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Ciné-club Danny Boyle : 127 heures (2010) – Slumdog Millionnaire (2008)

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– 19h : 127 heures (Danny Boyle – 2010 – 94 minutes)
avec James Franco, Clémence Poésy, Kate Mara, Amber Tamblyn, Lizzy Caplan, Treat Williams, Kate Burton, Pieter Jan Brugge

Un randonneur-alpiniste américain se retrouve par accident coincé au fond d’un canyon dans l’Utah.

Inspiré d’une histoire vraie survenue à Aron Ralston en 2003, transcrite en 2006 dans le livre Plus fort qu’un roc, cela faisait quatre ans que Danny Boyle souhaitait réaliser un film sur lui. L’alpiniste était d’ailleurs réticent au début, préférant réaliser lui-même un documentaire avec sa propre voix off. Mais c’est suite au succès mondial de Slumdog Millionaire qu’il changea d’avis. 127 heures reprend d’ailleurs certaines pointures oscarisées de ce film : Simon Beaufroy est de retour au scénario, ainsi que A. R. Rahman à la musique (Dido co-compose et interprète la chanson « If I Rise », nominée aux Oscars)). Tourné en partie dans le vrai canyon du drame et en partie en studio après avoir reproduit avec exactitude le relief de la crevasse, ce film de survie est un véritable défi narratif, puisqu’il est centré pendant presque une heure et demie sur un homme coincé dans la nature, à un endroit inaccessible, et parvient quand même à être stimulant, rythmé et impliquant pour le spectateur. Il repose donc en grande partie sur la performance de James Franco, seul à l’écran durant la majorité du film, alternant entre instinct de survie, monologues, désespoir, hallucinations et flashbacks. 127 heures a reçu cent vingt-cinq nominations, dont trois aux Golden Globes et six aux Oscars (dont meilleurs film, acteur, scénario, montage et musique), et remporte vingt-deux prix, dont celui de meilleur film selon l’American Film Institute.

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– 21h : Slumdog Millionaire (Danny Boyle – 2008 – 120 minutes)
avec Dev Patel, Freida Pinto, Anil Kapoor, Irfan Khan, Ayush Mahesh Khedekar, Azharuddin Mohammed Ismail, Rubina Ali

Un jeune indien des bidonvilles est accusé de triche au jeu télévisé Qui veut gagner des millions ?

Adaptation du roman indien de Vikas Swarup, Slumdog Millionaire prend place en Inde, dans la face cachée de sa prodigieuse croissance économique. L’interrogatoire de la police concernant la série suspecte de bonnes réponses provenant d’un jeune « pouilleux » (« slumdog ») sans éducation au célèbre jeu télévisé est un prétexte à des flashbacks sur des épisodes clefs de sa vie dans la pauvreté urbaine, à l’ombre du développement et de la modernisation du pays, au contact de la vie locale, de la mafia, de la mendicité, du vol, des petits boulots et de la débrouille quotidienne. Certaines scènes sont d’ailleurs tournées en temps réel dans les rues des bidonvilles de Bombay, en se mêlant à la foule avec de l’équipement léger et discret sans se faire remarquer. Mais loin d’être une peinture glauque de la misère, le film est un véritable conte de fées coloré et grouillant, une histoire d’amour prenante et rythmée, magistralement réalisée et efficacement scénarisée par Simon Beaufroy (The Full Monty). Si les deux acteurs principaux sont débutants au cinéma (Dev Patel était certes au casting de la série Skins), Anil Kapoor (le présentateur du jeu) a joué dans une centaine de films indiens (son nom est d’ailleurs proposé parmi les réponses possibles à une question du jeu !). Pour l’anecdote, le jeu Qui veut gagner des millions ? fait aussi partie d’un autre film, français, Mon Meilleur ami (2006, de Patrice Leconte), avec Jean-Pierre Foucault au casting dans son propre rôle ! Slumdog Millionaire a été un véritable triomphe public et critique, remportant quatre Golden Globes, sept BAFTA et huits Oscars (ceux de meilleurs film, réalisateur, scénario, montage, photographie, musique, chanson et mixage). Si certaines critiques ont créé la controverse en dénonçant une vision occidentale et tiers-mondiste des inégalités profondes et dramatiques de l’Inde moderne, Slumdog Millionaire reste avant tout un grand film populaire où tout fonctionne admirablement, un spectacle naïf et imparable digne des grandes heures d’Hollywood.