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5 novembre 2017 : Ciné-club Mercenaires : Les Cinq mercenaires (1979) – Les Sept mercenaires (1960)

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– 19h : Les Cinq mercenaires (Cheung San-Yee – 1979 – 85 minutes)

avec John Liu, Robert Tai, Alexander Lo Rei

Suite à l’arrestation d’un révolutionnaire chinois par l’armée, un maître de kung-fu est engagé pour le délivrer. Il va alors former et entraîner un commando.

Autant annoncer la couleur tout de suite : Les Cinq mercenaires (parfois titré Les Mercenaires du kung-fu) est un pur et incontestable nanar, une série B de kung-fu taïwanais typique de l’époque. Les dialogues et le doublage français sont évidemment grotesques et délirants, et pour qui apprécie le genre c’est l’occasion d’une avalanche de fous rires devant tant d’absurdités ! Cependant, si le film comporte des scènes comiques ahurissantes (notamment dans une maison close !), il se révèle relativement rythmé et efficace, avec des scènes de combat très bien chorégraphiées et exécutées par des spécialistes du métier, avec même un méchant à cape et perruque blonde mémorable (Robert Tai était réputé pour son coup de pied puissant et souple). Un film anecdotique pour les cinéphiles sérieux, jubilatoire pour les connaisseurs !

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– 21h : Les Sept mercenaires (John Sturges – 1960 – 128 minutes)

avec Yul Brynner, Eli Wallach, Steve McQueen, Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter, James Coburn, Horst Buchholz

Sept cowboys sont engagés par des fermiers mexicains persécutés par une horde e bandits.

Akira Kurosawa avait réalisé en 1954 un des plus grands films du cinéma japonais, Les Sept samouraïs. Yul Brynner a l’idée de transposer l’histoire dans le far-west des cowboys, et en achète les droits. John Sturges, habitué du genre (Règlements de comptes à OK Corral, Le Dernier train de  Gun Hill), en assure la réalisation. A part la star Brynner, on ne retrouve que des acteurs alors peu connus, mais qui ne le resteront pas longtemps : Steve McQueen (en rivalité avec Brynner pendant le tournage), Eli Wallach, Charles Bronson, James Coburn, Robert Vaughn (Bullitt) – quel casting ! Habillé de la belle partition d’Elmore Bernstein (nommé à l’Oscar), Les Sept mercenaires devient à son tour un classique du cinéma américain. Il préfigure le western spaghetti par son accentuation des codes – d’ailleurs, Wallach, Bronson et Coburn tourneront pour Sergio Leone. A noter que Sturges retrouvera McQueen, Bronson et Coburn dans La Grande évasion en 1963. Les Sept mercenaires connaitra trois suites (1966, 1969, 1972), une série télévisé en 1998, et même un remake en 2016 (sans qu’on en comprenne vraiment l’intérêt).

17 avril : Ciné-club Montgomery Clift : The Misfits (Les Désaxés) (1961) – La Rivière Rouge (1948)

LES DESAXES

– 19h : The Misfits (Les Désaxés) (John Huston – 1961 – 124 minutes)

avec Clark Gable, Marilyn Monroe, Montgomery Clift, Eli Wallach, Thelma Ritter

Une femme divorcée et désenchantée se lie avec un groupe de « désaxés » : un cowboy vieillissant, un mécanicien au cœur brisé et un cavalier de rodéo usé par le temps.

Les Désaxés (The Misfits en v.o.) se révèle être tragiquement hanté par la fatalité, à plus d’un titre. Le scénario a été écrit par le dramaturge Arthur Miller, pour mettre en valeur les qualités d’actrice dramatique de sa femme, Marilyn Monroe –qu’il quittera pour une photographe du tournage du film. Avec ce personnage de femme paumée, il lui offre son plus beau rôle, manifestement biographique. Il s’agira d’ailleurs de son dernier film, puisqu’elle ne terminera jamais Something’s Got to Give de George Cukor – elle sera retrouvé morte dans des circonstances troublantes en 1962. Le légendaire Clark Gable (Autant en emporte le vent) a une crise cardiaque fatale deux jours après la fin d’un tournage difficile et éprouvant (il dura le double du planning), parait-il à cause de l’attitude insupportable de Monroe, à moins que ce ne soit en réalité parce qu’il réalisait ses cascades lui-même à cinquante-neuf ans, comme maîtriser un cheval fougueux. Montgomery Clift, dépressif et alcoolique, ne tournera plus que trois films par la suite et succombera en 1966 à seulement quarante-cinq ans. Seul Eli Wallach (Le Bon, la Brute et le Truand) sauvera sa peau de ce film maudit et crépusculaire de marginaux déboussolés, signant la fin d’une époque : l’Ouest mythique et l’âge d’or hollywoodien. John Huston (Le Faucon maltais, Le Trésor de la Sierra Madre), familier des histoires d’errance et d’échec, ne pouvait pas être plus indiqué pour la réalisation de ce classique du cinéma américain. Rarement des acteurs ont interprété leurs rôles avec autant de vérité, tant ils ressemblent à leurs vies.

