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19 mars 2017 : Ciné-club Poisson avec John Cleese & Michael Palin : Monty Python : Le Sens de la vie (1983) – Un Poisson nommé Wanda (1988)

MONTY PYTHON LE SENS DE LA VIE

– 19h : Monty Python : Le sens de la vie (Terry Jones – 1983 – 106 minutes)

avec Graham Chapman, John Cleese, Terry Gilliam, Terry Jones, Eric Idle, Michael Palin

Des poisons dans un aquarium s’interrogent sur le sens de la vie.

La troupe britannique des Monty Python se forme en 1969 avec leur cultissime série télévisée Flying Circus, qui durera quatre ans et marquera à jamais la culture populaire par son insurpassable absurdité humoristique. Ils entrent au cinéma en 1971 en retournant certains des meilleurs sketchs de la série sous le nom de La Première folie des Monty Python. Si leurs deux films suivants ont une histoire cohérente, Sacré Graal en 1975 et La Vie de Brian en 1979, Le Sens de la vie revient au format des sketchs libres, malgré un vague fil conducteur autour du… sens de la vie ! Le film est découpé en sept parties, de la naissance à la mort, dégommant les codes de la société anglaise (notamment la sexualité, la religion ou l’armée), entrecoupé de quatre chansons (dont l’imposant « Every Sperm Is Sacred ») et de nombreux passages cultes (un énorme client qui mange toute la carte d’un restaurant). Le film est précédé d’un court-métrage de seize minutes de Terry Gilliam, sur des vieux employés d’une compagnie d’assurance qui se rebellent contre leurs nouveaux propriétaires, des financiers américains. Le Sens de la vie a été récompensé du Grand Prix du Festival de Cannes. Quand Universal Studios leur a proposé de faire un film, ils leur ont dit qu’ils n’auront plus besoin de travailler le reste de leur vie. Cela expliquerait ainsi qu’il s’agisse de leur dernier film ! La troupe s’est finalement reformée pour dix représentations sur scène à Londres en 2014 – les vint milles places pour le premier soir se sont écoulés en quarante-cinq secondes.

UN POISSON NOMME WANDA

– 21h : Un Poisson nommé Wanda (Charles Crichton – 1988 – 108 minutes)

avec John Cleese, Jamie Lee Curtis, Kevin Kline, Michael Palin

Un avocat anglais coincé tombe amoureux d’une voleuse de bijoux, alors que son complice et amant est un psychopathe se prenant pour un intellectuel.

Les membres de Monty Python ont bien sûr continué séparément leurs carrières au cinéma, avec des succès divers. Ils se sont d’ailleurs souvent croisé individuellement, ne serait-ce que dans des films de leur acolyte Terry Gilliam (Jabberwocky, Bandits bandits, Brazil ou Les Aventures du baron du Münchhausen). John Cleese et Michael Palin se retrouvent ainsi dans Un Poisson nommé Wanda, une comédie anglaise à petit budget écrite et produite par Cleese, qui va connaître un triomphe international aux cent quatre-vingt-dix millions de dollars de recette. Autour d’une histoire de diamants volés à récupérer, les quatre acteurs principaux forment une équipe aussi improbable qu’hilarante : Cleese en avocat coincé à la vie de famille ennuyeuse, Jamie Lee Curtis en voleuse séductrice, Kevin Kline en amateur d’arts martiaux et de Nietzsche (récompensé par l’Oscar du meilleur second rôle), et Michael Palin en bègue amoureux des animaux. Nommé à l’Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur scénario original, Un Poisson nommé Wanda est une comédie culte typiquement british remplie de situations loufoques. Un film à mourir de rire, et littéralement : un orthophoniste danois est réellement mort d’arrêt cardiaque à force de rire pendant une projection ! Les quatre acteurs récidiveront en 1997 dans Créatures féroces, sans retrouver un succès aussi exceptionnel.

30 octobre : Ciné-club Halloween : L’Homme au masque de cire (1953) – Fog (1980)

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– 19h : L’Homme au masque de cire (André de Toth – 1953 – 89 minutes)

avec Vincent Price, Frank Lovejoy, Phyllis Kirk, Carolyn Jones, Paul Picerni, Charles Bronson, Paul Cavanagh, Dabbs Greer

Un sculpteur de statues en cire voit ses créations partir en fumée à cause de son associé cupide qui voulait seulement toucher l’argent de l’assurance. Il va alors reconstruire son musée de cire avec des créations beaucoup plus macabres, tandis que des personnes meurent mystérieusement.

Future idole de Tim Burton, Vincent Price (Laura d’Otto Preminger) était dans les années 50 au creux de sa carrière de seconds rôles. Mais c’est avec L’Homme au masque de cire qu’il va devenir une star des films d’horreur, dans la lignée de Bela Lugosi ou Boris Karloff : Price créé son interprétation de dandy inquiétant à la voix de velours, qu’il déclinera dans bien des classiques de l’époque comme La Mouche noire (dont Cronenberg tirera un remake) ou les fameuses adaptations des nouvelles d’Edgar Poe par Roger Corman. Remake du Mystère du musée de cire de Michael Curtiz (1933), L’Homme au masque de cire est par ailleurs le second film tourné en 3D (et le meilleur selon Martin Scorsese !), gadget technologique inventé pour contrer la rivalité de la télévision qui éloignait les spectateurs du cinéma, et qui durera le temps de quelques films (Le Crime était presque parfait d’Hitchcock, L’Etrange créature du lac noir), avant de tomber dans l’oubli à cause du coût d’équipement décourageant pour les salles de cinéma. Le film en est donc une excellente démonstration (malgré le fait que le réalisateur était borgne !) et un des dix plus gros succès commerciaux du cinéma d’horreur (après correction de l’inflation). De plus, les décors macabres du XIXème siècle en Technicolor seront rien de moins qu’une influence déterminante pour les futurs films gothiques des studios anglais Hammer quelques années plus tard. Le film connaitra encore deux remakes en 1997 et 2005.

fog

– 21h : Fog (John Carpenter – 1980 – 89 minutes)

avec Adrienne Barbeau, Jamie Lee Curtis, John Houseman, Janet Leigh, Hal Holbrook, Tom Atkins, Charles Cyphers, Nancy Kyes

Dans une petite ville américaine de la côte Pacifique, une légende raconte que les fantômes de marins trahis par les habitants il y a cent ans reviendront avec le brouillard pour se venger.

Deux ans après l’immense succès d’Halloween, la nuit des masques, John Carpenter signe un nouveau film d’horreur, mais avec un budget d’à peine un million de dollars. Il retrouve Jamie Lee Curtis, et fait tourner son épouse de l’époque, Adrienne Barbeau, rencontrée sur le tournage du téléfilm Meurtre au 43ème étage (ils tourneront à nouveau dans son film suivant, New York 1997). La mère de Jamie Lee Curtis, la fameuse Janet Leigh (Psychose d’Hitchcock) est aussi du casting – et le lien avec Hitchcock n’est pas terminé, puisque le film se déroule à Bodega Bay, comme le thriller Les Oiseaux. Avec des références à Edgar Poe et H.P. Lovecraft, Fog distille une ambiance nocturne, trouble et effrayante, selon l’adage habituel que moins on en voit et plus on a peur, tandis que les révélations sur les sordides secrets de la ville refont surface et expliquent la légende locale. Comme d’habitude, Carpenter signe lui-même la bande-son du film, avec une ambiance sonore typiquement oppressante. Malgré son budget restreint, Carpenter fait de Fog un petit classique de l’horreur et de sa filmographie indépendante, qui aura droit à un remake en 2005.