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10 mai : Ciné-club Frank Sinatra

L'EXPRESS DU COLONEL VON RYAN

– 19h : L’Express du colonel Von Ryan (Mark Robson – 1965 – 117 minutes)

avec Frank Sinatra, Trevor Howard, Raffaella Carra, Brad Dexter, Sergio Fantoni, John Leyton, Edward Mulhare, Wolfgang Preiss

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’avion américain du colonel Joseph Ryan est abattu au-dessus de l’Italie. Capturé par les italiens, il va tenter de mener une évasion du camp de prisonnier grâce à un train nazi sillonnant le pays.

Après l’échec commercial retentissant du Cléopâtre de Mankiewicz (1963), la Fox (qui faillit faire faillite) voulait prouver qu’elle était toujours dans la cours des grands studios et qu’elle était encore capable de produire des films à grand spectacle, dans des décors naturels à l’autre bout du monde. C’est ainsi que L’Express du colonel Von Ryan est mis en chantier, adapté d’un roman à succès. Même si le film d’évasion était un genre assez courant à l’époque, celui-ci est quelque peu original, en utilisant un train comme moyen, ce qui sera l’occasion d’admirer les superbes paysages italiens tout le long du trajet et du film. Frank Sinatra insista pour y jouer après avoir lu le scénario, afin de d’ajouter un rôle plus ambivalent et atypique à sa filmographie parfois un brin lisse et consensuelle (il est surnommé « Von Ryan » pour son habitude de suivre les règles, ce qui lui coûtera cher). Le film distille des personnages variés et hauts en couleurs, Trevor Howard (Le Troisième homme, Les Révoltés du Bounty, La Fille de Ryan) excelle comme d’habitude en second rôle solide. L’Express du colonel Von Ryan, avec son scénario rythmé et huilé ainsi que sa musique du prestigieux Jerry Goldsmith (La Planète des Singes, Chinatown, Star Trek le film, Alien, Rambo, Basic Instinct), est un classique mineur du film de guerre et d’évasion, et aura beaucoup de succès : parmi les plus gros de l’année et de la carrière cinématographique de Sinatra.

 L'INCONNU DE LAS VEGAS

– 21h : L’Inconnu de Las Vegas (Lewis Milestone – 1960 – 128 minutes)

avec Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr., Peter Lawford, Angie Dickinson, Richard Conte, Cesar Romero, Patrice Wymore, Joey Bishop, Akim Tamiroff, Henry Silva, Shirley MacLaine

Onze anciens camarades de l’armée projettent de dévaliser en même temps cinq prestigieux casinos de Las Vegas durant la nuit du Nouvel An.

Frank Sinatra n’est pas que l’une des plus grandes voix du XXème siècle (sur surnom était The Voice). C’est aussi une carrière au cinéma de plusieurs dizaines de rôles, la plupart principaux, des années 40 jusqu’à la fin des années 60, devant les caméras des plus importants réalisateurs : Mankiewicz, Preminger, Minnelli, Capra, Frankenheimer, Aldrich, Donen ou Sturges. Sa performance dans Tant qu’il y aura des hommes (1953) a d’ailleurs été récompensée de l’Oscar du meilleur second rôle. Ses liens avec la mafia et l’influence qu’il en aurait tiré a d’ailleurs inspiré le rôle du chanteur Johnny Fontane dans Le Parrain (1972). Ce n’est donc pas par hasard qu’il se retrouve détourné dans La Classe Américaine (1993) aux côtés de John Wayne, Robert Mitchum, Burt Lancaster et bien d’autres stars du cinéma. L’Inconnu des Las Vegas fait d’ailleurs partie des séquences détournées (même si elles ne comportent que Dean Martin ou Angie Dickinson, les séquences de Sinatra provenant d’autres films). Concernant ce film lui-même, c’est un classique du cambriolage, dans le cadre léché de Las Vegas et de ses cinq casinos dévalisés. On y retrouve la construction inébranlable du genre : la minutieuse et tendue préparation du casse, le casse lui-même, et le difficile après-casse, où il s’agit de garder le magot sans se faire prendre. Sinatra retrouve ses prestigieux acolytes du Rat Pack (groupe de crooners très populaire, faisant des concerts et films ensemble) : Dean Martin, Sammy Davis Jr., Peter Lawford, Joey Bishop. L’Inconnu de Las Vegas (en V.O. Ocean’s Eleven) a connu un remake en 2001 par Steven Soderbergh, avec George Clooney et Brad Pitt, dont le succès engendra deux suites en 2004 et 2007.

Ciné-club catastrophes aériennes : Y a-t-il un pilote dans l’avion (1980) – Airport (1970)

Avec les vacances d’été, il s’agit d’être conscient de la tournure que peut prendre votre voyage en avion !

