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29 octobre 2017 : Ciné-club Halloween : Carrie au bal du diable (1976) – Le Jour des morts-vivants (1985)

CARRIE

– 19h : Carrie au bal du diable (Brian De Palma – 1976 – 98 minutes)

avec Sissy Spacek, Piper Laurie, Amy Irving, William Katt, Nancy Allen, John Travolta, Betty Buckley

Une jeune fille, traumatise par l’éducation rigoriste de sa mère, est la risée de son lycée. Mais elle développe des pouvoirs télékinésiques.

Carrie au bal du diable est à la fois le premier roman de Stephen King et la première de ses nombreuses œuvres adaptées au cinéma (Shining, Ca, etc.). C’est aussi le premier grand succès commercial de Brian De Palma, après Phantom of paradise et Obsession. Au casting on découvre plusieurs stars en devenir : Sissy Spacek (La Ballade sauvage, JFK, par ailleurs femme du décorateur), Nancy Allen (Robocop, Pulsions, Blow Out, et future femme du réalisateur) et nul autre que John Travolta (il tournera La Fièvre du samedi soir l’année suivante). Carrie est un film d’horreur sur le douloureux passage de l’adolescence, des premières règles à la peur de la sexualité, en passant par les brimades lycéennes, sur fond d’hystérie religieuse. Il culmine sur une mythique scène de bal apocalyptique, sanglante et pyrotechnique. De Palma déploie sur une réalisation soignée et caractéristique à base de mouvements de caméras sophistiqués et de split screens. Il entame ici sa collaboration avec le compositeur Pino Donaggio, faisant référence à la fameuse partition de Psychose d’Hitchcock. Le film remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique d’Avoriaz, tandis que Sissy Spacek et Piper Laurie sont nommées à l’Oscar de la meilleure actrice et du meilleur second rôle, chose rare pour un film d’horreur. Carrie connaitra une suite en 1999, un remake pour la télévision en 2002 et un autre pour le cinéma en 2013.

LE JOUR DES MORTS VIVANTS

– 21h : Le Jour des morts-vivants (George A. Romero – 1985- 101 minutes)

avec Lori Cardille, Terry Alexander, Joe Pilato, Richard Liberty

Face à une invasion de zombies, des militaires et des scientifiques se sont réfugiés dans une base sous-terraine. Ils mènent des expériences sur les zombies en vue de les contrôler, mais la coopération entre humains est conflictuelle…

A chaque décennie, George Romero signe un nouvel film de zombies, après La Nuit des morts-vivants (1968) et Zombie (1978). Ce ne sont pas des suites, puisqu’ils n’ont aucun personnage en commun, ni lien scénaristique si ce n’est le cadre général d’une invasion de zombies. Mais à chaque fois il utilise ce contexte science-fictionnelle pour poser un regard critique sur notre société, car le pire danger ne vient pas des ennemis mais des humains eux-mêmes. Ainsi, là où le premier opus dénonçait le racisme et le second la société de consommation, Le Jour des morts-vivants illustre l’impossible coopération entre militaires et scientifiques, ne partageant pas les mêmes valeurs ni buts. Si les scientifiques mènent des expériences pour neutraliser et humaniser les zombies (en essayant de leur apprendre à parler par exemple), les militaires préfèrent les éradiquer. Dans leur soif fasciste de pouvoir et de violence, c’est en voulant tout contrôler qu’ils vont tout faire échouer. Le capitaine Rhodes est sans doute est des méchants les plus inquiétants et marquants du cinéma de genre. Chose rare, Le Jour des morts-vivants est autant un film politique sérieux et intelligent qu’un film gore, magnifié par les impressionnants effets spéciaux de Tom Savini (il a réalisé plus de neuf cent zombies différenciés). Ce nouveau classique clôt la trilogie initiale de Romero, puisqu’il ne reviendra aux zombies qu’en 2005 pour une nouvelle trilogie, tandis qu’il connaîtra un remake en 2008.

