Archives du mot-clé Jean Carmet

11 mars : Ciné-club Francis Veber : Les Compères (1983) – Les Fugitifs (1986)

– 19h : Les Compères (Francis Veber – 1983 – 89 minutes)

avec Pierre Richard, Gérard Depardieu, Stéphane Bierry, Anny Duperey, Michel Aumont, Philippe Khorsand, Maurice Barrier, Robert Dalban

Le fils de Christine fait une fugue avec sa copine. Devant l’inefficacité de la police et de son mari, elle fait croire séparément à deux de ses anciens amants qu’il est son véritable père, pour qu’ils partent à sa recherche.

Après l’immense succès de La Chèvre (7 millions d’entrées en France), Francis Veber retrouve Pierre Richard et Gérard Depardieu pour son troisième film qu’il réalise et écrit. Il réunit donc le duo impayable, Depardieu en journaliste costaud (nommé au César du meilleur acteur), et Richard en doux dépressif, chacun en compétition pour se prouver qu’il est le véritable père du fugueur. Les gags et les baffes s’enchaînent dans un jeu de pistes à Nice avec des mafieux sur leurs traces. Les Compères est une sympathique comédie populaire mais soignée (nommé au César du meilleur scénario), comme la France savait alors si bien en faire, et dont elle est devenue bien incapable aujourd’hui. Ivan Reitman en tirera un remake en 1997 avec Robin Williams et Billy Crystal, Drôles de pères.

– 21h : Les Fugitifs (Francis Veber – 1986 – 86 minutes)

avec Gérard Depardieu, Pierre Richard, Jean Carmet, Maurice Barrier, Jean Benguigui, Roland Blanche, Philippe Lelièvre, Anais Bret, Michel Blanc

Jean Lucas sort de cinq ans de prison avec la résolution de se ranger. Mais à la banque, il est pris en otage par François Pignon, un braqueur maladroit et désespéré qui cherche à sauver sa fille muette.

Les Compères ayant amené presque cinq millions de spectateurs dans les salles, Francis Veber rempile une dernière fois avec son duo d’acteurs gagnants, Depardieu toujours dur et impulsif, Richard fragile et maladroit, tous deux en fuite. Les Fugitifs, en plus de ses séquences comiques, ajoute une touche sentimentale autour de la petite fille muette et attendrissante. A noter en second rôle les très bons Jean Carmet en vétérinaire sénile (nommé au César du meilleur second rôle) et Michel Blanc en docteur alcoolisé. Comme dans les trois précédents films de Veber, Vladimir Cosma signe la musique. Nommé au César du meilleur scénario, Les Fugitifs attirera 4.5 millions de spectateurs en France (22 millions en URSS !), et Veber en réalisera lui-même un remake américain avec Nick Nolte ! Veber retrouvera Depardieu dans Le Placard (2001) et Tais-toi ! (2002).

3 avril : Ciné-club Bal comique : Le Bal des casse-pieds (1992) – Le Bal des vampires (1967)

LE BAL DES CASSE-PIEDS

– 19h : Le Bal des casse-pieds (Yves Robert – 1992 – 100 minutes)

avec Jean Rochefort, Miou-Miou, Jean Carmet, Jacques Villeret, Victor Lanoux, Claude Brasseur, Michel Piccoli, Jean Yanne, Guy Bedos, Véronique Sanson, Valérie Lemercier, Sandrine Carron, Jean-Pierre Bacri, Didier Gustin, Patrick Timsit, Philippe Uchan

Un vétérinaire est harcelé par son entourage de casse-pieds : amis, clients, maîtresses, sœur, voisins de table ou d’avion.

Yves Robert (La Guerre des boutons, Le Grand blond avec une chaussure noire) et le scénariste Jean-Loup Dabadie (également parolier de Michel Polnareff ou Julien Clerc) avaient écrit deux chefs d’œuvre de la comédie française : Un Elephant ça trompe énormément (1976), et sa suite Nous irons tous au paradis (1977). Sans faire du Bal des casse-pieds le troisième volet, c’est ce qui s’en rapproche le plus, puisqu’on y retrouve la même équipe : Robert-Dabadie au scénario, Vladimir Cosma à la musique, Jean Rochefort en tête de casting(en vétérinaire, ce qui va bien avec son amour des animaux), tandis que ses trois compères Victor Lanoux, Claude Brasseur et Guy Bedos sont présents, mais à des rôles beaucoup plus secondaires. Librement inspiré des Casse-pieds (1948) de Jean Dreville en adaptant le thème inépuisable des raseurs en tout genre aux situations comiques de l’époque moderne, c’est presque un film à sketches où un impressionnant défilée de stars du cinéma français vient faire son numéro : Jean Carmet, Jacques Villeret, Michel Piccoli, Jean Yanne, Valérie Lemercier, Jean-Pierre Bacri, Patrick Timsit, etc. S’il apparaît donc plus décousu par sa structure, il n’en sera pas moins un grand succès commercial.

 LE BAL DES VAMPIRES

– 21h : Le Bal des vampires (Roman Polanski – 1967 – 107 minutes)

avec Jack MacGowran, Roman Polanski, Sharon Tate, Alfie Bass, Ferdy Mayne, Terry Downes

Un professeur et son jeune assistant se rendent en Transylvanie pour chasser des vampires. Quand la fille d’une auberge est enlevé, ils se rendent dans le château du compte Krolock.

