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16 juillet 2017 : Ciné-club espace : Space Adventure Cobra : le film (1982) – Les Ailes d’Honnéamise (1987)

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– 19h : Space Adventure Cobra : le film (Osamu Dezaki – 1982 – 99 minutes)

Cobra le pirate de l’espace croise la route d’une chasseuse de prime, Jane, qui est avec ses deux autres sœurs la dernière descendante de la planète Milos. Une prophétie annonce qu’elles doivent tomber amoureuse du même homme pour espérer redonner vie à leur planète…

Avant de devenir une fameuse série animée de trente-et-un épisodes, la première adaptation du manga de Buichi Terasawa est un film d’animation, produit en 1982 par Tokyo Movie Shinsha avec un budget conséquent. On retrouve cependant la même équipe qui travaillera quelques mois plus tard sur la série, le duo Osamu Dezaki (réalisation) et Akio Sugino (dessins), qui a l’habitude de travailler ensemble (Lady Oscar, Rémi sans famille, L’Ile au trésor, Ashita no Joe). Le style graphique et la direction artistique futuriste sont donc déjà présents, donnant vie à un univers mélangeant space opera, règlements de compte à la western spaghetti, espionnage et séduction à la James Bond et érotisme psychédélique à la Barbarella. Rappelons que Cobra est officiellement inspiré par Jean-Paul Belmondo, aussi bien dans son visage que dans sa décontraction naturelle ! Particulièrement réussi et soigné, le film se distingue du manga et de la série en donnant une vraie profondeur émotionnelle aux personnages, devenant ainsi plus dramatique et onirique, tout en gardant ses séquences d’aventure et d’action. Après la série télévisée de 1982-1983, Cobra reviendra dans six OAV en 2008 et une nouvelle série en 2010. Alexandra Aja avait annoncé travailler à l’adaptation en film live, mais le projet semble abandonné. Cependant une nouvelle série animée est annoncée pour 2018, Return of Joe Gillian (un reboot de la saga du rugball).

LES AILES D'HONNEAMISE

– 21h : Les Ailes d’Honnéamise (Hiroyuki Yamaga – 1987 – 121 minutes)

Dans le royaume fictif Honnéamise, un programme militaire ambitionne d’envoyer pour la première fois un humain dans l’orbite spatiale. Mais le pays traverse une crise économique et politique…

Après deux court-métrage, le jeune (et futur mythique) studio d’animation Gainax se lance dans son premier long-métrage, une épopée de la conquête spatiale tout à fait rigoureuse et minutieuse, à la L’Etoffe des héros de Philip Kaufman. Le studio réalise d’abord un court-métrage pilote de cinq minutes pour trouver des financements, et séduit Bandai. Produit pour 360 millions de yens, Les Ailes d’Honnéamise est un des films d’animation les plus coûteux du Japon. Son ambition est à la hauteur : l’animation est d’une impressionnante fluidité, les décors sont fascinants de détails, la narration et la mise en scène n’ont rien à envier au cinéma traditionnel. La direction artistique est des plus singulières, car elle a cherché à réinventer nombre d’objets quotidiens de ce monde alternatif : les pièces de monnaie deviennent des barrettes, les télévisions sont rondes, etc. L’excellente bande-son a été confiée au grand musicien et compositeur Ryuichi Sakamoto (Furyo, Le Dernier Empereur, Talons aiguilles, The Revenant). Riche de sa poésie, de son humanisme et de son pacifisme, Les Ailes d’Honnéamise est un véritable joyau de l’animation japonaise, et est le premier d’une longue lignée de classiques signés Gainax : Gunbuster, Nadia et le secret de l’eau bleue, et l’incontournable Neon Genesis Evangelion, pierre angulaire du genre.

