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29 mai : Ciné-club Action par Andrew Davis : Sale temps pour un flic (1985) – Piège en haute mer (1992)

SALE TEMPS POUR UN FLIC

– 19h : Sale temps pour un flic (Andrew Davis – 1985 – 100 minutes)

avec Chuck Norris, Henry Silva, Ron Henriquez, Bert Remsen, Mike Genovese, Nathan Davis, Ralph Foody

Un policier de Chicago se retrouve en pleine guerre de gangs de trafiquants de drogue, tandis qu’il tente de briser la loi du silence qui gangrène son service.

Révélé face à Bruce Lee dans La Fureur du dragon (1972) alors qu’il est champion du monde de karaté, Chuck Norris est poussé par Steve McQueen (qui fréquente son école de karaté) à prendre des cours d’art dramatique. Il devient alors progressivement la star des films d’action avec Dent pour dent, Œil pour œil ou Portés disparus, et déjà le héros monolithique, impassible et surpuissant que l’on connait. Sale temps pour un flic passe justement pour un de ses meilleurs films, parce qu’il est plus sobre et moins explosif que les précédents, étant plutôt un thriller policier, à l’ambiance urbaine et à la bande son typiquement eighties, qu’un film d’arts martiaux auquel son public était habitué. Ainsi, Norris doit régler à la fois la guerre des gangs dans sa ville et la loi du silence qui protège les policiers malhonnêtes de son service. Le scénario était d’ailleurs initialement celui de L’Inspecteur Harry IV, avant d’être remplacé. Mais qu’on se rassure, Norris distribue son quota de coups et de balles réglementaire. Il sera même aidé par robot à quatre roues téléguidé et surarmé, Prowler !

PIEGE EN HAUTE MER

– 21h : Piège en haute mer (Andrew Davis – 1992 – 103 minutes)

avec Steven Seagal, Tommy Lee Jones, Gary Busey, Erika Eleniak, Colm Meaney, Patrick O’Neal

Un bateau militaire américain muni de missiles nucléaires est pris en otage par le commando d’un ancien agent de la CIA. C’est sans compter sur son redoutable cuisinier…

Septième dan d’aïkido et premier étranger responsable d’un dojo au Japon, Steven Seagal se lance à Hollywood comme responsable de combats et de cascades (le James Bond de Jamais plus jamais). Son premier film, Nico (1988), avec Sharon Stone, devant la caméra d’Andrew Davis, est un déjà un succès. Trois films plus tard, il retrouve Davis pour ce qui va devenir son meilleur film, Piège en haute mer. L’ambition est de faire un Piège de cristal sur mer, une prise d’otage géante en milieu clos où seul un individu oublié va renverser tous les plans prévus, un cuisinier aussi doué pour la bouillabaisse que pour le maniement d’explosifs. Ce film d’action à gros budget, s’il n’évite pas quelques clichés propres au genre (mais qui se savourent très bien au second degré), est magistralement orchestré et rythmé. C’est le plus grand succès public et critique de Steven Seagal (il est même nominé aux Oscars du meilleur son et montage sonore !), et il fait de lui une des grandes stars des arts martiaux et du cinéma musclé, aux côtés de Stallone, Schwarzenegger, Willis et Norris. Il révèle par la même occasion au grand public Tommy Lee Jones, troublant sosie de Philippe Manoeuvre, déjà repéré dans JFK d’Oliver Stone et après avoir galéré pendant vingt ans dans le métier. Le film connaitra une suite, Piège à grande vitesse, lui aussi un succès. Cependant la carrière de Seagal va rapidement décliner, se spécialisant en nanar fauché sortant directement en vidéo ou en télé-réalité policière, avant de revenir en forme dans Machete et de se lancer dans la musique blues.

10 mai : Ciné-club Frank Sinatra

L'EXPRESS DU COLONEL VON RYAN

– 19h : L’Express du colonel Von Ryan (Mark Robson – 1965 – 117 minutes)

avec Frank Sinatra, Trevor Howard, Raffaella Carra, Brad Dexter, Sergio Fantoni, John Leyton, Edward Mulhare, Wolfgang Preiss

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’avion américain du colonel Joseph Ryan est abattu au-dessus de l’Italie. Capturé par les italiens, il va tenter de mener une évasion du camp de prisonnier grâce à un train nazi sillonnant le pays.

