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18 décembre : Ciné-club Ciné-Bazar / Science-fiction par Paul Verhoeven : Robocop (1987) – Starship Troopers (1997)

Soirée spéciale à l’occasion de la sortie du quatrième numéro de la revue Ciné-Bazar, qui consacre un dossier à Paul Verhoeven. Des exemplaires seront en vente, en présence du rédacteur en chef Thomas Revay.

robocop

– 19h : Robocop (Paul Verhoeven – 1987 – 102 minutes)

avec Peter Weller, Nancy Allen, Daniel O’Herlihy, Ronny Cox, Kurtwood Smith, Miguel Ferrer, Paul McCrane, Ray Wise, Robert DoQui

A Detroit, face à une criminalité explosive, la sécurité civile est en train d’être privatisée à l’entreprise OCP. Elle met au point Robocop, un policier mort au service transformé en puissant robot.

Steven Spielberg conseillait depuis longtemps au néerlandais Paul Verhoeven d’émigrer aux Etats-Unis, pour sa plus grande facilité de financement de films. C’est ainsi que la femme du cinéaste lui suggère de réaliser Robocop, beaucoup refusé dans le milieu à cause de son apparence simpliste et commerciale, à commencer par le titre. Mais le fourbe Verhoeven a plus d’une idée en tête pour le détourner et ajouter des niveaux de lecture plus subtils, critiques et subversifs. Le film est en réalité une féroce satire sociale et politique des années Reagan comme seul un européen pouvait la faire : vulgaires, superficielles et proto-fascistes où règnent l’argent, le pouvoir et la corruption, constamment tournée en dérision. Il donne une vision cynique et objective de la violence, explosive et sanglante, exagérée jusqu’au grotesque pour à la fois faire passer la pilule tout en réveillant les consciences endormies par les blockbusters d’action. Inspirée autant par Metropolis que par Le Jour où la Terre s’arrêta, le personnage de Robocop – à l’évidente symbolique christique de mort et résurrection pour sauver son prochain – est devenu un des grands héros de la pop culture, dont le design et l’armure ont été élaborés par le fameux prothésiste et maquilleur Rob Bottin (Fog, Hurlements, The Thing, Total Recall). Peter Weller (Le Festin Nu) a su lui donner une présence et une démarche si caractéristiques, en dépit de la pénibilité de son costume (si lourd et si chaud qu’il en a perdu des kilos !). Le tournage fut désastreux, difficile et conflictuel, dépassant son budget son planning, mais cela n’a pas empêché Robocop de devenir un des grands succès des années 80, qui sera décliné en deux suites, deux dessins animés, une série télévisée, quatre téléfilms et un remake. Verhoeven considère encore qu’il s’agit de son meilleur film américain.

– 21h : Starship Troopers (Paul Verhoeven – 1997 – 129 minutes)

avec Casper Van Dien, Dina Meyer, Denise Richards, Jake Busey, Neil Patrick Harris, Patrick Muldoon, Michael Ironside, Clancy Brown, Seth Gilliam

Des jeunes diplômés s’engagent dans un service militaire de deux ans, donnant droit au statut de Citoyen, alors que la Terre mène une guerre intergalactique contre des insectes extra-terrestres géants. Johnny Rico le fait pour plaire à sa petite amie et se retrouve dans l’infanterie, tandis que celle-ci s’est engagée dans la marine spatiale avec le rival de Rico.