Après de nombreux court-métrages et un premier film en Pologne (Le Couteau dans l’eau), le jeune et brillant Roman Polanski réalise ses films suivants (Répulsion et Cul-de-sac) à Londres. Grâce à leur succès, il obtient un plus grand budget pour son nouveau projet, une parodie de films de vampires. Ils étaient régulièrement à la mode au cinéma, du Dracula avec Bela Lugosi qui lança les Universal Monsters, aux productions Hammer qui donnèrent une esthétique gothique typiquement anglaise, avec Christopher Lee. En plus d’avoir co-écrit le film et de le réaliser, Polanski joue aussi le rôle de l’assistant du professeur Abronsius (Jack MacGowran, rencontré sur le tournage de Cul-de-sac), bien qu’il ne se crédite jamais comme acteur dans ses films. Il tombera sous le charme évident de sa partenaire Sharon Tate, qu’il épousera l’année suivante – et qui sera tragiquement assassinée par la famille Manson en 1969, enceinte de huit mois. Pour l’expliquer, on reprochera bêtement à Polanski d’avoir flirté avec l’occulte et le satanisme dans ce film et le suivant, Rosemary’s Baby. Pourtant Le Bal des vampires ne se prend pas du tout au sérieux, détournant les codes du genre avec de nombreux gags. Malgré un premier montage américain catastrophique (énormes coupures rendant l’histoire incompréhensible, ajout d’une introduction en  dessin animé expliquant le mythe du vampire !), il est devenu un film culte avec son esthétique à tomber par terre (les décors, costumes et accessoires sont d’une méticulosité irrésistible), peut-être le plus beau film de vampires. Il a été adapté en comédie musicale à vienne en 1997, et encore récemment à Paris par Polanski en 2014.

8 novembre : Ciné-club Grand Blond : Le Grand Blond avec une chaussure noire (1972) – Le Retour du Grand Blond (1974)

LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIR

– 19h : Le Grand Blond avec une chaussure noire (Yves Robert – 1972 – 89 minutes)

avec Pierre Richard, Bernard Blier, Jean Rochefort, Jean Carmet, Mireille Darc, Paul Le Person, Colette Castel

Pour contrecarrer l’ambition dévorante de son adjoint et rival, le chef des services secrets le met sur la piste d’un faux agent secret, en réalité un violoniste distrait choisi au hasard, qui voit sa vie bouleversée et menacée.

Parodie de film d’espionnage, Le Grand Blond avec une chaussure noire est un croisement entre Les Barbouzes (avec Bernard Blier) et Le Distrait (de et avec Pierre Richard). A travers l’astucieux « piège à con » imaginé par le personnage de Jean Rochefort, les scénaristes Francis Veber (Coup de tête, Le Dîner de cons) et Yves Robert (La Guerre des boutons, Un Elephant ça trompe énormément) démontrent que le quotidien le plus banal peut être interprété de la façon la plus louche et la plus loufoque avec un minimum de suspicion et d’absurde. Pierre Richard tient ici son rôle le plus iconique, un gaffeur lunaire qui lui collera à la peau tout le long de sa carrière. Le reste du casting est aussi excellent qu’impayable à se tordre de rire (Jean Rochefort, Bernard Blier, Jean Carmet), tandis que Mireille Darc n’a jamais été aussi sexy que dans sa célèbre robe Guy Laroche découvrant sa chute de reins. Avec un soin et une technique comme on n’en fait plus pour une simple comédie (scénario précis et hilarant, fameuse partition de Vladimir Cosma, costumes impeccables, photographie exceptionnelle), le film est devenu un grand succès en salles, un classique de la comédie française. Outre une suite, il connaîtra un remake américain en 1985 avec Tom Hanks.

 LE RETOUR DU GRAND BLOND

– 21h : Le Retour du Grand Blond (Yves Robert – 1974 – 81 minutes)

avec Pierre Richard, Jean Carmet, Jean Rochefort, Mireille Darc, Paul Le Person, Jean Bouise, Colette Castel

Pour se tirer d’affaire concernant les soupçons sur ses agissements, le chef des services secrets se voit contraint de manipuler à nouveau le Grand Blond, en vacances à Rio.

Après le triomphe commercial du premier volet, une suite est rapidement mise en chantier. Mais contre toute attente, Le Retour du Grand Blond s’avère être tout à fait original et bienvenu, contrairement aux lois du genre, en réalisant le tour de force de garder l’esprit du premier tout en se réinventant, sans trop se répéter. Le Grand Blond est cette fois conscient d’être un faux espion, les retournements de situations sont nombreux, et la parodie se porte moins sur Les Barbouzes que sur James Bond – en passant par l’exotisme de Rio jusqu’au thème musical de Vladimir Cosma intégrant habilement celui du premier et celui de 007 signé John Barry. Tout le casting est de retour, Jean Bouise rejoint admirablement la troupe, Jean Rochefort est encore plus au premier plan pour notre plus grand plaisir. Si toutes les suites étaient aussi travaillées, elles seraient bien plus justifiées et agréables…