3 juillet : Ciné-club Sport : Cobra Space Adventure (1982) – Match France VS Islande

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– 19h : Cobra Space Adventure (Osamu Dezaki – 1982 – 4 x 25 minutes)

Cobra se fait passer pour un joueur de rugball (un sport très violent où tous les coups sont permis) sur la planète Ralou afin de démasquer un immense trafic de drogue. Il va rapidement se faire des ennemis…

Cobra Space Adventure  est un manga/anime culte des années 80, dont le héros est une sorte de James Bond de science-fiction, décontracté et séducteur, explicitement inspiré par Jean-Paul Belmondo, dont le bras gauche cache une arme surpuissante, le psychogun (rayon delta en français), voyageant de planète en planète en quête d’aventures exotiques, rencontrant des femmes sexy et luttant contre les pirates de l’espace. Le manga a été dessiné et scénarisé par Buichi Terasawa (ancien assistant du légendaire Osamu Tezuka) de 1978 à 1984 (dix-huit volumes), puis adapté à la fois en long-métrage d’animation et en série télévisée animée en 1982. Produite par Tokyo Movie Shinsha, la série (trente-et-un épisodes) est admirablement réalisée par Osamu Dezaki (Lady Oscar, Ashita no Joe 2, Black Jack) en tandem avec son dessinateur habituel Akio Sugino, sur d’excellentes et envoutantes musiques jazz-funk de Kentaro Haneda (L’Ile au trésor, Macross, Sherlock Holmes). Elle est arrivée en France en 1985 sur Canal Plus et Antenne 2, et est restée très populaire, notamment grâce à ses multiples éditions en VHS, DVD et blu-ray. Le chapitre du rugball est l’un des plus mémorables, pendant lequel Cobra joue à ce sport très violent, mélange de baseball et de football américain. La franchise n’est d’ailleurs pas éteinte, car elle a connu deux nouvelles adaptations animées en OVA (2008) et en série (2010), tandis que le réalisateur français Alexandre Aja (fils d’Alexandre Arcady) en a acheté les droits et travaille à son adaptation sur grands écrans. Enfin, il y a à peine quelques mois, un nouveau projet animé a été annoncé, The Return of Joe Gillian, centré à nouveau sur la partie du rugball !

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– 21h : France VS Islande (Quart de finale du championnat d’Europe de football)

Ciné-club Jean-Paul Belmondo : A bout de souffle (1960) – Le Magnifique (1973)

Dimanche 20 avril 2014 :

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– 19h : A bout de souffle (Jean-Luc Godard – 1960 – 90 minutes)

avec Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg, Daniel Boulanger, Jean-Pierre Melville, Roger Hanin

Un petit voyou tue un policier et se réfugie à Paris. Il cherche à redevenir l’amant de son amie américaine pour fuir ensemble en Italie.

Après des articles aux Cahiers du Cinéma et cinq courts-métrages, Jean-Luc Godard réalise son premier long-métrage historique, A bout de souffle. S’il n’est pas chronologiquement le premier film de ce qu’on appellera la Nouvelle Vague (Le Beau Serge de Chabrol et Les Quatre Cent Coups de Truffaut sont sortis plus tôt), il en constitue le manifeste esthétique le plus audacieux, révolutionnaire et marquant. Sous ses dehors d’hommage aux films de gangsters américains, c’est en réalité une explosion de la grammaire cinématographique, un vent de liberté formelle sans équivalent, à base d’improvisations et digressions, tournage inédit en décors réels (Paris est filmé en style quasi-documentaire), script tenant sur trois pages, acteurs en roue libre, montage hasardeux, ruptures de ton permanentes. Sur une idée de scénario de François Truffaut et un conseil technique de Claude Chabrol, le film déborde de clins d’œil et de citations : une affiche de Humphrey Bogart qui impressionne Belmondo, Jean-Pierre Melville qui joue un romancier, des exemplaires et journalistes des Cahiers du Cinéma, des scènes au cinéma, des références à Rilke, Faulkner, Picasso, Renoir, etc. Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg forment un couple inoubliable et si profondément moderne, le premier débutant avec fulgurance la carrière que l’on sait, la seconde belle pour l’éternité (sans laisser présager sa future descente aux enfers). A bout de souffle annonce un bouleversement formel qui secouera le cinéma français et mondial pendant au moins une décennie. C’est enfin un des films de Godard les plus libres, innocents et attachants, qualités que l’on ne retrouvera pas si souvent que ça dans sa longue et laborieuse filmographie, avant qu’il ne se systématise, intellectualise et politise jusqu’à l’outrance.

