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11 février 2018 : Ciné-club Heroic fantasy : Ladyhawke (1985) – Excalibur (1981)

– 19h : Ladyhawke, la femme de la nuit (Richard Donner – 1985 – 121 minutes)

avec Matthew Broderick, Rutger Hauer, Michelle Pfeiffer, Leo McKern, John Wood

Un jeune voleur s’échappe d’une prison, et rencontre un chevalier accompagné d’un faucon, qui se transforme en femme la nuit. Ils cherchent à briser le maléfice jeté par un évêque jaloux.

Richard Donner, réalisateur de Superman (et bientôt Les Goonies et L’Arme fatale) s’attaque à l’heroic fantasy. Tourné en Italie, Ladyhawke a les allures d’un roman médiéval, fantastique et romantique, à l’aspect technique soigné.  On retrouve Matthew Broderick (WarGames), Rutger Hauer (Blade Runner) et Michelle Pfeiffer (Scarface). A noter que la BO détonne, car elle est signé par un des membres du groupe de rock progressif Alan Parsons Project !

– 21h : Excalibur (John Boorman – 1981 – 141 minutes)

avec Nigel Terry, Helen Mirren, Nicholas Clay, Cherie Lunghi, Paul Geoffrey, Nicol Williamson

Le jeune Arthur parvient à décrocher l’épée Excalibur de son rocher, et devient roi. Avec les chevaliers de la Table Ronde, il va tenter de reconquérir son pays puis de retrouver le Graal.

Le roi Arthur et ses chevaliers de la Table Ronde est un des plus grands mythes occidentaux. A partir d’un roman de plus de mille pages du XVème siècle de Thomas Malory, John Boorman condense le cycle légendaire en deux heures vingt de façon monumentale, très riche visuellement, avec des acteurs excellents et une bande-son mettant à l’honneur les opéras de Wagner et Carmina Burana de Carl Off (avant que cela ne devienne un poncif des musiques de publicités). Présenté au Festival de Cannes, Excalibur en a remporté le prix de la contribution artistique.

3 janvier : Ciné-club Heroic Fantasy avec Conan : Conan le Barbare (1982) – Conan le Destructeur (1984)

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– 19h : Conan le Barbare (John Milius – 1982 – 128 minutes)

avec Arnold Schwarzenegger, James Earl Jones, Sandahl Bergman, Ben Davidson, Cassandra Gaviola, Gerry Lopez, Mako, Max von Sydow

Le jeune Conan voit ses parents tués par le chef d’une secte, et est réduit en esclavage. Devenu adulte, il parvient à se libérer, et va chercher à se venger.

Le personnage de Conan a été créé en 1932 par Robert E. Howard, considéré comme le père de l’heroic fantasy (avec Edgar Rice Burroughs, l’auteur de Tarzan), dans des nouvelles parues dans des pulp magazines. Conan est donc l’archétype du héros d’heroic fantasy, guerrier solitaire rencontrant des compagnons sur sa route, dans un monde médiéval et merveilleux peuplé de non-humains où les royaumes s’affrontent. Après son adaptation en comics dans les années 70, un scénario de film est ébauché par Oliver Stone, puis remanié par John Milius. Produit par Dino de Laurentiis et tourné en Espagne, Conan le Barbare est tout sauf le cliché qu’il est devenu (comme Rambo) par la suite : un film bourrin et creux. John Milius signe au contraire un film nietzschéen et wagnérien dont la mise en forme s’avère on ne peut plus artistique : de la photographie aux décors, en passant par la richesse de son univers païen quasi-anthropologique ou par la fameuse partition de Basil Poledouris, considérée comme une des meilleures musiques de film. Le film marque aussi la naissance d’une des plus grandes stars du cinéma : Arnold Schwarzenegger, ancien culturiste, dont les futurs rôles musclés, peu expressifs mais attachants sont entièrement moulés sur celui de Conan. Conan le Barbare est devenu le maître étalon des films d’heroic fantasy, jusqu’à la trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson dans les années 2000.

 CONAN LE DESTRUCTEUR

– 21h15 : Conan le Destructeur (Richard Fleischer – 1984 – 101 minutes)

avec Arnold Schwarzenegger, Grace Jones, Wilt Chamberlain, Mako, Tracey Walker, Olivia d’Abo, Sarah Douglas

Une reine demande à Conan de partir en quête d’une corne légendaire gardée par un sorcier. Mais il ignore que c’est en réalité pour réveiller un dieu maléfique.

