciaux artisanaux donnent une authenticité et une magie qui bien des blockbusters à images de synthèse n’effleurent pas. Ray Harryhausen enchaînera l’année suivante sur Le Septième voyage de Sinbad (qui connaîtra deux suites).

– 21h : Métal Hurlant (Gerald Potterson – 1981 – 90 minutes)

Une mystérieuse et malfaisante sphère verte apporte la destruction dans différents endroits de l’univers.

La revue française Métal Hurlant, créée en 1975 par Jean-Pierre Dionnet, Moebius et Druillet, avait révolutionné la bande-dessinée, avec ses histoires de science-fiction, parfois teintées d’heroic fantasy ou d’érotisme soft, pour public adolescent et adulte. Une version américaine a vu le jour en 1977, Heavy Metal, provoquant le même impact. C’est ainsi qu’Ivan Reitman (SOS Fantômes) décide de produire une adaptation animée pour le cinéma. Le film Metal Hurlant prend la forme de plusieurs courts-métrages aux styles graphiques narratifs distincts (réalisés par des équipes différentes). Si les histoires sont reliés par le fil conducteur d’une mystérieuse sphère verte (le Loc-Nar), on retrouve le même univers hors-normes, humoristique, sexy et rock’n’roll. La bande-son est justement constitué de chansons rock ou hard rock signés Black Sabbath, Blue Oyster Cult, Grand Funk Railroad, Cheap Trick, Trust, Devo, et bien d’autres. Film culte et sans précédent dans le genre, Métal Hurlant est sans doute le dernier représentant de la contre-culture américaine sixties-seventies, avant l’ère conservatrice de Ronald Regan. Son esthétique, animation et ambiance ambitieuses influenceront des films comme Mad Max, Blade Runner ou Le Cinquième élément. Il connaîtra une suite (Heavy Metal 2000) et une série télévisée franco-belge en prises de vue réelles en 2012 (Métal Hurlant Chronicles).

5 juin : Ciné-club Walter Hill / Ciné-Bazar 3 : Streets of fire (1984) – Double détente (1988)

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Soirée spéciale à l’occasion de la sortie de la revue Ciné-Bazar n°3 qui consacre un dossier au réalisateur Walter Hill ! Des exemplaires seront en vente, en présence du rédacteur en chef Thomas Revay.

LES RUES DE FEU

– 19h : Streets of fire (Walter Hill – 1984 – 93 minutes)

avec Michael Paré, Diane Lane, Willem Dafoe, Rick Moranis, Amy Madigan, Deborah Van Valkenburgh, Rick Rossovich, Bill Paxton

Une chanteuse de rock est kidnappée par un gang de motard. Son ancien amant se lance à leurs trousses.

Avec Streets of fire, Walter Hill souhaitait réaliser le film de ses rêves à l’adolescence, avec de la musique rock, des vestes en cuir, des dialogues percutants, des bastons pour l’honneur, des motards et leurs bécanes, des voitures à l’ancienne en courses-poursuites, des baisers sous la pluie et les néons. On ne s’étonnera donc pas de l’aspect retro fifities du film, même s’il porte un cachet incontestablement eighties dans le style des personnages, l’ambiance nocturne et urbaine et une production musicale typique de la décennie. Le titre du film provient d’ailleurs d’une chanson de Bruce Springsteen, dont il n’a pas réussi à avoir les droits. On retrouve à la musique son collaborateur habituel Ry Cooder (ayant travaillé avec les Rolling Stones, Captain Beefheart, et aussi Wim Wenders pour Paris, Texas), ainsi que Jim Steinman (compositeur de comédies musicales, comme Le Bal des vampires de Polanski) et Dan Hartman (Edgar Winter, « Living in America » de James Brown). Diane Lane est une habituée de Coppola (Rusty James, Outsiders, Cotton Club), Rick Moranis joue aussi dans SOS Fantômes qui sort le même mois, et Willem Dafoe est promis à une longue carrière (Platoon, La Dernière tentation du Christ, Sailor et Lula). Cette « fable rock’n’roll » devait être le premier épisode d’une trilogie, mais son échec commercial l’en empêcha (un changement de direction à la tête du studio l’ayant privé de promotion). Le film est néanmoins devenu culte (les japonais le vénèrent !), notamment pour sa bande-son épique et son esthétique de comics vintage, et une suite non-officielle est tout de même sortie en 2008, Road to hell, où Michael Paré et Deborah Van Valkenburgh reprennent leurs rôles.

