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15 novembre : Ciné-club Cléopâtre (1963)

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– 19h : Cléopâtre (Joseph L. Mankiewicz – 1963 – 249 minutes)

avec Elizabeth Taylor, Richard Burton, Rex Harrison, Martin Laudau, Roddy McDowall

L’histoire de Cléopâtre, reine d’Egypte à la beauté légendaire, et ses relations avec Jules César et Marc-Antoine pour faire alliance avec Rome.

Le film Cléopâtre est une légende à lui tout seul, à l’égal de son sujet. Alors que le président de la 20th Century Fox voulait au départ faire un simple remake à petit budget du film muet Cléopâtre de 1917, en voulant s’inspirer des superproductions à la mode à la Ben-Hur le projet deviendra le film le plus coûteux de l’histoire du cinéma, avec ses 44 millions de dollars (soit en terme relatif 300 millions de dollars actuels).

Deux ans de tournage, des décors coûteux construits en Angleterre abandonnés à cause du climat non raccord avec le cadre égyptien, un premier réalisateur renvoyé (Rouben Mamoulian) et remplacé en cours de route par le maître Joseph L. Mankiewicz (L’Aventure de Mme Muir, Eve, La Comtesse aux pieds nus) qui doit tourner de jour et continuer d’écrire le scénario la nuit, une star mondiale (Elizabeth Taylor) payée un million de dollars (record de l’époque… sans compter les frais de dépassement de calendrier) qui manque de mourir d’une pneumonie et qui ne peut tourner pendant un an, les deux acteurs masculins principaux qui sont remplacés par Rex Harrison et Richard Burton et doivent retourner leurs scènes, une liaison scandaleuse et ultra-médiatisée entre Taylor et Burton (tous deux mariés) condamnée par le Pape en personne. Ainsi que 79 plateaux de tournages, quatre batailles épiques, 26 000 costumes (195 000 dollars rien que pour les 65 costumes de Taylor, dont une robe en or de 24 carats), des kilomètres de figurants, presque une centaine d’heures de scènes tournées. Dépassé par les événements incontrôlables, Mankiewicz reniera le film – il souhaitait en sortir deux films de trois heures, mais le studio fit son propre montage de quatre heures.

Malgré ses quatre Oscars (meilleurs costumes, effets visuels, photographie et direction artistique) sur neuf nominations, le film faillit faire couler la 20th Century Fox, et mit des années à se rembourser. Derrière la fascinante histoire de cette production pharaonique, on en oublierait presque que le film est un sublime spectacle visuel, une tragédie intimiste shakespearienne alternant romance, politique et Histoire.

18 août : Ciné-club Boris Karloff : Frankenstein (1931) – La Fiancée de Frankenstein (1935) – La Momie (1932)

« It’s alive ! It’s alive ! »

Le britannique Boris Karloff (1887-1969), du haut des 166 films dans lesquels il a tourné, est sans conteste l’un des plus grands acteurs d’épouvante et de fantastique, avec Béla Lugosi (Dracula). Mais c’est son rôle de la créature de Frankenstein qui grave son nom et son visage dans le panthéon de la culture populaire. Le Festin Nu se devait de lui rendre hommage, avec ses trois (courts) films les plus fameux !

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– 19h : Frankenstein (James Whale – 1931 – 71 minutes)
avec Boris Karloff, Colin Clive, Mae Clarke, John Boles

Même si ce n’est que la seconde adaptation au cinéma du roman précurseur de Mary Shelley, celle-ci est en assurément la plus connue, celle qui fait entrer la créature dans la légende, en pleine vague de films de monstres produits par Universal Studios des années 30 à 50 (initiée avec Dracula). C’est en effet sous les traits, le maquillage et l’interprétation originale de Boris Karloff que la créature sera éternellement représentée dans d’innombrables films, séries, dessins animés, jeux vidéo, et autres jouets et déguisements. Le film est si superbe visuellement et palpitant qu’on en oublie son âge.

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– 20h30 : La Fiancée de Frankenstein (James Whale – 1935 – 75 minutes)
avec Boris Karloff, Colin Clive, Valerie Hobson, Ernest Thesiger, Elsa Lanchester

Première des trois suites directes du premier opus (avant de multiples remakes), dont il reprend une bonne partie de l’équipe et des acteurs, La Fiancée de Frankenstein passe pour certains comme étant encore meilleur que le premier. Boris Karloff a en effet l’occasion d’approfondir son interprétation pathétique de la créature, produisant des sentiments contradictoires de compassion et de répulsion son égard. La réussite du film est telle qu’il connaîtra lui-même un remake (ce qui est assez rare pour une suite !), et le personnage de la fiancée deviendra lui aussi iconique (on la reconnaitra notamment dans Rocky Horror Picture Show).

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– 22h : La Momie (Karl Freund – 1932 – 73 minutes)
avec Boris Karloff, Zita Johann, David Manners, Edward Van Sloan

Contrairement à Béla Lugosi qui sera à tout jamais enfermé dans son rôle de Dracula, Boris Karloff eut l’occasion d’incarner un autre personnage mythique du cinéma fantastique, la fameuse momie qui poursuit de sa malédiction les profanateurs de sa sépulture. Sans suite directe à son époque, La Momie fait partie des monstres stars de Universal Studios, et connaîtra son lot de remakes à succès dans les années 40, 60 ou 2000.