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15 janvier 2017 : Ciné-club colonisation de l’Amérique : Mission (1986) – 1492 : Christophe Colomb (1992)

Mission

– 19h : Mission (Roland Joffé – 1986 – 125 minutes)

avec Robert De Niro, Jeremy Irons, Ray McAnally, Aidan Quinn, Cherie Lunghi, Liam Neeson, Daniel Berrigan

Au XVIIIème en Amérique Latine, un missionnaire jésuite et un ancien mercenaire prennent parti pour la tribu des Guaranis que les puissances coloniales espagnoles et portugaises veulent chasser de leurs terres.

Deux ans après La Déchirure sur la dictature khmère rouge au Cambodge (trois Oscars), Roland Joffé retrouve son producteur (David Puttnam) et son directeur de la photographie (Chris Menges) pour un autre drame historique et exotique politiquement engagé : l’évangélisation de la tribu des Guaranis et l’expropriation de leurs terres. L’hypocrisie des puissances espagnoles et portugaises, se comportant en barbares impérialistes après avoir apporté la révélation chrétienne, sera l’occasion d’un cas de conscience opposant Jeremy Irons, missionnaire jésuite résigné à la prière et la non-violence, et Robert De Niro, ancien mercenaire repenti en prêtre et prêt à prendre les armes pour les défendre. Le tournage en Argentine est l’occasion de superbes prises de vue dans la jungle, et notamment les spectaculaire chutes d’Iguazú – ce qui vaudra au passage à presque toute l’équipe du film (sauf De Niro) d’attraper la dysenterie… Ennio Morricone signe ici une de ses partitions les plus fameuses, combinant musique religieuse et instruments amérindiens, qui lui permet d’exprimer sa spiritualité. Mission a reçu la Palme d’Or du Festival de Cannes (au prix des sifflements de ceux qui lui préféraient Le Sacrifice de Tarkovski), le César du meilleur film étranger et l’Oscar de la meilleure photographie (ainsi que six autres nominations, dont meilleur film, meilleur réalisateur et meilleure musique). Joffé continuera à défendre des grandes causes dans ses films, notamment la vie dans le bidonville de Calcuta avec La Cité de la joie (1992).

1492 CHRISTOPHE COLOMB

– 21h : 1492 : Christophe Colomb (Ridley Scott – 1992 – 150 minutes)

avec Gérard Depardieu, Armand Assante, Sigourney Weaver, Tcheky Karyo, Angela Molina, Fernando Rey

Le navigateur Christophe Colomb est convaincu que l’on peut rejoindre les Indes orientales en passant par l’océan Atlantique, et tente de convaincre la reine d’Espagne d’en financer l’expédition maritime.

Pour le cinq-centième anniversaire de la découverte du Nouveau Monde, une grande co-production franco-britannico-espagnole entreprend un biopic sur son découvreur. Des réalisateurs prestigieux tels que Francis Ford Coppola, Roland Joffé ou Oliver Stone furent approchés, mais c’est finalement Ridley Scott qui décrocha le poste, exigeant pour donner son accord que le rôle principal soit tenu par  Gérard Depardieu. Il retrouve l’actrice culte de son film Alien, Sigourney Weaver, qui venait de terminer Alien 3 (par David Fincher) – pour lequel elle a dû se raser les cheveux, ce qui l’obligea à porter une perruque pour jouer la reine d’Espagne. Le film a été tourné en seize semaines, entre l’Espagne et le Costa Rica, et deux répliques des caravelles de l’époque refirent le même voyage en mer. 1492 : Christophe Colomb restitue ainsi le rêve fou et inédit d’un aventurier qui allait changer la vision du monde, son obstination, ses contradictions et le désastre colonial et civilisationnel qui s’annonce, au milieu des moments de doutes, de révoltes d’une partie de ses troupes et d’intrigues de cour. Pour la bande-son, Scott refait appel à Vangelis (qui avait déjà signé celle de son Blade Runner), dont le thème à base de synthétiseur et de chœurs deviendra son plus grand succès commercial (quatre millions d’exemplaires dans le monde). Grosse production européenne (quarante millions de dollars), le film est sorti mondialement le 12 octobre 1492, le jour de l’arrivée de Colomb en Amérique. A ne pas confondre cependant avec Christophe Colomb : la découverte, sorti la même année, qui malgré son casting prestigieux (Marlon Brando, Tom Selleck, Catherine Zeta-Jones, Benicio del Toro) a reçu une pluie de nominations aux Razzie Awards…