DOUBLE DETENTE

– 21h : Double détente (Walter Hill – 1988 – 104 minutes)

avec Arnold Schwarzenegger, James Belushi, Peter Boyle, Ed O’Ross, Laurence Fishburne, Gina Gershon, Richard Bright

Un policier soviétique est envoyé à Chicago pour faire équipe avec un policier américain pour retrouver un dangereux trafiquant de drogue.

Avec des rôles aussi musclés et iconiques que ceux de Conan, Terminator ou Predator, Arnold Schwarzenegger est une superstar d’action et n’a plus grand-chose à prouver, si ce n’est devenir plus grand public. Il essaie donc de varier ses rôles, d’inclure plus de subtilités dramatiques et même des touches d’humour. Sous la direction de Walter Hill, il se retrouve dans un buddy movie au contexte particulier. Le genre (déjà abordé par Walter Hill dans 48 heures) veut que deux policiers que tout oppose doivent apprendre à travailler ensemble et finalement s’apprécier. Ici ce sont un soviétique et un américain qui font équipe, en pleine Guerre Froide ! Néanmoins, Double détente est nettement moins marqué idéologiquement que les films américains des dernières décennies qui montraient sous un jour défavorable d’horribles soviétiques du mauvais côté de l’Histoire. Et c’est justement parce le film donne une représentation positive du peuple russe et que le personnage de Schwarzenegger est humaniste et nuancé que l’URSS autorisa de tourner des scènes sur la Place Rouge à Moscou, une première historique ! James Belushi est à l’inverse montré comme un flic peu glamour qui grignote des cochonneries au pays de la liberté, de la grande consommation et du porno. Derrière le décalage humoristique entre les tempéraments et sociétés soviétiques et américaines, Walter Hill met en scène un western urbain typiquement eighties dans des rues embrumées et poisseuses, où nos deux flics ne reculent devant aucun dégât ni bavures pour mettre fin à d’odieux trafic de drogues. L’humour semble plaire à Schwarzy, puisqu’il enchaînera sur les comédies d’Ivan Reitman (SOS Fantômes) : Jumeaux (son plus grand succès commercial à l’époque) et Un Flic à la maternelle. Et heureusement Total Recall et Terminator 2.

27 mars : Ciné-club Supernanar : Superman et les Nains de l’enfer (1951) – Superman IV : Le Face à face (1987)

SUPERMAN ET LES NAINS DE L'ENFER

– 19h : Superman et les Nains de l’enfer (Lee Sholem – 1951 – 58 minutes)

avec George Reeves, Phyllis Coates, Jeff Corey, Walter Reed, J. Farrell MacDonald, Stanley Andrews, Ray Walker, Billy Curtis

Les journalistes Clark Kent et Lois Lane vont faire un reportage sur le plus profond puit de pétrole du monde. Mais il atteint une zone souterraine où vivent des petits êtres qui vont remonter à la surface et effrayer la ville.

Né en 1938 dans Action Comics, Superman a évidemment connu bien des adaptations audiovisuelles : deux séries de dessins animés (1941 et 1942) et deux serials (19548 et 1950), diffusés au cinéma avant des films (les séances avaient beaucoup plus de contenus qu’aujourd’hui !). Le premier long-métrage du super-héros n’en est un qu’à moitié, puisqu’il ne dure que cinquante-huit minutes, et qu’il s’agit en fait d’un pilote pour une nouvelle série télévisée, Les Aventures de Superman, qui durera six saisons et 104 épisodes, de 1952 à 1958. Tourné en douze jours, Superman et les Nains de l’enfer a donc le budget d’une série de l’époque, et cela se voit ! Le rayon-laser des nains de l’enfer est ainsi fabriqué à partir d’un… aspirateur ! On peut dire que la première adaptation du grand héros de la pop culture américaine est un rendez-vous manqué, tant l’histoire et les moyens manquent d’envergure. Il en résulte une atmosphère surréaliste tout à fait nanardesque, et tout de même un plaidoyer pour la tolérance et l’acceptation de l’autre, loin d’être anecdotique aux Etats-Unis avant les Droits Civiques de 1964. Si la série télévisée est un succès, il faudra attendre 1978 pour voir une production faire honneur à Superman et ses super-pouvoirs au cinéma.

