Archives du mot-clé Edward Platt

Ciné-club Cary Grant : Elle et lui (1957) – La Mort aux trousses (1959)

Dimanche 6 avril 2014 :

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– 19h : Elle et lui (Leo McCarey – 1957 – 114 minutes)

Avec Cary Grant, Deborah Kerr, Richard Denning

Un playboy mondialement connu et une chanteuse de cabaret, chacun en couple, se rencontrent sur un luxueux paquebot de croisière. Ils se donnent rendez-vous au sommet de l’Empire State Building dans six mois.

Comme Hitchcock l’a fait pour L’Homme qui en savait trop (1934 et 1956), Elle et lui fait partie des rares cas où un réalisateur réalise lui-même un remake d’un de ses précédents films, en l’occurrence Love Affair (1939). Mais la couleur et le format Cinemascope donne une toute autre envergure à cette nouvelle version, visuellement superbe et aux cadrages impeccables. S’il est considéré comme un des plus grands films d’amour selon l’American Film Institute, il ne s’agit en aucun cas d’un mièvre mélodrame, mais d’une comédie romantique très piquante, drôle et rythmée, porté par deux immenses stars de l’époque, Cary Grant et Deborah Kerr. Ils ont formé quatre fois ensemble un couple hautement glamour, et ils apportent au film toute sa grâce, sa légèreté et son humour par leur jeu subtil. Cary Grant tourne d’ailleurs pour la troisième (et dernière fois) fois avec Leo McCarey (réalisateur des Laurel et Hardy et Marx Brothers), après le classique Cette Sacrée vérité (1937) et Lune de miel mouvementée (1942). Ici, son image de séducteur et d’élégance fait comme d’habitude mouche à chaque scène, chaque réplique. Nominé quatre fois aux Oscars (meilleure photographie, costumes, musique et chanson originale), Elle et lui reste une des grandes réussites des carrières de Leo McCarey et Cary Grant, souvent citées dans l’histoire du cinéma (Nuits blanches à Seattle, Au plus près du paradis, MANN).

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– 21h : La Mort aux trousses (Alfred Hitchcock – 1959 – 131 minutes)

Avec Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason, Jessie Royce Landis, Martin Landau, Edward Platt

Un publicitaire est confondu avec un espion et est enlevé à New York. Il tente de fuir ses kidnappeurs et de s’innocenter en recherchant l’espion pour lequel on le prend.

Cary Grant était réticent à tourner son quatrième film avec Hitchcock, pensant avoir pris sa retraite et être trop vieux pour ce film d’aventure et de course-poursuites. Mais après l’insistance du réalisateur, puis le succès du film, Grant se prosterna devant lui en public à la cafeteria de la MGM pour le remercier de lui avoir le plus grand rôle de sa vie. Car La Mort aux trousses est un monument absolu de l’histoire du cinéma. Vaguement inspiré de l’affaire Galindez (un professeur enlevé en plein New York), le scénario est époustouflant de suspens et de surprises. Hitchcock réalise une fois encore un film sur un homme ordinaire pris dans un engrenage extraordinaire (Les 39 Marches, L’Homme qui en savait trop, etc.), mais La Mort aux trousses en est l’apothéose, l’identification avec le personnage principal est totale. De plus il regorge de scènes d’anthologie qui font partie des plus célèbres d’Hitchcock et du cinéma américain, comme la course-poursuite avec un avion dans le Midwest ou sur le mont Rushmore. La distribution est parfaite : la sensuelle Eva Marie Saint (Sur les quais), James Mason (Lolita), Martin Landau (Mission Impossible, Ed Wood). Bref, un classique d’entre les classiques (au programme du baccalauréat), que l’on pense ranger négligemment parmi les nombreux bons films de ses souvenirs, mais qui à chaque visionnage laisse le souffle coupé par tant de maîtrise et d’efficacité.

Ciné-club James Dean : A l’est d’Eden (1955) – La Fureur de vivre (1955)

Acteur météorique, c’est en seulement en seize mois de carrière cinématographique et trois films que James Dean (1931-1955) est rentré dans la légende du cinéma, avant de trouver la mort dans un accident de voiture.

