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19 juin : Ciné-club sport à balle : Rollerball (2002) – Match France VS Suisse

ROLLERBALL (2001)

– 19h : Rollerball (John McTiernan – 2002 – 98 minutes)

avec Chris Klein, Jean Reno, LL Cool J, Rebecca Romijn, Naveen Andrews, Oleg Taktarov, Andrew Bryniarski

La star d’une équipe de rollerball, un sport très violent, se rend compte que son créateur manipule les matchs pour faire monter leurs audiences et son profit.

Le romancier William Harrison avait remarqué, en assistant à un match de baseball tournant à la bagarre générale, que le public se passionnait plus pour les coups que pour le match lui-même. Il en tira une nouvelle, Meurtre au jeu de boules (quelle bonne traduction !), adaptée au cinéma par Norman Jewison (Le Kid de Cincinnati, L’Affaire Thomas Crown) en 1975 avec James Caan. Trente ans plus tard, le grand John McTiernan (Die Hard I & III, Predator, Last Action Hero) entreprend son second remake d’affilée d’un film de Jewison, après Thomas Crown, son dernier succès en date, Le 13ème guerrier ayant été un échec commercial cuisant. Il compte faire de Rollerball un film politique, une dystopie critiquant la course au spectaculaire, à la violence et à l’argent pour endormir les consciences sociales de la génération MTV. Dès le casting les choses commencent mal : Chris Klein vient des American Pie, Jean Reno cabotine de manière catastrophique, le rappeur LL Cool J (alias Ladies Love Cool James) s’obstine à vouloir faire du cinéma, Rebecca Romijn recevra le Razzie Award de la pire actrice. A l’issue de screen tests négatifs, la production ordonne d’élargir le public, retourner des scènes, modifier la fin, couper sauvagement trente minutes de film, et ne le sort que deux ans après le tournage. On obtient un incroyable sabotage industriel, avec des jump cuts inexplicables et des ellipses incohérentes. L’ambition socio-politique est aseptisée, ne restant que des scènes d’action vulgaires, une intrigue confuse et des situations consternantes, sur fond de Slipknot ou Rob Zombie. Rollerball est un lourd échec commercial (ne rapportant que 25 millions de dollars sur 70 millions de budget) et critique – Les Cahiers du Cinéma y virent tout de même « une œuvre d’une rage et d’une énergie inouïes ». Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Le FBI découvre que McTiernan avait engagé un détective privé pour espionner et enregistrer son producteur avec qui il était en conflit dès le tournage, ce qui lui vaudra un an de prison ferme. Un sévère prix à payer pour un ratage cinématographique sans appel, mais qui est devenu malgré lui un nanar des plus savoureux et fascinants !

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– 21h : France VS Suisse (Match du championnat d’Europe de football)

Comme pour tous les soirs de matchs, happy hour prolongé jusqu’à 22h !

11 octobre : Ciné-club Patrick Dewaere : Coup de tête (1979) – Série noire (1979)

COUP DE TETE

– 19h : Coup de tête (Jean-Jacques Annaud – 1979 – 88 minutes)

avec Patrick Dewaere, Corinne marchand, France Dougnac, Dorothée Jemma, Maurice Barrier, Paul Le Person, Michel Aumont, Jean Bouise

Un joueur de football d’une petite ville est renvoyé de l’équipe et de son travail, et accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Il va chercher à se défendre et se venger.

Le second film de Jean-Jacques Annaud est le seul à se passer dans la société contemporaine. Il est écrit par Francis Veber, prolifique scénariste (Le Grand blond avec une chaussure noire, L’Emmerdeur, Le Magnifique), et réalisateur (La Chèvre, Les Fugitifs, Le Dîner de cons) à succès. Coup de tête est une comédie dramatique, une satire sociale hilarante et féroce aux dialogues excellents sur l’hypocrisie d’une petite ville, l’injustice qui touche un pauvre type et la vengeance qu’il leur réserve. Patrick Dewaere est comme d’habitude très à l’aise dans son rôle et particulièrement succulent. L’équipe de football est jouée par les véritables joueurs de l’AJ Auxerre et du Troyes AC, tournés pendant la mi-temps de leur derby, avec Guy Roux comme conseiller technique et sportif ! Les seconds rôles sont majoritairement d’illustres comédiens de doublages, à qui l’on doit les voix de Michael Douglas, Robin Williams, Robert De Niro, Mel Gibson, Jennifer Aniston, Danny DeVito, Harvey Keitel, Clark Gable ou le Grand Schtroumpf ! Jean Bouise a par ailleurs reçu le César du meilleur second rôle. Coup de tête est un des meilleurs films sur le football et l’envers de son décor, à base de copinages et basses magouilles commerciales.

 SERIE NOIRE

– 21h : Série noire (Alain Corneau – 1979 – 116 minutes)

avec Patrick Dewaere, Myriam Boyer, Marie Trintignant, Bernard Blier, Jeanne Herviale, Andreas Katsulas

Un vendeur à domicile rencontre une adolescente exploitée par sa vieille tante. Elle lui suggère de s’emparer de son magot…

