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Ciné-club Grace Kelly / Alfred Hitchcock : Le Crime était presque parfait (1954) – La Main au collet (1955)

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– 19h : Le Crime était presque parfait (Alfred Hitchcock – 1954 – 106 minutes)

avec Ray Milland, Grace Kelly, Robert Cummings, John Williams

Après avoir découvert que sa femme a un amant, le mari décide de mettre en scène un assassinat.

Adapté d’une pièce de théâtre à succès de Frederick Knott, Le Crime était presque parfait est un des films policiers les plus machiavéliques (dans la veine de La Corde avec James Stewart, du même réalisateur). Dans un tournage de trente-six jours, Alfred Hitchcock conserve l’unité de lieu, la quasi-intégralité des scènes se passant dans un appartement (comme son film suivant, Fenêtre sur cour), à l’exception d’une courte scène dans un club anglais ou d’un procès sur fond neutre. Il s’agit de la première collaboration avec Grace Kelly, qui deviendra une des blondes les plus emblématiques et préférées du réalisateur. A ses côtés l’élégant Ray Milland (Les Naufrageurs des mers du sud, Le Poison), quasi-sosie de Cary Grant, physiquement et stylistiquement. Fait surprenant pour beaucoup, le film a été tourné en 3D ! Bien avant Avatar (2009), le spectateur devait mettre des lunettes stéréoscopiques pour voir l’action en relief, comme ce fut le cas pour certains autres films de l’époque (L’Etrange créature du lac noir, L’Homme au masque de cire). Malheureusement le procédé est rapidement passé de mode, et le film à sa sortie ne fut projeté qu’en 2D (sa version 3D a été réédité par la suite au cinéma et blu-ray). On ne va pas révéler les multiples ressorts de l’intrigue dont les surprises en ont fait un classique du cinéma policier, mais faites confiance à Hitchcock (et à l’auteur de la pièce) pour explorer cliniquement toutes les hypothèses afin de construire le crime parfait, ainsi que pour le démasquer durant l’enquête qui en découle. L’histoire a d’ailleurs énormément influencé le genre, que ce soit dans de multiples épisodes de Columbo ou dans un remake avec Michael Douglas, Gwyneth Paltrow et Vigo Mortensen (Meurtre parfait, 1998).

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– 21h : La Main au collet (Alfred Hitchcock – 1955 – 106 minutes)

avec Cary Grant, Grace Kelly, Jessie Royce Landis, John Williams

Accusé de la disparition de bijoux auprès de la haute bourgeoisie de la Côte d’Azur, un ancien voleur à la retraite se voit obliger de démasquer lui-même le voleur qui se fait passer pour lui.

Après Le Crime était presque parfait et Fenêtre sur cour (1954), deux huis clos dans un appartement avec Grace Kelly, Alfred Hitchcock enchaîne sur un film faisant la part belle aux extérieurs radieux, aux superbes paysages et maisons de la Côte d’Azur, aux plages ensoleillées, à la vitesse des voitures, aux acrobaties sur les toits, aux feux d’artifice, le tout tourné avec les superbes couleurs du format Vistavision. Bref tout respire la légèreté, la séduction et l’élégance dans ce film de cambriolage et de bijoux, avec un soupçon de mystère. Hitchcock reprend deux de ses acteurs fétiches, Cary Grant et Grace Kelly : lui est une sorte d’Arsène Lupin américain installé en France, elle une riche héritière malicieuse, et tous les deux sont plus glamours que jamais. Les dialogues sont léchés, avec de nombreux doubles sens érotiques, tandis que le raffinement et l’humour émaillent chaque scène. S’il ne concourt pas parmi les habituels films à suspense d’Hitchcock, La Main au collet est une des plus délicieuses carte-postales de la Riviera (Oscar de la meilleure photographie, nomination aux meilleurs décors et costumes), avec un certain parfum de James Bond sans les gadgets. Enfin, la légende veut que c’est durant le tournage que Grace Kelly aurait rencontré son futur mari le prince Rainier, abandonnant sa carrière d’actrice pour devenir reine – mais l’histoire est fausse, ils ne se rencontreront qu’un an plus tard au Festival de Cannes.

8 septembre : Ciné-club James Stewart / Alfred Hitchcock : Fenêtre sur cour (1954) – Sueurs Froides (1958)

Soirée spéciale consacrée au maître du suspens, Alfred Hitchcock, avec à l’écran un de ses acteurs les plus emblématiques, James Stewart. A l’égal de Cary Grant, il a contribué à certains des films les plus marquants du réalisateur et du cinéma américain.

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– 19h : Fenêtre sur cour (Alfred Hitchcock – 1954 – 112 minutes)
avec James Stewart, Grace Kelly, Thelma Ritter, Wendell Corey, Raymond Burr

Un photographe, en chaise roulante à la suite d’un accident, passe son temps à observer ses voisins, et commence à soupçonner l’un d’eux de meurtre.

Un des scénarios les plus fameux d’Hitchcock, Fenêtre sur cour réalise le tour de force de situer l’intégralité du film dans un huis clos, entre la chambre de James Stewart et en face un immeuble de 31 appartements (construit en studio !), à l’aide d’incessants champs/contre-champs en guise de caméra subjective. Qui plus est, James Stewart est totalement immobilisé sur sa chaise roulante, mais le film n’en est pas moins palpitant avec son flot d’observations, suspicions et déductions. Son voyeurisme nous questionne d’ailleurs sur le nôtre, aussi bien en tant que citoyen qu’en tant que spectateur cinématographique. Hitchcock trouva lui-même le slogan du film : « Si vous n’éprouvez pas ce sentiment de douce frayeur en voyant ce film, pincez-vous – vous êtes très probablement mort ». Enfin, ironie de l’histoire, l’acteur jouant le voisin suspect, Raymond Burr, a connu son plus grand succès dans la série L’homme de fer, en tant que policier sur chaise roulante ! La fin de sa vie est moins amusante, car son cancer du colon l’y contraindra réellement.

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– 21h : Sueurs Froides (Alfred Hitchcock – 1958 – 128 minutes)
avec James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes

Un ancien policier, ayant abandonné son métier à cause de son vertige, est chargé de suivre la femme d’un ami, semblant avoir une double personnalité.

Adapté d’un roman français (de Pierre Boileau et Thomas Narcejac), Sueurs Froides (Vertigo en VO) caracole régulièrement dans le peloton de tête des classements de plus grands films de l’histoire du cinéma. On ne compte plus les faits d’armes qui l’ont fait passer à la postérité et citer dans d’innombrables œuvres ultérieures (Brian De Palma, David Lynch, Terry Gilliam, etc.), comme son légendaire générique d’introduction animé. Pour restituer l’impression subjective de vertige, Hitchcock invente le célèbre et saisissant effet de travelling compensé (consistant simultanément en un zoom avant et un travelling arrière), où l’image semble déformée, comme si la profondeur s’allongeait. Doté d’un des scénarios les plus déroutants et les plus marquants qui soient, Sueurs Froides est surtout le récit une passion amoureuse inouïe, sans équivalent et profondément troublante. Le film est d’ailleurs truffé d’une subtile symbolique sexuelle, dont le vertige est le pendant manifeste de l’impuissance au sein des chastes années 50 américaines. C’est enfin un des plus beaux films d’Hitchcock, dans le fond comme dans la forme, où tout n’est pas qu’un prétexte aux surprises scénaristiques et aux pièges pour le public comme trop souvent chez lui ; la musique de Bernard Herrmann et la photographie en Technicolor sont à tomber par terre, et Kim Novak, bien sûr, est inoubliable.