25 juin 2017 : Ciné-club Vampire : Dracula et les femmes (1968) – Drácula (1931)

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– 19h : Dracula et les femmes (Freddie Francis – 1968 – 92 minutes)

avec Christopher Lee, Rupert Davies, Veronica Carlson, Barry Andrews, Ewan Hooper, Barbara Ewing, Marion Mathie

Dans un village des Carpates, le corps d’une jeune fille est découvert, avec une morsure dans le cou. L’évêque et le curé se rendent au château du comte Dracula, mort depuis des années. Mais en se blessant, ils font couler du sang sur sa dépouille…

Après Le Cauchemar de Dracula (1958) et Dracula, Prince des ténèbres (1966), Christopher Lee ne souhaitait plus endosser le rôle de sa vie. Mais les productions Hammer le supplièrent d’accepter, lui disant que sans cela ils devraient mettre nombre de collaborateurs au chômage. Lee, familiers de cette maison somme toute assez artisanale, céda, pour notre plus grand bonheur. On retrouve ainsi dans Dracula et les femmes tous les charmes des productions Hammer, revisitant les mythes fantastiques et monstrueux (Dracula, Frankenstein, Momie, etc.) avec leur esthétique gothique, l’ambiance sixties, les couleurs vives du Technicolor, les trucages sanglants et une touche d’érotisme. Le scénario tente même de se libérer des clichés de la franchise, s’attardant sur la vie des villageois concernés et thématisant sur le conflit entre la foi et l’athéisme. Le réalisateur des deux précédents épisodes, Terence Fisher, s’étant cassé la jambe, il laisse son poste à Freddie Francis,un autre habitué de la Hammer, qui deviendra directeur de la photographie de David Lynch ou Martin Scorsese. Il donne un surplus de style à cet opus qui aura beaucoup de succès en salle, et incitera Christopher Lee, en échange d’une augmentation de salaire, à remettre la cape du vampire encore quatre fois, jusqu’en 1974.

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– 21h : Drácula (George Melford – 1931 – 104 minutes)

avec Carlos Villarias, Lupita Tovar, Barry Norton, Pablo Alvarez Rubio, Eduardo Arozamena, José Soriano Viosca

Renfield se rend au château du compte Drácula pour réaliser une transaction immobilière…

Le roman de Bram Stoker a été adapté en pièce de théâtre, elle-même adaptée au cinéma par Universal Studios, avec le légendaire Bela Lugosi dans le rôle-titre. Cependant, au lieu de doubler le film en langue étrangère, il était courant à l’époque de tourner une version étrangère en même temps en utilisant le même scénario et les mêmes décors et costumes, avec des acteurs étrangers. Ainsi, l’américain George Melford réalise une version espagnole avec des comédiens hispanophones, tournant de nuit pendant que la version américaine se tournait de jour sur les mêmes plateaux. L’équipe technique de nuit arrivant en avance, elle eut ainsi l’avantage d’observer le travail de l’équipe américaine, de s’en inspirer ou de l’améliorer. La version espagnole de Drácula est donc plus soignée visuellement, avec de meilleurs cadrages et mouvements de caméras. Le casting hispanophone s’en tire très bien, Lupita Tovar est bien plus sensuelle et moins habillée que l’actrice américaine, tandis que l’acteur jouant Renfield est d’une démence remarquable. Si ce Drácula espagnol est moins connu du grand public que la version américaine, les cinéphiles le tiennent pour plus réussi techniquement, et ne regrettent que l’absence de l’insurpassable Bela Lugosi.

30 octobre : Ciné-club Halloween : L’Homme au masque de cire (1953) – Fog (1980)

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– 19h : L’Homme au masque de cire (André de Toth – 1953 – 89 minutes)

avec Vincent Price, Frank Lovejoy, Phyllis Kirk, Carolyn Jones, Paul Picerni, Charles Bronson, Paul Cavanagh, Dabbs Greer

Un sculpteur de statues en cire voit ses créations partir en fumée à cause de son associé cupide qui voulait seulement toucher l’argent de l’assurance. Il va alors reconstruire son musée de cire avec des créations beaucoup plus macabres, tandis que des personnes meurent mystérieusement.

