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27 novembre : Ciné-club Addiction : Le Pari (1997) – Trainspotting (1996)

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– 19h : Le Pari (Didier Bourdon & Bernard Campan – 1997 – 98 minutes)

avec Didier Bourdon, Bernard Campan, Régis Laspalès, Philippe Chevalier, François Berléand, Isabelle Ferron, Isabel Otéro, Hélène Surgère, Roger Ibáñez, Kelly Lawnson, Jean-Roger Milo

Deux beaux-frères socialement opposés qui se détestent font le pari d’arrêter de fumer.

Le succès de leurs émissions comiques La Télé des Inconnus et de leurs spectacles a conduit le trio au cinéma, où ils triomphèrent en 1995 avec Les Trois frères. Mais leur producteur Paul Lederman détenant les droits du nom « Les Inconnus » et leur interdisant de se produire tous les trois sans son implication, Didier Bourdon et Bernard Campan se lancèrent à deux dans Le Pari, qu’ils ont écrit, réalisé et interprété. Pascal Légitimus y fait tout de même un caméo de deux secondes, tandis que son père Théo y tient un rôle secondaire. A partir de deux personnages stéréotypés (un pharmacien de droite et un professeur de gauche qui ne se supportent pas), ils parviennent à insuffler tout le comique extravagant qu’on leur connait, captant et exagérant les travers de la société française avec toujours autant d’acuité et de mordant,  dans des interprétations aussi complices que jubilatoires. Ils sont d’ailleurs rejoints par le tandem Chevallier-Laspalès. Le film fut un grand succès populaire (quatre millions d’entrées en salle), et le duo continua en 2000 avec L’Extra-terrestre, moins bien accueilli. Mais un accord avec Lederman leur permit finalement de rejouer à trois, ce qu’ils firent dans Les Rois mages en 2001 et Les Trois frères : le retour en 2014.

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– 21h : Trainspotting (Danny Boyle – 1996 – 94 minutes)

avec Ewan McGregor, Ewen Bremmer, Jonny Lee Miller, Kevin McKidd, Robert Carlyle, Kelly McDonald, Peter Mullan, James Cosmo

A Edimbourg, Mark Renton nous raconte sa vie d’héroïnomane, entouré de ses amis à moitié ratés et excentriques.

Le best-seller d’Irvine Welsh, paru en 1993, avait rapidement été transposé au théâtre (avec déjà Ewen Bremmer). Là où le roman enchaînait les chapitres avec des narrateurs différents, l’adaptation cinématographique se concentre sur le personnage de Mark Renton, autour duquel son microcosme loufoque gravite. Pour l’interpréter, Danny Boyle retrouve le jeune Ewan McGregor, qu’il avait déjà dirigé dans son précédent et premier film, Petits meurtres entre amis (1994). Trainspotting n’est absolument pas un drame glauque sur la toxicomanie, mais plutôt une fable souvent comique et déjantée qui encapsule ingénieusement son époque par sa réalisation stylisée et surtout sa bande-son remplie de classiques du rock des années 70 à 90 (Iggy Pop, Lou Reed, Pulp, Underworld, Primal Scream, New Order, etc.). Il n’hésite pas à montrer avec réalisme les prises de drogue, leurs effets et sa dépendance, au milieu de situations surréalistes ou foireuses et de réflexions sur une société de consommation qui manque de sens et d’espoir. Outre Ewan McGregor, qui travaillera avec George Lucas, Roman Polanski, Ridley Scott ou Tim Burton, l’autre grande révélation du casting est Robert Carlyle, savoureux psychopathe imprévisible, qui enchaînera sur The Full Monty et Le Monde ne suffit pas. Présenté hors compétition au Festival de Cannes, Trainspotting a connu un énorme succès surprise, tant critique que public (deuxième meilleur box-office du cinéma anglais), et est rapidement devenu un film culte générationnel. Une suite avec le même réalisateur et casting est annoncée pour début 2017.

