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23 juillet 2017 : Ciné-club nucléaire : Docteur Folamour (1964) – L’Ultimatum des trois mercenaires (1977)

DR. FOLAMOUR

– 19h : Docteur Folamour ou : ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Stanley Kubrick – 1964 – 94 minutes)

avec Peter Sellers, George C. Scott, Sterling Hayden, Keenan Wynn, Slim Pickens, Tracy Reed

Un général américain fou décide de bombarder l’URSS avec des missiles nucléaires. Le président des Etats-Unis tente de débloquer la situation avec son état-major…

Réputé pour son perfectionnisme, Stanley Kubrick a lu une cinquantaine de livres sur la guerre froide et la menace nucléaire, et en tire la plus comédie la plus noire et la plus renversante qui soit, alors que le sujet terrorise les populations du monde entier. Après Lolita, Peter Sellers retrouve le réalisateur pour une farce sans précédent – il y tient pas moins de trois rôles différents mais tout aussi brillamment(le président américain, un général, et le fameux docteur Folamour) et en a été payé un million de dollars, soit la moitié du budget du film ! On en oubliera presque George C. Scott est tout aussi excellent, comme toujours (L’Arnaqueur, Patton). Hilarant de bout en bout, Docteur Folamour dénonce l’incompétence des politiciens et l’absurdité de la guerre, comme dans Les Sentiers de la gloire ou plus tard Barry Lyndon et Full Metal Jacket. Sauf que cette fois-ci c’est la survie même de l’humanité qui est en jeu ! Nommé à quatre Oscars (meilleurs film, réalisateur, scénario et acteur pour Sellers), Docteur Folamour est considéré comme la troisième meilleure comédie américaine par l’American Film Institute, et est le dernier film en noir et blanc de Kubrick, qui changera de statut avec ses films suivants, devenant le maître intouchable que l’on sait à l’esthétique iconique (2001 l’odyssée de l’espace, Orange Mécanique, Barry Lyndon).

L'ULTIMATUM DES TROIS MERCENAIRES

– 21h : L’Ultimatum des trois mercenaires (Robert Aldrich – 1977 – 144 minutes)

avec Burt Lancaster, Richard Widmark, Roscoe Lee Browne, Joseph Cotten, Melvyn Douglas, Charles Durning, Richard Jaeckel, William Marshall, Gerald S. O’Loughlin, Paul Winfield, Burt Young

Un commando mené par un ancien général américain s’infiltre dans une base militaire contenant neuf missiles nucléaires. Il lance un ultimatum au président des Etats-Unis…

Robert Aldrich a refusé la réalisation d’Un Pont trop loin (et un salaire plus élevé) pour se lancer dans L’Ultimatum des trois mercenaires, adapté d’un roman de Walter Wager (58 minutes pour vivre). Ce thriller contestataire sous forme de compte à rebours nucléaire est d’un suspense et d’une intensité absolument sans équivalent, dont les implications (géo)politiques prennent une ampleur insoupçonnée et donnent de nombreuses sueurs froides au gouvernement américain et au spectateur. La réalisation est d’une efficacité imparable, maîtrisant admirablement le montage en split screens au service d’un dispositif narratif millimétré et irrésistible. Malgré ses presque deux heures et demis, le film ne contient pas une seconde de trop tellement il se dévore ! Dans son quatrième film avec Aldrichr (Bronco Apache, Vera Cruz et Fureur Apache), Burt Lancaster est toujours aussi impérial, portant la tension des scènes sur ses épaules et dans ses dialogues. Dernier grand film de la longue et riche carrière d’Aldrich (En quatrième vitesse, Les Douze salopards) dont c’était le préféré, L’Ultimatum des trois mercenaires marque durablement de son audace filmique et de son amer constat politique.

Ciné-club Paul Newman arnaqueur ! L’Arnaqueur (1961) – L’Arnaque (1973)

Paul Newman, parmi sa très longue et prestigieuse filmographie, a tourné deux de ses films les plus connus comme arnaqueur. Nous ne pouvions pas résister au plaisir de les regrouper pour une séance de ciné-club, puisqu’ils sont très différents et tout aussi excellents.

Dimanche 24 novembre :

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– 19h : L’Arnaqueur (Robert Rossen – 1961 – 134 minutes)

avec Paul Newman, Piper Laurie, George C. Scott, Jackie Gleason

 Eddie Felson est un arnaqueur professionnel au billard. Il fait semblant d’être mauvais pour pouvoir faire parier à ses adversaires de grosses sommes. Il rêve de se confronter au champion Minnesota Fats.

 Enorme succès critique, L’Arnaqueur est rapidement devenu un classique grâce à sa tragique histoire sur la victoire et l’échec (c’est un des rares films américains où le héros se dépasse en renonçant à son idéal pour accepter la froide réalité), des interprétations excellentes (mention spéciale au trop peu reconnu George C. Scott), la mise en scène remarquable de Robert Rossen, une superbe photographie en noir et blanc, et ses nombreuses scènes marquantes (pas seulement celles de billard). Les acteurs n’ont pas été doublés pour les scènes de billards (à l’exception d’un coup) – alors que Newman n’y avait jamais joué avant le tournage ! On raconte d’ailleurs que le film remit le billard à la mode. Nominé à neuf Oscars (dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, Paul Newman et Piper Laurie pour meilleurs acteurs, George C. Scott et Jackie Gleason pour meilleurs seconds rôles), il ne remporta que ceux de meilleure direction artistique et de meilleure photographie, le rival West Side Story raflant la mise cette année-là. Mais Paul Newman le gagna en reprenant son rôle pour la suite du film, La Couleur de l’Argent, réalisé par Martin Scorsese en 1986 avec Tom Cruise.

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– 21h : L’Arnaque (George Roy Hill – 1973 – 124 minutes)

avec Paul Newman, Robert Redford, Robert Shaw

 Pour venger un ami, deux escrocs du Chicago des années 30 mettent au point une gigantesque arnaque de paris sportifs visant un puissant gangster.

 Quatre ans après le succès de Butch Cassidy et le Kid, Paul Newman et Robert Redford reforment leur duo savoureux devant la caméra de l’exigeant George Roy Hill pour une nouvelle comédie palpitante, cette fois-ci dans le tumultueux Chicago des années 30, où les escroqueries et règlements de compte étaient de rigueur. Le maire de Chicago refusa d’ailleurs d’autoriser le tournage dans sa ville par peur que le film n’en donne une mauvaise réputation. Les costumes et décors sont remarquablement restitués, et la bande-son re-popularisa le ragtime (bien qu’anachronique, le ragtime ayant décliner dans les années 20, remplacé par le jazz). Même si son scénario est plus sérieux et plus complexe que Butch Cassidy et le Kid, les acteurs (avec toute une charmante troupe de seconds rôles) insufflent une douce fantaisie au film, que l’impeccable réalisation rend très prenant. Quinzième plus grand succès commercial de l‘histoire du cinéma, le film fit une razzia aux Oscars, avec sept statuettes : meilleur film, meilleur second rôle, meilleur scénario original, meilleure direction artistique, meilleurs costumes et meilleur montage. Il connaîtra une suite sans grand intérêt en 1982, L’Arnaque 2, avec un autre réalisateur et personne du casting d’origine.