Future idole de Tim Burton, Vincent Price (Laura d’Otto Preminger) était dans les années 50 au creux de sa carrière de seconds rôles. Mais c’est avec L’Homme au masque de cire qu’il va devenir une star des films d’horreur, dans la lignée de Bela Lugosi ou Boris Karloff : Price créé son interprétation de dandy inquiétant à la voix de velours, qu’il déclinera dans bien des classiques de l’époque comme La Mouche noire (dont Cronenberg tirera un remake) ou les fameuses adaptations des nouvelles d’Edgar Poe par Roger Corman. Remake du Mystère du musée de cire de Michael Curtiz (1933), L’Homme au masque de cire est par ailleurs le second film tourné en 3D (et le meilleur selon Martin Scorsese !), gadget technologique inventé pour contrer la rivalité de la télévision qui éloignait les spectateurs du cinéma, et qui durera le temps de quelques films (Le Crime était presque parfait d’Hitchcock, L’Etrange créature du lac noir), avant de tomber dans l’oubli à cause du coût d’équipement décourageant pour les salles de cinéma. Le film en est donc une excellente démonstration (malgré le fait que le réalisateur était borgne !) et un des dix plus gros succès commerciaux du cinéma d’horreur (après correction de l’inflation). De plus, les décors macabres du XIXème siècle en Technicolor seront rien de moins qu’une influence déterminante pour les futurs films gothiques des studios anglais Hammer quelques années plus tard. Le film connaitra encore deux remakes en 1997 et 2005.

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– 21h : Fog (John Carpenter – 1980 – 89 minutes)

avec Adrienne Barbeau, Jamie Lee Curtis, John Houseman, Janet Leigh, Hal Holbrook, Tom Atkins, Charles Cyphers, Nancy Kyes

Dans une petite ville américaine de la côte Pacifique, une légende raconte que les fantômes de marins trahis par les habitants il y a cent ans reviendront avec le brouillard pour se venger.

Deux ans après l’immense succès d’Halloween, la nuit des masques, John Carpenter signe un nouveau film d’horreur, mais avec un budget d’à peine un million de dollars. Il retrouve Jamie Lee Curtis, et fait tourner son épouse de l’époque, Adrienne Barbeau, rencontrée sur le tournage du téléfilm Meurtre au 43ème étage (ils tourneront à nouveau dans son film suivant, New York 1997). La mère de Jamie Lee Curtis, la fameuse Janet Leigh (Psychose d’Hitchcock) est aussi du casting – et le lien avec Hitchcock n’est pas terminé, puisque le film se déroule à Bodega Bay, comme le thriller Les Oiseaux. Avec des références à Edgar Poe et H.P. Lovecraft, Fog distille une ambiance nocturne, trouble et effrayante, selon l’adage habituel que moins on en voit et plus on a peur, tandis que les révélations sur les sordides secrets de la ville refont surface et expliquent la légende locale. Comme d’habitude, Carpenter signe lui-même la bande-son du film, avec une ambiance sonore typiquement oppressante. Malgré son budget restreint, Carpenter fait de Fog un petit classique de l’horreur et de sa filmographie indépendante, qui aura droit à un remake en 2005.

20 décembre : Ciné-club Dracula : Dracula (1931) – Une Messe pour Dracula (1970)

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– 19h : Dracula (Tod Browning – 1931 – 75 minutes)

avec Bela Lugosi, David Manners, Helen Chandler, Dwight Frye, Edward Van Sloan

Renfield se rend en Transylvanie à la rencontre du comte Dracula, en vue d’une acquisition immobilière à Londres. Mais les villageois l’en dissuadent fortement.