24 avril : Ciné-club Méta-cinéma : La Nuit américaine (1973) – Cinéma Paradiso (1988)

LA NUIT AMERICAINE

– 19h : La Nuit américaine (François Truffaut – 1973 – 112 minutes)

avec Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Léaud, François Truffaut, Nathalie Baye, Jean-Pierre Aumont, Valentine Cortese, Jean Champion, Dani, Alexandra Stewart, Bernard Menez, Jean-François Stévenin

Un réalisateur entame le tournage de son nouveau film, et doit faire face aux multiples aléas et imprévus causés par les acteurs et l’équipe technique.

Comme Les Ensorcelés de Vincente Minneli, Chantons sous la pluie de Stanley Donen ou Le Mépris de Jean-Luc Godard, La Nuit américaine est un exemple typique de méta-cinéma : un film montrant un film. Pour renforcer la mise en abyme cinématographique, François Truffaut joue lui-même le rôle du réalisateur, exposant ses angoisses et ses admirations cinématographiques. On retrouve aussi son acteur fétiche, son double habituel à l’écran, Jean-Pierre Léaud (Les Quatre Cents Coups, Baisers Volés, Domicile Conjugal). Jean-François Stévenin était réellement l’assistant du film, et Nathalie Baye démarre sa carrière avec ce premier rôle. Le film montre donc l’envers du décor, avec toutes les histoires anodines et relations entre artisans et professionnels du métier qui façonnent et influencent le film final. Toutes les anecdotes sont d’ailleurs véridiques, tirées de la propre expérience de Truffaut ou de son entourage. Bien avant l’ère des making of réglementaires en bonus des DVD, La Nuit américaine offre un regard instructif sur la réalité déconcertante de la fabrique du cinéma envahie par la vie réelle, et a été récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger.

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– 21h : Cinéma Paradiso (Giuseppe Tornatore – 1988 – 167 minutes)

avec Philippe Noiret, Salvatore Cascio, Marco Leonardi, Jacques Perrin, Agnese Nano, Brigitte Fossey, Leopoldo Trieste

Un enfant sicilien d’après-guerre découvre le monde du cinéma à travers la cabine du projectionniste qui lui apprend le métier.

Cinéma Paradiso ne montre pas de tournage à proprement parler, mais revisite passionnément l’histoire du cinéma depuis la cabine de projection d’un cinéma de village italien, la salle de cinéma se prenant cette fois-ci elle-même pour objet. Le film est en partie autobiographique puisque Tornatore avait lui-même été projectionniste de village, et il en profite pour réaliser un vibrant hommage au septième art et à ce métier des coulisses, aussi essentiel que discret, très technique voire dangereux, comme le récit le montrera, à des années lumières des projections numériques actuelles. Comme Splendor d’Ettore Scola sorti au même moment, il dépeint le triste spectacle de l’épidémie de fermetures des salles de cinéma avec l’arrivée de la télévision et des chaînes racoleuses de l’époque Berlusconi. Une symbolique très forte se dégage de la narration, puisque le cinéma Paradiso est au départ une église, où les scènes sensuelles des grands classiques étaient systématiquement censurées, puis le cinéma est rénové et désormais sans censeur, et enfin finit sa course avec de tristes films érotiques sans âmes, tandis que parallèlement le personnage principal aime le cinéma, apprend à aimer avec le cinéma mais verra son amour condamné par le cinéma. Magnifié par sa fameuse bande-son d’Ennio Morricone, Cinema Paradiso a obtenu un triomphe critique international, à commencer par le Grand Prix du Jury du Festival de Cannes et l’Oscar du meilleur film étranger. A noter que le film a été finalement restauré dans sa version longue initiale, qui ne comporte pas pour une fois des simples rallonges ou scènes secondaires, mais apporte des révélations déterminantes et un dénouement plus dramatique et ambivalent concernant les liens et le destin des personnages principaux.