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Vu la courte durée du film, divers épisodes bonus d’époque seront projetés, dont surtout The Adventures of Superpup, le pilote (22 minutes) d’une série télévisée de 1958 qui n’a jamais vu le jour, et on comprend pourquoi : il ne s’agit rien de moins que d’un chien super-héros revêtant le costume de Superman dans un monde de chiens ! Les personnages sont tous joués par des nains, Superpup étant interprété par Billy Curis, qui jouait déjà un des Nains de l’enfer !

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– 21h : Superman IV : Le Face à face (Sidney J. Furie – 1987 – 90 minutes)

avec Christopher Reeve, Gene Hackman, Jackie Cooper, Marc McClure, Jon Cryer, Sam Wanamaker, Park Pillow, Mariel Hemingway, Margot Kidder

Lex Luthor tente de voler un cheveu de Superman pour créer Nuclear Man, un être aussi puissant que lui.

Après la déception critique de Superman III, Christopher Reeve ne voulait plus enfiler le pyjama bleu à cape rouge. Mais les productions Cannon (spécialisés en série B, avec Chuck Norris, Sylvester Stallone ou Jean-Claude Van Damme) a réussi à le convaincre, en échange de lui faire tourner un projet qui lui tenait à cœur (La Rue). Une fois le contrat signé, les ennuis commencent : le budget du film est réduit de moitié, ce qui impacte gravement la qualité des effets spéciaux. Quarante-quatre minutes de film ont même été coupées, en vue de les inclure dans une suite – qui ne verra jamais le jour à cause de l’échec commercial de Superman IV. Il est facile à comprendre, entre les séquences embarrassantes (Clark Kent à un cours d’aérobic), inutiles (l’interview de Superman par Clark Kent en présence de Lois Lane), ridicules (Superman à l’ONU promettant d’éradiquer les armes nucléaires) ou incohérentes (une otage humaine respire dans l’espace), méchants agaçants, duel décevants et effets spéciaux bas de gamme. Ce sera donc le dernier Superman avec Christopher Reeve, malgré les multiples projets différents d’un Superman V, et il faudra attendre 2006 pour voir Superman Returns. Si certains critiques ou magazines vont jusqu’à parler de Superman IV comme l’un des pires films réalisés, force est de reconnaître qu’il constitue un nanar aussi consternant qu’amusant ! Et pour approfondir, une demi-heure de scènes coupées sera diffusée en bonus à la fin !

Ciné-club science-fiction kitsch : Barbarella (1968) – Flash Gordon (1980)

Les points communs de Barbarella et Flash Gordon ? Tous deux sont des films adaptés de bande-dessinée, dans un univers de science-fiction. Et ils ont le même producteur, Dino De Laurentiis. Est-ce une coïncidence s’ils se savourent bien mieux au second degré qu’au premier ?

 Dimanche 27 avril 2014 :

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– 19h : Barbarella (Roger Vadim – 1968 – 98 minutes)

avec Jane Fonda, John Phillip Law, Anita Pallenberg, Milo O’Shea, Ugo Tognazzi, David Hemmings

En l’an 40.000, alors que l’univers a oublié le concept de guerre, Barbarella doit retrouver le savant Durand Durand, qui vient de mettre au point une arme redoutable qui pourrait bouleverser la paix et l’équilibre de l’univers.