Après le fameux Nosferatu de Murnau (titré ainsi pour contourner les droits d’auteur), ce Dracula est la première adaptation officielle du roman de Bram Stoker – ou plus exactement d’une pièce de théâtre à Broadway qui en est tirée, où jouait déjà Bela Lugosi et Edward Van Sloan. Lugosi, hongrois, ne parlait d’ailleurs pas un mot d’anglais et dû apprendre son texte par cœur phonétiquement. On comprend mieux d’où vient la diction si particulière, gracieuse et terrifiante du premier Dracula parlant au cinéma, et qui en figera les codes pour des décennies ! Produit par Universal, le film inaugure l’âge d’or des Universal Monsters, ces films de monstres qui eurent tant de succès à l’époque, avec Frankenstein, La Momie, Le Loup-Garou ou L’Homme invisible. Il rend populaire le mythe du vampire et de son célèbre comte, qui devient une immense icône audiovisuelle et culturelle tout au long du XXème siècle, et fera de Lugosi un des représentants majeurs du cinéma fantastique. Ce dernier fut longtemps réduit à ce rôle, au point d’être enterré avec son costume du comte.

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– 21h : Une Messe pour Dracula (Peter Sasdy – 1970 – 95 minutes)

avec Christopher Lee, Ralph Bates, Linda Hayden, Anthony Corlan, Geoffrey Keen, John Carson, Peter Sallis

Au XIXème siècle, des bourgeois anglais participent à une messe noire ayant pour but de faire renaître le comte Dracula.

Après les Universal Monsters, les studios anglais Hammer constituent un nouvel âge d’or du cinéma fantastique, revisitant la plupart des monstres mythiques avec les moyens modernes des années 60 : couleurs vives, effets spéciaux sanglants, décors gothiques à l’anglaise et touches d’érotisme. Christopher Lee endosse la cape du comte vampire dans Le Cauchemar de Dracula (1958) et devient à son tour une star, son meilleur interprète avec Lugosi. Le film est un succès et engendre de nombreuses suites sous la pression des distributeurs américains. Cependant, Lee s’en lassera progressivement, ce qui ne l’empêchera pas de tenir le rôle sept fois pour la Hammer, et une autre fois sous la direction de Jesus Franco. Suite immédiate de Dracula et les femmes, Une Messe pour Dracula s’intéresse à la messe noire et au satanisme (à la mode dans les sixties, ne serait-ce que chez Black Sabbath ou Led Zeppelin), par le biais d’un groupe de bourgeois débauchés-hypocrites en manque de sensations fortes. Lee est paradoxalement peu présent à l’écran, pour mieux faire monter la tension avant le retour du prince du mal, et entre ses apparitions hypnotiques et sanglantes. En réalité le film fut initialement écrit sans le personnage de Dracula, et ce n’est qu’au dernier moment que Lee accepta de participer au film. Mais sa présence minimaliste (vingt-huit mots prononcés !) a toujours l’effet maximal !

1er novembre : Ciné-club Halloween avec Stephen King : Misery (1990) – Shining (1980)

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– 19h : Misery (Rob Reiner – 1990 – 107 minutes)

avec James Caan, Kathy Bates, Lauren Bacall, Richard Farnsworth, Frances Sternhagen

Un célèbre romancier, suite à un grave accident de voiture dans les montagnes, est recueilli et soigné par une de ses plus grandes admiratrices. Mais elle ne supporte pas la fin de son dernier roman, et veut qu’il en écrive une autre…