17 janvier : Ciné-club western spaghetti avec Henry Fonda : Mon nom est Personne (1973) – Il était une fois dans l’Ouest (1968)

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– 19h : Mon nom est Personne (Tonino Valerii – 1973 – 111 minutes)

avec Terence Hill, Henry Fonda, Jean Martin, Geoffrey Lewis, R. G. Armstrong, Leo Gordon

Le fameux justicier Jack Beauregard souhaite mettre un terme à sa carrière. Un admirateur souhaite le faire entrer dans la légende en affrontant la Horde Sauvage.

Mon nom est Personne est étroitement lié à la filmographie de Sergio Leone, puisque ce dernier a écrit l’idée originale et produit le film. Si son ancien assistant-réalisateur Tonino Valerii (sur Pour une poignée de dollars et Et pour quelques dollars de plus) en signe l’essentiel de la réalisation, Leone a tout de même réalisé personnellement quelques séquences (l’ouverture, le dual au saloon ou l’attaque de la Horde Sauvage). Ce meta-film est un formidable hommage au western américain, que Leone avait su réinventer, mais que la horde des copieurs italiens sans talents étaient en train de tuer dans le spaghetti. Terence Hill avait justement joué dans les westerns parodiques On l’appelle Trinita et On continue de l’appeler Trinita, que Leone avait détesté. C’est donc judicieusement que son personnage (Personne, jeu de mot issu de l’Odyssée) voue un culte au personnage d’Henry Fonda (représentant les sommets du western sous la direction de John Ford, Anthony Mann, Fritz Lang ou Sergio Leone) quand celui-ci compte prendre sa retraite (ce sera d’ailleurs son dernier western). Ennio Morricone aussi se veut référentiel, avec une partition humoristique et des variations de La Chevauchée des Walkyries de Wagner, My Way ou Il était une fois dans l’Ouest. Le fond et la forme sont donc parfaitement ajustés, avec des combats de baffes et de l’humour potache signifiant la dégénérescence d’un genre à qui l’on rendait une dernière révérence. Plus que Terence Hill, Personne est Tonino Valerii, réalisateur anecdotique fasciné par les grands du genre.

 IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST

– 21h : Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone – 1968 – 165 minutes)

avec Claudia Cardinale, Henry Fonda, Jason Robards, Charles Bronson, Gabrielle Ferzetti, Woody Strode, Jack Elam, Lionel Stander, Paolo Stoppa, Frank Wolff, Keenan Wynn

Une femme hérite de terres suite au meurtre de son mari. Mais bien d’autres aventuriers convoitent ces terres juteuses à côté desquelles doit se construire une ligne de chemin de fer.

Après des péplums de série B et surtout le succès de sa trilogie du dollar, Sergio Leone souhaitait s’attaquer à sa grande œuvre, Il était une fois en Amérique. Mais les producteurs n’acceptèrent de la financer que s’il réalisait encore un western. Leone eut donc l’idée d’une nouvelle trilogie, une histoire politique de l’Amérique dans la violence et la désillusion. Sergio Leone signe alors son western baroque et définitif, avec ses lenteurs débordant de tension, silences lourds et gros plans intenses. Son introduction pré-générique de quatorze minutes est restée dans les annales des duels du cinéma. Ennio Morricone écrit l’un de ses thèmes les plus légendaires, celui de l’homme à l’harmonica – la bande-son restera classée au hit-parade des ventes pendant trois ans. Henry Fonda, habitué à incarner dans le cinéma américain des rôles nobles et justes, est ici utilisé en contre-emploi renversant, en aventurier cruel et sanguinaire (le premier « méchant » de sa carrière). Claudia Cardinale est le premier véritable personnage féminin de Leone, et a été le fantasme sensuel de toute une génération. Charles Bronson incarne un personnage mélancolique typique de Leone, hanté par les flash-backs de son passé tragique, dont la clef ne sera révélée qu’à la fin. Enorme succès en Europe (un des plus grands succès du cinéma français), Il était une fois dans l’Ouest reste encore la référence absolue du western italien avec Le Bon, la Brute et le Truand, que Tarantino continue encore de vénérer à travers Django Unchained ou Les Huit Salopards.