 LA RIVIERE ROUGE

– 21h : La Rivière Rouge (Howard Hawks – 1948 – 133 minutes)

avec John Wayne, Montgomery Clift, Walter Brennan, Joanne Dru, Coleen Gray, John Ireland

Au XIXème siècle, un pionnier de l’élevage doit convoyer son énorme bétail du Texas au Missouri, une route difficile, incertaine et dangereuse. Son comportement devient tyrannique à l’égard de ses cowboys, contre l’avis de son fils adoptif.

La Rivière Rouge est à la fois le premier western de Howard Hawks (Scarface, Le Grand Sommeil), le premier film où Hawks dirige John Wayne (La Chevauchée fantastique) et le premier film du jeune Montgomery Clift, déjà l’étoffe d’un grand. C’est aussi et surtout un tournant dans l’histoire du genre, puisqu’il s’agit d’un des tout premiers à aborder des thématiques sérieuses, adultes et psychologiques, tranchant avec les inoffensifs westerns de série B et sérials commerciaux qui pullulaient avant-guerre. Adapté d’un roman de Borden Chase, ce « sur-western » spectaculaire traite ainsi de l’ambition, du conflit des générations, du vieillissement, du complexe d’Œdipe, de la mégalomanie du self-made-man brillamment joué par John Wayne, en rivalité avec son fils adoptif qui ose lui tenir tête. En se focalisant sur les personnages et leurs zones d’ombre, Hawks réinvente le genre, et donne un souffle épique et mythologique au film, avec de palpitantes scènes d’angoisse et de paranoïa où les personnages redoutent l’irruption à tout moment l’arrivée d’un John Wayne vengeur et enragé (John Ford découvrit avec ce film que son acteur fétiche savait jouer !). Le tournage fut périlleux et coûteux : dix mille bêtes dans de magnifiques décors naturels, régulièrement frappés d’intempéries, ce qui fit perdre de l’argent à Hawks malgré le succès commercial et critique du film. La Rivière Rouge n’a pas pris une ride et reste un des plus grands westerns américains, avant la relecture italienne et spaghetti.

19 avril : Ciné-club aventures par Richard Brooks

LES PROFESSIONNELS

– 19h : Les Professionnels (Richard Brooks – 1966 – 117 minutes)

avec Burt Lancaster, Lee Marvin, Robert Ryan, Jack Palance, Woody Strode, Ralph Bellamy, Claudia Cardinale

Quatre mercenaires sont engagés par un riche texan pour ramener sa femme enlevée par des révolutionnaires mexicains.

Après Elmer Gantry (1960) pour lequel il remporte l’Oscar du meilleur acteur, Burt Lancaster retrouve Richard Brooks pour un nouveau film ensemble. Le casting est léché : Lee Marvin (Les Inconnus dans la ville, L’Homme qui tua Liberty Valance), Jack Palance (Le Grand Couteau, Attaque), Claudia Cardinale (Huit et demi, Le Guépard avec Burt Lancaster), Robert Ryan (Le Coup de l’escalier, Le Roi des rois, Le Jour le plus long). Avec Vera Cruz (avec Burt Lancaster), Les Professionnels fait partie du tournant moderne du western américain, où les héros n’agissent plus en fonction des valeurs morales et du bien de la communauté mais en fonction de leurs intérêts personnels. Plus réalistes, ces anti-héros sont ici attirés par l’argent et amateurs de femmes. On perçoit même une lueur crépusculaire, quand ils portent un regard désabusés sur leur idéal et sur un monde qui n’est plus le leur – ce qui annonce La Horde Sauvage de Sam Peckinpah. Rythmé, splendide et sexy (Claudia Cardinale…), il s’agit du meilleur western de Richard Brooks (La Dernière chasse, La Chevauchée sauvage), nommé à l’Oscar du meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleure photographie.

LORD JIM

– 21h : Lord Jim (Richard Brooks – 1965 – 156 minutes)

avec Peter O’Toole, James Mason, Curd Jürgens, Eli Wallach, Daliah Lavi, Jack Hawkins, Paul Lukas

Un officier de la marine, rongé par la honte d’avoir abandonné son navire en pleine tempête, tente d’expier sa faute en combattant pour la libération du peuple du Patusan, en Asie du sud-est.