 Dimanche 2 mars 2014 :

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– 19h : A l’est d’Eden (Elia Kazan – 1955 – 115 minutes)

avec James Dean, Raymond Massey, Julie Harris, Burt Ives, Richard Davalos, Jo Van Fleet

En 1917, en Californie, le turbulent Cal n’a jamais connu sa mère et souffre que son père puritain lui préfère son frère.

Tiré du roman de John Steinbeck de 1952, inspiré du mythe biblique des frères Abel et Caïn, A l’est d’Eden est le premier film de James Dean, qu’Elia Kazan avait découvert sur les planches de Broadway jouant l’Immoraliste d’André Gide. Il a été préféré au jeune Paul Newman (alors inconnu) pour ce rôle. Et c’est d’emblée une révélation : son jeu d’acteur est explosif, tourmenté et novateur. Ancien élève de l’Actors Studio de Lee Strasberg, il improvise, marmonne, surprend les acteurs, se gonfle d’émotions qui débordent, d’affects qui peuvent s’exprimer brutalement. Raymond Massey (qui joue son père) ne le supporte pas, et cette tension lors du tournage n’a fait qu’enrichir le conflit dramatique à l’écran. Il faut dire aussi que le rôle de James Dean n’était pas vraiment de composition, puisque sa mère est morte quand il avait neuf ans, qu’il a été élevé ensuite par sa grand-mère, et que ses rapports avec son père remarié sont restés difficiles. C’est aussi le premier film de Richard Davalos et Jo Van Fleet, qui se retrouveront pour Luke la main froide (1967). Elia Kazan (Un Tramway nommé désir, avec un autre acteur culte de l’Actors Studio, Marlon Brando) est au sommet de son art pour ce nouveau drame qui restera comme un de ses meilleurs films, dont il s’agit du premier en couleurs (en Cinemascope). Kazan et Dean ont été nominés aux Oscars (non seulement c’est l’un des cinq acteurs du cinéma à l’avoir été pour un premier film, mais de plus à titre posthume), mais c’est Jo Van Fleet qui remporte l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Cependant, A l’est d’Eden a été récompensé comme meilleur film dramatique aux Golden Globes et au Festival de Cannes. Enfin, c’est le seul film qui sortit sur les écrans du vivant de James Dean.

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– 21h : La Fureur de vivre (Nicholas Ray – 1955 – 111 minutes)

avec James Dean, Nathalie Wood, Sal Mineo, Jim Backus, Ann Doran, Corey Allen, Dennis Hopper, Edward Platt

Le bagarreur Jim Stark vient d’arriver dans une nouvelle ville, et rencontre une bande d’adolescents rebelles.

Si James Dean incarnait dans A l’est d’Eden les troubles de l’adolescence au sein d’un contexte familial particulier et complexe, La Fureur de vivre (Rebel without a cause en VO, rebelle sans cause) le consacre comme symbole d’un malaise générationnel, en montrant des adolescents révoltés qui flirtent avec la délinquance. Nicholas Ray (Les Amants de la nuit, 1949), qui a engagé Dean sur les conseils de Kazan, brosse un portrait novateur de la jeunesse américaine en crise, avide de sorties nocturnes, de bagarres au couteau, de courses de voiture, d’incompréhension parentale, de preuves d’honneur, de vitesse et de risques mortels. Le film est d’ailleurs tragiquement prémonitoire, puisque Dean mourra en accident de voiture un mois avant la sortie en salle ; Sal Mineo sera assassiné en 1976 et Nathalie Wood mourra noyée en 1981 (les deux ont été nominés aux Oscars des meilleurs seconds rôles). Le film préfigure d’ailleurs en bien des points West Side Story (1961), mythique comédie musicale multi-oscarisée avec Nathalie Wood et ses duels de bandes de jeunes. A noter que Dennis Hopper (Easy Rider) y joue son premier véritable rôle. La réalisation entre classicisme et modernité de Nicholas Ray lui a valu une nomination à l’Oscar du meilleur réalisateur. Avec son jean, son T-shirt blanc moulant et sa veste d’un rouge éclatant, c’est cette image de jeunesse fougueuse et éternelle que James Dean ancrera dans les mémoires, et La Fureur de vivre restera comme un des films cultes des adolescents et sur l’adolescence.