Barbarella est à l’origine une bande-dessinée française de Jean-Claude Forest, publiée à partir de 1962. Inspirée de Brigitte Bardot, l’héroïne est un archétype de guerrière amazone, évoluant dans un univers de science-fiction et sexy. Roger Vadim (Et Dieu… créa la femme, avec Brigitte Bardot) l’adapte en 1968 et donne le rôle-titre à son épouse de l’époque, Jane Fonda (fille d’Henry Fonda et sœur de Peter Fonda). Produit par Dino de Laurentiis (un italien habité des films de genre et de série B), tourné à Rome, le scénario (bourré d’humour) et la mise en scène de Barbarella ne soutiennent évidemment pas la comparaison avec les standards futurs de la science-fiction, mais son charme et son importance culturelle sont ailleurs. En effet, le film se révèle être un formidable musée de l’esthétique pop et psychédélique de l’époque : chaque scène est un prétexte à une prolifération de décors, costumes et objets inhabituels, colorés et extravagants, un régal permanent pour les yeux. Avec ses multiples tenues légères (signées Paco Rabanne), le personnage de Jane Fonda devient un des sex-symbols des années 60. Ce n’est d’ailleurs pas la seule star du casting : on croise Ugo Tognazzi (La Grande Bouffe, La Cage aux folles), David Hemmings (Blow Up), et Anita Pallenberg (compagne pendant dix ans de Keith Richards des Rolling Stones, qui tournera d’ailleurs avec Mick Jagger Performance en 1970). La bande-son est un mélange délicieux et discret de rock et de psychédélisme, à laquelle participe David Gilmour (guitariste de Pink Floyd). A noter aussi que le nom du méchant, Durand Durand, a inspiré le nom du groupe de new wave Duran Duran. L’irrésistible esthétique kitsch, sexy et psychédélique de Barbarella en a fait une icône pop des sixties, et ce n’est pas une surprise que des réalisateurs comme Robert Rodriguez (Machete) ou plus récemment Nicolas Winding Refn (Drive) ont annoncé travailler à la réalisation d’un remake.

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– 21h : Flash Gordon (Mike Hodges – 1980 – 112 minutes)

avec Sam J. Jones, Max von Sydow, Melody Anderson, Timothy Dalton, Topol, Ornella Muti

Pour sauver la Terre, le joueur de football Flash Gordon va combattre l’empereur Ming sur sa planète.

Flash Gordon est un comic américain créé par Alexander Gillepsie Raymond en 1934 – à qui l’on doit aussi Buck Rogers ou Dick Tracy (adapté au cinéma par et avec Warren Beatty en 1990). Immensément populaire aux Etats-Unis (traduit par Guy L’Eclair en France !), il a connu trois adaptations en serials (séries dont on allait voir au cinéma les épisodes, en première partie d’un film, avant l’apparition de la télévision) dans les années 30. Dans les années 70, George Lucas essaie de l’adapter au cinéma, mais comme les droits étaient déjà détenus par Dino De Laurentiis, il réalisera finalement Star Wars – l’histoire de la science-fiction a bien failli être bouleversée ! De son côté, De Laurentiis n’a pas réussi à convaincre Fellini de réaliser Flash Gordon, on se demande encore pourquoi… Tourné en Angleterre, cette adaptation de 1980 à gros budget mit le paquet dans les décors, costumes et effets spéciaux. Mais, ironie du sort, le film a beaucoup vieilli aujourd’hui, est devenu un classique du kitsch. Comme acteur principal on engagea un ancien des pages centrales de Playgirl (version féminine de Playboy pour ceux qui n’auraient pas compris), tandis que l’immense Max von Sydow joue le grand méchant, l’empereur Ming. Comme sa filmographie avec Ingmar Bergman (Le Septième Sceau, Les Fraises sauvages, La Source, etc.) semble loin ! Son costume pesant d’ailleurs plus de 30 kg, il ne pouvait le porter que quelques minutes, le temps de faire une prise à chaque fois ! Timothy Dalton parachève ce prestigieux casting, des années avant de jouer James Bond. Enfin la bande-son est signée Queen, qui ne dépareille pas avec l’esthétique du film, et dont sera issue leur single « Flash ». Si la surprise et la consternation accompagnent régulièrement le visionnage du film, elles sont toujours rapidement accompagnées d’hilarité et d’indulgence, comme pour toute série Z sympathique. Film culte, cette adaptation de Flash Gordon a été souvent citée dans d’autres films, série ou chansons, en faisant une icône pop involontaire. Le point culminant étant sans doute la fascination que les héros de Ted (2012) ont pour le film et l’acteur principal, au point que ce dernier y apparaisse et joue son propre rôle ! Ce regain de popularité ne doit pas être étranger à la décision de la Fox d’en faire un remake pour 2015. Mais deviendra-t-il aussi culte ?