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7 février : Ciné-club Enquête par Alan J. Pakula : Présumé Innocent (1990) – Les Hommes du Président (1976)

PRESUME INNOCENT

– 19h : Présumé Innocent (Alan J. Pakula – 1990 – 127 minutes)

avec Harrison Ford, Brian Dennehy, Raúl Juliá, Bonnie Bedelia, Paul Winfield, Greta Scacchi

Un procureur général est chargé d’enquêter sur le meurtre de sa collègue avec qui il a eu une liaison. Mais les suspicions se portent sur lui…

Alan J. Pakula (Klute) est un spécialiste des enquêtes les plus complexes et passionnantes, sans recourir aux artifices habituels d’Hollywood. Adapté d’un best-seller, Présumé Innocent est un polar à suspense entremêlant les sphères professionnelle, judiciaire, familiale et extra-conjugale à merveille. L’empire de la passion, de la dissimulation et du mensonge domine ce thriller rempli de fausses pistes, avec des acteurs excellents : Harrison Ford en suspect hanté par le souvenir de la victime, loin de ses rôles d’action (Star Wars, Indiana Jones), Raúl Juliá (Coup de cœur, La Famille Adams) en avocat redoutable, Brian Dennehy en supérieur détestable (Rambo), Bonnie Bedelia en épouse solidaire dans l’épreuve (Die Hard 1 et 2). Le système judiciaire américain et ses magouilles sont minutieusement décortiqués, à l’instar des films de Sydney Lumet (12 hommes en colère, Le Verdict). Le film a été un succès commercial et connut même deux suites, en mini-série et en téléfilm, tandis que Pakula mettra en œuvre une nouvelle enquête dans L’Affaire Pélican (1993).

 LES HOMMES DU PRESIDENT

– 21h15 : Les Hommes du Président (Alan J. Pakula – 1976 – 139 minutes)

avec Robert Redford, Dustin Hoffman, Jason Robards, Jack Warden, Martin Balsam, Hal Holbrock, Jane Alexander, F. Murray Abraham, Ned Beatty, Stephen Collins

Les journalistes du Washington Bob Woodward et Carl Bernstein enquêtent sur le cambriolage du quartier général du parti démocrate, le Watergate.

L’affaire du Watergate est un des plus gros scandales politiques de l’histoire des Etats-Unis. En basant un film dessus (plus exactement sur le livre des journalistes qui dévoilèrent le scandale), seulement quatre ans après le début des événements, il semblait impossible d’apprendre quelque chose au spectateur ou de lui donner du suspense, puisqu’il en connaissait la fin. Et pourtant Les Hommes du Président est un des thrillers les plus palpitants ! Pakula reconstitue minutieusement le fil de l’enquête de deux journalistes anonymes, avec un travail de reconstitution et de synthèse remarquable. La rédaction du Washington Post et les méandres du métier de journaliste d’investigation sont admirablement restitués, si bien que la tension, le doute et la paranoïa s’installent efficacement, en se demandant non pas sur quoi l’enquête va déboucher, mais comment elle va progresser – parfois grâce au mystérieux Gorge Profonde, personnage authentique qui inspira bien des informateurs au cinéma ou la télévision, à commencer par X Files ! Robert Redford (également producteur) et Dustin Hoffman, immenses stars, réussissent à rester parfaitement sobres, ressemblants et naturels. Les Hommes du Président fut nommé à huit Oscars, et en remporta quatre (meilleurs scénario, direction artistique, acteur pour Jason Robards et son). Le classique reste encore aujourd’hui une référence supra-cinématographique dans les milieux journalistiques et politiques. Il est enfin un des matériaux principaux du Grand Détournement/La Classe Américaine !

