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9 avril 2017 : Ciné-club Lino Ventura : L’Emmerdeur (1973) – Ne nous fâchons pas (1966)

L'EMMERDEUR

-19h : L’Emmerdeur (Edouard Molinaro – 1973 – 85 minutes)

avec Lino Ventura, Jacques Brel, Caroline Cellier, Nino Castelnuovo, Jean-Pierre Darras, André Vallardy, Michele Gammino, Angela Cardile, Pierre Forget

Un tueur à gage se prépare à exécuter son contrat dans une chambre d’hôtel, mais son voisin, en tentant de se suicider, va perturber ses plans.

La pièce Le Contrat (1971), écrite par Francis Veber (Le Grand blond avec une chaussure noire) est adaptée au cinéma sous le nom de L’Emmerdeur, avec Edouard Molinaro à la réalisation (Arsène Lupin contre Arsène Lupin, La Cage aux folles). Il réunit deux acteurs avec qui il avait déjà tourné : Lino Ventura (dans Un Témoin dans la ville) et Jacques Brel (dans Mon Oncle Benjamin). Les deux acteurs (qui s’étaient déjà donné la réplique l’année précédente dans L’Aventure c’est l’aventure de Claude Lelouch) forment un duo irrésistible, parfait contrepoint entre le tueur à gage dur et impassible, excédé par un paumé gentil mais imprévisible. Très bien joué, les situations sont hilarantes, et le film devient un classique du cinéma populaire français. Cette formule du duo contrasté et improbable sera la marque de fabrique des futurs films de Veber (La Chèvre, Le Dîner de cons, Le Jaguar). Billy Wilder en fera un remake pour son tout dernier film, Buddy buddy (1981) avec Jack Lemmon, Walter Matthau et Klaus Kinski. Francis Veber réactualisera la pièce en 2005 avec Richard Berry et Patrick Timsit, dont le succès le poussera à en réaliser un nouveau film avec les mêmes acteurs trois ans plus tard, mais qui sera un échec.

MovieCovers-24497-169228-NE NOUS FACHONS PAS

– 21h : Ne nous fâchons pas (Georges Lautner – 1966 – 100 minutes)

avec Lino Ventura, Mireille Darc, Jean Lefebvre, Michel Constantin, Tommy Duggan, Sylvia Sorrente, André Pousse, Robert Dalban

Un ancien truand rangé doit récupérer à la demande de deux anciens complices 40.000 francs auprès d’un escroc idiot. Ce dernier a des problèmes avec un militaire britannique qui envoie de jeunes tueurs à la mode yéyés.

Après les cultissimes Tontons flingueurs et Barbouzes, Georges Lautner retrouve Lino Ventura pour leur troisième et dernier film ensemble, toujours avec Michel Audiard aux savoureux dialogues. Comme d’habitude, Lautner s’entoure d’acteurs familiers : Mireille Darc (Des Pissenlits par la racine, Les Barbouzes, Galia), Jean Lefebvre (Les Tontons Flingueurs), Robert Dalban (Le Monocle noir, Les Tontons Flingueurs, Les Barbouzes) ; et de futurs habitués : Michel Constantin (Laisse aller, c’est une valse, Il était une fois un flic et La Valise), André Pouce (Fleur d’oseille, Le Pacha, Quelques messieurs trop tranquilles). Dans ce pastiche de film de gangsters, Lino Ventura distribue les baffes, Jean Lefebvre pleurniche et Mireille Darc séduit au milieu des coups de feu et des explosions. Délicieusement sixties, rempli de gags et de séquences d’anthologie (notamment les anglais habillés comme les Beatles), Ne nous fâchons pas a, comme les précédents films de Lautner, été injustement boudé par la critique intello de l’époque, mais a remporté un grand succès populaire.

21 février : Ciné-club Arsène Lupin : Signé Arsène Lupin (1959) – Arsène Lupin contre Arsène Lupin (1962)

SIGNE ARSENE LUPIN

– 19h : Signé Arsène Lupin (Yves Robert – 1959 – 99 minutes)

avec Robert Lamoureux, Alida Valli, Yves Robert, Jean Bellanger, Robert Dalban, Roger Dumas, Jacques Dufilho, Michel Etcheverry, Jean Galland

A la fin de la Première Guerre mondiale, Arsène Lupin reprend du service et se met en quête du trésor de la Toison d’or, convoité par son rival.

Le célèbre gentleman-cambrioleur est né sous la plume de Maurice Leblanc en 1905. Outre les dizaines de romans et nouvelles (y compris par d’autres auteurs après la mort de Leblanc), Arsène Lupin a vécu ses aventures à la radio, au cinéma, en série télévisée, dessin animé, bande-dessinée, manga et même opérette ! Signé Arsène Lupin en est déjà la septième adaptation cinématographique, suite directe des Aventures d’Arsène Lupin (Jacques Becker) avec Robert Lamoureux, qui reprend son rôle à la perfection. Ces films sont tout à fait fidèles à l’esprit mondain, espiègle et séducteur du personnage, plongé dans des histoires remplies de trésors, de voyages et d’énigmes. A ceci près que Lupin se déguise très souvent, et que le roman permettait de surprendre jusqu’au lecteur lui-même de l’identité qu’il prenait, révélée après coup. Au cinéma c’est évidemment moins systématique pour qui est observateur, malgré de bons maquillages. Signé Arsène Lupin est en tout cas une solide aventure, rythmée et drôle, mise en scène par l’excellent Yves Robert (La Guerre des boutons, Le Grand Blond avec une chaussure noire), qui y joue aussi un rôle non négligeable.

 ARSENE LUPIN CONTRE ARSENE LUPIN

– 21h : Arsène Lupin contre Arsène Lupin (Edouard Molinaro – 1962 – 111 minutes)

avec Jean-Claude Brialy, Jean-Pierre Cassel, Françoise Dorléac, Geneviève Grad, Jean Le Poulain, Michel Vitold, Anne Vernon

A la mort de leur père, les deux films naturels d’Arsène Lupin recherchent le trésor de Poldavie caché par lui.

Le film suivant Signé Arsène Lupin ne concerne pas tant le gentleman-cambrioleur que ses deux fils, entre héritage spirituel et rivalité autour d’un trésor. Jean-Claude Brialy et Jean-Pierre Cassel rivalisent d’audace, d’humour et de charmes pour être à la hauteur de leur glorieux parent. Cela qui donne un film original et rythmé, avec deux héros pour le prix d’un, arbitrés par la jeune Françoise Dorléac (fiancée avec Cassel à la ville). L’ambiance est plus moderne et fantaisiste, sixties oblige. La réalisation d’Edouard Molinaro (Un Témoin dans la ville, L’Emmerdeur) donne même quelques clins d’œil au cinéma muet. Arsène Lupin contre Arsène Lupin a longtemps été le dernier film sur le héros, avant une nouvelle adaptation en 2004 avec Romain Duris.