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21 février : Ciné-club Arsène Lupin : Signé Arsène Lupin (1959) – Arsène Lupin contre Arsène Lupin (1962)

SIGNE ARSENE LUPIN

– 19h : Signé Arsène Lupin (Yves Robert – 1959 – 99 minutes)

avec Robert Lamoureux, Alida Valli, Yves Robert, Jean Bellanger, Robert Dalban, Roger Dumas, Jacques Dufilho, Michel Etcheverry, Jean Galland

A la fin de la Première Guerre mondiale, Arsène Lupin reprend du service et se met en quête du trésor de la Toison d’or, convoité par son rival.

Le célèbre gentleman-cambrioleur est né sous la plume de Maurice Leblanc en 1905. Outre les dizaines de romans et nouvelles (y compris par d’autres auteurs après la mort de Leblanc), Arsène Lupin a vécu ses aventures à la radio, au cinéma, en série télévisée, dessin animé, bande-dessinée, manga et même opérette ! Signé Arsène Lupin en est déjà la septième adaptation cinématographique, suite directe des Aventures d’Arsène Lupin (Jacques Becker) avec Robert Lamoureux, qui reprend son rôle à la perfection. Ces films sont tout à fait fidèles à l’esprit mondain, espiègle et séducteur du personnage, plongé dans des histoires remplies de trésors, de voyages et d’énigmes. A ceci près que Lupin se déguise très souvent, et que le roman permettait de surprendre jusqu’au lecteur lui-même de l’identité qu’il prenait, révélée après coup. Au cinéma c’est évidemment moins systématique pour qui est observateur, malgré de bons maquillages. Signé Arsène Lupin est en tout cas une solide aventure, rythmée et drôle, mise en scène par l’excellent Yves Robert (La Guerre des boutons, Le Grand Blond avec une chaussure noire), qui y joue aussi un rôle non négligeable.

 ARSENE LUPIN CONTRE ARSENE LUPIN

– 21h : Arsène Lupin contre Arsène Lupin (Edouard Molinaro – 1962 – 111 minutes)

avec Jean-Claude Brialy, Jean-Pierre Cassel, Françoise Dorléac, Geneviève Grad, Jean Le Poulain, Michel Vitold, Anne Vernon

A la mort de leur père, les deux films naturels d’Arsène Lupin recherchent le trésor de Poldavie caché par lui.

Le film suivant Signé Arsène Lupin ne concerne pas tant le gentleman-cambrioleur que ses deux fils, entre héritage spirituel et rivalité autour d’un trésor. Jean-Claude Brialy et Jean-Pierre Cassel rivalisent d’audace, d’humour et de charmes pour être à la hauteur de leur glorieux parent. Cela qui donne un film original et rythmé, avec deux héros pour le prix d’un, arbitrés par la jeune Françoise Dorléac (fiancée avec Cassel à la ville). L’ambiance est plus moderne et fantaisiste, sixties oblige. La réalisation d’Edouard Molinaro (Un Témoin dans la ville, L’Emmerdeur) donne même quelques clins d’œil au cinéma muet. Arsène Lupin contre Arsène Lupin a longtemps été le dernier film sur le héros, avant une nouvelle adaptation en 2004 avec Romain Duris.

Ciné-club Jean-Pierre Cassel / Philippe de Broca : Les Jeux de l’amour (1959) – Le Farceur (1961)

 les-jeux-de-l-amour

– 19h : Les Jeux de l’amour (Philippe de Broca – 1959 – 85 minutes)

avec Jean-Pierre Cassel, Geneviève Cluny, Jean-Louis Maury

Une jeune antiquaire souhaite se marier et un enfant avec son compagnon, mais celui-ci refuse. En revanche, leur voisin amoureux se propose d’y remédier.