Publié en 1987, Misery de Stephen King a reçu le prix Bram Stoker du meilleur roman, parabole sur l’artiste prisonnier de son public. Rob Reiner, réalisateur diversifié (This is Spinal Tap, Quand Harry rencontre Sally, Des Hommes d’honneur) l’adapte trois plus tard au cinéma (après avoir déjà adapté Stand by Me de King en 1986). Ce thriller psychologique tourne à l’horreur par l’intensité des relations entre les personnages principaux dans un huis clos : le héros a les jambes cassées et est coincé sur un lit ou une chaise roulante, tandis que son admiratrice est totalement imprévisible, passant de la dévotion à la colère sadique à la moindre phrase qui la contrarie. Cette séquestration infernale rappelle fortement un classique du cinéma américain : Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? de Robert Aldrich (1962). James Caan, acteur d’habitude nerveux et énergique, est ici réduit à la passivité et vulnérable. Quant à Kathy Bathes, son interprétation glaçante et plus vraie que nature a été récompensée de l’Oscar et du Golden Globe de la meilleure actrice. Le roman a aussi donné lieu à une chanson du groupe Anthrax, et une adaptation théâtrale à Broadway avec Bruce Willis !

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– 21h : Shining (Stanley Kubrick – 1980 – 119 minutes)

avec Jack Nicholson, Shelley Duvall, Danny Lloyrd, Scatman Crothers

Un écrivain en panne d’inspiration part avec sa famille garder un grand hôtel isolé dans les montagnes pendant sa fermeture hivernale. Mais celui-ci a été construit sur un ancien cimetière indien…

Sur les dizaines d’adaptations audiovisuelles de Stephen King au cinéma, Shining est une des rares où le réalisateur prend le dessus sur le romancier. Pas étonnant de la part du démiurge Stanley Kubrick, qui a toujours intelligemment basé ses films sur des romans, des plus confidentiels (L’Ultime Razzia) aux plus fameux (Lolita). Le scénario de Kubrick prend ainsi ses libertés avec le roman de King, notamment en refusant les explications rationnelles pour mieux fasciner le spectateur – ce qui provoquera des réactions mitigées de la part du romancier, sentant son œuvre trahie. Pour son irruption dans le nouveau genre en vogue des films d’horreur, Kubrick signe comme d’habitude un chef d’œuvre du genre, malgré ou grâce à son économie de violence, à partir de ses cadrages et images inoubliables de nouvelles caméras Steadicam, sa bande-son soignée (par Walter/Wendy Carlos, déjà auteur de celle d’Orange Mécanique), sa symbolique complexe mais hypnotisante. Au casting, une fois n’est pas coutume, Kubrick décroche une immense star, Jack Nicholson, qui livre sa prestation la plus iconique et intense, qui avec celle dans Vol au-dessus d’un nid de coucou le catalogue dans les acteurs de la folie. Shelly Duvall, actrice fétiche de Robert Altman, est aussi excellente en mère pétrifiée de frayeur. Shining connaitra une adaptation en téléfilm en 1997, scénarisé et produit par Stephen King lui-même afin de mieux respecter le roman original. A noter que l’hôtel du film, situé dans le Colorado, est devenu un musée de l’horreur !

En bonus sera diffusé le making of Shining (Vivian Kubrick – 1980 – 35 minutes), réalisé durant le tournage par la fille du maître. L’occasion de voir Nicholson se préparer à rentrer dans son personnage pour la scène de la hache contre la porte de la salle de bain !

Ciné-club Kurt Russell / John Carpenter : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986) – The Thing (1982)

Kurt Russell est un des acteurs fétiches de John Carpenter, ayant tournés cinq fois ensembles. Retour sur deux films cultes bien différents, qui ont bien plus trouvé leur public en vidéo qu’à leur sortie initiale au cinéma.

Dimanche 15 décembre 2013 :

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– 19h : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (John Carpenter – 1986 – 99 minutes)

avec Kurt Russell, Kim Cattrall, Dennis Dun, James Hong

 Jack Burton accompagne un ami à l’aéroport pour accueillir la fiancée de ce dernier. Mais elle est enlevée par un gang chinois dirigé par un sorcier.