25 septembre : Ciné-club Rédemption : Bad Lieutenant (1992) – L’Impasse (1993)

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– 19h : Bad Lieutenant (Abel Ferrara – 1992 – 96 minutes)

avec Harvey Keitel, Victor Argo, Paul Calderone, Zoë Lund, Leonard Thomas, Robin Burrows, Frankie Thorn, Victoria Bastel, Paul Hipp

A New-York, un lieutenant de police s’enfonce dans la spirale des vices, des excès et de l’autodestruction. Il va chercher la rédemption en tentant de venger une religieuse violée.

Deux ans après The King of New York, Abel Ferrara signe son film le plus sulfureux, controversé et respecté. Co-écrit avec Zoë Lund (qui joue un petit rôle), Bad Lieutenant est une véritable descente aux enfers sans concession. Le lieutenant s’enfonce ainsi dans l’alcool, la drogue, les paris sportifs, la ruine, l’adultère, la perversion sexuelle, la déchéance, le déni, se croyant intouchable grâce à son insigne de police mais menacé de mort. La légende veut qu’Harvey Keitel n’ait simulé aucune prise d’alcool et de drogue à l’écran, puisqu’il était toxicomane à l’époque, tout comme Abel Ferrara et Zoë Lund ! Au-delà de l’anecdote, l’acteur joue un de ses rôles les plus marquants (la même année que Reservoir Dogs), sans doute le plus extrême et en totale état de grâce, dans une forte symbolique christique d’expiation des pêchés, de rédemption et de sacrifice. Il faut l’entendre gémir comme un loup sur son sort à mesure qu’il s’y enfonce dramatiquement – bouleversant ! Tourné en seulement dix-huit jours en décors naturels (avec une scène finale de meurtre en pleine rue de New York, dont les passants n’étaient pas prévenus et s’attroupaient réellement autour du faux mort), Bad Lieutenant oscille intensément entre le ciel et l’enfer, a été classé X et interdit en Irlande, mais en a d’autant plus mérité son titre de film culte, et reste encore aujourd’hui un sommet indépassé pour son réalisateur. A noter que Werner Herzog affirme que son Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans (2009) n’est ni une suite, ni un remake, et qu’il n’a pas vu l’original, pourtant il ne manque pas de similitudes.

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– 21h : L’Impasse (Brian De Palma – 1993 – 143 minutes)

Avec Al Pacino, Sean Penn, Penelope Ann Miller, John Leguizamo, Ingrid Rogers, Luis Guzman, James Rebhorn, Viggo Mortensen

Dans les années 70, le caïd Carlo Brigante sort de cinq années de prison et est bien décidé à se ranger. Il accepte de gérer un club afin de se faire suffisamment d’argent pour partir mener une nouvelle vie plus calme. Mais le milieu continue de tourner autour de lui…

Dix ans après Scarface, Brian De Palma ne souhaitait pas refaire un film sur les gangsters latinos. Mais, en plein crise de la cinquantaine après un mariage, un enfant et un divorce en deux ans, il changea d’avis à la lecture du scénario (tiré d’un roman de Edwin Torres, un juge portoricain de la Cour suprême de New York, connaissant manifestement bien le milieu) et s’enthousiasma pour le projet, retrouvant ainsi Al Pacino qui était à l’origine du projet. Car L’Impasse (Carlito’s way en version originale) n’est pas un classique film de gangster suivant le schéma de grandeur et de décadence, il traite au contraire d’un caïd sur le retour, ayant sa jeunesse derrière lui et souhaitant changer de vie avec un peu d’argent en poche. Il est certes traité comme une légende dans le milieu, mais il ne le reconnait plus, les jeunes loups sans manières ni éthiques tentent de se faire un nom, la cocaïne et le disco inondent les clubs. L’époque n’est plus tout à fait pour lui, et il tente de recoller les morceaux avec l’amour qu’il a déçu. Sur une bande-son latino volcanique, Brian De Palma installe minutieusement pendant deux heures vingt-trois imperceptibles une tension de tragédie, avec ses inimitables et maniérés plans-séquences et explosions de violence (la scène du billard au début et surtout la légendaire course-poursuite de vingt minutes dans le métro et la gare de New York). Tentant d’échapper à son destin, Al Pacino est plus sobre et vieilli que ses précédents héros fougueux et déchaînés, hantant la narration mortuaire de sa voix off, tandis que Sean Penn est totalement jubilatoire  en avocat véreux et cocaïnomane! Après un accueil mitigé à sa sortie, L’Impasse est devenu un film culte, considéré par les Cahiers du Cinéma comme rien de moins que le meilleur film de la décennie ! Il aura droit à un préquelle en direct-to-video (L’Impasse : de la rue au pouvoir) sur les années d’ascension du jeune Carlo Brigante.