Après l’échec commercial retentissant du Cléopâtre de Mankiewicz (1963), la Fox (qui faillit faire faillite) voulait prouver qu’elle était toujours dans la cours des grands studios et qu’elle était encore capable de produire des films à grand spectacle, dans des décors naturels à l’autre bout du monde. C’est ainsi que L’Express du colonel Von Ryan est mis en chantier, adapté d’un roman à succès. Même si le film d’évasion était un genre assez courant à l’époque, celui-ci est quelque peu original, en utilisant un train comme moyen, ce qui sera l’occasion d’admirer les superbes paysages italiens tout le long du trajet et du film. Frank Sinatra insista pour y jouer après avoir lu le scénario, afin de d’ajouter un rôle plus ambivalent et atypique à sa filmographie parfois un brin lisse et consensuelle (il est surnommé « Von Ryan » pour son habitude de suivre les règles, ce qui lui coûtera cher). Le film distille des personnages variés et hauts en couleurs, Trevor Howard (Le Troisième homme, Les Révoltés du Bounty, La Fille de Ryan) excelle comme d’habitude en second rôle solide. L’Express du colonel Von Ryan, avec son scénario rythmé et huilé ainsi que sa musique du prestigieux Jerry Goldsmith (La Planète des Singes, Chinatown, Star Trek le film, Alien, Rambo, Basic Instinct), est un classique mineur du film de guerre et d’évasion, et aura beaucoup de succès : parmi les plus gros de l’année et de la carrière cinématographique de Sinatra.

 L'INCONNU DE LAS VEGAS

– 21h : L’Inconnu de Las Vegas (Lewis Milestone – 1960 – 128 minutes)

avec Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr., Peter Lawford, Angie Dickinson, Richard Conte, Cesar Romero, Patrice Wymore, Joey Bishop, Akim Tamiroff, Henry Silva, Shirley MacLaine

Onze anciens camarades de l’armée projettent de dévaliser en même temps cinq prestigieux casinos de Las Vegas durant la nuit du Nouvel An.

Frank Sinatra n’est pas que l’une des plus grandes voix du XXème siècle (sur surnom était The Voice). C’est aussi une carrière au cinéma de plusieurs dizaines de rôles, la plupart principaux, des années 40 jusqu’à la fin des années 60, devant les caméras des plus importants réalisateurs : Mankiewicz, Preminger, Minnelli, Capra, Frankenheimer, Aldrich, Donen ou Sturges. Sa performance dans Tant qu’il y aura des hommes (1953) a d’ailleurs été récompensée de l’Oscar du meilleur second rôle. Ses liens avec la mafia et l’influence qu’il en aurait tiré a d’ailleurs inspiré le rôle du chanteur Johnny Fontane dans Le Parrain (1972). Ce n’est donc pas par hasard qu’il se retrouve détourné dans La Classe Américaine (1993) aux côtés de John Wayne, Robert Mitchum, Burt Lancaster et bien d’autres stars du cinéma. L’Inconnu des Las Vegas fait d’ailleurs partie des séquences détournées (même si elles ne comportent que Dean Martin ou Angie Dickinson, les séquences de Sinatra provenant d’autres films). Concernant ce film lui-même, c’est un classique du cambriolage, dans le cadre léché de Las Vegas et de ses cinq casinos dévalisés. On y retrouve la construction inébranlable du genre : la minutieuse et tendue préparation du casse, le casse lui-même, et le difficile après-casse, où il s’agit de garder le magot sans se faire prendre. Sinatra retrouve ses prestigieux acolytes du Rat Pack (groupe de crooners très populaire, faisant des concerts et films ensemble) : Dean Martin, Sammy Davis Jr., Peter Lawford, Joey Bishop. L’Inconnu de Las Vegas (en V.O. Ocean’s Eleven) a connu un remake en 2001 par Steven Soderbergh, avec George Clooney et Brad Pitt, dont le succès engendra deux suites en 2004 et 2007.