Le film est un échec commercial à sa sortie, ne couvrant même pas la moitié de son budget (25 millions de dollars), ce qui poussera John Carpenter à travailler dans le circuit indépendant, loin des grands studios hollywoodiens – et ce malgré un beau palmarès commercial, comme Halloween (1978) ou New York 1997 (1981). Tourné à Chinatown à San Francisco, c’est effectivement un mélange de plusieurs genres qui a pu paraître déroutant pour le public de l’époque : aventures et explorations à la Indiana Jones, arts martiaux hongkongais à la Tsui Hark et pouvoirs surnaturels, mélangeant action et humour dans un folklore chinois, avec un anti-héros moins triomphant que dépassé par les événements, et des personnages secondaires plus vaillants et puissants que lui. Cependant, ce film atypique, drôle et rythmé est depuis devenu un vif succès à la télévision, en VHS et DVD, ce qui est une des marques des films cultes. Comme d’habitude, Carpenter signe lui-même la musique du film (avec Alan Howarth).

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– 21h : The Thing (John Carpenter – 1982 – 109 minutes)

avec Kurt Russell, Wilford Brimley, Keith David, David Clennon, Donald Moffat

Une équipe de douze chercheurs en plein milieu de l’Antarctique découvre une base norvégienne dont il ne reste aucun survivant, ainsi qu’un corps enfoui depuis 100.000 ans dans la glace.

Remake de La Chose d’un autre monde (1951) de Christian Nyby et Howard Hawks, lui-même adapté d’une fameuse nouvelle de John Campbell, The Thing est autant un film de science-fiction que d’horreur, avec des effets spéciaux stupéfiants et un suspense haletant, où un extra-terrestre métamorphe a la capacité de prendre l’apparence de n’importe quelle créature, et qui créé un climat de suspicion au sein l’équipe de chercheurs. L’ambiance rappelle un peu Alien (1979), où l’on passe plus de temps à attendre la créature qu’à la combattre, et où les protagonistes sont isolés de la civilisation, ici en Antarctique – le film fut d’ailleurs tourné en Colombie-Britannique au Canada et aux studios Universal à Los Angeles. Pour une fois, Carpenter ne compose pas lui-même la bande originale, mais on ne perd pas au change puisque c’est l’immense Ennio Morricone qui s’en charge. The Thing n’est pas un succès commercial à sa sortie, les recettes compensant de peu son budget. Mais c’est aussi devenu un film culte, parmi les plus appréciés de Carpenter, dont un préquelle est sortie en 2011 sous le même nom, se passant quelques jours plus tôt dans la base norvégienne.

Ciné-club Halloween : Evil Dead (1981) – L’Exorciste (1973)

Halloween oblige, le ciné-club du Festin Nu projette deux classiques de l’horreur qui passent chacun pour le film le plus effrayant jamais réalisé !

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– 19h : Evil Dead (Sam Raimi – 1981 – 85 minutes)
avec Bruce Campbell, Ellen Sandweiss, Betsy Baker, Hal Delrich, Theresa Tilly

Cinq amis vont dans une cabane dans la forêt. Au sous-sol, ils découvrent un mystérieux livre.

Premier film de Sam Raimi (qui réalisera dans les années 2000 trois Spiderman), basé sur un de ses courts-métrages, tourné à 20 ans en indépendant pour 350.000 dollars en douze semaines avec des acteurs et une équipe constitués quasiment que de proches du réalisateur (dont Joel Coen), Evil Dead s’impose d’entrée pour sa maîtrise et sa réussite artistiques. Sam Raimi y invente un cadrage, la shaky camera, où la caméra est constamment en mouvement, qui accroit le réalisme et l’angoisse. Avec ses effets spéciaux époustouflants et terriblement sanglants, le film a réinventé le film d’horreur, et a connu un immense succès en cassette vidéo. Premier d’une franchise culte qui compte deux suites et un remake (les fans attendant avec impatience un quatrième épisode), il a même connu une adaptation en comédie musicale à Broadway !

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– 21h : L’Exorciste (William Friedkin – 1973 – 133 minutes)
avec Ellen Burstyn, Max von Sydow, Linda Blair

Une jeune adolescente semble montrer des signes de possession de plus en plus inquiétants.