17 janvier : Ciné-club western spaghetti avec Henry Fonda : Mon nom est Personne (1973) – Il était une fois dans l’Ouest (1968)

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– 19h : Mon nom est Personne (Tonino Valerii – 1973 – 111 minutes)

avec Terence Hill, Henry Fonda, Jean Martin, Geoffrey Lewis, R. G. Armstrong, Leo Gordon

Le fameux justicier Jack Beauregard souhaite mettre un terme à sa carrière. Un admirateur souhaite le faire entrer dans la légende en affrontant la Horde Sauvage.

Mon nom est Personne est étroitement lié à la filmographie de Sergio Leone, puisque ce dernier a écrit l’idée originale et produit le film. Si son ancien assistant-réalisateur Tonino Valerii (sur Pour une poignée de dollars et Et pour quelques dollars de plus) en signe l’essentiel de la réalisation, Leone a tout de même réalisé personnellement quelques séquences (l’ouverture, le dual au saloon ou l’attaque de la Horde Sauvage). Ce meta-film est un formidable hommage au western américain, que Leone avait su réinventer, mais que la horde des copieurs italiens sans talents étaient en train de tuer dans le spaghetti. Terence Hill avait justement joué dans les westerns parodiques On l’appelle Trinita et On continue de l’appeler Trinita, que Leone avait détesté. C’est donc judicieusement que son personnage (Personne, jeu de mot issu de l’Odyssée) voue un culte au personnage d’Henry Fonda (représentant les sommets du western sous la direction de John Ford, Anthony Mann, Fritz Lang ou Sergio Leone) quand celui-ci compte prendre sa retraite (ce sera d’ailleurs son dernier western). Ennio Morricone aussi se veut référentiel, avec une partition humoristique et des variations de La Chevauchée des Walkyries de Wagner, My Way ou Il était une fois dans l’Ouest. Le fond et la forme sont donc parfaitement ajustés, avec des combats de baffes et de l’humour potache signifiant la dégénérescence d’un genre à qui l’on rendait une dernière révérence. Plus que Terence Hill, Personne est Tonino Valerii, réalisateur anecdotique fasciné par les grands du genre.

 IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST

– 21h : Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone – 1968 – 165 minutes)

avec Claudia Cardinale, Henry Fonda, Jason Robards, Charles Bronson, Gabrielle Ferzetti, Woody Strode, Jack Elam, Lionel Stander, Paolo Stoppa, Frank Wolff, Keenan Wynn

Une femme hérite de terres suite au meurtre de son mari. Mais bien d’autres aventuriers convoitent ces terres juteuses à côté desquelles doit se construire une ligne de chemin de fer.

Après des péplums de série B et surtout le succès de sa trilogie du dollar, Sergio Leone souhaitait s’attaquer à sa grande œuvre, Il était une fois en Amérique. Mais les producteurs n’acceptèrent de la financer que s’il réalisait encore un western. Leone eut donc l’idée d’une nouvelle trilogie, une histoire politique de l’Amérique dans la violence et la désillusion. Sergio Leone signe alors son western baroque et définitif, avec ses lenteurs débordant de tension, silences lourds et gros plans intenses. Son introduction pré-générique de quatorze minutes est restée dans les annales des duels du cinéma. Ennio Morricone écrit l’un de ses thèmes les plus légendaires, celui de l’homme à l’harmonica – la bande-son restera classée au hit-parade des ventes pendant trois ans. Henry Fonda, habitué à incarner dans le cinéma américain des rôles nobles et justes, est ici utilisé en contre-emploi renversant, en aventurier cruel et sanguinaire (le premier « méchant » de sa carrière). Claudia Cardinale est le premier véritable personnage féminin de Leone, et a été le fantasme sensuel de toute une génération. Charles Bronson incarne un personnage mélancolique typique de Leone, hanté par les flash-backs de son passé tragique, dont la clef ne sera révélée qu’à la fin. Enorme succès en Europe (un des plus grands succès du cinéma français), Il était une fois dans l’Ouest reste encore la référence absolue du western italien avec Le Bon, la Brute et le Truand, que Tarantino continue encore de vénérer à travers Django Unchained ou Les Huit Salopards.