Après le succès public et critique du premier volet, Dino de Laurentiis souhaite faire de Conan une franchise cinématographique (comme James Bond). John Milius n’étant pas disponible, il confie la réalisation de la suite à Richard Fleischer, réalisateur on ne peut plus éclectique (Les Vikings, Tora ! Tora ! Tora !, L’Etrangleur de Boston , Soleil Vert). Si le miracle esthétique ne se reproduit pas, Conan le Destructeur glisse vers le film d’aventure plus classique, moins sombre et violent mais plus grand public, avec une photographie soignée de Jack Cardiff (Les Chaussons Rouges), toujours Basil Poledouris à la musique, et plus d’humour – au point de mordre parfois sur les terres du nanar. Schwarzenegger est bien sûr plus musclé que jamais, et combat aux côtés du mannequin et chanteuse Grace Jones (Dangereusement vôtre). Le succès sera toujours au rendez-vous, et Richard Fleischer enchaînera sur le tournage de Kalidor, suite non officielle de Conan, basée sur le personnage de Red Sonja du même univers avec Schwarzenegger (mais dont le nom de Conan ne put être utilisé pour des raisons de droits sur le personnage du même univers Red Sonja. Devant le déclin critique de la franchise, Schwarzenegger rompra son contrat de cinq films, et tournera les classiques 80s que l’on sait (Terminator, Predator, Total Recall). Le personnage de Conan restera donc éteint jusqu’à un piteux remake en 2011. Mais on parle d’un projet de suite directe du premier volet avec Schwarzenegger…

Ciné-club Action 80’s avec Brigitte Nielsen : Kalidor (1985) – Cobra (1986)

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– 19h : Kalidor, la légende du talisman (Richard Fleischer – 1985 – 89 minutes)

avec Brigitte Nielsen, Arnold Schwarzenegger, Sandahl Bergman, Paul Smith, Ronald Lacey, Pat Roach, Janet Agren

Sonja cherche à se venger de la reine Gedren qui a tué ses parents et qui essaie de s’emparer d’un talisman aux pouvoirs immenses.

Conan le Barbare est une série de nouvelles et de romans écrits par Robert E. Howard en 1932 devenue un classique de l’heroic fantasy (qu’il contribua à populariser), adaptée en comics (chez Marvel), puis en film en 1982 (par John Milius, qui révéla Arnold Schwarzenegger). Suite au succès en salle, le prestigieux Richard Fleischer (Les Inconnus dans la ville, Les Vikings, L’Etrangleur de Boston, Soleil vert) en réalisa la suite, Conan le Destructeur (1984). Le producteur de la série au cinéma, Dino De Laurentiis (La Strada, Barbarella, Flash Gordon) décide d’adapter une autre héroïne de l’univers d’Howard, Red Sonja, avec la sculpturale mannequin danoise d’1m84 Brigitte Nielsen, pour son premier rôle au cinéma. Pour des raisons de droits, le personnage de Conan ne put être réutilisé (alors qu’il croise souvent Red Sonja dans les romans et comics), mais Arnold Schwarzenegger (sous contrat avec De Laurentiis) tient le même rôle de barbare musclé (Kalidor), ce qui donnera lieu abusivement lieu à une mise en avant de son personnage sur l’affiche et dans la promotion de film (alors que ce n’est pas le héros), la France allant même jusqu’à traduire le titre original (Red Sonja) en Kalidor ! Tourné en Italie, le film a deux italiens prestigieux dans sa production : Ennio Morricone à la bande son (compositeur culte des westerns de Sergio Leone, parmi cinq cent autres films) et Danilo Donati aux décors (décorateur de Fellini ou Pasolini). Au final, Kalidor est une bonne petite série B d’heroic fantasy à la limite du kitsch avec une touche d’humour, dans l’esprit des productions de De Laurentiis qui sait toujours très bien s’entourer.

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– 21h : Cobra (George P. Cosmatos – 1986 – 87 minutes)

avec Sylvester Stallone, Brigitte Nielsen, Reni Santoni, Brian Thompson, Andrew Robinson, Art LaFleur, Lee Garlington, Val Avery

Le lieutenant Marion Cobretti, surnommé Cobra, enquête sur un tueur en série qui agit pour une mystérieuse organisation qui prône un « nouvel ordre ».

Après l’immense succès commercial de Rambo II : la mission (1985), George P. Cosmatos et Sylvester Stallone (Rocky) se retrouvent pour un nouveau film d’action musclé et pyrotechnique. Stallone ne fait pas qu’incarner un flic à Ray-Ban aux méthodes expéditives et explosives, il en est aussi le scénariste ! Il s’offre aussi le luxe de tourner avec sa récente femme, Brigitte Nielsen, qui avait déjà joué avec lui dans Rocky IV (1985). Se sentant décidément chez lui sur le tournage, il n’hésite pas non plus à conduire sa propre Mercedes Mercury personnelle pour le film ! Il faut noter que par peur du raz de marée commercial de Top Gun, Cobra subit au dernier moment une coupe de près de quarante minutes (évidemment les scènes sans Stallone !) afin d’augmenter le nombre de projections par jour dans les salles – ce qui fait disparaître évidemment des pans entiers du scénario. Une coupe finalement peu justifiée car même si son score au box-office est plus modeste que Rocky IV ou Rambo II (300 millions de dollars chacun), Cobra récolte tout de même 60 millions de dollars (sur un budget de 25 millions). Cobra a été nominé à six Razzie Awards (l’opposé des Oscars qui récompensent le pire !), dont pires acteurs pour Stallone, Nielsen et Brian Thompson, pire photographie et bien sûr pire scénario pour Stallone ! Néanmoins le pire devient souvent le meilleur au second degré, ce qui fait de Cobra un nanar bourrin typiquement eighties tout à fait jouissif et devenu culte !