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– 21h : Le Magnifique (Philippe de Broca – 1973 – 94 minutes)

avec Jean-Paul Belmondo, Jacqueline Bisset, Vittorio Caprioli, Jean Lefebvre

Un auteur de livre d’espionnage s’inspire des péripéties de sa vie privée pour écrire les aventures de son héros, l’espion Bob Saint-Clar.

Après les immenses succès de L’Homme de Rio (1964) et Les Tribulations d’un Chinois en Chine (1965), Philippe de Broca retrouve son ami Jean-Paul Belmondo pour une nouvelle comédie d’aventure. Le Magnifique regroupe en réalité deux films en un : une parodie exotique des séries B et romans de gare d’espions indestructibles et séducteurs, ainsi qu’une comédie sentimentale autour de l’auteur des livres d’espionnage, en panne d’inspiration, amoureux de sa voisine amatrice de son héros. Un des charmes irrésistibles du film est, outre son humour dévastateur et imparable, le va-et-vient constant entre la réalité et la fiction, entre François Merlin l’auteur et Bob Saint-Clar son héros (qui inspirera d’ailleurs le pseudonyme du DJ Bob Sinclar), la grisaille parisienne et le Brésil coloré, les deux s’influençant réciproquement dans une ambiance imprévisible et onirique. Jacqueline Bisset rappelle quel sex-symbol injustement sous-estimée elle a toujours été, et Jean-Paul Belmondo est survolté comme jamais. A vrai dire, on croit reconnaître l’exact point de bascule entre le Belmondo des cinéphiles des années 60 et le Bebel auto-caricaturé des années 80 ; ici, il cabotine comme un diable, mais encore avec l’énergie et la subtilité du grand acteur. Avec son imaginaire inspiré et hilarant, Le Magnifique reste une des grandes dates des riches carrières de De Broca et Belmondo.

Ciné-club James Bond alternatif : Casino Royale (1967) – Jamais plus jamais (1983)

James Bond est une des marques les plus fortes de l’industrie du cinéma, détenue par EON Productions suite à l’achat des droits auprès d’Ian Fleming. Cependant, au milieu de ce juteux business fermement verrouillé, subsistent deux anomalies, deux films hors-série qui ne furent pas produits par EON Productions mais par des producteurs indépendants (raison pour laquelle les films ne font jamais partie des coffrets DVD ou blu-ray). Atypiques, ils ne sont pas moins intéressants pour les amateurs de l’agent secret comme pour les cinéphiles.

Dimanche 26 janvier 2014 :

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– 19h : Casino Royale (Val Guest, Joseph McGrath, John Huston, Ken Hughes, Robert Parrish, Richard Talmadge – 1967 – 130 minutes)

avec Peter Sellers, Ursula Andress, David Niven, Woody Allen, Orson Welles, Deborah Kerr, John Huston

 Sir James Bond, anobli et retraité, est rappelé par les services secrets britanniques pour combattre l’organisation criminelle SMERSH.