Philippe de Broca a commencé sa carrière au bon endroit : assistant-réalisateur de Claude Chabrol sur Le Beau Serge, Les Cousins et A Double tour (1959), et de François Truffaut sur Les Quatre cents coups (1959). Dans cette période d’ébullition créatrice et de tournages à tout va, c’est tout naturellement que Philippe de Broca réalise son premier long-métrage, Les Jeux de l’amour, produit par Claude Chabrol (qui y fait d’ailleurs une route apparition) et écrit avec Daniel Boulanger (avec qui il collaborera toute sa carrière) sur une idée de Geneviève Cluny (l’actrice principale) – idée que Jean-Luc Godard reprendra pour Une femme est une femme (1961). De Broca trouve son premier acteur fétiche, Jean-Pierre Cassel (père de Vincent), alter ego du réalisateur, toujours dans un mouvement perpétuel, bondissant, bavard et charmeur ; sa présence et son dynamisme en font rétrospectivement un rival du jeune Jean-Paul Belmondo (qui tournera beaucoup avec de Broca, notamment L’Homme de Rio ou Le Magnifique). Le film repose en grande partie sur ses épaules, lui donnant une folie douce et une poésie qui rappellent les marivaudages de Musset. Si le film n’est pas strictement de la Nouvelle Vague, il n’en est pas loin non plus, avec ses tournages en extérieur, incarnant une certaine modernité à l’aube des années 60, avec la jeunesse française insouciante tâchant d’oublier les contraintes de la société, sortant dans les boîtes de nuit en cave de Saint-Germain-des-Prés, en quête de rencontres et plaisirs éphémères. Il se dégage même une inspiration des comédies américaines loufoques d’avant-guerre, type screwball comedy. Une bouffée d’air frais dans le cinéma français qui sera récompensée de l’Ours d’argent du Festival de Berlin, et qui lancera la carrière de De Broca et de Cassel.

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– 21h : Le Farceur (Philippe de Broca – 1961 – 87 minutes)

avec Jean-Pierre Cassel, Anouk Aimée, George Wilson, Geneviève Cluny, Pierre Palau, Anne Tonietti, François Maistre, Jean-Pierre Rambal

Un jeune séducteur extravagant tombe amoureux d’une belle bourgeoise mariée à un industriel ennuyeux.

De Broca continue sur sa lancée avec Le Farceur, affinant son style dans la même trajectoire. Chabrol est toujours producteur, Boulanger co-scénariste, George Delerue à la partition (il en signera dix-sept pour de Broca). Jean-Pierre Cassel persévère dans son personnage d’insatisfait ne tenant jamais en place, libertaire sur ressort, chantant et criant. Geneviève Cluny est aussi du casting, mais en second rôle, puisque c’est la belle, raffinée et mythique Anouk Aimée (La Dolce Vita, Lola, Huit et demi, Un Homme et une femme) qui incarne l’objet de l’amour obsessionnel du héros. Le Farceur a plus de budget et cela se voit : d’un trio on passe à une famille d’excentriques, les décors sont plus variés et plus spacieux, tout en conservant un goût du bazar, de l’accumulation et du détail. Ne se confinant plus dans un quartier, Jean-Pierre Cassel arpente à présent Paris, ses rues et, ses toits, à pied, à vélo ou en voiture. Le film est cependant plus profond qu’il n’y paraît : derrière son intrigue classique à la Marivaux on perçoit une mélancolie latente, un hédonisme dont la fuite en avant mène droit à une impasse et aux déceptions, un aveuglement qui révèle une immaturité et une inadaptation fondamentale aux codes de la société banale et policée. En tout cas l’écriture est plus subtile et vaudra au film de recevoir le Prix du meilleur scénario du Festival de Locarno. De Broca continuera presque exclusivement dans ses films optimistes, légers et sautillants, en finissant avec L’Amant de cinq jours (1961) sa trilogie avec Cassel, et connaîtra le triomphe public avec Belmondo avec Cartouche (1962) et surtout L’Homme de Rio (1964).

En bonus seront projetés deux court-métrages de Philippe de Broca : « La Gourmandise » (avec George Wilson et Paul Préboist, extrait du film à sketch Les Sept Péchés capitaux, 1962, 19 minutes) et « Mademoiselle Mimi » (avec Jean-Claude Brialy et Jeanne Moreau, extrait de Le plus vieux métier du monde, 1968, 18 minutes).