Adapté d’un polar de Jim Thompson (Guet-apens de Sam Peckinpah), Série noire a été adapté dans un contexte bien plus français et banlieusard par l’écrivain d’avant-garde Georges Perec (La vie mode d’emploi), qui en signe aussi les dialogues fleuris (« qu’est-ce qu’on se marre à kesh » !). Alain Corneau, grand amoureux des films noirs, signe ici une œuvre d’une noirceur abyssale, désespérée et poignante, tourné avec peu de budget en cinq semaines, caméra à l’épaule, avec une formidable osmose de son équipe et des acteurs. Le film repose avant tout sur les épaules de Patrick Dewaere, qui livre une interprétation absolument titanesque. Sa performance de Frank Poupart, looser à la folie innocente et attachante, le hisse au panthéon des acteurs français et contribue au mythe de l’acteur écorché vif parti trop tôt – c’était d’ailleurs son rôle préféré. Bernard Blier, Myriam Boyer et la jeune Marie Trintignant sont eux aussi impeccables. Présenté au Festival de Cannes et nommé à cinq Césars (meilleurs acteurs pour Patrick Dewaere et Bernard Blier, meilleur actrice pour Myriam Boyer, meilleur scénario et meilleur montage), Série noire n’en remporta aucun mais est devenu un film culte extravagant et cauchemardesque, un grand classique vertigineux du film noir et du cinéma français.

Ciné-club Coupe du Monde de football : Zidane, un portrait du XXIème siècle (2006) – Finale Allemagne / Argentine

ZIDANE UN PORTRAIT DU 21E SIECLE

– 19h : Zidane, un portrait du XXIème siècle (Douglas Gordon, Philippe Parreno – 2006 – 91 minutes)

Zidane, un portrait du XXIème siècle n’est pas un documentaire sur Zinedine Zidane, sa carrière et ses performances. C’est à la fois moins et plus que cela : c’est plutôt un film d’art contemporain sur une icône sportive, réalisé par deux plasticiens, Douglas Gordon et Philippe Parreno. Il a été tourné le 23 avril 2005 lors d’un match du Real Madrid (où Zidane tenait le numéro 5) contre Villareal au stade Santiago Bernabeu de Madrid avec pas moins de 17 caméras HD, qui ont intégralement et exclusivement suivi la performance du footballeur, le faisant rentrer dans une abstraction athlétique et esthétique. Car le film ne s’attache finalement que peu au match en lui-même : on voit Zidane attendre, courir, dribbler, frapper la balle, tomber, mais les actions des autres joueurs nous sont quasiment inconnues. Le tout est débarrassé des habituels commentaires télévisuels, et l’on se retrouve plongé dans le silence et la solitude du sport, ponctués des bruits de pelouse, de crampons ou de la foule du stade, et surtout par la discrète et atmosphérique bande-son de Mogwai, composée spécialement pour le film. Par moments des réflexions de Zidane s’inscrivent à l’écran, mais le mystère reste entier : le footballeur demeure aussi expressif qu’insondable. A la mi-temps, des images d’actualité du jour l’inscrivent cependant dans son siècle et justifient le titre du film – on y voit le cadavre d’un enfant en Irak avec le maillot du joueur. Paradoxal et transversal, Zidane, un portrait du XXIème siècle décevra les fans primaires de foot n’y trouvant pas de spectacle, tandis qu’il intriguera les étrangers du sport qui se retrouveront plongés dans une expérience de déconstruction immersive, originale et unique, que seule une légende comme Zidane pouvait générer.

 foot-festin

– 21h : Finale de la Coupe du Monde : Allemagne / Argentine

Ciné-club football : Shaolin Soccer (2001) – Match France / Honduras

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– 19h : Shaolin Soccer (Stephen Chow – 2001 – 107 minutes)

avec Stephen Chow, Zhao Wei, Ng Man-tat, Patrick Tse Yin, Wong Yat-Fei, Karen Mok, Cecilia Cheung, Vincent Kok

Une ancienne star du football monte une équipe professionnelle constituée de moines Shaolin, utilisant leur art du kung-fu !

Star comique à Hong Kong, l’acteur-réalisateur Stephen Chow est habitué aux parodies (Bons baisers de Pékin, 1994). Malgré l’engouement moindre du football en Asie qu’en Occident, après la Coupe du Monde de 1998 il décide de s’attaquer à ce sport, et d’écrire, interpréter, produire et réaliser l’impensable : un film qui restituerait l’invraisemblance du dessin animé Olive et Tom (Captain Tsubasa) avec des acteurs réels. Pour ceux qui n’auraient pas passé leur jeunesse devant la télévision dans les années 80-90, rappelons que cet anime japonais, diffusé dans le Club Dorothée aux côtés de Dragon Ball ou Les Chevaliers du Zodiaque, montre des matchs de football sur des terrains aux dimensions kilométriques, avec sauts de plusieurs mètres, acrobaties et retournés aériens sans difficulté, ou shoots si puissants qu’ils transpercent les filets et fissurent le mur derrière – le tout par des collégiens amateurs, évidement ! Chow engage le fameux chorégraphe Ching Siu-tung (Histoires de fantômes chinois, Hero) pour allier esthétiquement football et kung-fu, à l’aide d’effets spéciaux en images de synthèse, assurés par le studio hongkongais Centro Digital (Stormriders). Délirant, hilarant et jubilatoire, Shaolin Soccer devient le plus gros succès commercial à Hong Kong depuis son rattachement à la Chine, ce qui pousse les américains de Miramax à en racheter les droits pour une distribution internationale. A noter que la version internationale, sortie au cinéma en France, a été raccourcie d’une vingtaine de minutes, et que ce sera donc la version longue originale inédite qui sera projetée au ciné-club. Dommage que les matchs de football ne se déroulent pas comme ça !

foot-festin

– 21h : France – Honduras (Match de la Coupe du Monde de Football – Brésil – 90 minutes)

Avec aux commentaires maison notre ami Philippe Cotonnec !