Casino Royale, le premier livre d’Ian Fleming, était le seul dont EON Productions (les producteurs des quatre précédents James Bond) ne possédait pas les droits. Le producteur Charles Feldman les avait achetés et ambitionnait d’en faire sa propre adaptation cinématographique. Mais avec le refus de Sean Connery (sous contrat avec EON) de participer au projet, Feldman sentait qu’il ne pourrait pas concurrencer la franchise officielle, et décida de s’en démarquer avec un film humoristique. A partir de là commence un tournage profondément chaotique, qui accumulera les mois de retard et dont le budget doublera (culminant à 11 millions de dollars, soit plus qu’Opération Tonnerre !). Le réalisateur initial (Joseph McGrath) est rapidement viré, et pas moins de cinq autres réalisateurs tourneront chacun des parties différentes du film – dont l’immense John Huston, qui joue M au passage ! Le casting est d’ailleurs on ne peut plus prestigieux : Peter Sellers, Ursula Andress, Orson Welles, Woody Allen, David Niven (le souhait initial de Ian Fleming pour incarner James Bond), Deborah Kerr, et bien d’autres guest-stars tels que Jean-Paul Belmondo, Peter O’Toole, Jacqueline Bisset ou William Holden. Mais Peter Sellers et Orson Welles ne se supportent pas et refusent de tourner ensembles leurs scènes communes, le dépressif Sellers quittant carrément le tournage, obligeant l’équipe à inventer et tourner un nouveau début et une nouvelle fin pour la cohérence scénaristique… Au final, le résultat est un joyeux n’importe quoi parodique et délirant, avec une esthétique à tomber par terre, des décors inouïs et des costumes impeccables, une bande son easy listening culte de Burt Bacharach jouée par l’orchestre de Herb Alpert (avec le classique The Look of Love de Dusty Springfield), bref un film coloré et effréné typiquement sixties, représentatif du Swingin’ London psychédélique. Pour une adaptation plus sérieuse du roman d’Ian Fleming, il faudra attendre 2006.

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– 21h : Jamais plus jamais (Irvin Kershner – 1983 – 134 minutes)

avec Sean Connery, Klaus Maria Brandauer, Max von Sydow, Kim Bassinger, Barbara Carrera

 James Bond est sur les traces de l’organisation criminelle le SPECTRE, qui est parvenue à voler deux ogives nucléaires, et qui en exigent une rançon colossale sous peine de les utiliser en représailles.

Kevin McClory avait travaillé avec Ian Fleming à l’écriture du script de ce qui devait être la première adaptation de James Bond au cinéma. Mais finalement le projet échoua, et Fleming réutilisa ce travail (sans créditer McClory) pour écrire un roman, Opération Tonnerre (Thunderball), dont les droits furent ensuite achetés pour le cinéma par EON Productions, qui en fit un film en 1965. McClory attaqua en justice Fleming, gagna le procès et devint propriétaire des droits cinématographiques du scénario. Ainsi, dans les années 70 il commence à mettre sur pied un projet de remake de Thunderball. Avec la belle somme (pour l’époque) de 5 millions de dollars il parvient à enrôler Sean Connery (dont le dernier James Bond remontait aux Diamants sont éternels en 1971). Les James Bond girls Kim Basinger et Barbara Carrera sont irrésistibles et crèvent l’écran, la mise en scène d’Irvin Kershner, illustre réalisateur de L’Empire Contre-Attaque (considéré comme le meilleur film de la saga Star Wars), est irréprochable et palpitante, tandis que l’intrigue exotique fait voyager des Bahamas à l’Afrique du Nord en passant par le sud de la France, sur une partition de l’inestimable Michel Legrand. Certes, Sean Connery et James Bond ont vieilli, mais le ton reste léger, drôle et diablement efficace grâce au dosage idéal des ingrédients indémodables de la série – tout l’inverse des derniers épisodes en date, qui s’entêtaient soit dans la vaine surenchère technologique et pyrotechnique, soit dans l’émasculation du personnage en fouillant ses faiblesses et son inconscient pour le rendre moins mythique et aussi médiocre que son public, selon la grande mode des séries américaines modernes. Jamais plus jamais sort en 1983, quelques mois après Octopussy avec Roger Moore, mais fera un moins bon score que son rival de la franchise officielle. A noter que le titre, suggéré par la femme de Sean Connery, est un clin d’œil à une déclaration que ce dernier avait faite après Les Diamants sont éternels, comme quoi il ne tournerait plus jamais un film de James Bond. Never say never again !