1er mai : Ciné-club Rock star : Lemmy (2010) – The Doors (1991)

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Dans le cadre de la Paris Beer Week, la bière Sex, Ale & Rock’n’roll (IPA de la brasserie alsacienne Sainte Cru) sera spécialement en pression pour l’occasion !

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– 19h : Lemmy (Greg Olliver & Wes Orshoski – 2010 – 110 minutes)

Les documentaristes Greg Olliver et Wes Orshoski ont suivi pendant deux ans le légendaire Ian « Lemmy » Kilmister dans son quotidien, entre Los Angeles et les tournées. Roadie de Jimi Hendrix, bassiste du groupe space-rock Hawkwind dont il a été viré quand la douane l’a emprisonné pour possession de drogue, et enfin leader de son groupe de heavy metal Motörhead, le sexagénaire passe ses journées au bar Rainbow et se passionne pour les machines à sous électroniques. Il revient sur sa vie musicale et sur la route, ses fameuses consommations d’alcool et de drogue et ses exploits sexuels. Il nous montre son petit deux pièces à Hollywood rempli de collections d’objets improbables, comme des réductions pour Domino’s Pizza, des armes de guerre ou des souvenirs nazis. Entre sessions en studio, bus de tournée, en concert, backstage, rencontres avec les fans ou conduisant un tank, notre homme se voit encensé par les témoignages admiratifs de pointures du métier tels que Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters), Metallica (avec qui on le voit jouer sur scène), Slash & Duff (Guns ‘n Roses, Velvet Revolver), Ozzy Osbourne (Black Sabbath), Alice Cooper, Ice T, Jarvis Cocker (Pulp) ou Peter Hook (Joy Division, New Order). Loin de ses frasques de la grande époque, Lemmy est resté égal à lui-même et à la hauteur de son mythe, simple et attachant, sans esbroufe mais authentiquement rock’n’roll, n’ayant rien à prouver à personne. Mais à la stupeur générale, Lemmy a fait mentir la légende et s’est révélé être mortel, emporté par un cancer de la prostate deux jours après son diagnostic en décembre 2015. « Killed by death » !

 LES DOORS

– 21h : The Doors (Oliver Stone – 1991 – 140 minutes)

avec Val Kilmer, Meg Ryan, Kyle MacLachlan, Frank Whaley, Kevin Dillon, Kathleen Quinlan, Michael Wincott, Michael Madsen

La vie de Jim Morrison, légendaire chanteur des Doors, depuis ses études de cinéma à Los Angeles jusqu’aux excès du succès et des sixties.

Oliver Stone était un grand amateur des Doors, qu’il écoutait alors qu’il était envoyé comme soldat au Vietnam. Après Platoon ou Wall Street, il continue d’analyser l’Amérique avec un film sur ce groupe si emblématique des sixties, de ses espoirs, illusions et échecs, à travers la trajectoire météorique de leur chanteur Jim Morrison. Etudiant en cinéma, poète, séducteur et shaman moderne, il eut le temps de devenir en seulement six albums une des icônes du rock, par son charisme, sa présence scénique et son destin tragique. Car cette carrière qui commence avec les premiers trips psychédéliques en plein flower power et le succès commercial naissant se meut en descente aux enfers, entre alcoolisme autodestructeur, répression policière, procès pour attentat à la pudeur et dépression. Avec un budget de quarante millions de dollars, il restitue les atmosphères intenses et fiévreuses des concerts avec le public en transe, et reproduit jusqu’aux véritables décors, costumes ou accessoires les plus pointilleux. The Doors a été un grand succès commercial, qui relança le mythe auprès d’une nouvelle génération. Cependant les membres du groupe et les fans de la première heure l’accueillirent sèchement, Oliver Stone (co-auteur du scénario) ayant pris de nombreuses libertés avec la vérité historique et donné une image romancée, manichéenne et guignolesque du chanteur.

