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17 mai : Ciné-club thriller noir avec Joseph Cotten

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– 19h : Niagara (Henry Hathaway – 1953 – 98 minutes)

avec Joseph Cotten, Marilyn Monroe, Jean Peters, Casey Adams, Denis O’Dea, Richard Allan, Don Wilson, Lurene Tuttle, Russel Collins, Will Wright

En vacances aux chutes du Niagara, un couple sympathise avec un autre bien étrange : le mari est perturbé, son épouse est une femme fatale qui attire beaucoup les regards et les désirs.

Niagara est un classique du film noir, célèbre pour arborer deux merveilles de la nature : les chutes du Niagara et Marilyn Monroe. La jeune actrice en pleine ascension n’a alors eu que des rôles secondaires, mais ce film va représenter un tournant dans sa carrière, puisque c’est à la fois son premier rôle principal dramatique ainsi la naissance du plus grand sex-symbol féminin du cinéma, avec son personnage de femme fatale, son déhanché redoutable, ses histoires d’adultère, de mensonges et de meurtres. Son film suivant continuera à l’imposer comme icône, dans un registre plus léger : Les Hommes préfèrent les blondes (Howard Hawks, 1953). Joseph Cotten quant à lui interprète un ancien militaire traumatisé et instable, aussi sombre qu’il a l’habitude de l’être dans sa carrière. Enfin les chutes du Niagara sont l’autre personnage principal du film, quasiment omniprésent, même indirectement. Lieu privilégié de lune de miel et du tourisme, il incarne toute la force irrésistible de la nature, des sentiments, mais aussi le danger et la mort. Niagara est donc un film pessimiste, passionnel et mythique.

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– 21h : L’Ombre d’un doute (Alfred Hitchcock – 1943 – 108 minutes)

avec Joseph Cotten, Teresa Wright, Macdonald Carey, Henry Travers, Patricia Cillinge, Hume Cronyn, Wallace Ford

Un homme s’installe dans la famille de sa sœur après des années d’absence. Mais sa nièce dont il est très proche commence à avoir des soupçons sur lui et son passé.

L’Ombre d’un doute est le film préféré qu’Alfred Hitchcock ait réalisé dans sa très longue filmographie. De la part du maître du suspense ce n’est pas anecdotique, et L’Ombre d’un doute est aussi maîtrisé et efficace que ce qu’on pouvait en attendre. Joseph Cotten était lui-même fier d’y avoir joué dans le film préféré du maître, ajoutant qu’il avait aussi joué dans le film préféré d’Orson Welles, Citizen Kane (1941), et de Carol Reed, Le Troisième homme (1949). Le film repose quasiment entièrement sur ses épaules pour lui donner toute son ambiguïté et sa noirceur. Son personnage charismatique, mystérieux et sombre est d’autant mieux mis en relief qu’il contraste avec une gentille et banale famille d’une ville américaine, et surtout avec l’admiration que lui porte sa nièce tourmentée par l’adolescence dans un environnement désespérément trop normal. C’est donc le genre de film où le mal fascine bien plus que le bien. Avec son scénario nommé à l’Oscar, L’Ombre d’un doute est ainsi en très bonne place dans les riches filmographies d’Hitchcock et de Cotten. Un remake en sera tiré par Harry Keller en 1958.