Adapté du roman de William Peter Blatty basé un fait divers d’exorcisme aux Etats-Unis, L’Exorciste est un des piliers du film d’horreur. Tourné pour 15 millions de dollars, il en a rapporté 400 millions ! A l’opposé des thrillers gore, le film ne mise pas sur l’avalanche de sang et de scènes chocs, mais au contraire fait lentement monter son intensité dramatique, grâce à une photographie et une réalisation particulièrement excellentes. C’est d’ailleurs le seul film d’horreur qui ait gagné ses lettres de noblesse artistiques en étant nominé pour dix Oscars et en en remportant deux (meilleur scénario adapté et meilleur son) – cela tend à en faire plus qu’un film de genre, mais plutôt un thriller théologique posant la question de la foi et de la croyance en des forces maléfiques. Sa popularité est telle qu’elle justifia sa réédition au cinéma en 2000, restaurant une dizaine de minutes supplémentaires au montage qui avaient été coupé avant sa sortie. A noter la présence dans la bande originale du célèbre extrait de Tubular Bells de Mike Oldfield, qui devint un énorme tube à l’époque et lança la longue carrière du musicien, et influença d’autres musiques de film d’horreur (notamment ceux de John Carpenter).

18 août : Ciné-club Boris Karloff : Frankenstein (1931) – La Fiancée de Frankenstein (1935) – La Momie (1932)

« It’s alive ! It’s alive ! »

Le britannique Boris Karloff (1887-1969), du haut des 166 films dans lesquels il a tourné, est sans conteste l’un des plus grands acteurs d’épouvante et de fantastique, avec Béla Lugosi (Dracula). Mais c’est son rôle de la créature de Frankenstein qui grave son nom et son visage dans le panthéon de la culture populaire. Le Festin Nu se devait de lui rendre hommage, avec ses trois (courts) films les plus fameux !

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– 19h : Frankenstein (James Whale – 1931 – 71 minutes)
avec Boris Karloff, Colin Clive, Mae Clarke, John Boles

Même si ce n’est que la seconde adaptation au cinéma du roman précurseur de Mary Shelley, celle-ci est en assurément la plus connue, celle qui fait entrer la créature dans la légende, en pleine vague de films de monstres produits par Universal Studios des années 30 à 50 (initiée avec Dracula). C’est en effet sous les traits, le maquillage et l’interprétation originale de Boris Karloff que la créature sera éternellement représentée dans d’innombrables films, séries, dessins animés, jeux vidéo, et autres jouets et déguisements. Le film est si superbe visuellement et palpitant qu’on en oublie son âge.

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– 20h30 : La Fiancée de Frankenstein (James Whale – 1935 – 75 minutes)
avec Boris Karloff, Colin Clive, Valerie Hobson, Ernest Thesiger, Elsa Lanchester

Première des trois suites directes du premier opus (avant de multiples remakes), dont il reprend une bonne partie de l’équipe et des acteurs, La Fiancée de Frankenstein passe pour certains comme étant encore meilleur que le premier. Boris Karloff a en effet l’occasion d’approfondir son interprétation pathétique de la créature, produisant des sentiments contradictoires de compassion et de répulsion son égard. La réussite du film est telle qu’il connaîtra lui-même un remake (ce qui est assez rare pour une suite !), et le personnage de la fiancée deviendra lui aussi iconique (on la reconnaitra notamment dans Rocky Horror Picture Show).

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– 22h : La Momie (Karl Freund – 1932 – 73 minutes)
avec Boris Karloff, Zita Johann, David Manners, Edward Van Sloan

Contrairement à Béla Lugosi qui sera à tout jamais enfermé dans son rôle de Dracula, Boris Karloff eut l’occasion d’incarner un autre personnage mythique du cinéma fantastique, la fameuse momie qui poursuit de sa malédiction les profanateurs de sa sépulture. Sans suite directe à son époque, La Momie fait partie des monstres stars de Universal Studios, et connaîtra son lot de remakes à succès dans les années 40, 60 ou 2000.