Ciné-club L’imaginarium de Terry Gilliam : Las Vegas Parano (1998) – L’imaginarium de Terry Gilliam (1988)

LAS VEGAS PARANO

– 19h : Las Vegas Parano (Terry Gilliam – 1998 – 118 minutes)

avec Johnny Depp, Benicio del Toro, Tobey Maguire, Christina Ricci, Cameron Diaz

Un journaliste et son avocat partent sont envoyés en reportage à Las Vegas, remplis de drogues.

Hunter S. Thompson (1937-2005) est éternellement associé au gonzo (journalisme ultra-subjectif mélangeant enquête et fiction), bien qu’inventé par Bill Carodos (dont il était ami). Après avoir intégré et suivi les Hell’s Angels en 1966, et avant de relater la campagne de réélection de Richard Nixon de 1972 pour le magazine Rolling Stone, il s’attaque dans Las Vegas Parano aux sixties psychédéliques post-Altamont, quand le rêve se meurt et que la gueule de bois des seventies guette. Les protagonistes s’attaquent au mythe américain, incarné par Las Vegas, ville de toutes les outrances, les poches remplies de drogues. Terry Gilliam (Brazil) l’adapte au cinéma en 1998 avec Johnny Depp (admirateur de Thompson qui jouera dans Rhum Express) et Benicio del Toro dans le rôle de deux défoncés qui saccagent les chambres d’hôtels et font flipper les gentils auto-stoppeurs (Tobey Maguire, futur Spiderman). L’inventivité visuelle de l’auteur des collages animés des Monty Python n’était pas de trop pour restituer leurs incessantes hallucinations et crises de paranoïa, à coup de déformations de visages, attaque de chauve-souris au volant, tapis animé ou transformation en reptile, le tout évidemment sous une bande-son sixties de rigueur (Jefferson Airplane, Janis Joplin & Big Brother, Yardbirds, Bob Dylan, Buffalo Springfield, Tom Jones, etc.). Au-delà du trip graphique, on retrouve sans surprise le thème habituel de Gilliam, le mythe de Don Quichote dont l’imaginaire s’attaque à trop gros pour lui – le double du réalisateur en quelque sorte. Ce sera d’ailleurs son projet suivant, dont l’échec donnera lieu à un fameux documentaire (Lost in la Mancha, 2002).

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– 21h : Les Aventures du Baron de Munchausen (Terry Gilliam – 1988 – 126 minutes)

avec John Neville, Eric Idle, Sarah Polley, Oliver Reed, Uma Thurman, Jonathan Pryce, Robin Williams

Le fantasque baron de Munchausen part à la recherche de ses anciens compagnons pour délivrer sa ville assiégée par les Turcs.

Le Baron de Munchausen est un des contes les plus populaires de la littérature allemande, inspiré d’un officier du même nom au XVIIIème siècle qui racontait qu’il était allé sur la Lune et avait dansé avec Vénus ! Ce personnage exubérant défendant l’imagination contre la raison, le merveilleux contre le réel ne pouvait que fasciner Terry Gilliam, dont ce sont depuis toujours les thèmes de prédilection ! Auréolé du succès de Brazil (1985), il met en place une superproduction de 23 millions de dollars dont les déboires sont devenus légendaires : avec ses constructions de décors pharaoniques, le budget est dépassé avant même le début du tournage, qui s’étend sur six mois entre Rome, l’Espagne et l’Angleterre, atteignant finalement 50 millions de dollars, et n’en récoltant que 8 millions à sa sortie. Même si cet échec cuisant a scellé une partie de la carrière de Gilliam en l’empêchant de trouver des investisseurs qui lui feraient confiance, le résultat à l’écran est magnifique, avec des décors poétiques inspirés des peintures de l’époque, des effets spéciaux traditionnels à la Méliès. Cette beauté visuelle de tous les instants a valu au film d’être nominé aux Oscars des meilleurs effets visuels, direction artistique, costumes et maquillages. Accompagné de son casting de stars (dont l’ancien Monty Python Eric Idle), Les Aventures du Baron de Munchausen est un conte spectaculaire, visuellement fascinant, naïf et utopique, qui définit assez bien le talent et la carrière de Terry Gilliam, dont les ambitions et les échecs semblent si intimement liés.

