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30 août : Ciné-club banlieue avec Vincent Cassel : Lascars (2009) – La Haine (1995)

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– 19h : Lascars (Albert Pereira-Lazaro & Emmanuel Klotz – 2009 – 96 minutes)

avec Vincent Cassel, IZM, Diane Kruger, Omar Sy, Fred Testot, Gilles Lelouche, Frédéric Bel, Diam’s, Vincent Desagnat, François Levantal, Eric Judor, Katsuni

A Condé-sur-Ginette, Tony Merguez et José Frelate se font arnaquer et leurs vacances tombent à l’eau. Ils essaient de rebondir par la débrouille…

Lascars est à la base une série d’animation humoristique sur les banlieues françaises de trente épisodes d’une minute, créée par un collectif d’artistes issus de la street culture, diffusée sur Canal+ en 1998. Sa popularité persistante sur internet (plus de vingt millions de visionnages) fut telle qu’une seconde saison fut lancée en 2007, ainsi que deux bandes dessinées et surtout ce film d’animation sorti au cinéma, réalisé par deux anciens étudiants de la prestigieuse Ecole des Gobelins, présenté au Festival de Cannes dans la Semaine de la Critique ! Fidèle à l’esprit de la série mais en format bien plus long et plus riche (en galères !), avec sa culture hip-hop et un graphisme soigné issu de l’esthétique des graffitis, le film s’avère particulièrement hilarant et rocambolesque, notamment grâce à son écriture brillante qui sent bon le flow du rap et le verlan. A noter le judicieux casting des voix de doublage, par autant d’amoureux des cités comme Vincent Cassel, Omar et Fred ou Diam’s. Enfin l’histoire ne s’arrête pas là puisqu’une série télévisée (avec vrais acteurs cette fois) a diffusée en 2012 pendant deux saisons.

 LA HAINE

– 21h : La Haine (Mathieu Kassovitz – 1995 – 96 minutes)

avec Vincent Cassel, Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui, Solo, Sergi Lopez, Benoit Magimel

Au lendemain d’une nuit d’émeutes entre des jeunes et la police dans une cité du 78 suite à une bavure policière, trois jeunes vont vivre la journée la plus importante de leur vie.

Le premier film de Mathieu Kassovitz porte sur un fait réel : le meurtre d’une balle dans la tête d’un jeune zaïrois par la police lors d’une garde à vue en 1993. Il tourne autour de la haine (réciproque) que les jeunes de banlieue vouent envers la police, leurs bavures et leur impunité, et les différentes réactions qui en découlent, entre le désir de vengeance et l’appel à la raison. Le noir et blanc de la pellicule restitue le malaise de leur quotidien morose et sans espoir – le film fut d’ailleurs le premier à traiter du sujet brulant des banlieues et à donner voix à une frange de la population d’ordinaire si peu représentée. Œuvre générationnelle, La Haine fut un triomphe public et critique : Prix de la mise en scène au Festival de Cannes, trois Césars (et huit nominations) dont celui du meilleur film, tandis que Vincent Cassel (nommé aux Césars du meilleur espoir et du meilleur acteur) fut révélé au grand public. Mais La Haine fut aussi l’objet d’une polémique politico-médiatique autour de la représentation de la violence et de la haine policière, et de l’influence que cela pourrait avoir sur les jeunes de cités. Un débat qui continua longtemps avec le rap français (le ministre de l’intérieur de l’époque Jean-Louis Debré porta d’ailleurs plainte contre une chanson d’un album inspiré par le film).