Les romans de Joseph Conrad fascinent les cinéastes par leur difficulté à être adaptés au cinéma – Francis Ford Coppola en sait quelque chose avec Apocalypse Now. Lord Jim avait déjà été adapté en 1925 par Victor Flemming (Le Magicien d’Oz, Autant en emporte le vent). Richard Brooks retente l’aventure avec un casting de star : Peter O’Toole (le mythique Lawrence d’Arabie), James Mason (Pandora, La Mort aux trousses, Lolita), Eli Wallach (Les Désaxés, Les Sept mercenaires, Le Bon, la brute et le truand), Jack Hawkins (Ben-Hur, Le Pont de la rivière Kwaï, Lawrence d’Arabie), Curd Jürgens (Et Dieu… créa la femme, La Bataille d’Angleterre, L’Espion qui m’aimait). Comme plus tard pour Apocalypse Now, le tournage au Cambodge fut particulièrement catastrophique, entre le climat, la faune d’insectes et de serpents, et les tensions politiques avec le régime de Sihanouk qui se rapprochait avec l’URSS et la Chine. Mais les décors naturels sont à tomber par terre, à commencer par les ruines d’Angkor. L’esprit du roman de Conrad est merveilleusement restitué, centré sur le dilemme intérieur de Lord Jim autour de la faute impardonnable, de la quête de seconde chance et de l’impossible rédemption, même quand elle est à portée de main. Le film, sombre et désespéré, fut néanmoins un cuisant échec commercial et critique, mais est quand même devenu par la suite un film culte, habité par la jungle poisseuse asiatique et Peter O’Toole dans un de ses tout meilleurs rôles.

15 mars 2015 : Ciné-club thriller sous-marin

LES GRANDS FONDS

– 19h : Les Grands Fonds (Peter Yates – 1977 – 124 minutes)

avec Robert Shaw, Jacqueline Bisset, Nick Nolte, Louis Gossett, Eli Wallach

Un jeune couple en vacances aux Bahamas découvre en plongée dans une épave des bijoux et des bouteilles de morphine.

Adapté d’un roman de l’auteur des Dents de la mer (Peter Benchley), Les Grands Fonds se passe lui aussi en majorité dans l’eau, plus précisément sous l’eau. Cette chasse au trésor sous-marine est orchestrée par Peter Yates (Bullitt), qui nous gratifie de superbes scènes de plongée, très oniriques et innovantes pour l’époque (la photographie fut nommée aux British Academy Film Awards). Le tournage fut d’ailleurs très loin des normes de sécurité modernes, puisque les acteurs durent tourner sans doublures en présence de requins attirés par de la viande rouge et sanglante ! Autre merveille naturelle, l’irrésistible plastique de Jacqueline Bisset (Casino Royale, Bullitt, Airport) est particulièrement mise en valeur durant les scènes de plongées, à tel point que cela inspirera les fameux concours de T-shirt mouillés ! Nick Nolte (48 heures ; le remake des Nerfs à vif) fait ses débuts en premier rôle, tandis que Robert Shaw était déjà au casting des Dents de la mer, et Louis Gosset jouera dans Les Dents de la mer 3). A la bande-son on retrouve l’impérial John Barry (James Bond, Out of Africa, Danse avec les loups), ainsi que Donna Summer pour « Down, Deep inside » (un hit disco qui fut nommé au Golden Globe de la meilleure chanson). Grand succès commercial, Les Grands Fonds est un excellent thriller original et palpitant, qui donne envie d’aller barboter aux Bermudes !

 L'AVENTURE DU POSEIDON

– 21h : L’Aventure du Poséidon (Ronald Neame – 1972 – 117 minutes)

avec Gene Hackman, Ernest Borgnine, Red Buttons, Carol Lynley, Roddy McDowall, Stella Stevens, Shelley Winters, Leslie Nielsen

Le bateau de croisière Poséidon, avec ses 800 passagers, est retourné par une gigantesque lame de fond. Les survivants doivent absolument s’échapper du bateau avant qu’il ne coule.

Le film catastrophe était un des genres les plus populaires des années 70. Initié en 1970 par Airport (qui sera parodié par Y a-t-il un pilote dans l’avion ? avec Leslie Nielsen, qui joue d’ailleurs sérieusement ici), le genre s’est installé avec L’Aventure du Poséidon, superproduction record (pour l’époque) de 4,7 millions qui nécessita 125 cascadeurs. Il reconstitue l’intérieur d’un bateau retourné, où un casting de stars oscarisées (Gene Hackman, Ernest Borgnine, Shelley Winters) aux personnalités diverses et conflictuelles déambule dans des décors inversé de machinerie pendant que les eaux montent, procurant un suspense intense. Le succès fut immense et engendrera une suite en 1979, Le Dernier Secret du Poséidon (avec Michael Caine), ainsi que deux remakes : un téléfilm en 2005 et un film en 2006 (Poséidon avec Kurt Russel). Nommé à sept Oscars (actrice de second rôle pour Shelly Winters, décors, musique pour John Williams, costumes, son, photographie et montage) et récompensé de celui de la meilleure chanson (« The Morning After »), le film original offre un spectacle qui n’a pas vieilli, et qui à l’heure du naufrage du Concordia est encore d’actualité !