27 septembre : Ciné-club polar avec Jean Gabin et Alain Delon : Mélodie en sous-sol (1963) – Le Clan des Siciliens (1969)

MELODIE EN SOUS SOL

– 19h : Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil – 1962 – 121 minutes)

avec Jean Gabin, Alain Delon, Maurice Biraud, Vivianne Romance, Carla Marlier

A sa sortie de prison, Charles décide de faire un dernier grand coup avant de se retirer. Avec un jeune voyou fougueux, il organise un casse au casino de Cannes.

Après Le Président et Un Singe en hiver, Henri Verneuil retrouve le monstre sacré Jean Gabin et le succulent dialoguiste Michel Audiard pour un troisième film commandé par les studios MGM. Si dans le précédent Gabin était accompagné de la jeune star de la Nouvelle Vague Jean-Paul Belmondo, il a affaire ici à son concurrent, Alain Delon, qui a fait des pieds et des mains pour parvenir à tourner avec son idole (remplaçant ainsi le pauvre Jean-Louis Trintignant), n’hésitant pas à tourner sans cachet et à abandonner le tournage du Guépard, au gram damne de Visconti ! C’est d’ailleurs ce film qui fit de lui une star internationale, après des débuts remarqués dans Plein soleil ou Rocco et ses frères. Mélodie en sous-sol est en effet un immense succès dans le monde entier, et même un classique du film de casse français, avec sa réalisation impeccable et soignée, des acteurs au sommet de leur charisme balançant d’excellentes répliques d’Audiard, sur une partition rythmée de Michel Magne. Et surtout sa dernière scène est légendaire et inoubliable !

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– 21h : Le Clan des Siciliens (Henri Verneuil – 1969 – 125 minutes)

avec Jean Gabin, Alain Delon, Lino Ventura, Irina Demick, Amedeo Nazzari, Yves Lefebvre, Marc Porel, Sydney Chaplin, André Pousse

Un truand s’évade d’un fourgon de police avec la complicité d’un clan sicilien. Il leur propose de dérober une importante collection de joaillerie à Rome.

Le succès des films d’Henri Verneuil l’a fait engager par les studios américains pour deux films aux Etats-Unis avec Anthony Quinn et Charles Branson. Fort de cette expérience et renommée, la 20th Century Fox est prêt à mettre le paquet avec un budget record pour un polar français, qui permet d’engager trois des plus grosses stars françaises : Jean Gabin, Alain Delon et Lino Ventura, réunis pour la première fois à l’écran (bien qu’ils aient déjà tournés ensemble séparément). Gabin en patriarche mafieux sicilien, Delon en truand recherché pour meurtre et Ventura en flic coriace – un casting comme on n’en fait plus ! Le film lui-même est tout aussi ambitieux et spectaculaire puisqu’il montre pour la première fois au cinéma le casse d’un avion en vol ! Co-écrit par José Giovanni (un ancien collabo, truand condamné à mort et gracié, devenu romancier puis réalisateur !), le long-métrage est d’une précision chirurgicale (presque mellevilienne), tant dans son scénario à suspense que sa mise en scène tendue. Magnifié par un des plus meilleurs thèmes d’Ennio Morricone à la guimbarde (qui a été un best-seller), Le Clan des Siciliens a été un très grand succès (4,8 millions de spectateurs français), et s’est rapidement imposé comme un des plus grandioses polars français.

7 juin : Ciné-club Clint Eastwood / Don Siegel

L'INSPECTEUR HARRY

– 19h : L’Inspecteur Harry (Don Siegel – 1971 – 102 minutes)

avec Clint Eastwood, Harry Guardino, Reni Santoni, Andy Robinson, John Larch, John Vernon

A San Francisco, l’inspecteur Harry Callahan doit retrouver un tireur et kidnappeur psychopathe en usant de ses méthodes expéditives aux frontières de la loi.