Ciné-club Trafic de drogue avec Gene Hackman : French Connection (1971) – French Connection II (1975)

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– 19h : French Connection (William Friedkin – 1971 – 103 minutes)

avec Gene Hackman, Fernando Rey, Roy Scheider, Tony Lo Bianco, Marcel Bozzuffi

Deux policiers new-yorkais tentent de remonter la filière française de trafic de drogue.

Pour son cinquième long-métrage, William Friedkin s’attaque à une affaire policière qui eut réellement lieu, celle la filière française d’exportation d’héroïne, qui inondait les Etats-Unis dans les années 60 et 70 – les enquêteurs Eddie Egan et Sonny Grosso jouent d’ailleurs de petits rôles dans le film. Friedkin choisit de donner à French Connection un aspect documentaire, et si aujourd’hui on peut trouver ça banal, c’est en partie grâce à son influence sur le genre des films policiers : à l’époque c’était novateur de voir de manière terne et réaliste les enquêteurs piétiner dans le froid et la saleté (New-York connaissait un de ses hivers les plus rigoureux), s’insulter et se battre avec leurs supérieurs ou collègues, mener une vie privée minable dans les rencontres éphémères et l’alcoolisme. Bref les policiers sont tout sauf des héros, mais des médiocres qui s’obstinent jusqu’à l’aveuglement, et qui n’échappent pas à la bavure ni à l’échec professionnel. Par ailleurs, le film est en très grande partie tourné en extérieurs, dans les rues de New York, Washington ou Marseille. Brooklyn est d’ailleurs le lieu d’une des plus fameuses scènes de course-poursuite du cinéma, en voiture sous le métro aérien : au contraire de Bullitt (1968) où tout était millimétré, Friedkin laissa beaucoup de liberté – jusqu’à causer un accident à Gene Hackman ! French Connection a connu un énorme succès : tourné pour 1,8 million de dollars, il en engrangea plus de 50 millions de recettes ! Il remporta également cinq Oscars (sur huit nominations), ceux de meilleurs réalisateur, film, acteur (Gene Hackman), scénario adapté et montage. Le film est devenu un grand classique du polar américain, tandis que Friedkin continua sa carrière aux sommets, puisque son film suivant est encore un classique d’un genre différent, L’Exorciste.

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– 21h : French Connection II (John Frankenheimer – 1975 – 119 minutes)

avec Gene Hackman, Fernando Rey, Bernard Fresson, Philippe Léotard, Jean-Pierre Castaldi, Cathleen Nesbitt

Le policier Popeye arrive à Marseille pour arrêter le chef de la filière française d’exportation d’héroïne.

Suite au triomphe de French Connection, c’est tout naturellement que les producteurs ont tenté d’en faire une suite. John Frankenheimer, maître des films d’action et thrillers (Le Train, Grand Prix, Seconds – L’Opération diabolique), est choisi pour le réaliser. Francophile et francophone, il est tout indiqué pour tourner à Marseille et diriger une équipe et des acteurs français, tels que Bernard Fresson (Les Galettes de Pont-Aven), Philippe Léotard ou Jean-Pierre Castaldi. Frankenheimer avait d’ailleurs déjà dirigé Gene Hackman dans Les Parachutistes arrivent (1969). Cette fois-ci l’histoire est fictive (contrairement au premier film) et permet d’approfondir la personnalité de Popeye, en le montrant encore en conflit avec ses collègues, déphasé dans un pays dont il ne parle pas la langue, et en douloureuse phase de sevrage à l’héroïne. L’excellente musique jazzy et rythmée est encore signée Don Ellis. Comme avec la plupart des suites, on mentirait en disant que French Connection II est au niveau de son prédécesseur. Il n’empêche que si l’on en fait abstraction, d’autant plus que le lieu, les situations et le ton en sont différents, cette suite constitue un bon petit polar avec des scènes mémorables, superbement filmé par Frankenheimer.