Au bout de dix ans de carrière à Hollywood (Totall Recall, Basic Instinct, Showgirls), Paul Verhoeven se lance dans une nouvelle farce politique d’une ampleur et d’une violence inégalées, en adaptant librement un livre de science-fiction de 1959 (il en prend d’ailleurs le contre-pied). Rarement Hollywood n’aura accouché d’un film aussi subversif, qui plus est à ses dépens ! Car Starship Troopers se révèle être en fait une parodie de blockbuster, une satire contre le militarisme, le patriotisme aveugle et la propagande manipulatrice du Bien. Mais avec son budget d’une centaine de millions de dollars, ses effets spéciaux saisissants (nommés à l’Oscar), ses acteurs beaux et niais comme dans des sitcoms (Casper Van Dien et Dina Meyer viennent de Beverley Hills 90210, Denise Richards et Patrick Muldoon de Melrose Place, et Neil Patrick Harris de Docteur Doogie, des années avant How I met you mother !) et ses séquences spectaculaires de navigation spatiale et de guerres sanglantes, les critiques de l’époque l’ont pris au premier degré et l’a descendu comme un film fasciste – ce qu’il entendait précisément dénoncer… Ce n’est pourtant pas faute de Verhoeven d’avoir oublié son humour burlesque dans les dialogues, les explosions de têtes et ses flashs d’informations grotesques (dans la droite lignée de ceux de Robocop). Mais le temps a fini par réparer son erreur et a réévalué Starship Troopers comme un chef d’œuvre titanesque et complexe, entre Star Wars et Full Metal Jacket. Trois suites sortiront directement en vidéo, preuve de leur intérêt négligeable, ainsi qu’une série télévisée en images de synthèse.

5 juillet : Ciné-club insectes

MICROCOSMOS

– 19h : Microcosmos, le peuple de l’herbe (Claude Nuridsany & Marie Pérennou – 1996 – 75 minutes)

Une journée dans la vie d’insectes dans une prairie de l’Aveyron.

Fruit de vingt-cinq ans de connaissances scientifiques, Microcosmos a nécessité deux de préparation technique (pour élaborer des caméras macro aux déplacements millimétrés) et trois ans de tournage. Mais pour autant ce n’est pas un austère documentaire animalier descriptif comme la télévision en a l’habitude, c’est un film docu-fiction, comme un conte naturel, sans voix off, où les insectes jouent eux-mêmes leur rôle et nous montrent leurs tranches de vie, remplis d’humour, de grâce, de romantisme ou de tragédie. La subtile musique colle parfaitement aux images poétiques et à la mise en scène. Le film a été tourné au trois-quarts en studio (situé dans une prairie de l’Aveyron), en recréant l’habitant naturel des coccinelles, criquets, lucarnes cerf-volant, araignées argiope, fourmis rousses, chenilles, etc. Produit par Jacques Perrin (acteur fétiche des comédies musicales de Jacques Demy), Microcosmos a été un triomphe critique et public mondial : trois millions de spectateurs en France, cinq Césars (meilleurs montage, musique, photo, son, producteur), Prix Vulcain de l’Artiste Technicien du Festival de Cannes. Par la suite Jacques Perrin a produit d’autres documentaires à succès comme Le Peuple migrateur ou Océans, tandis que les réalisateurs ont poursuivi avec Genesis et La Clé des champs.

 la-mouche

– 21h : La Mouche (David Cronenberg – 1986 – 95 minutes)

Avec Jeff Goldblum, Geena Davies, John Getz

Un scientifique ambitieux invente une machine de téléportation. Mais il ne s’aperçoit pas qu’une mouche s’est introduite accidentellement dans la cabine et fusionne avec lui…

Remake d’un classique de la science-fiction des années 50 avec Vincent Price (qui connut deux suites), La Mouche s’en écarte quelque peu sous l’impulsion de Cronenberg pour moderniser le scénario et le discours. Au lieu d’un simple film d’horreur avec un monstre à tête de mouche, on suit plutôt une tragédie humaine et amoureuse autour de la lutte intérieure entre l’humanité et l’animalité, à travers le processus de transformation du scientifique, d’abord latent et inquiétant, puis physiologique et spectaculaire. A noter que le couple à l’écran, Jeff Goldblum (Jurassic Park, Independance Day) et Geena Davis (Beetlejuice, Thelma et Louise), l’était aussi à la ville ! Cronenberg signe un classique moderne du genre, avec des maquillages (cinq de préparation quotidienne pour Goldblum), costumes et effets spéciaux révolutionnaires, récompensé par l’Oscar des meilleurs maquillages, le Prix spécial du Jury du Festival d’Avoriaz, ainsi que les Prix de meilleur film, meilleur acteur et meilleurs maquillages aux Saturn Awards. La Mouche connaîtra une suite en 1989 (par le directeur des effets spéciaux du premier) et même une adaptation à l’Opéra en 2008 au Théâtre du Châtelet (avec Cronenberg en personne à la mise en scène) !