Après avoir joué les cowboys solitaires dans les années 60, Clint Eastwood entame les années 70 avec son rôle le plus connu, en tant que justicier absolu dans la ville moderne, n’hésitant pas à enfreindre la loi pour imposer sa conception de la justice ou à abattre un malfrat. Inspiré de l’histoire non élucidée du tireur de San Francisco, L’Inspecteur Harry fut très polémique à sa sortie, beaucoup y voyant une morale réactionnaire et machiste, prônant la justice personnelle et l’auto-défense, là où d’autres le considéraient comme le héros dont l’Amérique avait besoin à une époque de doute socio-culturel, arguant que le coupable avait fini par avoir plus de droit que la victime. En tout cas le film a été un énorme succès, créant un nouveau standard de film d’action, western urbain contemporain où San Francisco devient un personnage à part entière. Plusieurs scènes et répliques sont devenues cultes. L’excellente musique jazz-funk de Lalo Schifrin (Bullit, Opération Dragon, Mission Impossible, Starsky et Hutch) contribue énormément à la dynamique et à la tension du film. L’Inspecteur Harry connut pas moins de quatre suites, atténuant progressivement son personnage. Clint Eastwood en réalisa une (Le Retour de l’inspecteur Harry), et finit même par parodier son personnage dans un autre de ses films, La Relève (1990).

 SIERRA TORRIDE

– 21h : Sierra Torride (Don Siegel – 1970 – 114 minutes)

avec Clint Eastwood, Shirley MacLaine, Manolo Fabregas, Alberto Morin, Armando Silvestre

Au XIXème siècle au Mexique, un cowboy mercenaire sauve une nonne des griffes de bandits, et ils vont aider les révolutionnaires à attaquer un fort détenu par l’armée française.

Don Siegel (L’Invasion des profanateurs de sépultures) est l’un des deux mentors de Clint Eastwood, avec Sergio Leone. Après avoir été révélé par le réalisateur italien dans les westerns de la trilogie du dollar, c’est avec Siegel qu’il apprendra le mieux le métier et éprouvera l’envie de devenir réalisateur. Ils ont tourné ensemble cinq films, dont trois westerns. D’ailleurs, dans le premier western qu’il réalise, L’Homme des hautes plaines, Eastwood place deux pierres tombales portant les noms de Sergio Leone et Don Siegel, comme pour mieux enterrer symboliquement ses pères. Enfin son grand classique Impitoyable lui est dédié personnellement. Dans Sierra Torride, Eastwood donne la réplique à Shirley MacLaine, grande sœur de Warren Beatty, star (elle est créditée avant Eastwood) des comédies romantiques de Billy Wilder (La Garconnière, Irma la douce). Son rôle de nonne en plein de western ne manque pas de piquant, et donnera lieu à bien des situations cocasses entre elle et Clint Easwood, qui quant à lui habite sans difficulté son personnage habituel de cowboy cynique. Autre réminiscence leonienne, Ennio Morricone signe la musique de bon petit western picaresque tourné au Mexique.

24 mai : Ciné-club prohibition avec deux bières Beavertown en pression (Paris Beer Week #2)

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– 19h : Il était une fois en Amérique (Sergio Leone – 1984 – 229 minutes)

Avec Robert De Niro, James Wood, Elizabeth McGovern, Joe Pesci, Burt Young, Tuesday Weld, Treat Williams, Jennifer Connelly

Dans les années 60, un vieil homme se souvent de sa jeunesse avec ses amis dans le ghetto juif du New York des années 20, puis dans les bars clandestins et le trafic d’alcool au temps de la prohibition des années 30.

Bien des années après ses cinq westerns mythiques qui ont bouleversé le genre, de Pour une poignée de dollars (1964) à Il était une fois la révolution (1971), Sergio Leone reprend la caméra pour ce qui deviendra son ultime chef d’œuvre. Adapté du roman The Hoods de Harry Grey, Sergio Leone a travaillé pendant douze ans sur le scénario de Il était une fois en Amérique, cette monumentale et bouleversante fresque sur les années folles dans les bars clandestins sous la prohibition. Il y porte un regard vertigineux sur le destin d’individus liés par l’amitié, l’amour, la trahison et les règlements de comptes sanglants entre gangsters, couvrant une période de quarante ans, de l’enfance à la vieillesse. Magnifié par une partition exceptionnelle de son compositeur attitré Ennio Morricone et par des acteurs au sommet – Robert De Niro et James Wood (Videodrome, Casino, Vampires) bien évidemment, mais aussi Joe Pesci (Raging Bull, Les Affranchis, Casino), Burt Young (Rocky) ou la jeune Jennifer Connelly (Requiem for a dream) -, le film fait figure de testament esthétique et cinématographique. L’implication de Sergio Leone et le rythme de tournage lui coûtèrent sa santé (il disait que chaque film lui faisait perdre cinq ans de sa vie). Il était une fois en Amérique fut charcuté par les producteurs à sa sortie américaine (remonté chronologiquement et amputé de bien des scènes), ce qui effondra le réalisateur. Mais des années après sa mort, la version longue originelle est enfin restaurée et permet de faire justice à l’un des plus grands films du cinéma.