Y A T'IL UN PILOTE DANS L'AVION

– 19h : Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (Jim Abrahams, David Zucker, Jerry Zucker – 1980 – 88 minutes)

avec Robert Hays, Julie Hagerty, Lieslie Nielsen, Robert Stack, Lloyd Bridges, Peter Graves

L’équipage d’un avion est victime du poisson avarié des plateaux repas, et a donc besoin d’un pilote qui puisse reprendre les commandes.

Y a-t-il un pilote dans l’avion ? est une des plus fameuses parodies du cinéma ! Difficile de trouver quelqu’un qui ne l’aurait pas vu, mais le fait qu’il soit régulièrement classé parmi les films les plus drôles de tous les temps prouve qu’il y a toujours du plaisir à le revoir, à se souvenir de gags oubliés ou en découvrir un qu’on n’avait jamais relevé. Ecrit et réalisé par le trio ZAZ (Zucker, Abrahams, Zucker), le film regorge de références cinématographiques, en premier lieu la série des films Airport (dans le second, une petite fille voyage pour subir une greffe), mais pas seulement. L’une des inspirations principales est le film A l’heure zéro (1957), lui-même remake d’un téléfilm canadien où l’équipage d’un avion est victime d’une intoxication alimentaire, et le héros pilote est un ancien combattant traumatisé. ZAZ a d’ailleurs racheté les droits du film pour qu’on ne les accuse pas de l’avoir plagié en le parodiant, parfois en reprenant des dialogues du film dans un contexte délirant ! Entre autres films détournés on trouve aussi Les Dents de la mer (l’aileron dans les nuages), La Fièvre du samedi soir (la séquence de danse disco) Tant qu’il y aura des hommes (le baiser sur la plage), et bien d’autres. Le succès fut énorme, qui donna lieu en 1982 à une suite dans l’espace nettement moins bonne, puisque, même avec une partie du casting original, ZAZ n’a pas participé à l’écriture ou à la réalisation. Les ZAZ continueront de leur côté les parodies burlesques avec Leslie Nielsen dans la série Police Squad et surtout la trilogie des Naked Gun (Y a-t-il un flic pour sauver la reine/le président/Hollywood ?), tandis que Jim Abrahams réalisera les deux Hot Shots (avec Charlie Sheen et Lloyd Bridges) et Le Prince de Sicile (avec Lloyd Bridges), et David Zucker Scary Movie 3 et 4 (avec Charlie Sheen et Lieslie Nielsen).

AIRPORT

– 21h : Airport (George Seaton – 1970 – 136 minutes)

avec Burt Lancaster, Dean Martin, Jean Seberg, Jacqueline Bisset, George Kennedy, Helen Hayes, Van Heflin, Maureen Stapleton

Les péripéties d’un aéroport international de Chicago et de son personnel, entre tempête de neige bloquant un avion sur une piste, passager clandestin et menace de bombe en plein vol.

Adapté d’un best-seller, Airport est le premier film catastrophe moderne, qui lance les codes inédits de ce qui deviendra une mode dans les années suivantes : gros budget, catastrophes naturelles ou technologiques vraisemblables, casting de stars, enjeux humains dramatiques et tension permanente. Pour un budget de 6 millions de dollars il en rapporte plus de 100 millions, faisant de lui un des films les plus rentables du cinéma américain. Dans son sillon seront logiquement tournés d’autres films catastrophes spectaculaires : L’Aventure du Poséidon (1972, avec Gene Hackman), Tremblement de terre (1974, avec Charlton Heston), La Tour infernale (1974, avec Paul Newman et Steve McQueen). De la part de ce qu’on appelle un blockbuster, Airport reste finalement loin des surenchères actuelles en effets spéciaux, explosions et psycho-drames futiles. Il s’avère relativement sobre et très bien écrit, dans une veine réaliste et quasi-documentaire durant une longue exposition avant les événements dramatiques, décrivant le fonctionnement de l’aéroport et du complexe management qu’il requiert, avec les implications sur la vie privée du personnel, ponctuée de touche de comédie. Un casting de luxe a été constitué, ce qui rend chaque scène délectable rien qu’avec les pointures qui y jouent. Le succès n’est pas que commercial, il est aussi critique : Helen Hayes remportera l’Oscar du meilleur second rôle, tandis que le film sera nominé à neuf autres : meilleurs film, scénario, second rôle pour Maureen Stapleton musique, décors, costumes, photographie, montage, mixage. Airport aura donc droit à trois suites, avec George Kennedy comme seul acteur récurrent (dont Airport 80 Concorde avec Alain Delon en pilote !), et sera parodié dans Y a-t-il un pilote dans l’avion !