Vu le nombre de règlements de compte sanglants qui émaillent le film, rien de tel que de se rafraîchir avec la Bloody ‘Ell en pression, une American IPA à l’orange sanguine (7,2°) des anglais Beavertown ! Dans le cadre de la Paris Beer Week #2, une autre bière Beavertown sera proposée en pression, la Papa Pils, une Imperial Pils (7°) brassée spécialement en collaboration avec les américains Odell.

Ciné-club Action 80’s avec Brigitte Nielsen : Kalidor (1985) – Cobra (1986)

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– 19h : Kalidor, la légende du talisman (Richard Fleischer – 1985 – 89 minutes)

avec Brigitte Nielsen, Arnold Schwarzenegger, Sandahl Bergman, Paul Smith, Ronald Lacey, Pat Roach, Janet Agren

Sonja cherche à se venger de la reine Gedren qui a tué ses parents et qui essaie de s’emparer d’un talisman aux pouvoirs immenses.

Conan le Barbare est une série de nouvelles et de romans écrits par Robert E. Howard en 1932 devenue un classique de l’heroic fantasy (qu’il contribua à populariser), adaptée en comics (chez Marvel), puis en film en 1982 (par John Milius, qui révéla Arnold Schwarzenegger). Suite au succès en salle, le prestigieux Richard Fleischer (Les Inconnus dans la ville, Les Vikings, L’Etrangleur de Boston, Soleil vert) en réalisa la suite, Conan le Destructeur (1984). Le producteur de la série au cinéma, Dino De Laurentiis (La Strada, Barbarella, Flash Gordon) décide d’adapter une autre héroïne de l’univers d’Howard, Red Sonja, avec la sculpturale mannequin danoise d’1m84 Brigitte Nielsen, pour son premier rôle au cinéma. Pour des raisons de droits, le personnage de Conan ne put être réutilisé (alors qu’il croise souvent Red Sonja dans les romans et comics), mais Arnold Schwarzenegger (sous contrat avec De Laurentiis) tient le même rôle de barbare musclé (Kalidor), ce qui donnera lieu abusivement lieu à une mise en avant de son personnage sur l’affiche et dans la promotion de film (alors que ce n’est pas le héros), la France allant même jusqu’à traduire le titre original (Red Sonja) en Kalidor ! Tourné en Italie, le film a deux italiens prestigieux dans sa production : Ennio Morricone à la bande son (compositeur culte des westerns de Sergio Leone, parmi cinq cent autres films) et Danilo Donati aux décors (décorateur de Fellini ou Pasolini). Au final, Kalidor est une bonne petite série B d’heroic fantasy à la limite du kitsch avec une touche d’humour, dans l’esprit des productions de De Laurentiis qui sait toujours très bien s’entourer.

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– 21h : Cobra (George P. Cosmatos – 1986 – 87 minutes)

avec Sylvester Stallone, Brigitte Nielsen, Reni Santoni, Brian Thompson, Andrew Robinson, Art LaFleur, Lee Garlington, Val Avery

Le lieutenant Marion Cobretti, surnommé Cobra, enquête sur un tueur en série qui agit pour une mystérieuse organisation qui prône un « nouvel ordre ».

Après l’immense succès commercial de Rambo II : la mission (1985), George P. Cosmatos et Sylvester Stallone (Rocky) se retrouvent pour un nouveau film d’action musclé et pyrotechnique. Stallone ne fait pas qu’incarner un flic à Ray-Ban aux méthodes expéditives et explosives, il en est aussi le scénariste ! Il s’offre aussi le luxe de tourner avec sa récente femme, Brigitte Nielsen, qui avait déjà joué avec lui dans Rocky IV (1985). Se sentant décidément chez lui sur le tournage, il n’hésite pas non plus à conduire sa propre Mercedes Mercury personnelle pour le film ! Il faut noter que par peur du raz de marée commercial de Top Gun, Cobra subit au dernier moment une coupe de près de quarante minutes (évidemment les scènes sans Stallone !) afin d’augmenter le nombre de projections par jour dans les salles – ce qui fait disparaître évidemment des pans entiers du scénario. Une coupe finalement peu justifiée car même si son score au box-office est plus modeste que Rocky IV ou Rambo II (300 millions de dollars chacun), Cobra récolte tout de même 60 millions de dollars (sur un budget de 25 millions). Cobra a été nominé à six Razzie Awards (l’opposé des Oscars qui récompensent le pire !), dont pires acteurs pour Stallone, Nielsen et Brian Thompson, pire photographie et bien sûr pire scénario pour Stallone ! Néanmoins le pire devient souvent le meilleur au second degré, ce qui fait de Cobra un nanar bourrin typiquement eighties tout à fait jouissif et devenu culte !

Ciné-club Kurt Russell / John Carpenter : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986) – The Thing (1982)

Kurt Russell est un des acteurs fétiches de John Carpenter, ayant tournés cinq fois ensembles. Retour sur deux films cultes bien différents, qui ont bien plus trouvé leur public en vidéo qu’à leur sortie initiale au cinéma.

Dimanche 15 décembre 2013 :

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– 19h : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (John Carpenter – 1986 – 99 minutes)

avec Kurt Russell, Kim Cattrall, Dennis Dun, James Hong

 Jack Burton accompagne un ami à l’aéroport pour accueillir la fiancée de ce dernier. Mais elle est enlevée par un gang chinois dirigé par un sorcier.

Le film est un échec commercial à sa sortie, ne couvrant même pas la moitié de son budget (25 millions de dollars), ce qui poussera John Carpenter à travailler dans le circuit indépendant, loin des grands studios hollywoodiens – et ce malgré un beau palmarès commercial, comme Halloween (1978) ou New York 1997 (1981). Tourné à Chinatown à San Francisco, c’est effectivement un mélange de plusieurs genres qui a pu paraître déroutant pour le public de l’époque : aventures et explorations à la Indiana Jones, arts martiaux hongkongais à la Tsui Hark et pouvoirs surnaturels, mélangeant action et humour dans un folklore chinois, avec un anti-héros moins triomphant que dépassé par les événements, et des personnages secondaires plus vaillants et puissants que lui. Cependant, ce film atypique, drôle et rythmé est depuis devenu un vif succès à la télévision, en VHS et DVD, ce qui est une des marques des films cultes. Comme d’habitude, Carpenter signe lui-même la musique du film (avec Alan Howarth).

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– 21h : The Thing (John Carpenter – 1982 – 109 minutes)

avec Kurt Russell, Wilford Brimley, Keith David, David Clennon, Donald Moffat

Une équipe de douze chercheurs en plein milieu de l’Antarctique découvre une base norvégienne dont il ne reste aucun survivant, ainsi qu’un corps enfoui depuis 100.000 ans dans la glace.

Remake de La Chose d’un autre monde (1951) de Christian Nyby et Howard Hawks, lui-même adapté d’une fameuse nouvelle de John Campbell, The Thing est autant un film de science-fiction que d’horreur, avec des effets spéciaux stupéfiants et un suspense haletant, où un extra-terrestre métamorphe a la capacité de prendre l’apparence de n’importe quelle créature, et qui créé un climat de suspicion au sein l’équipe de chercheurs. L’ambiance rappelle un peu Alien (1979), où l’on passe plus de temps à attendre la créature qu’à la combattre, et où les protagonistes sont isolés de la civilisation, ici en Antarctique – le film fut d’ailleurs tourné en Colombie-Britannique au Canada et aux studios Universal à Los Angeles. Pour une fois, Carpenter ne compose pas lui-même la bande originale, mais on ne perd pas au change puisque c’est l’immense Ennio Morricone qui s’en charge. The Thing n’est pas un succès commercial à sa sortie, les recettes compensant de peu son budget. Mais c’est aussi devenu un film culte, parmi les plus appréciés de Carpenter, dont un préquelle est sortie en 2011 sous le même nom, se passant quelques jours plus tôt dans la base norvégienne.